Vidéo des 10 ans

L’édito du mois de février

Qui a dit que Carton-rouge ne parlait que de football ? Ce mois-ci, c’est à une véritable macédoine de sports que nous vous invitons.

Déjà, il y a la rubrique que vous attendez tous, celle qui fidélise au moins la moitié de nos quatorze lecteurs, celle qui nous fera un jour racheter par Tamedia ou entrer au CAC40 : La Nati, disséquée par l’incontournable Chessex. De plus, l’ultra monomaniaque Di Lello nous dresse un compte-rendu de la Coupe d’Afrique des Nations, et je le soupçonne de préférer analyser l’entraînement de la 2 de Bioley-Orjulaz plutôt que de devoir un jour admettre que d’autres sports existent.

Mais pour le reste, votre site s’est diversifié, jugez plutôt :

  • Après que notre fondateur a fait des pipes à Rodg  durant tout l’Open d’Australie avec 5 articles sur le blog en deux semaines, l’ami Maclero donne son point de vue légèrement décalé sur celui qui n’est jamais que 10ème à l’ATP. Ça promet des discussion animées au Bamee lors de leur prochaine rencontre.
  • Grégoire Etienne inaugure sa nouvelle rubrique « Un jour, un destin » en revenant sur la victoire improbable d’Urs Lehmann aux Championnats du monde de ski alpin en 1993. L’équivalent d’une victoire de l’Italie au tournoi des 6 Nations.
  • Les Pigeons du mois sont fiers de nominer quatre représentants de quatre sports différents.
  • Après s’être fait plein d’amis dans le petit monde des KListes, votre serviteur s’intéresse à un autre sport qui prête à rire, le hockey subaquatique
  • Et enfin, toujours à la bourre, vous pourrez dans quelques jours découvrir un sujet sur le ping-pong, par le très ponctuel Echenard.

C’est vous dire si on est des spécialistes en tout.

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Après plus de mille matches du LS, un jour j'ai eu envie de voir du foot.

Résultats de décembre et Pigeons de janvier

Décidément Sébastien Buemi et son karting électrique ont tout raflé en 2016 : le titre de champion du monde de tracasset E mais surtout et haut la main, le Pigeon d’Or de Décembre 2016. Il faut dire que notre Alain Delon d’Aigle (pardon de Monaco, car c’est plus beau la Méditerranée que le delta du Rhône), ne vous a pas laissé indifférent avec son sens de la modestie « Oui, bien sûr. Ce n’est pas facile de parler de soi comme ça, mais c’est vrai qu’avec les sept courses que j’ai gagnées, je passe pour le favori. Mon équipe, moi, nous faisons figure de référence.» S’il ne s’est pas roulé une pelle après une telle déclaration, José Mourinho va se retourner dans sa tombe, enfin dans son lit.

Le pire avec Sébastien Modeste Buemi, c’est qu’il se construit un film blockbuster avec son apport à cette ridicule catégorie de course automobile alors que ces bagnoles ont une vitesse de pointe inférieure à une Lada Niva. Au lieu d’accepter que son « passe-temps » pour friqués n’est qu’un joujou pour milliardaires qataris, l’Aiglon monégasque ne cesse de s’épancher dans les médias qui cautionnent son numéro de fausse diva : « Au chapitre qui traitera de la Formule E dans les livres d’histoire du sport automobile, le nom de Sébastien Buemi figurera dans les premières lignes. » On dira de notre coté qu’au chapitre des Pigeons d’Or de Carton-Rouge, Modeste Buemi a réuni 44% des votes en décembre contre 26% à Schilt (le boxeur de Gotteron), rentrant ainsi par la petite porte dans le cercle fermé des vainqueurs de notre modeste, mais féroce compétition.

En janvier 2017, il n’y a pas que Trump qui a dit et fait n’importe quoi. Suite à une analyse sans concession (donc juste) de la Rédac, nous avons constaté que le petit monde du sport suisse recelait quelques énergumènes semblables au Ricain décoloré. Tout d’abord, on ne pouvait louper le nouveau brasseur de fric Haut-Valaisan de la FIFA ainsi que le refugié fiscal de Gingins, diva ridicule sur les courts de Melbourne. Accompagnant ces Messieurs, nous vous proposons aussi deux « demoiselles » : une skieuse pleurnicheuse au physique en Lego et une fille à papa coupeuse de têtes, accessoirement PDG du HC Lugano.

Votez et militez autour de vous pour faire voter d’ici au 4 mars… et soyez sans pitié !


  • Gianni Infantino

    Gianni Infantino


    Portée par la volonté de son président, la FIFA a approuvé à l’unanimité l’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes dès 2026, contre 32 actuellement.

    A titre personnel, je ne vais pas me plaindre pour le principe. Je gobe les compétitions internationales tout entières, comme l’anaconda avale une chèvre, lentement, centimètre après centimètre, puis je m’en retourne en rampant, repus, gavé, digérer dans mon coin pendant deux ans.

    L’argument d’un horrible Panama-Ouzbekistan au premier tour m’en touche une sans faire bouger l’autre : je vais adorer regarder ce match, et s’il passe à 3h00 du matin tant mieux, ce sera mon petit plaisir coupable. Les rédacteurs de carton-rouge savent que je suis toujours partant pour chroniquer le match improbable. Mais de là à prétendre que cela va augmenter la qualité globale de la compétition…

    C’est cela le problème de la FIFA, corrompue jusqu’à la moelle, en qui plus personne ne croit, et au sein de laquelle chaque vote à l’unanimité déclenche la suspicion : son argumentation.

    « Plus de pays pourront rêver » déclare Infantino, le nouveau Don Corleone de la Fédération. « Le football ne se limite pas à l’Europe et à l’Amérique latine», poursuit-il. Tout juste admet-il que cette augmentation du nombre de sélections va générer quelques 600 millions d’Euros de plus.

    Rappelons que les éliminatoires servent déjà à faire jouer tout le monde. Et qu’il aurait été facile de donner une ou deux places de plus à l’Afrique et à l’Asie : il aurait suffit d’avoir les couilles d’en retrancher autant des treize places de l’Europe.

    La vérité est que c’est une décision électoraliste, qui permet en plus de conquérir de nouveaux marchés. Mais que ne l’assument-ils pas ? Certes c’est moins romantique que de déclarer « Plus de pays pourront rêver », mais après tout, les joueurs qui signent en Chine parlent-ils du niveau du championnat et du défi sportif ? Non, ils y vont pour le chèque et l’assument (il n’y a guère que Leboeuf qui avait parlé de nouveau challenge avant de signer au Qatar, dans l’hilarité générale).

    Que la FIFA assume, merde ! Elle a vendu le Mondial 2022 au Qatar parce qu’elle ne s’intéresse qu’à brasser du fric, elle élargit le Mondial 2026 à 48 équipes parce qu’elle ne s’intéresse qu’à brasser du fric, et quand la Chine proposera d’organiser le mondial 2030, elle l’aura parce que la FIFA ne s’intéresse qu’à brasser du fric. Espérons juste que Gibraltar ne devienne pas le premier mécène mondial du football, pour ne pas voir une compétition à 211 équipes.

    Bref, on aura donc un Mondial avec le quart des équipes de la planète, d’un niveau affaibli, avec des matches improbables, dans des groupes de trois équipes (si je trouve le gars qui a inventé cette formule, je lui arrache la tête et je lui chie dans le cou). Et la FIFA et son président rouleront sur l’or.

    Finalement, le seul truc vaguement doré qu’Infantino et sa clique ne possèdent pas encore, c’est notre Pigeon. Réparons cette injustice

    Yves Martin

  • Jo-Wilfried Tsonga

    Jo-Wilfried Tsonga

    A l’image de ses compatriotes, le Kinder Bueno du Mans n’a pas marqué des points durant cet Open d’Australie absolument magique. Frustré d’avoir perdu le premier set de son quart de finale contre Stan The Man, le résident de Gingins a créé une altercation aussi pathétique qu’inutile avec le Vaudois, digne d’une cour de récré.

    «Hey bouffon, tu m’as regardé mec, tu cherches la merde ou quoi ? Dans ma téci ça serait pas passé comme ça quoi !» Les images ont bien fait rire la toile et une parodie a rapidement vu le jour.

    On connaît la suite : cet échange verbal n’a pas du tout déstabilisé le vainqueur du dernier US Open qui s’est débarrassé de l’homme au zéro titre du Grand Chelem en trois petits sets. L’histoire s’est donc répétée entre ces deux joueurs et, comme lors de la finale de la Coupe Davis à Lille ou la demi-finale de Roland Garros 2015, Stanimal a pris le dessus sur l’une de ses victimes préférées, lequel a encore pu mesurer tout le fossé qui le sépare des meilleurs. Alors que le tennis helvétique a montré son plus beau visage et donné du rêve aux amoureux de la petite balle jaune (merci encore Dieu Rodgeur), son vis-à-vis tricolore a touché le fond en cette quinzaine australienne.

    Et à cette triste liste de joueurs français n’ayant rien montré à Melbourne, sinon frustration et impuissance, on peut encore ajouter Monfils, Simon, Gasquet ou autre Pouille… Mais le plus ridicule d’entre eux, ça reste quand même Jo-Wilfried Tsonga, et de loin !

    Marc-Olivier Reymond

  • Charlotte Chable

    Charlotte Chable


    Avec son nom qui sonne bien les montées en télécabine sur Verbier et les Ruinettes, Charlotte Chable est un peu le Yoann Gourcuff du ski féminin suisse.

    Déjà suffisamment indigent, le ski romand doit désormais se farcir la jeune skieuse de Villars, un énième talent cocooné par la FSS qui percera un jour (ou pas…), mais qui à force de briquer son fragile squelette a plus de chance de faire partir en faillite sa caisse maladie que de gagner une course de Coupe du Monde. Le palmarès médical de la demoiselle est probant : avec trois déchirures du ligament croisé des deux genoux, une fracture de la cheville et du pied, il paraît qu’en haut dans les Préalpes vaudoises on la surnomme Ramsès II. Comprendra qui pourra.

    Bon, sur Carton-Rouge on n’est pas connus pour se moquer des problèmes physiques des sportifs d’élite (quoique), mais Charly ne pouvait pas échapper à notre sélection mensuelle du volatile doré. Avec sa « Joël Gaspoz » lors de la deuxième manche du slalom de Santa Catarina à 4 portes de l’arrivée (et ce, podium en poche), la momie de Villars a tout fait foirer, et pas rien que sa course, mais peut être aussi sa future improbable carrière comme reine du slalom helvétique: « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, j’étais presque à l’arrivée… » . Euh, oui… mais non ! L’arrivée, c’est là où il y a la banderole rouge marquée Audi et « Arrivée », avec le son des cloches et le bar à Fendant de Collombin.

    Partir à cul sur la neige à 20 mètres du but, c’est déjà assez rigolo mais par contre, commencer à chialer devant les caméras du monde entier, comme une gamine de 5 ans à qui tu n’as pas acheté d’Ovo à la buvette de ski, là ça en devient pathétique. D’ailleurs, la chialeuse de Villars fait franchement peur avec son mélange de naïveté et de délire : « J’ai encore 10 ans devant moi pour faire des podiums et je sais que j’ai le ski pour aller vite. D’autres occasions se présenteront ». D’ici que ses rêves se réalisent, remettons-lui un Pigeon d’or pour la réconforter sur son lit d’hôpital.


    Paul Carruzzo

  • Vicky Mantegazza

    Vicky Mantegazza


    Avec son look à la Josiane Balasko dans « Gazon maudit », la petite fille à papa fait n’importe quoi depuis qu’elle a repris les manettes du HC Lugano en 2011

    N’est pas padre Géo qui veut, lui qui avait habilement construit les Bianconeri de ses mains et de ses lires et surtout ramené durant son règne pas moins de cinq titres de Champions suisses à la Resega. Par contre son boulet, pardon, sa boulette de fille affiche un beau zéro pointé au niveau titres en ne ramenant au Tessin que quelques plaques de viande séchée de ses escapades à la Spengler.

    Avec son physique de camionneuse, la « sémillante » Vicky nous fait bien marrer par son incompétence de supportrice forcenée à qui un papa bien intentionné a refilé un joujou pour tenir sa gosse occupée. Toutefois, la tifosa Mantegazza excelle dans un rayon : le bazardage d’entraîneurs. Jugez sur pièces : Bozon dégommé, Huras détrôné, Fischer débarqué, Shedden déboulonné. Bref, être à la tête du HCL paraît être aussi périlleux que de circuler au bord du Lac de Lugano avec un passeport russe ou calabrais en poche.

    « Si quelqu’un ne donne pas tout pour le maillot, je peux devenir méchante ! », dixit la tifosa faite PDG. Et bien on ne peut pas dire que la Mantegazza fait dans le bluff (Trump likes this !) car elle n’hésita pas à envoyer vertement paître Doug Shedden qui pourtant avait amené son équipe favorite en finale des play-offs 2016 : « Il ne réunit plus les conditions et la confiance nécessaire pour atteindre les objectifs sportifs du club ». La vaudevillesque coupeuse de tête luganesi n’hésitait pourtant pas quelques mois plus tôt à se lancer dans un exercice phallique des plus émouvants : « Shedden représente ma personnalité aussi. Il est très loyal et humble. C’est bien de travailler avec un entraîneur comme lui ».

    Dépourvue de tout sens de l’autocritique et changeant d’avis aussi vite qu’un F/A-18 fonce dans une falaise glaronaise, la Vicky démontre aux amateurs de hockey une rare capacité à dilapider les millions de son papa devant les prud’hommes. Géo aurait été mieux inspiré d’acheter un DAF pour sa fille afin d’assouvir ses ambitions de camionneuse-déménageuse. Que pourrait-elle bien faire d’un pigeon ?

    Paul Carruzzo


Qui est le Pigeon de janvier ?

  • 34.62% - ( 90 votes )
  • 4.62% - ( 12 votes )
  • 56.54% - ( 147 votes )
  • 4.23% - ( 11 votes )

 

 

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Tu m’emmerdes Federer

Parmi les purges 2017, entre Trump et Fillon trône Federer.

L’esthète ultime, le gentil garçon, le premier de classe qui mérite des gifles, qui mérite des croche-pattes et la bite au cirage.

Il est exécrable de correction. Je hais ce modèle de mec depuis ma naissance, je le conchierai encore sur mon lit de mort.

Federer rendant l’usage de ses jambes à un enfant paraplégique

 

Ses enfants sont pliés au carré, ses raquettes sont alignées et rangées par variation de rose pâle. Il dirait du bien du sadique de Romont s’il jouait contre lui.

Roger Federer, c’est le triomphe des lèche-culs, des studieux, des travailleurs. Cette caste abhorrée des humains consciencieux et obéissants qui bossent pour réussir et réussissent.

Tous ceux qui comme moi n’envisagent le succès que volé, le triomphe au bout de l’esbroufe et la dissimulation comme remède à l’erreur perdent le nord face à cette caricature du talentueux travailleur, qui couche à dix heures.

C’est pour ces types là que sont faits les pains carrés, les brosses à chiottes (qui se sert vraiment des brosses à chiottes ?), les STOP aux carrefours (la prochaine voit que j’en vois un qui s’arrête complètement à un STOP, je l’énuclée), les acomptes d’impôts, le tri des déchets, les décomptes de cartes de crédit. Pour les types qui disent bonjour à la dame, portent le polo blanc et traversent vingt ans de médiatisation intense sans un pet de travers.

L’homme le plus drôle de la Terre. Mais où va-t-il chercher tout ça ?

 

Il a la fantaisie d’un métronome, l’audace d’une barrière vauban et il aime autant le scandale qu’un assistant de sécurité publique à ça de son quota mensuel de bûches.

Si je devais emporter Federer sur une île déserte, j’apprendrais à parler aux crabes.

Federer et ses imitateurs, Christian Lüscher, Barack Obama, Laurent Delahousse et Léonard Thurre, ces bien peignés qui nous gouvernent m’estomaquent. Il aura beau brasser du lift, reverser le long de la ligne, « oh-c’est-superbe-ce-que-fait-roger-là-sur-ce-retour » et faire toutes ses âneries qui trempent de sueur les poils du nez de Joël Robert et consort, il continuera à être juste en-dessous de la RIE III sur l’échelle des concepts qui m’émeuvent.

Sur le casting du Rebelle, en 1982

 

Je ne peux pas rendre grâce à un type comme lui.

Je vous vois. Je vois vos béatitudes, vos emportements.

Je vois mon fil twitter plein comme un applestore le matin de la sortie du même téléphone que la veille, d’amis qui confient qu’ils pleurent (ils PLEURENT, je te dis… ils disent qu’ils pleurent.. ces mâles alphas qui n’ont pas identifié une émotion depuis leur permis de boguet, ils pleurent aujourd’hui pour ce cygne blanc qui astique un castillan difforme au bout du monde) de le voir si beau sur le lino de Melbourne, héros du siècle, héritier de Freddie Mercury, de Jacques Anquetil et de Martin Luther King, défenseur acharné de la cause des hommes hétéros blancs valides voyants riches et non-musulmans.

Il me prive de sommeil ce relent de tous mes souvenirs castrants. Du môme qui avait-justement-appris-son-voc-allemand-le-matin-du-contrôle-surprise à l’ado le plus fort de mon équipe de foot de juniors D qui se plaignait de la qualité de ma seule passe de la saison lors de ma seule titularisation pour cause de chiasse et d’yeux verts contagieuse du reste de l’équipe.

Je me réjouis qu’il soit à la retraite, pour détourner mes yeux sur des fantasques, des miraculés, des tricheurs, des polémistes, des pas propres, pas nets, pas honnêtes et pas polis. Pour que vive encore le fantasme de l’imperfection, au royaume du doute et de la nuance.

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Vous avez dit ping-pong ?

La 5ème édition du DHS Swiss Table Tennis Open Lausanne (DHS STTOL pour les intimes) se déroulera ce week-end à la Vallée de la Jeunesse à Lausanne. Le plus grand tournoi international de Suisse aura la chance d’accueillir certains des meilleurs pongistes au monde. C’est le rendez-vous incontournable des amoureux du ping en Suisse. Alors pourquoi pas toi ? Bon OK, ça c’est pas du tout un argument…

Ouais mais c’est pas vraiment un sport le ping-pong…

Soyons clairs d’emblée, ce tournoi ne ressemblera pas à la partie de ping-pong que tu fais au bord du lac. Tu sais, celle que tu fais en tongs, torse nu avec une raquette Migros dans la main (ou un frisbee) et une bière dans l’autre et 6 dans l’estomac. Celle que tu joues sur ces belles tables en pierre brûlante et ce filet en fer si reconnaissable à son bruit qui te punit quand tu mets la balle dedans. Deuxième déception pour toi amateur de ping-pong piscine, à ce niveau, pas de catégorie table tournante. Tu ne verras donc pas des mecs courir autour de la table pour espérer décrocher leur place dans la fameuse finale en trois points qui te permet de gagner un joker. Là, on parle d’un sport où si les spectateurs ne se chauffent pas un minimum la nuque avant le tournoi, vu la vitesse de la balle, c’est le torticolis à coup sûr. On parle d’un sport hyper spectaculaire, avec des joueurs et joueuses à 4 mètres de la table qui te ramènent des balles que même Nadal ne ramènera jamais. On parle d’un sport où le joueur fait arrêter la ventilation de la salle car celle-ci fait bouger sa balle. On parle même d’un sport où la moindre chemise blanche est interdite derrière la table car la balle se confondrait avec elle. Des beaux tarés, on vous dit…

Finale 2016 STTOL Lausanne, février 2016. 

De toute façon, c’est toujours les Chinois qui gagnent

En plus ce sport perd tout son intérêt quand on sait qu’il est ultra dominé par les Chinois. Ça fait 3 olympiades (parce que, oui, c’est un sport olympique) que la Chine gagne tout, chez les hommes et chez les femmes et par équipe. 12 médailles d’or sur 12, intouchables les types. La domination est telle que, chez les filles notamment, les meilleures européennes s’appellent Chen, Li , Jiu et autre Chi. Le Qatar n’a rien inventé avec son équipe de handball… Mais je vous promets que ce n’est ni un Chinois, ni une Chinoise qui va gagner le tournoi lausannois. Tout simplement parce qu’il n’y en a pas ! Et pourtant le niveau sera clairement au rendez-vous. Chez les hommes, derrière les 3 premiers mondiaux chinois, on trouve deux coéquipiers de club (Fakel Orenbourg dans l’Oural russe) et ils seront à Lausanne ce week-end. Tout d’abord Jun Mizutani, 4ème mondial, Japonais (les plus racistes diront que c’est comme un Chinois) et médaillé de bronze aux derniers Jeux Olympiques à Rio. Et ensuite l’Allemand Dimitrij « Dima » Ovtcharov, 5ème mondial, triple vainqueur du Top 16 européen dont le dernier s’est déroulé à Antibes le week-end passé. Et vous voulez une anecdote ? Les deux têtes de séries masculines jouent un match de Champions League en Russie samedi avant d’arriver à Lausanne dimanche pour les ¼ de finales… Oui ! Il y a une Champions League en ping-pong où un Cergy Pontoise–Saarbrücken équivaut à un Bayern-Juve…

Jun Mizutani, meilleur joueur du monde (si on ne compte pas les chinois)

Plaisanterie mise à part, le DHS STTOL 2017 sera vraiment un gros gros tournoi ! 7 membres du Top 100 mondial masculin et 5 du Top 100 mondial féminin seront à Lausanne. La crème de la crème ! De plus, Messieurs, certaines pongistes valent le détour. Et pas seulement pour leur habileté à la table… En fin ça c’est hyper subjectif, notre vénéré Marco Reymond en avait fait l’amère expérience en 2013

Et les Suisses dans tout ça ?

Ne nous mentons pas, la Suisse n’est pas une grande nation du tennis de table. Il n’y a pas de Federer, de Wawrinka ou encore d’Hingis pongiste. Et, il faut chercher loin pour trouver l’équivalent d’un Chiudinelli… Mais, il se murmure que le niveau suisse a beaucoup progressé et la relève est de plus en plus forte. Genre nos joueurs ont franchi la 500e place mondiale. Mais dans le marasme du ping helvétique, on trouve une lueur d’espoir en la personne de Rachel Moret. La Morgienne de 27 ans, qui soit dit en passant a commencé le tennis de table en gagnant le tournoi de la piscine de Morges il y a une quinzaine d’années (comme quoi…), frappe à la porte du top 100. Tête de série numéro 8, elle peut espérer se qualifier pour les quarts et pourquoi pas créer l’exploit pour prendre une place sur le podium. Côté masculin, cela sera plus difficile mais le chaudron de la Vallée de la Jeunesse a déjà galvanisé quelques Helvètes qui ont sorti le match de leur vie.

Pas encore convaincu ? Voici une liste aussi longue que celle des blessures de Charlotte Chable et Belinda Bencic cumulées

L’occasion rêvée de découvrir ce sport trop peu connu du grand public. Imaginez que Nadal et Wawrinka viennent jouer à Lausanne avec plusieurs autres membres du Top 100. Les pongistes c’est pareil mais en mieux. En plus, tu peux les voir de tout près. Le moment idéal pour enfin montrer à ton pote qu’il faut qu’il arrête de se la raconter, et que le fait qu’il ait gagné deux fois le tournoi de Bellerive-Plage ne fait pas de lui le Dieu du ping-pong.

L’opportunité d’enfin enterrer toutes ces légendes urbaines qui tournent sur le ping. Non, on n’est pas obligés de servir croisé et si le service touche deux fois de ton côté ça compte quand même. On compte jusqu’à 11 points maintenant. Continue à compter jusqu’à 21, c’est un peu comme si tu collectionnais toujours les vignettes Panini de l’Euro 2000.

Tu pourras filmer des points de fou avec ton smartphone et espérer faire le buzz sur Facebook avec le point du siècle.

Et puis sans déconner, tu voulais regarder quoi ce week-end ? Tu voulais voir Lara à St-Moritz ? Elle n’est pas top en combi. Le beach-volley lui irait mieux. Et puis tu regarderas le replay sur RTS sport. Ça te permettra de zapper les 15 Autrichiennes dont tu te fous royalement. La Fed Cup ? Vaut mieux garder en tête le dernier match de Roger pour l’image du tennis helvétique. Le foot ? T’as peur de louper un vieux Lucerne – Young Boys qui va finir sur un 0-0 ? Franchement, tu vas être tellement mieux dans un gradin plein (ça te changera des matchs du LS ou de Servette) en train de regarder des mecs et des filles qui suent des doigts pour un prize Money, honorable dans le ping certes, mais assez misérable comparé aux autres sports. Du sport, du vrai, pour la gloire et le beau jeu. Donc en venant faire un tour du côté de la Vallée de la Jeunesse, je vous promets de l’ambiance, du spectacle, du fair-play et une bonne bière entre potes. C’est pas ça le menu parfait pour un sportif du dimanche ? Et en plus les billets ne sont pas chers. Allez viens ! Ça va être bien bien bien bien bien !

 

Toutes les photos sont de Rémy Gros

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