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Hockey à Amos

Pendant que l’on se remet d’une crise de foie en pleine période de crises tout court, la dernière semaine de l’année est l’occasion de faire bien d’autres choses. Du ski hors-piste par risque d’avalanche maximal au lancer d’écran plasma provoqué par contact oreilles-commentaires de Laurent Bastadoz, en passant par les préparatifs de la grande biture du Nouvel-An. On peut également se lancer dans des fouilles archéologiques et tomber sur ce genre d’article. En pleine foire à la saucisse davosienne, voici le récit d’un match de hockey disputé il y a près de… 92 ans !

Enfin, la «suprématie» ou le championnat du hockey, à Amos, a été décidé dimanche le 19 février, comme le voulait, la semaine dernière, le chroniqueur sportif des «Amateurs», avec une ardeur aussi juvénile que celle de ses jeunes protégés et qui ressemblait fort à une espérance prise pour une certitude (n’oubliez jamais l’histoire de la peau de l’ours)… Il n’a fallu au club d’Amos que 15 minutes de son jeu rapide et de combinaisons pour infliger la défaite aux «Amateurs» par 3 à 2.Le chroniqueur sportif et le président des «Amateurs» ont dû être très surpris de la manière dont les joueurs du club d’Amos ont démontré encore une fois leur supériorité; ces derniers, pas encore remis complètement de la faiblesse passagère qui avait atteint leurs rangs durant la dernière quinzaine, ne semblaient pas aussi d’aplomb que d’habitude; mais après avoir pratiqué deux vingt minutes avec les «Amateurs», il ont trouvé au dernier vingt, leur science et leur habileté ordinaire et porté deux points à leur crédit en moins de cinq minutes.
Ce qui démontre que l’ambition des jeunes «Amateurs» est trop grande, et que cette année encore, leur orgueil ne sera pas flatté par la gloire du championnat, et de plus que les «Amateurs» ont besoin de pratiquer beaucoup et de trouver encore de nouvelles recrues pour battre le véritable club d’Amos lorsqu’il a toute son équipe, qui fait honneur à son village en détenant toujours le championnat; car il ne faut pas oublier qu’il manquait au club d’Amos un de ses piliers de défense, que quelque-uns de ses joueurs n’étaient pas encore très bien rétablis ni en forme, et que ses substituts firent la moitié de la partie. D’ici là que les «Amateurs» se consolent et se réjouissent de leur immense victoire sur la «Feuille d’Erable»…
Le club d’Amos est modeste; au début de la saison, il laissait entrevoir des victoires successives et faciles aux «Amateurs», afin de bien encourager leurs espérances de premiers costumés; il aligna ensuite les forces qu’il tenait en réserve et fit voir aux assistances le jeu serré et bien uni de sa troupe de vieux roués à la science du hockey.
La partie de dimanche dernier fut belle et le jeu très rapide à certains moments. Au début les «Amateurs», qui paraissaient tous en forme, se lançaient sans répit, mais cependant la rondelle ne dépassait que très rarement le milieu de la patinoire; après dix minutes de jeu Amos comptait le premier point. Au deuxième quart, la rondelle se promena d’un but à l’autre et les «Amateurs» réussirent à compter deux points; «Amos» semblait fatigué. Au troisième quart, ce fut les «Amateurs» qui manquèrent de résistance, et «Amos» décida d’enlever la victoire, que les «Amateurs» croyaient déjà tenir en poche, et enregistra deux points, coup sur coup, en moins de cinq minutes, les «Amateurs» n’étaient pas encore revenus de leur étonnement, que le sifflet annonçait le temps expiré.
Du côté des «Amteurs», le jeune A. de la Chevrotière se distingua par son jeu clair et ses passes sensationnelles du début; la nouvelle recrue Caruffel se contenta d’asseoir son ami Jos. Ovide sur la glace; l’oncle Giguère apprit à côtoyer la bande, dans ses grandes descentes; Gauthier crut nécessaire, à un certain moment, de balayer le devant de ses buts; les autres firent des efforts vains et inutiles.
Du côté d’«Amos», P. Massicotte fit valoir sa maîtrise et sa sûreté habituelle dans ses tours et ses lancers; le neveu Giguère dépassa toujours ses adversaires dans ses courses vertigineuses; Lacroix joua très bien sur la défense; Dessureault montra les progrès qu’il a fait depuis l’an dernier, en portant à son crédit deux points; l’excellent gardien des buts Lafleur se révéla par une arrêt dangereux qui menaçait sa tête; Dussault sur maintenir sa réputation de bonne défense.
La joute fut exempte de brutalité et l’arbitre surveilla avec une rigidité de professeur l’exécution des règlements et des conseils qu’il avait donnés avant la partie.

Alignement

Amos
Buts: Lafleur
Défense: Lacroix, Dussault
Centre: Giguère neveu
Aile droite: Dessureault
Aile gauche: Massicotte, P.
Substituts: Parker, Massicotte, G., Germain
Amateurs
Buts: Gauthier
Défense: Caruffel, Giguère oncle
Centre: C. de la Chevrotière
Aile droite: Blais
Aile gauche: A. de la Chevrotière
Substituts: Trudel, Saucier, Carignan
Arbitre: Edmond Lefebvre
Points comptés, «Amateurs»: A. de la Chevrotière, C. de la Chevrotière.
Points comptés, «Amos»: (2) P. Massicotte, Dessureault.
Assistance: 500 personnes.

Tiré du journal «L’Abitibi», édition du 15 février 1922.

Écrit par Mathieu Nicolet

Commentaires (2)

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    Jean-Télésphore Gagnon-Müller

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    Crisse, va donc bien manger de la marde avec ton crisse de papier, mon tabarnak.

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    Marc

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    Putain un commentaire écrit dans un tel français de taulard paysan envoyé en exil en Amérique mérite que son auteur reçoive tout mon amour: va te faire fourrer au lac megantic bouffeur de pancake de Gagnon…

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