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Evian, « Mourons jeunes »

Or donc, le jour de la Saint-Nicolas, l’Evian-Thonon-Gaillard FC a été mis en liquidation judiciaire dans l’anonymat quasi-général. Ce drôle de « machin », issu de fusions successives et de décisions improbables, aura notamment eu la bénédiction temporaire des eaux d’Evian, dont le slogan, « Vivons jeunes », a aujourd’hui un goût amer…

En effet, si la dernière décennie aura permis au club de prendre de la bouteille au cours d’une fulgurante ascension (en particulier deux promotions successives l’ayant amené dans l’élite en 2011), le tout est tombé à l’eau au t(h)erme d’une dégringolade encore plus rapide. A Evian, l’eau est douce, mais l’addition salée.

Le mouvement junior a tout de même pu être sauvé et, à vrai dire, les âmes catastrophées par la disparition du secteur professionnel ne courent pas les rues. A l’époque déjà, moult suiveurs de la Ligue 1 espéraient voir des clubs de tradition à la place de l’ETG. L’arrivée du sponsor aquatique, puis les maillots roses étonnants et détonants qu’il a imposés, n’ont d’ailleurs pas contribué à une extension de la popularité des Hauts-Savoyards. Le roman à l’eau de rose n’a donc pas duré, d’autant plus que le soutien populaire n’a jamais décollé.

Premier match à l’extérieur de l’ETG en Ligue 1 et premier flop populaire

Quelques fans de foot genevois peuvent quoi qu’il en soit tirer un trait sur la possibilité de satisfaire leur soif de beau football grâce aux affiches offertes au Parc des sports d’Annecy. Curieusement, ils en étaient même plus proches que les Evianais, qui à part leur sponsor visuellement envahissant, n’avaient, de manière invraisemblable, presque rien à voir avec le club, dont le siège administratif était donc situé à près de 80km du stade !

Au final, l’ETG a vécu un destin étrangement similaire à celui de l’Athletic Club Arles-Avignon, qui avait explosé dans le bon sens du terme avant de le faire dans le mauvais, pour aboutir également, à l’automne 2015, à une liquidation judiciaire. On félicitera au passage Gaël Givet qui, après avoir connu tant les Bleus qu’une finale de Ligue des champions, a réussi la performance de passer furtivement dans ces deux clubs lors de sa bien triste fin de carrière!

Les défunts affichent d’ailleurs également comme point commun d’avoir compté sur d’ex-Servettiens (mais on ne saurait bien sûr y voir un mauvais augure…) René Exbrayat, entraîneur des Grenat à l’époque Canal +, est en effet l’Arlésien le plus capé de l’histoire. Mais surtout, son recruteur et manager général au SFC s’appelait à l’époque Patrick Trotignon; un homme qui n’a pas laissé que de bons souvenirs au bout du lac d’Evian. Et « Tropmignon » a remis ça à l’ETG, quittant le navire dans le sillage de Danone (propriétaire d’Evian). La multinationale ne s’était pas faite que des amis et les joueurs ont même, de manière apparemment volontaire, fait une campagne de promotion les bras croisés afin de masquer le sponsor-maillot…

On en viendrait finalement à penser que les clubs montés par le biais d’artifices se portent mal, mais ce serait ne faire aucun cas du succès actuel du RB Leipzig et de la survie durable de Hoffenheim au plus haut niveau. Il faudrait peut-être plutôt chercher un problème du côté des clubs bâtards, à cheval sur différentes régions, qui peinent à susciter l’engouement et à trouver un public. Tiens, ça fait d’ailleurs longtemps qu’on n’a plus entendu Constantin parler d’un Olympique des Alpes qui fusionnerait différents clubs romands!

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