Vidéo des 10 ans

Les Jeux du cirque : Le hockey subaquatique

En 1954, Alan Blake, un plongeur britannique, cherche une idée pour maintenir les entraînements l’hiver. Les combinaisons ne sont pas encore très efficaces, et il est hors de question de continuer à plonger en mer. Il finit par avoir l’idée d’un sport où les joueurs pousseraient un palet à l’aide d’une crosse au fond d’une piscine. Le hockey subaquatique – et probablement un sous-genre de l’humour britannique – étaient nés.

Il était fatal qu’une variante du hockey se retrouve dans cette rubrique. Mes proches savent déjà à quel point je trouve la variante sur glace absolument inintéressante. Mais je dois bien avouer qu’il y a pire comme sport à la con avec une crosse et un palet.

Pratiquer un sport aussi con et réussir à se la péter quand même…

Ainsi, d’une simple occupation pour se dégourdir en piscine l’hiver est né un sport de compétition, avec championnats nationaux, continentaux et mondiaux, sous l’égide de la Confédération mondiale des activités subaquatiques. Les championnats du monde ont lieu tous les deux ans.

Pas grand chose à signaler du côté du matériel nécessaire pour jouer, masque, bonnet, palmes et gant de protection pour la main qui tient la crosse. La présence d’un tuba alors que ce jeu se pratique complètement immergé et en apnée doit probablement avoir une justification, mais même mes recherches dans le deep web n’ont rien donné.

Donc en gros, on lâche un palet rose fluo de 1,3 kilos au fond d’une piscine et on laisse deux équipes de 6 joueurs armés de raclonettes se mettre des coups de genoux dans les côtes pendant deux fois dix minutes.

Difficile d’imaginer le bordel que représente un match de hockey subaquatique. Les 12 joueurs se ruent sur le palet, et comme ils ne peuvent pas communiquer sous l’eau, ils peinent à jouer collectif. Donc quand tu as le puck, tu fonces, tu te fais intercepter par un autre gars qui fonce dans l’autre sens, qui se fera intercepter par un autre gars… Et le tout en trois dimensions, avec des adversaires qui viennent de tous les côtés et de dessus.

Encore une action limpide.

Ceci dit, le fait que chaque match soit un merdier intégral ne semble pas déranger les spectateurs, puisqu’il est de toute façon impossible de suivre l’évolution d’une partie : tout se joue par définition sous l’eau, personne ne sait jamais où est le palet, les joueurs remontent toutes les 20 secondes pour respirer… Ci-dessous un extrait de la finale du championnat de France entre Moirans et Saintes en 2013. Vous noterez les efforts désespérés de celui qui surtitre la vidéo pour nous indiquer quand il y a coup-franc ou entre deux (avis : en me regardant écrire cet article, ma femme a vu trois fois cette vidéo, depuis elle est sous Tranxène).

Rien à dire, c’est beau comme du Tinguely.

Le petit détail qui tue : la crosse devait, jusqu’en 2009, être faite dans un matériau flottant, le plus souvent en bois de frêne ou de hêtre. On touche du doigt le génie humain. Je suppose que c’est la même année qu’ils ont enfin décidé que les pénalités de 2 et de 5 minutes n’étaient pas à prendre en apnée au fond de la piscine.

J’ai beau réfléchir intensément, je ne vois pas quel autre sport pourrait être plus ridicule dans une version subaquatique, à part peut-être le polo.

Ainsi va le hockey, sport intrinsèquement absurde qui se joue donc sous l’eau, sur gazon, sur glace, sur bitume ou en salle… En patins à glace, en roller in-line, en patins à roulette, en souliers adhésifs (c’est le broomball, m’est avis que je ne vais pas les rater non plus ceux-là) voire « sur luge » durant les Paralympiques…

Je suppose que c’est ce qu’on appelle la mi-match.

Je pensais ne pas pouvoir trouver plus idiot que le hockey subaquatique comme représentant des sports avec crosse et palet. Et pourtant, il ne faut jamais douter. Tout comme j’ai découvert effaré l’existence du VTT de vitesse en m’intéressant au kilomètre lancé, j’ai trouvé deux autres disciplines invraisemblables que je partage tout tremblant avec vous :

Le hockey sous glace (pour info, la Finlande a remporté les premiers championnats du monde en 2007)

Le hockey sur monocycle (ne riez pas, la Suisse est championne du monde en titre…)

Le mois prochain, il n’y a donc aucune raison que je ne puisse pas vous présenter le croquet sur trampoline ou le squash sur poney.

Après plus de mille matches du LS, un jour j'ai eu envie de voir du foot.

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Commentaires (3)

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    Coulej

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    Pis l’entraîneur, il fait comment pour transmettre ses directives? Il plonge un tuyau dans la piscine et meugle dedans ? 🙂

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    Juls

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    Ce qui me dérange, c’est qu’ils utilisent des palmes… Je pige pas pourquoi … C’est pour standardiser les mouvements de déplacement et éviter les coup de ciseaux et de bras dans la face des autres ? Du coup, ça rend tout ça tristounet.

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    Big Red One

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    Des génies ! Mais t’as oublié de parler de l’arbitre qui doit aussi monter reprendre son souffle toutes les 20 secondes. Bon, au moins eux ils ont une excuse s’ils arbitrent comme des buses, contrairement aux superstars qui sévissent sur nos terrains !

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