Vidéo des 10 ans

Yes we CAN encore !

Voilà, trois semaines de compétition se sont écoulées au Gabon et parce qu’on ne l’a pas fait avant, il est temps de dresser un bilan, même si ça n’est pas facile de retracer toute une compétition en un article. On a bien regardé dans notre canapé ces caniches canadiens canarder des cannibales sur leur canoë. Bref, le Cameroun s’est imposé on va y revenir. On ira clubber le mois prochain et promis on ne parlera pas du FC Canterbury.

Le CANiveau

Le niveau de la CAN est un sujet qui revient assez souvent sur la table. Lorsque tu glisses au hasard d’une conversation avec d’autres footeux que tu suis assidûment l’évènement, on te répond sans cesse : « Ouais mais le niveau il est beaucoup trop merdique ! ». Oui la qualité ne vaut bien sûr pas la Ligue des Champions ou le sacro-saint championnat anglais, on est au courant. D’ailleurs, ce n’est pas pour voir du football d’excellente facture que tu regardes ce genre d’événement. Non, ce qui fait que tu suis cette compétition, c’est l’exotisme et l’ouverture d’esprit. Parce que ça fait parfois du bien de voir un peu ce qui se passe ailleurs et de s’y intéresser. Et puis c’est l’Afrique, tu as l’impression que presque tout est possible, les hymnes peuvent ne jamais démarrer, des joueurs peuvent faire grève, les lumières peuvent s’éteindre, l’arbitre peut tout à coup expulser trois joueurs, des fauves peuvent débarquer sur la pelouse, …

Il ne faut cependant pas confondre niveau et spectacle. Il est vrai que les matchs ennuyants ont eu tendance à se multiplier lors de cette édition. Tout comme il y a deux ans en Guinée Equatoriale. On pense surtout au premier tour de la phase de poule qui a parfois été ennuyeuse à mourir. Bon, regarder la totalité de la compétition en streaming qui plante toutes les cinq minutes, ça n’aide pas hein ! Un peu de folie n’aurait pas été de refus. Et puis au fil de la compétition les indications tactiques ont gentiment volé en éclats et le jeu s’est un peu débridé, le suspense a pris le dessus.

Les CANcres de l’édition 2017

Il y a quelques bonnes grosses équipes qu’on avait institué comme grands favoris de cette édition 2017. Au final elles ont bien déçu. Après il faut relativiser, le Nigeria n’était même pas qualifié.

Pour commencer, l’organisateur, le Gabon, dont le but était de faire mieux qu’en 2012 lorsqu’il avait été co-organisateur. Les Panthères ont surtout prouvé qu’il était possible de faire pire en fait, avec une élimination sans gloire au premier tour. Trois matchs nuls au propre comme au figuré. La bande à Aubameyang n’est pas parvenue à disposer de la Guinée-Bissau en ouverture en se faisant rejoindre à la dernière minute, c’est dire la contre-performance des hommes de José Camacho. Au moins cela apporte une bonne nouvelle. La corruption est apparemment en régression en Afrique, puisque pour la première fois depuis l’instauration de la CAN à 16 équipes (en 1996), le pays organisateur n’a pas passé le premier tour en bénéficiant de circonstances un peu étranges.

Caramba! Encore chialé!

La Côte-d’Ivoire faisait figure de favori, rien que parce qu’elle avait son titre à défendre. Mais sans les frères Touré (surtout Yaya), les Eléphants ont fini au cimetière et n’ont pas réussi à remporter le moindre match. Même plus, ils n’ont guère convaincu. Et puis bon, voir le capitaine Serey Die se faire remettre le trophée ça aurait quand même été un peu bizarre.

Le constat est sensiblement identique pour l’Algérie. Arrivés dans la peau de vainqueurs potentiels, les Fennecs ont mal débuté avec un nul face aux inconnus zimbabwéens avant de creuser un terrier dans le sable et de s’y terrer face au voisin tunisien. Un match nul contre les réservistes sénégalais achevait définitivement les coéquipiers de Mahrez, joueur africain de l’année 2016. De toute façon même une victoire aurait été insuffisante. Sans doute trop confiants (notamment face au Zimbabwe), les hommes de Georges Leekens n’ont pas mérité mieux. Et qu’est-ce que ça fait mal d’être la première équipe maghrébine éliminée !

Enfin le Mali espère à chaque édition aller au bout. Mais bon c’est à chaque fois pareil, les Aigles finissent par décevoir et au lieu de ramener un gros lièvre bien dodu à manger à leurs petits, ils doivent se contenter d’une vieille souris déjà amochée par un chat. Le Mali réessaiera dans deux ans, mais ramènera probablement une gerbille sans queue.

Petits CANetons inoffensifs et trop mignons

Plusieurs équipes n’avaient pas grand-chose à espérer dans cette compétition. Certains se foutaient par exemple ouvertement de la gueule de la Guinée-Bissau. Il faut pourtant bien avouer que les Lycaons n’ont pas été ridicules. Accrochant en ouverture l’organisateur gabonais, le Petit Poucet du tournoi en a étonné plus d’un. Il est même parvenu à faire longtemps douter le Cameroun. Pas mal pour un pays dont le championnat est à l’arrêt et dont il s’agit de la première participation à un tournoi majeur. L’Islande de l’Afrique sans le clapping et les barbes rousses !

Le constat est plus ou moins similaire pour le Zimbabwe, le Togo et l’Ouganda. Tous trois plutôt partis pour être les petites équipes de leur groupe respectif, ces formations ont, certes, terminées dernières, mais elles sont parvenues à accrocher un nul face à de très bonnes équipes et à donner du fil à retordre aux meilleurs. On aura apprécié quelques joueurs comme le zimbabwéen Khama Billiat ou l’ougandais Farouk Miya.

La phrase « Y a plus de petites équipes ! » ne s’applique donc pas qu’à l’Europe. On n’a pas envie d’apporter de l’eau au moulin à la Coupe du Monde à 48, mais cela fait un peu taire les détracteurs. Même si personnellement je ne fuirais pas devant l’idée de voir un République Démocratique du Congo-Colombie ou Egypte-Corée du Sud : c’est plutôt l’idée des groupes à trois qui m’effraie.

Les bons CANdidats

Ces équipes ont toutes atteint la seconde phase, et franchement elles ont plutôt fait bonne impression. Elles méritaient sans doute d’aller plus loin dans la compétition. Mais voilà elles ont trop dominé leur première mi-temps de quarts de finale sans marquer de buts, chose qu’il ne fallait surtout pas faire dans cette CAN 2017.

Le Sénégal a fait figure de favori à un moment donné de la compétition. Brillants vainqueurs du groupe B grâce au feu-follet Sadio Mané et au mur Kara Mbodji, les Lions de la Teranga avaient, semble-t-il, les moyens d’aller au bout. Mais pas de bol, dans le derby des lions face au Cameroun, les Sénégalais ont dominé mais ils se sont faits piéger aux tirs aux buts. C’est donc eux que vous retrouverez dans les cages de cirques et de zoos cette année. L’expérience camerounaise a parlé.

Hormis l’Algérie, les équipes d’Afrique du Nord ont plutôt impressionné lors du premier tour. La Tunisie a même proposé un jeu parmi les plus offensifs et séduisants du tournoi, notamment grâce à ses attaquants Youssef Msakni et Naïm Sliti. Les Aigles de Carthage sont néanmoins tombés sur un Burkina Faso solide derrière en quarts.

Le Maroc a réussi l’exploit de sortir le tenant du titre et de quelle manière ! Le superbe but Rachid Alioui, un mec qui joue en Ligue 2 à Nîmes, face à la Côte-d’Ivoire a permis aux Lions de l’Atlas de franchir la phase de groupe ce qui n’était plus arrivé depuis 2004 quand même. Malheureusement pour eux les hommes d’Hervé Renard sont tombés sur le mastodonte égyptien qui ne se qualifie pas toujours pour la CAN mais qui, lorsqu’il se qualifie, va loin.

Enfin, la République Démocratique du Congo aurait mérité mieux qu’un quart de finale. Dominateurs dans un groupe C franchement compliqué, les Léopards ont proposé du jeu et ont été à l’origine de matchs plutôt spectaculaires. On aura apprécié les manifestations de joie de Neeskens Kebano, le talent et la coupe de cheveux de Junior Kabananga et bien sûr la danse du cobra du nouveau gardien Ley Matampi qui a repris celle de son prédécesseur Kidiaba. Nul doute que l’énergie de la formation de Florent Ibenge a fait plaisir à voir, elle aurait pu aller bien plus loin encore et faire très mal sans l’absence pour blessure de Yannick Bolasie.

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Ils ont atteint la CANopée

Dans la forêt équatoriale dense du Gabon, il fallait monter aux arbres pour survivre. Le dernier carré est parvenu à s’extirper des pièges de la jungle et à atteindre la canopée.

3, 2, 4, 4, 2 et donc 4 ! C’est le classement final du Ghana lors des six dernières CAN si on compte cette dernière. Toujours favori, toujours dans le dernier carré mais absolument jamais vainqueur. Le pire dans tout ça, c’est que le dernier titre continental des Black Stars remonte à 1982…  Bref, une pays maudit qui a la guigne. L’Europe a les Pays-Bas, l’Afrique le Ghana. Pourtant la bande des frères Ayew semblait plutôt inarrêtable mais leur marche triomphale s’est comme souvent stoppée en demies. Qui plus est cette année face aux Lions Indomptables dont on ne donnait pas cher de la fourrure sur les marchés chinois.

L’autre malheureux demi-finaliste, qui méritait sûrement meilleur sort, c’est le Burkina Faso. En proposant un jeu physique et la plupart du temps séduisant, les Etalons semblaient avoir les moyens de conquérir le premier titre de leur histoire. On aura apprécié le talent du jeune Bertrand Traoré future grande star du football et notamment du championnat anglais Comme souvent ce sont des pieds du meilleur élément qu’est venu le tir au but éliminatoire. Son tir au but manqué face à El Hadary a privé le Burkina de disputer sa deuxième finale après 2013. Dommage, les Etalons méritaient sans doute plus d’aller en finale que l’Egypte et le Cameroun, même s’ils terminent avec le bronze autour du coup au terme de la petite finale qui ne sert à rien.

Cela paraît incroyable, mais les trois dernières fois que l’Egypte avait participé à la CAN, elle avait remporté le tournoi. C’était en 2006, 2008 et 2010. On la sentait donc plutôt bien pour les Pharaons. Invaincus en phase de poule, Salah et ses potes se sont petit à petit hissés jusqu’en finale en réalisant hold-up sur hold-up, notamment face au Maroc et au Burkina. Normal ils sont entrainés par un maître en la matière, Hector Cuper. Mais là où Cuper est également un expert, c’est dans la défaite en finale (deux fois en C1 avec Valence par exemple). A force de la jouer minimaliste et de se contenter de placer des contres avec les rapides Salah et Trezeguet, les Pharaons ont fini par se faire piéger en finale. Et ce à la surprise générale. Bon et puis moi ça m’aurait embêté de voir Trezeguet soulever un trophée… Disons que ça ne rappelle pas que des bons souvenirs.

On se moquait un peu d’eux avant le début de la compétition. Il faut dire que le Cameroun avait tout d’une équipe de bras-cassés et paraissait à des années lumières de sa glorieuse époque. C’est pourtant avec un effectif extrêmement jeune, composé d’inconnus ou presque, que les Lions Indomptables ont déjoué tous les pronostics. Franchement qui connaît Michael Ngadeu-Ngadjui qui joue au Slavia Prague ? Plusieurs joueurs un peu plus huppés comme Eric Choupo Moting et Joël Matip avaient d’ailleurs décliné la sélection avant le tournoi et doivent quand même un peu s’en mordre les doigts. Alors oui, Christian Bassogog a officiellement 21 ans alors qu’il a l’air d’en avoir 35, les joueurs vont certainement se disputer avec leur fédération pour une histoire de prime de victoire, mais n’empêche que ce Cameroun sorti de nulle part ne fait pas un vilain vainqueur de cette édition plutôt vilaine de la CAN. Et puis le but victorieux en finale de Vincent Aboubakar est plutôt magique. Les Lions Indomptables devront donc défendre leur titre dans deux ans lorsque le tournoi se disputera chez eux à Douala et Yaoundé.

Avec un nom aussi classe, il ne peut que être un des meilleurs joueurs du tournoi!

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