Vidéo des 10 ans

Les jeux du cirque : Le chessboxing

En 1992, le dessinateur et scénariste de BD Enki Bilal publie le troisième et dernier volet de sa surréaliste « Trilogie Nikopol ». Sur fond de dieux égyptiens qui interviennent dans la vie des humains, le très chtarbé auteur invente un sport qui mixe la boxe et les échecs. Un round d’échecs, un round de boxe, un round d’échecs… Jusqu’au KO ou au mat.

Le truc idiot. Pour de rire. Le gag final d’une BD qui ne manque pas d’un certain humour. De quelle pathologie doit-on souffrir pour avoir envie de pratiquer ce sport pour de vrai ? Quelqu’un a-t-il déjà enfourché son balai après avoir vu Harry Potter jouer au Quidditch ? (Ah ben oui en fait, ils ne s’arrêteront donc jamais).

Pour le chessboxing, il a quand même dû se passer un truc : aujourd’hui, on compte des clubs dans une douzaine de pays, de l’Allemagne à l’Iran en passant par la Finlande (quand il y a un truc vraiment idiot à faire, les Finlandais ne sont jamais très loin, je rappelle quand même qu’ils sont champions du monde de hockey SOUS glace).

Un championnat du monde est organisé chaque année par la fédération mondiale, qui explique très sérieusement être en phase avec les philosophes Grecs anciens qui professaient « Mens sana in corpore sano » – Un esprit sain dans un corps sain. C’est complètement con, un peu comme si les championnats du monde de coiffure masculine choisissaient comme devise « Ecce homo ».

Ceci dit Marc-Olivier, notre fondateur bien aimé, sera d’accord avec moi : une compétition sponsorisée par Jägermeister ne peut pas être complètement ridicule. Par contre au vu des morceaux, va falloir aligner les p’tits shots pour en venir à bout.

Dans la vidéo ci-dessous, Enki Bilal explique la genèse de ce sport :

Tu ne m’ôteras pas de l’idée que le gars qui lit cette BD et décide de vraiment créer ce sport aurait mieux fait d’acheter l’intégrale de Manara et de se taper sur la colonne.

Mais puisque cela existe, analysons le déroulement d’un combat. Un match se déroule au maximum sur onze rounds : six rounds de quatre minutes aux échecs, en alternance avec cinq rounds de trois minutes à la boxe.

Le round d’échecs est joué à cadence rapide sous la forme d’un « blitz », et chaque joueur dispose d’un total de douze minutes. Bien.

Reste la question principale : le match commence par un round d’échecs de quatre minutes. Même en étant Kasparov, il est probable que tu ne vas pas mettre ton adversaire mat en si peu de temps, d’autant qu’il peut faire traîner (puisqu’il a douze minutes sur l’ensemble du combat pour jouer ses pièces). Bon, le premier round d’échecs se termine, tu es en bonne position, si ça se trouve tu lui as même bouffé sa reine. Tu te lèves pour un round de boxe. Le gars en face s’appelle Mike Tyson. Est-ce qu’il y a un moment où tu regrettes de ne pas avoir choisi ping-pong ?

Pour conclure, je signale que ce n’est pas la première fois que la boxe est combinée avec une autre discipline : dans « L’encyclopédie des sports oubliés », bouquin sur lequel je me suis rué dès que j’ai appris son existence, on présente par exemple la boxe à cheval, en vogue dans les années 1910. Mais ce sport oublié a un avantage sur le chessboxing : il est oublié, justement.

 

Après plus de mille matches du LS, un jour j'ai eu envie de voir du foot.

Mots-clefs :

Commentaires (1)

  • Avatar

    Coulej

    |

    Celui qui s’est mangé 2,3 pains a sans doute du mal à se concentrer sur son jeu d’échecs par la suite ! Pour la boxe à cheval, j’imagine que la complexité résidait surtout à ganter l’canasson! :0)

    Reply

Laisser un commentaire

Commentaires FB