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Claudio Ranieri limogé ? Scandale !

La semaine dernière, l’entraîneur italien de Leicester s’est fait virer suite à la défaite 2-1 du club anglais face à Séville en Champions League. Vainqueur inattendu du championnat anglais la saison passée, Leicester se sépare de son entraîneur à la surprise générale. Mais qu’est ce qui a bien pu passer dans la tête des dirigeants ? Cela confirme une chose, l’esprit du football se perd…

Claudio Ranieri a commencé sa carrière dans le football en tant qu’arrière latéral en Italie. Il devient le joueur ayant disputé le plus de matchs de Série A dans l’histoire de US Catanzaro, club calabrais actuellement redescendu dans des ligues plus amatrices. Mais c’est véritablement sous la casquette d’entraîneur que Claudio va montrer son talent. Avec la Fiorentina tout d’abord. Il prend l’équipe qui vient de redescendre en Serie B et gagne facilement le championnat. 2 ans plus tard, il finit 4ème du championnat et remporte la Coupe d’Italie avec le fameux buteur argentin Gabriel Batistuta qu’il a pris sous son aile dès la première saison. Puis il passe en Espagne, à Valence, puis à Chelsea avec une demi-finale en Champions League avant l’ère de la pluie des millions du Russe Abramovitch. Il fait ensuite quelques autres clubs en Italie et en France, et passe même par la sélection grecque. Bref, quand papi Claudio arrive à Leicester en 2015, ça fait un moment qu’il est sec derrière les oreilles.

Après une mauvaise expérience avec la Grèce, il récupère une équipe qui s’est sauvée in extremis de la relégation en gagnant 7 des 9 derniers matchs. Les supporters sont plus que sceptiques quant à l’arrivée du stratège italien. Mais il va vite faire taire les critiques. Leicester commence la saison 2015-2016 avec brio et va la finir en apothéose. Leicester gagne le championnat et crée la plus grosse surprise en championnat européen depuis des décennies. Et Claudio Ranieri y est pour beaucoup. Il a réussi à créer une véritable cohésion d’équipe. Il a créé une équipe de guerriers, persuadés qu’ils pouvaient tout terrasser sur leur passage. Il a sublimé des joueurs jusqu’alors inconnus ou presque. Riyad Mahrez, élu meilleur joueur de l’année alors que l’Olympique de Marseille l’avait refusé en lui disant : « Nous essayons d’être professionnels et qualitatifs en termes de recrutement ». En bref, « Tu crois quoi mon gars, t’es vraiment trop nul pour nous ! » On soulignera au passage le pif légendaire de ces bons Marseillais. Et puis Jamie Vardy, la machine à buts des Foxes qui bat le record de Van Nistelrooy en marquant lors de onze matchs consécutifs. A rappeler qu’en 2010-2011, il jouait en sixième division anglaise. Comme quoi, il n’est jamais trop tard. Et puis, il y a aussi N’Golo Kanté, le nain magicien en numéro six, Kasper Schmeichel qui peut se vanter d’avoir fait comme son père Peter, et j’en passe.

Un titre magique et inattendu

Claudio Ranieri nous a rendu la magie du football. Il a montré que c’était encore possible de gagner sans avoir un Russe ou un Qatari qui aligne les millions à la tête du club. Certes le propriétaire est milliardaire et Thaïlandais avec un nom imprononçable et lucratif au Scrabble (Srivaddhanaprabha = 32 points) mais le budget n’est pas le même que ses voisins Manchester City ou United. A titre de comparaison, la valeur de l’équipe de Leicester était en moyenne celle d’un seul joueur de Man City (32 millions), plus de trois fois moins que le montant du transfert de Pogba. Leicester vaut-elle vraiment un Pogba sans jambes et sans bras ? Ranieri nous a aussi prouvé que ce sport, c’est autre chose que simplement une course aux transferts, un concours de « qui a le plus d’argent à dépenser cette année ? », un Monopoly de mauvais goût. Il a redonné l’espoir que dans ce jeu (car oui cela reste un jeu), tout est possible. Et même si on n’était pas supporter de Leicester, tout le monde était content. Parce que les Foxes jouaient au football, mouillaient le maillot et avaient la rage de vaincre. Les joueurs qui les ont pris de haut, qui pensaient que leur haut salaire allait suffire, qui se roulaient au moindre contact sont sortis le moral dans les chaussettes, humiliés par des gars qui avaient du talent et l’envie de jouer d’un junior. Et derrière un exploit de la sorte, une équipe comme celle-ci, il y a un entraîneur d’exception.

Mais le conte de fée s’est arrêté brutalement. Le lendemain d’une défaite honorable 2-1 à Séville, en huitièmes de finale de Champions League, Ranieri est viré comme un malpropre. Certes en mauvaise posture en championnat, Leicester a tout de même terminé premier de son groupe en Champions League. Et puis, même si le club anglais avait tout perdu, ce cher Claudio ne méritait pas cela. La moindre des choses était de lui laisser terminer la saison. Il a offert le seul titre de champion d’Angleterre de l’histoire du club et sort par la petite porte, celle réservée aux ratés, aux moins que rien, comme s’il avait obtenu une bonne dixième place à la saison précédente. Soyons francs, Ranieri n’est pas le meilleur entraîneur de tous les temps. Il a aussi connu de nombreux échecs notamment avec l’équipe de Grèce ou encore une demi-saison ratée à Valence. Il n’est pas le seul responsable de la réussite du club anglais. Mais lorsqu’un entraîneur réussit, il mérite un peu plus de considération.

L’hommage des supporters de Leicester

Cela montre juste que le football a perdu tout ce qu’il avait d’humain. Que l’argent et les dirigeants dictent tout à tout le monde. Les clubs sont maintenant des entreprises gérées par des businessmen et si le rendement n’est pas présent, c’est dehors. Malgré tous les loyaux services rendus. C’est une réalité et il faudra s’y faire. Peut-être qu’il a eu des problèmes internes qui nous sont inconnus, c’est possible. Mais Claudio Ranieri pourra quoi qu’il arrive se vanter que c’était lui l’entraîneur de cette équipe à exploits. Il se consolera avec un dernier hommage plus que mérité que les supporters lui ont rendu lors du dernier match, bien qu’il ne soit plus sur le banc. Je me réjouis déjà de la prochaine équipe surprise. La dernière en date était celle d’Islande à l’Euro. Car malgré les beaux matchs, les beaux buts, ce qui nous fait vibrer, ce qui nous fait aimer ce sport, ce qui nous procure une émotion qui peut éventuellement titiller (de loin) un sacre de Federer, c’est l’envie des joueurs. Ceux qui nous donnent l’impression qu’ils pourraient mourir sur le terrain pour leur équipe. Cette mentalité manque cruellement de nos jours mais c’est dans la Premier League qu’on la retrouve le plus. La beauté du jeu, la combativité et les rebondissements. Merci Claudio et vive le football anglais !

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