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Le LS 2016-2017, prises de tête et de vues

Le rideau est tombé, Lausanne s’est péniblement sauvé de la relégation pour sa première saison en Super League. Et même  si cette équipe a « battu le record de points depuis la faillite », on n’est pas rassurés avec la perspective d’avoir Zurich à la place de Vaduz l’année prochaine.

VU DE LA TRIBUNE SUD

« Mais pas en arrièèèèèèèèèèère. » La patience, qualité première du public lausannois. Cela fait deux saisons que Celestini veut jouer depuis derrière, et deux saisons que le public refuse de comprendre cela. Bizarrement, cela fait aussi deux saisons que le LS est meilleur à l’extérieur, très largement en 2015-2016 (26 points à domicile, 39 à l’extérieur), et assez clairement tout de même en 2016-2017 (14/21). Petit rappel de la saison précédente également avec le dernier match à domicile : ce maintien validé passivement en perdant 2-1 pendant que Vaduz n’arrivait pas à gagner à Lucerne, cela rappelait la promotion fêtée officiellement pour le dernier match à domicile, un cinglant 4-1 contre Winterthour.

Par rapport au comportement du public, il est désolant de lire la résignation du staff et des joueurs à ce propos, à l’image de Monteiro, interviewé par 24heures : « Je cherche surtout à être précis dans ma première passe, explique-t-il. Et si elle doit passer par-derrière, au risque de faire réagir le public parfois impatient, alors je le fais. »

On notera que lors de la défaite catastrophique contre Vaduz fin avril, le premier sifflet du public est venu à la 3ème minute, quand Castella touchait son premier ballon, et donc plusieurs minutes avant que Vaduz ouvre le score. Le 20 mai contre Thoune (0-0), le public a sifflé un LS qui avait bien dominé la deuxième mi-temps, et s’est peut-être fait voler un but. Des réactions disproportionnées, en tout cas pour moi qui trouve inconcevable de siffler l’équipe qu’on est venu soutenir.

Vu de BFM TV

C’est un délice. Le 20 mai, jour de ce même match contre Thoune, on nous annonce que Celestini serait la priorité de Saint-Etienne pour la saison prochaine. Avec un résumé relativement grossier de la saison en cours :

Notons qu’à ce moment-là, le LS (qui vient seulement d’obtenir à Lucerne sa 9ème victoire de la saison…) compte 5 points d’avance sur Vaduz, alors qu’il reste trois matches à jouer. Il faudra nous expliquer comment deux points obtenus sur ces trois matches auraient sauvé le LS si Vaduz avait fait le plein.

Vu de Sion et Lucerne

Carton plein. Six points à Sion, six points à Lucerne. Quand on voit que ces deux équipes joueront l’Europa League l’année prochaine, qu’on a fait jeu égal contre Lugano, troisième équipe concernée par cette compétition, mais qu’on s’est formellement sauvés de la relégation à une journée de la fin, y a comme une impression de gâchis. Dans la même saison, on fait 2 pauvres points contre GC et 3 contre St-Gall, qui finissent juste devant nous au classement, tu parles d’un paradoxe. Le supporter lambda du FC Lucerne, dont l’équipe va jouer l’Europe alors qu’il l’a vue perdre assez nettement contre Lausanne (1-3 et 0-3) pour les deux confrontations à domicile, doit se poser des questions. Au final, les résultats du club ressemblent un peu aux escaliers des Shadoks :

Vu du banc

On a eu de tout, dans la gestion de l’effectif. Des départs rageants, comme celui de Lavanchy à GC, qui ne termine qu’une place devant nous. D’autres décevants, comme celui de nombreux joueurs du crû, qui ont participé à la promotion, et se retrouvent livrés en multipack au Mont (Sessolo, Marazzi, Feuillassier et d’autres). On a demandé à ces mecs de partir pour prendre des Esnaider, Blanco et Frascatore totalisant à eux trois 19 minutes de jeu en Super League. Il y a des renforts de la saison précédente qu’on a décidé de garder, mais qui n’ont pas fait la différence aussi bien qu’à l’échelon d’en dessous, comme Pak et Méndez. Il y a eu Margiotta, de loin le plus efficace devant, qui s’est blessé en janvier. Des joueurs inégaux, comme Tejeda, Maccoppi, Torres et Ben Khalifa, même si les deux derniers sauvent la saison entre mars et avril avec les victoires à Vaduz, Thoune et Sion. Des coups d’éclat qui sont trop rares, de la part de joueurs desquels on était en droit d’attendre plus.

Il y a la valse des capitaines, avec Custodio qui porte le brassard jusqu’en mars, puis Maccoppi, qu’on n’attendait pas là. Sur ce point, laissons à Celestini que le changement de capitaine coïncide avec le renouveau des victoires. Mais il y a aussi eu la valse des gardiens, et ni les performances ni les blessures n’expliquent pourquoi Kevin Martin a été titularisé pendant huit matches puis remis sur le banc au profit de Castella. La seule explication que j’ai trouvée, et vous allez voir que je l’ai cherchée longtemps, c’est le nouveau système de promotion de la relève. Un joueur né en 1995 ou plus tard (ce qui est le cas de Martin mais pas de Castella) titularisé 8 fois en Super League rapporte 6 points de promotion de la relève à son club, si je comprends bien ce tableau :

J’espère au moins qu’avec l’argent gagné grâce à ces 6 points, on pourra faire revenir Coltorti.

Vu des travées de la Pontaise

Des maillots de Plessis, Assana et Tapoko. Autant de joueurs qui n’ont fait que passer, et qui nécessitent un temps de réflexion pour se rappeler quand ils ont joué. En l’occurrence, il s’agit toujours des maillots verts, que le LS portait à l’extérieur il y a quelques années. Ce qui me laisse penser qu’ils ont été obtenus à la fin d’un vieux match de fin de saison, et donnés par les joueurs eux mêmes. J’espère vraiment que c’est ça, parce que l’idée de fréquenter les mêmes lieux qu’une personne qui est prête à payer pour un maillot vert floqué du numéro et du nom d’Assana me fait froid dans le dos. Je me réjouis en tout cas de croiser en 2021 des personnes portant le maillot orange d’Esnaider et de me demander quand on l’avait, celui-là, déjà.

Lausanne, le 20 mai 2017

 

Vu de ma boite de réception sur Facebook

Trois conversations qui symbolisent cette saison. 1) J’ai regroupé tous mes potes sympathisants mais pas abonnés, et je les ai spammés toute la saison avec les concours de Lausanne Cités. Je crois que j’ai réussi à en faire venir trois sur la saison, et pour le reste cette conversation était un long monologue.

2) Au retour du match à Vaduz le 10 décembre, avec le fameux penalty pour Vaduz qui n’aurait jamais dû être sifflé, j’ai écrit à l’arbitre Lukas Fähndrich. Vous remarquerez qu’il était 23h34, j’avais donc mis à profit le trajet du retour pour passer mes nerfs de différentes manières (notamment en jetant de toutes mes forces des gros cailloux sur une gouille d’eau gelée à la gare de Sargans), ce qui m’a permis de rester courtois. Précisons que Fähndrich est loin d’être le seul arbitre à avoir lésé Lausanne cette saison, mais les circonstances ont fait que c’est à lui que j’ai eu besoin d’écrire, et on ne peut pas lui reprocher un manque d’honnêteté dans sa réponse.

3) En début de saison, j’ai écrit deux fois à Teleclub pour leur signifier mon insatisfaction par rapport à leur offre télévisuelle.

Je précise que la situation ne s’est pas améliorée pendant la suite de la saison, simplement j’étais trop occupé à écrire à mes potes pour qu’ils viennent et à Fähndrich pour que lui ne vienne plus.

Vu du site du LS

Ce n’est un secret pour personne : le LS n’est pas un as de la communication. Les présentations de matches ont longtemps été en-dessous de tout, et alors que je le faisais remarquer – de façon peu diplomate mais précisément argumentée – sur le forum non officiel, on m’avait rappelé avec beaucoup de finesse qu’on n’était « pas le FC Molière ». Depuis, le niveau de français du site s’est amélioré même s’il reste une quantité de lieux communs suffisante pour les trois prochains livres de Joël Dicker. On a tout de même droit à quelques incohérences, qui survivent probablement aux relectures à cause du budget insignifiant alloué à la comm’ et du fait que Martin n’est pas leur rédacteur en chef. J’en relève quand même une qui m’a bien fait rire : indiquer que Jordan Lotomba est né le 31 septembre.

Vu de Lancy et Köniz

On va terminer en parlant un peu de la Coupe. Parce que Lausanne a peut-être raté les enseignements de son élimination au 2ème tour, qui paraissait extrêmement prématurée à ce moment de la saison (on sortait d’un 5-0 à domicile contre Vaduz au 7ème match de la saison… ça paraît lointain). Une victoire poussive à Lancy au premier tour, où il a fallu compter sur Méndez, transparent en championnat, pour le but de la sécurité. Au 2ème tour, on tire Köniz. Alors oui on savait que cette équipe était bonne en Coupe, avec tout de même le scalp de GC et une participation aux quarts la saison précédente , mais on n’est pas plus inquiets que ça. Tu parles. Avec l’excellente idée des locaux de fixer le match un vendredi soir (vous ne serez pas surpris si je vous dis que ça leur a aussi valu un message de ma part sur Facebook), j’ai dû m’arracher les cheveux en regardant sur Internet ce LS qui peinait à revenir au score pour se prendre un cinglant 3-1 au final. Ce match aurait dû rester l’erreur de parcours, pour permettre à l’équipe de gérer le championnat aussi bien que durant les 10 premières journées. Mais de trop nombreux matches ont ressemblé à celui de Köniz, avec un LS impuissant, par exemple quand il s’agit d’égaliser contre Sion à 11 contre 10, de gagner contre Saint-Gall qui reste sur 5 défaites, ou de revenir au score contre Vaduz qui est, ce jour-là, 10ème avec 7 points de retard.

Précieux sésame

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