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Clubbing : Borussia Mönchengladbach

Depuis que ce site existe, on t’a beaucoup parlé d’un club allemand en particulier, si tu vois ce que je veux dire… Il est désormais temps d’équilibrer les débats et d’aborder d’autres formations ayant également fait l’histoire de la Bundesliga. Et comme on ne fait pas les choses dans la dentelle, on a carrément décidé de présenter ce mois-ci l’autre Borussia, celui au nom imprononçable pour le commun des mortels.

L’histoire complètement bidon du club :

Avec un nom pareil, le Borussia Mönchengladbach n’a pu être fondé que par des passionnés de scrabble me direz-vous ! Même plus, des afficionados de scrabble qui jouent toujours en mangeant de la purée de pomme de terre. Sans doute les mêmes qui ont créé le 1. FC Kaiserslautern. Mais il n’en est rien. Comme son nom l’indique le Borussia a été créé par Guillaume II dernier roi de Prusse. Aussi peu évident que cela puisse paraître, Borussia signifie Prusse en latin, l’ancien nom bizarre de l’Allemagne. Ben quoi tu ne connais pas le Helvetica Sion et le Iberia Madrid ? Et puis à ce qu’il paraît le club a été entraîné avec succès par Lulu ces dernières années, si ça c’est pas de l’histoire…

Couleurs, symboles et surnoms à la con :

Oui on l’a fait ! Nous avons enfin trouvé un club qui n’évolue pas en rouge et blanc. Le Borussia Martengladbach évolue donc en blanc. En tout blanc même. Soit un uniforme pas extrêmement original non plus, il ne faut pas déconner. Ses couleurs secondaires sont le noir et le vert, ce qui offre tout de même une association de couleurs assez sympathiques qui rappellent finalement presque celles de la Mannschaft qui historiquement joue en tenue extérieure verte. Pour ce qui est du symbole, le Borussia Mönchengladbach ne fait là non plus pas dans l’originalité… Un écusson noir-blanc estampillé d’un B dans un losange qui aurait pu faire un excellent logo pour les Bioman. En revanche, au niveau des surnoms Gladbach se surpasse puisque l’on associe ce club au poulain depuis les années 70. En allemand ça donne les Fohlen ou le Fohlenelf, le onze du poulain. Il faut avouer que ça sonne plutôt classe et que ce surnom est souvent utilisé. Oui Borussia Machingladbach ça fait quand même long quand tu parles de ton équipe préférée. Pourtant le seul poulain qui apparaisse fréquemment dans les travées du Borussia-Park, c’est Jünter la mascotte qui fait le fou sur la pelouse avant et après les matchs. Le sens du show à l’allemande sans doute. Bon, on veut bien tant qu’il ne se met pas à brouter la pelouse !

Belle reproduction du logo des Bioman

Stade et supporters :

Les Fohlen ont longtemps évolué au Bökelbergstadion, un stade mythique en Allemagne. Dans les années 90, l’enceinte est devenue trop vétuste. Les tribunes en béton armé, sans doute fabriquées au fin fond de la Roumanie, sans places assises et livrées aux caprices de la météo ont eu raison de ce temple du football. On y trouvait toutefois un des plus beaux totomats d’Allemagne ! Dans les années 2000, cette arène a donc été remplacée puis détruite, même si les restes du Bökelbergstadion sont toujours visibles en ville. En 2004, le Borussia-Park a vu le jour. Un stade flambant neuf pouvant accueillir environ 54’000 personnes, ce qui est absolument énorme pour une ville comptant seulement 250’000 âmes ! Alors certes, cette nouvelle arène se trouve loin dans la périphérie de la ville, presque à la campagne, mais l’ambiance y est franchement bonne et sympathique. Et pourtant ce stade n’a pas été retenu pour accueillir des matchs de la Coupe du Monde 2006. Avant les matchs on y écoute un hymne bien rock (Elf vom Niederrhein) que doivent particulièrement apprécier les supporters vêtus de leur gilet en jeans à franges. Et lors d’un but des locaux on te passe une chanson bien techno de Scooter, une groupe phare des années 90, et tout le monde saute en rythme. C’est un peu beauf mais en fait c’est vachement sympa. Bien à l’image du public et des supporters des Fohlen en fait. Et inutile de préciser qu’on y mange d’excellentes saucisses servies sur carton.

Un petit morceau de Roumanie en pleine Allemagne de l’Ouest orné de son totomat.

Les grands rivaux du club :

Möchtengladbach fait partie de cette immense région que l’on appelle la conurbation Rhin-Ruhr, enfin la Ruhr un peu élargie. On y trouve une pléthore d’équipes évoluant ou ayant évolué en Bundesliga récemment. Outre Gladbach, on trouve bien entendu Schalke, Dortmund, Duisburg, Bochum, Fortuna Düsseldorf, Leverkusen et même Cologne. C’est d’ailleurs ce dernier qui est historiquement le rival attitré des Fohlen. Le match entre Borussia Mönchengladbach et le 1. FC Köln est considéré comme le derby du Rhin, une affiche classique de Bundesliga. La rivalité remonte essentiellement aux années 70 lorsque les deux équipes jouaient les hauts de classement de la Bundesliga. Aujourd’hui, bon ben c’est un derby, pas ce qu’il y a de plus enflammé dira-t-on. Il faut dire qu’actuellement de par son côté structure traditionnelle relativement modeste, Gladbach jouit globalement d’une sympathie générale en Allemagne. Un peu à l’image d’un Werder Brême.

Le ou les joueurs qui pourraient avoir leur statue à l’entrée du stade :

La grande époque du Borussia, ce sont les années 70, où le Fohlenelf était sans doute la meilleure formation d’Allemagne et peut-être même parmi les meilleures d’Europe. C’est donc bien à cette époque que l’on trouve des joueurs méritant d’avoir leur statue. L’époque des cheveux longs et des moustaches car Gladbach était effectivement une équipe de rebelles. S’il ne faut retenir qu’un seul nom c’est sans conteste celui de Hans-Hubert « Berti » Vogts qui a disputé toute sa carrière au club. Associé aux non moins fameux Jupp Heynckes, Herbert Wimmer et Günther Netzer, ils ont été la colonne vertébrale des succès glanés durant les années où fumer des joints et jouer de la guitare était cool. Les titres majeurs de Münzengladbach datent d’ailleurs exclusivement de cette belle époque, cinq titres de champion d’Allemagne, deux coupes UEFA et une finale de coupe des champions. Une très grosse équipe à l’époque. Et j’oubliais que ses joueurs fournissaient également la moitié de l’équipe allemande championne du monde en 74 et d’Europe en 72 ! Et puis plus récemment Lothar Matthäus, Stefan Effenberg ont notamment été formés au club. Pas mal de Suisses ou de joueurs passés par la Suisse sont également restés mythiques comme Oliver Neuville, Granit Xhaka ou le surfeur argovien. Personnellement je retiens surtout Martin Dahlin.

Le joueur qui a joué pour le club mais qui se ferait balancer des tomates à la gueule s’il osait revenir :

Monstergladbach n’entretenant pas de rivalité soutenue avec un autre club et la plupart de ses bons joueurs finissant de toute façon au Bayern (c’est le problème en Allemagne), il est difficile d’identifier un vrai traître. Par contre, ce qui doit être peu apprécié à Menschengladbach, c’est d’avoir un nom trop court. A ce titre, l’ancien international allemand des années 80 Uwe Rahn ne doit pas être très apprécié. De plus, en 1988 il se transfère à Cologne, rival historique. Sans doute pour rejoindre un club au nom simple et court comme lui. Non… on n’a vraiment pas dû digérer à Merchengladbach.

Le Fanaticus Germanorium, une espèce en voie d’extinction encore bien présente au Borussia-Park

Le match d’anthologie du club dont on se souviendra dans 50 ans encore :

Du côté de Mädchengladbach, on se souvient particulièrement d’un match qui date du 29 avril 1978. Une victoire 12-0 face au Borussia Dortmund, ce qui constitue encore à l’heure actuelle la plus grosse volée de l’histoire de la Bundesliga. Certes, à l’époque Dortmund n’est pas l’équipe pimpante qu’elle est actuellement mais il s’agit tout de même d’une grosse cylindrée pour l’Allemagne. Ce jour-là, Jupp Heynckes en colle cinq et l’entraîneur de Dortmund Otto Rehhagel est viré. Dommage pour les Fohlen, c’est le rival Cologne qui remporte le titre cette année-là. Ironie de l’histoire le titre se joue à la différence de buts. Bon et puis sinon il y a quand même une ribambelle de matchs fameux pour les fans les plus anciens dans les années 70. Le choix est compliqué à faire entre une demi-finale de Coupe de l’UEFA face à Cologne, les deux victoires en finale de Coupe UEFA en 1975 et 1978 ou encore la demi-finale de 1977 face au Dynamo Kiev qui permet aux Fohlen de disputer la finale de la Coupe des Champions face à Liverpool (qui était un vrai bourreau de Gladbach dans les années 70). Plus récemment il faut se contenter d’une finale de coupe d’Allemagne gagnée 3-0 en 1995 face à Wolfsburg. L’époque des Effenberg, Dahlin et Pfilpsen, ça date pour un dernier titre. Personnellement, c’est le match du lancer de canette (Büchsenwurfspiel) qui m’a marqué à vie. Un huitième de finale de coupe des champions de 1971 remporté 7-1 par Gladbach face à l’Inter Milan mais rejoué sur tapis-vert suite à une histoire de jet de canette d’un spectateur. Une fois le match rejoué c’est l’Inter qui passera et depuis ce jour mon père porte une moustache.

Bon ok, et actuellement :

Club phare et incontournable dans les années 70, le Borussia Meinengladbach est peu à peu rentré dans le rang au fil des années 80 jusqu’à devenir une équipe médiocre de Bundesliga connaissant même une relégation en 1999. Mais depuis quelques années le club renaît quelque peu de ses cendres. Alors bien sûr, il ne parvient pas à rivaliser avec la machine Bayern qui continue à remporter tous les titres, mais Gladbach pointe régulièrement dans le top 5 allemand. Le club se permet ainsi quelques participations à la prestigieuse Champions League. En même temps que demander de plus à un club d’une ville de même pas 300’000 habitants qui possède néanmoins un des dix plus gros budgets d’Allemagne. Bref, je t’invite vivement à aller vivre une rencontre sur place au Borussia-Park qui permet sans doute de se faire une bonne idée de la façon dont on vit le football au pays de la Bratwurst, certainement mieux qu’à Munich ou à Dortmund.

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