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Coupe Danemark en Suède

Lorsque le 13 juin 1991, l’armée yougoslave, que dominent les Serbes du président Slobodan Milosevic, entame les premiers tirs d’artillerie dans la région de Vukovar, en Croatie, personne ne se doutait que cela allait également marquer le début d’une des plus formidables épopées footballistique de l’histoire pour amener à la consécration l’une des générations les plus douées du football danois.

Surtout qu’à cette même période, les joueurs de Richard Möller-Nielsen sont en grande difficulté dans leur groupe de qualification où un seul pays peut passer (ah, la belle époque des Euros à 8 équipes !). En effet, même s’ils ont réussi une entame victorieuse à domicile face aux Feroés, un mauvais nul à Belfast et une défaite à Copenhague face aux Brésiliens des Balkans les placent dans une situation compliquée à mi-parcours. En s’imposant à Belgrade quelques jours après le début des hostilités et dans un climat particulièrement délétère, les Danois ont bien relancé le suspense mais le parcours sans faute des Yougoslaves jusqu’à la fin éliminatoires les privera d’un Euro quasiment à domicile et les forcera à regarder ce grand raout depuis leurs canapés.

Mais c’était sans compter sur l’UEFA, pourtant encore relativement peu coutumière de magouilles en tout genre, qui allait finalement, 15 jours avant le début du tournoi, exclure la Yougoslavie et repêcher son dauphin des éliminatoires, le Danemark et ses joueurs déjà à moitié en vacances. Exit donc le talent insolent des Prosinecki, Savicevic, Suker, Pancev ou Mihailovic. Et bienvenue à ces Vikings nettement moins talentueux, sans leur superstar Michael Laudrup en bisbille avec le sélectionneur, mais s’articulant autour du très solide Peter Schmeichel dans les buts, de Lars Olsen en patron de la défense ainsi que de Henrik Larsen et Brian Laudrup en pointe.

Invité de dernière minute donc, le peuple danois va se déplacer en masse chez son grand voisin du nord pour encourager ses joueurs et espérer un exploit face aux cadors du continent, à commencer par ses adversaires du 1er tour la France, l’Angleterre et le pays organisateur.

Dans ce groupe A, c’est la France qui est clairement la favorite. En effet, la troupe de Michel Platini emmenée par les Papin, Cantona ou autre Deschamps a réussi un parcours parfait en éliminatoires avec 8 victoires en 8 matchs dans un groupe qui comprenait pourtant notamment l’Espagne et la Tchécoslovaquie. L’Angleterre, emmenée par le génial David Platt et les redoutables attaquants Gary Lineker et Alan Shearer et la Suède de Thomas Ravelli, Thomas Brolin et Martin Dahlin devant normalement se battre pour la 2ème place qualificative pour les demi-finales.

Et pourtant, si la logique allait parfaitement être respectée dans le groupe B avec la qualification des Pays-Bas et de l’Allemagne aux dépens de l’Ecosse et de la CEI qui remplace l’URSS, il était dit que rien n’allait se passer comme prévu dans l’autre groupe. Après 2 matchs nuls inauguraux sans relief (1-1 entre la Suède et la France en ouverture puis 0-0 entre l’Angleterre et le Danemark), et un nouveau score nul et vierge entre Français et Anglais, la Suède allait l’emporter par la plus petite des marges face à ses voisins danois et ainsi compromettre sérieusement les chances des rouges et blancs.

Et c’est là que le tournant de cet Euro allait pourtant se produire. Alors que tout le monde pensait que les Bleus et les Three Lions allaient finalement s’en sortir et alors qu’ils avaient tous deux leur destin entre les mains, l’incroyable allait se produire puisque les deux équipes nordiques allaient finalement s’imposer sur le même score de 2-1 et se qualifier pour les demi-finales. Décomplexée et évoluant sans pression aucune, c’est lors de cette victoire face aux Bleus que le mythe de la Danish Dynamite allait se créer et permettre aux petites sirènes de tout renverser sur leur passage lors de la suite de la compétition. Et la réussite d’Elstrup à la 78ème n’a pas dû être loin de provoquer un record de débit de Tuborg dans tous les bars du pays.

 

Après une extraordinaire et prolifique première demi-finale qui allait finalement voir la Mannschaft sortir les Blagult et se qualifier ainsi une énième fois pour la finale d’une compétition internationale, la Danish Dynamite allait avoir la redoutable tâche de défier les arrogants Oranje. Débarqués par dizaine de milliers de leurs drakkars dans les bars de Göteborg, les fans danois allaient pourtant vivre un véritable conte d’Andersen à la sauce footballistique avec un certain Peter Schmeichel comme gentil héros dégoûtant le fourbe Marco Van Basten.

Après un 2-2 de cinglés avec une réussite de chaque côté aux 88 et 89 èmes minutes et des prolongations stériles arriva l’inévitable séance des tirs aux buts. Et comme souvent dans ces cas là, le meilleur joueurs du tournoi, MvB, manquait l’unique transformation de son équipe face à un Peter Schmeichel en transe et envoyait les fans d’Odense et d’Aalborg en finale. Bon direct la merde s’installait puisque c’était face à la Mannschaft. Et comme le disait l’immense Gary, le foot ça se joue à 11 contre 11 et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne!

Reste qu’il fallait la jouer cette finale contre la Mannschaft de Brehme, Sammer, Effenberg et Klinsmann. Alors que les dirigeants des diverses factions de ce qu’il convenait d’appeler désormais l’ex-Yougoslavie continuaient à s’entretuer, la Danish Dynamite se demandait ce qu’elle foutait là. Et avec elle, 40’000 Vikings en tongs et bermudas. Et pourtant. Dans une finale à sens unique arbitrée par Monsieur Bruno Galler, l’impeccable défense danoise fera des misères aux attaquants allemands et le réalisme de Jensen et Vilfort feront le reste. Un exploit de dingue. Un truc de ouf. Un coup improbable. Comme un saut de Simon Amman avec un télémark ou un match de Xhaka sans carton rouge. Un peu comme si cela arrivait à notre Nati ou au LS. Ou encore plus fort, comme une soirée sans shot au Bamee.

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Commentaires (2)

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    Jaquet

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    Exellent. Me souvenais pas de tout ça. Je m’en vais voir les images pour prolonger le plaisir et imaginer les Tuborg coulantes. Bravo!

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    FF

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    Mes souvenirs me jouent souvent des tours, mais Bruno Galler, ça, merci de me l’avoir rappelé. Bon sang, Bruno Galler… le jour même ou un autre rédacteur me rappelle l’existence (ou non) de Lukas Fähndrich; trop c’est trop 🙂

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