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Huit raisons d’aimer Petkovic (pas avec le zizi bien sûr)

Alors que l’on est exactement au milieu de la phase qualificative pour la Coupe du Monde 2018 (oui vous avez l’impression que ça fait des plombes que ça dure et qu’on était plutôt à la fin, je sais. Mais d’ici fin août, les choses vont s’accélérer), il est temps de justifier les raisons qui font que je considère Vladimir Petkovic comme le meilleur coach que la Suisse ait eu depuis perpét’.

Voici donc huit raisons de kiffer ce bon vieux Vladimir.

1. Ses prédécesseurs

Commençons donc par le comparer. Nous débuterons par clore une bonne fois pour toute le chapitre Roy Hodgson (parti-pris temporel dû à mon âge), auquel on n’a pas le droit de toucher mais qui suscite un ébahissement chez les Anglais lorsque vous leur dites qu’on le regrette suivi d’un « you can fucking keep him lad ». On ne le regrette plus tant que ça, c’était tout de même il y a 13 ans.

Il y eut ensuite Arthur Jorge qui restera comme la plus abominable plaisanterie du passé (pire que l’histoire du bègue qui doit dire bonjour à Madame Capinési). Puis deux-trois faiseurs: Fringer, Gilbert Gress et Enzo Trossero. Tout cela pour en arriver à Köbi Kuhn. Il faut admettre que Papy avait monté quelque chose de très honorable après une période calamiteuse. Cependant, il nous a permis d’assister à des qualifications certes héroïques mais à des phases finales mauvaises même si l’euphorie de 2006 fut un agréable moment, malgré des matchs bien plats. Son bilan sera aussi aggravé par le bordel de l’affaire Vogel dont on n’a jamais su vraiment les tenants et aboutissants. Un jour le Genevois était un affreux hautain à la Mélanie Laurent, un jour c’était Frei l’intriguant qui faisait son Raspoutine.

Mais tout cela n’est rien à côté de l’arnaque Ottmar Hitzfeld. Surpayé, surmédiatisé, surévalué, surgeliebt en Suisse allemande, mais surtout surpris de réaliser à quel point ce n’était pas aussi facile qu’il le pensait d’être coach national. L’Allemand se sentait tellement supérieur avec ses titres nationaux et européens en club(s) qu’il n avait pas vraiment en tête d’avoir un défi. Désintéressé par la Nati autant dans ses propos que par son absence physique au long de l’année dans les stades, Hitzfeld semblait toujours dire, quand l’équipe alignait les résultats médiocres, qu’il faisait ce qu’il pouvait avec les tocards qu’il avait sous la main. L’ASF (et le Crédit Suisse) avait même eu le mauvais goût de le conserver après la non-qualification à l’Euro 2012. Sur tous les plans, Petkovic le surpasse. Pour l’instant.

Vladimir explique à Seferovic que le but dans lequel il faut mettre la balle est de l’autre côté.

2. Son côté pas désiré

Vladimir en Suisse (allemande), personne n’en voulait. C’était le gamin pendant le tirage des équipes à la gym à côté duquel il ne reste que l’obèse et la fillette mal nourrie et qui fait un regard le plus impassible possible en suppliant dans sa tête qu’on le prenne. C’était le plan cul un peu moche qu’on est content d’avoir sous la main mais avec qui on n’aime pas trop se montrer en public. C’était l’ours polaire né avec trois pattes que sa maman pousse du museau pour pas que ce boulet la suive sur la banquise. Bref, pour l’ASF, c’était un choix par défaut parce Marcel Koller et Lucien Favre ne voulaient pas venir. Un désamour complètement injuste et inapproprié. Après sa première défaite contre l’Angleterre, on parlait déjà de le foutre dehors alors qu’Hitzfeld n’avait pas une seule seconde été remis en question après une humiliation contre le Luxembourg et une élimination des qualifs pour l’Euro. Franchement, tant d’injustice inspire la sympathie.

3. Ses résultats

Pour l’instant, ils sont corrects. Oui bien sûr, on attend tous de pleurer comme un ourson devant son pot de miel vide, un cheval devant un abattoir ou un jeune UDC devant un livre si le Portugal fout la pâtée aux Suisses lors du dernier match et lorsque le barrage contre le Monténégro se transformera en océan de désillusion. Mais à l’heure actuelle, avec une 10ème place au classement FIFA, un bilan positif en victoires, un Euro 2016 mieux réussi que les dernières compétition auxquelles la Suisse a participé, Petkovic ne peut souffrir aucune critique.

Seferovic dit à Vladimir qu’il pense que non, parce qu’avant il a vu quelqu’un mettre la balle dans cette cage-là… Vladimir lui répond que c’était l’équipe adverse.

4. Sa manière de moins nous prendre pour des cons, nous les supporters cons

On avait l’habitude des gros bullshits avant compétition comme quoi « les buts rentreront quand ça comptera » pour finalement reproduire exactement les mêmes prestations que lors des matchs d’avant phase finale (mention spéciale à la préparation de l’Euro 2004). Avant l’Euro 2016, les matches de préparation sont plutôt mauvais avec de mortifiantes défaites contre la Bosnie et l’Irlande puis des performances médiocres face à la Belgique et la Moldavie. On entendait alors les sempiternelles justifications de « il faut être prêt le jour J et pas avant » dont on sait l’absurdité tant les équipes qui déchirent tout lors des matches de préparations ne se retrouvent jamais épuisées quand le  tournoi commence mais plutôt en confiance. Mais Vladimir n’essayait pas de nous mener en bateau. Il déclarait que l’équipe se préparait. Pas de fausses promesses de merveilles, pas de justifications hasardeuses. Et cette année là cela n’a finalement pas été comme d’habitude. La Suisse fut nettement mieux une fois que l’Euro débuta vraiment. Grâce notamment au prochain point.

5. Le style de jeu

Oui on arrive au moment où certains vont me conchier mais j’admets être totalement d’accord avec moi-même sur ce point (si moi-même était un autre type mais quand même moi et qu’il me disait ça et que je pouvais lui dire : « Oui je suis d’accord, mais fringue-toi un peu mieux »). Oui Vladimir est le premier coach de tous les précités à avoir développé un style de jeu propre pour l’équipe. Il a parfaitement su exploiter les semaines de préparation d’avant l’Euro, les premières pour lui durant lesquelles il disposait de son équipe sur un laps de temps plus long que trois jours, et a réussi à structurer la tactique collective. Attention, cela ne veut pas dire que ce style n’est pas un truc tout moche pour autant. On parle bien de cette possession de balle excessive et souvent infructueuse. Mais au moins, il ne s’est pas contenté de mettre des joueurs au hasard sur le terrain pour voir ce qui allait se passer ou, pire encore, faire jouer un numéro six en neuf et demi et un milieu offensif en récupérateur (Xhaka et Dzemaili en sont encore très reconnaissants envers Hitzfeld).

Vladimir se rend bien compte que Seferovic n’a pas compris.

6. Son côté badass

Vladimir a les qualités du mec qui n’en a rien à foutre mais qui ne l’érige pas en fierté. C’est naturel. « Quoi ? Tu veux que je parle en allemand à ta conférence de presse ? Et ben bim ! je te balance de l’italien dans ta gueule. Je m’en bats les steaks que les Suisses allemands de la presse de boulevard trouvent ça scandaleux. L’italien, c’est une langue nationale et je vous emmerde. » Franchement, ça fait plaisir qu’un homme tienne bon, pas par revendication mais parce qu’il ne voit pas ce que ça peut foutre qu’il parle une langue du pays. Et surtout la presse suisse alémanique l’a en partie détesté pour ça. Ce qui montre quand même qu’il y a peut-être un problème dans ce pays qui se vante d’être une symbiose de cultures et de langues mais où les Zurichois ont déjà de la peine à considérer l’existence du reste des Suisses allemands.

7. Les clichés véhiculés à son arrivée

Quoi de plus imbécile que les idées de « c’est un mec des Balkans il va bien s’entendre avec les mecs des Balkans » ? Oui ces inepties ont été citées dans le Blick à l’époque. Passons sur le fait qu’il s’agit à nouveau d’un espèce de bashing envers les joueurs suisses d’origine de l’Est qui n’ont jamais montré le moindre manque de respect, que ce soit dans leurs propos ou dans leurs actes, envers leur pays d’adoption et pour lequel ils jouent, comme si ceux-ci ne pouvaient pas être gérés de la même manière que les autres au sein d’une équipe. La débilité consternante de tels propos se marque d’autant plus que cela n’a aucun sens de penser que parce que des types viennent de la même région (et de plusieurs pays différents dont certains se sont fait la guerre), ils vont s’entendre forcément comme larrons en foire. Vladimir n’a jamais montré de favoritisme particulier envers qui que ce soit et Behrami aurait préféré avoir Michel Pont.

« Il est toujours là? Dis moi quand il s’en va que je puisse me retourner… »

8. Sa fille

Dans l’époque où nous vivons, remplie de pervers qui harcèlent des femmes dans la rue ou pleine de promoteurs immobilier qui mettent les doigts dans leur stagiaire, je prendrai l’option de ne pas utiliser le féminin de « bon » pour la qualifier. Mais quand même, la fille de Petko fait davantage rêver que la femme à Roger. Si bien qu’on se dit qu’on se ferait volontiers inviter à un repas de famille chez les Petkovic. Parce que ce n’est pas partout qu’on peut manger, parler de foot et draguer en même temps. Maintenant, il faudrait juste qu’elle réponde à ma friend request Facebook pour que ça se passe. Bien sûr tout cela est de la fiction. Tout comme vous n’êtes pas en train de taper «Petkovic Tochter» sur Google.

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