Vidéo des 10 ans

Clubbing : Wisla Cracovie

Ce mois-ci, on t’emmène dans un pays qui ne fait pas rêver grand monde. Qui plus est, depuis bientôt une année et une certaine séance de tirs au but, il ne figure pas en tête de liste des pays préférés des Suisses férus de football, dont notre chef Martin est un bon exemple. Je parle bien entendu de la Pologne, ce grand pays d’Europe de l’Est réputé pour son froid et sa grisaille. Le seul pays au monde qui ait été dirigé par des jumeaux. C’est donc un des plus célèbres clubs polonais qui passe à la moulinette ce mois-ci : le Wisla Cracovie ou Wisła Kraków en VO.

L’histoire complètement bidon du club :

Comme tous les clubs polonais le Wisła Kraków a été fondé par une horde de plombiers mangeurs de betteraves et de choux qui buvaient énormément de vodka à l’herbe de bison. Cette fondation date de 1906 et c’était bien avant qu’ils ne viennent tous envahir nos salles de bains.  D’ailleurs, Wisła veut bien dire plombier en polonais enfin plus précisément clé à molette. Si la rivière passant à proximité de la ville de Cracovie porte ce nom, c’est bien parce qu’on y trouve en son fond plein d’instruments de plomberie, dont des clés à molette. Tu ne le savais pas ça hein ?

Un des éminents fondateurs du Wisla

Couleurs, symboles et surnoms à la con :

Ce qui est très chouette avec les couleurs du Wisła Kraków, c’est qu’il est possible de faire un copier-coller des articles précédents. Les couleurs sont donc le rouge et le blanc. Pour être plus précis le rouge, le blanc et le bleu mais ce dernier n’apparaît que sur le logo, le maillot extérieur et les drapeaux que l’on agite dans le stade. Ce qui fait que plein de drapeaux des Pays-Bas sont agités lors des matchs du Wisla. Le symbole du club est une étoile blanche, ce qui donne au club sans grande surprise le surnom d’étoile blanche (Biała Gwazda), d’ailleurs celle-ci est brodée sur le maillot comme unique logo. Un peu étrange. Enfin l’autre symbole du Wisla, mais là c’est plus marketing pour attirer les petits enfants, c’est une mascotte de dragon fort sympathique inspirée directement de la légende du dragon de Wawel, le mythe fondateur de la ville de Cracovie.

Oranje Wisla Gottéron

Stade et supporters :

Il y a beaucoup à dire sur les supporters… mais tout d’abord l’arène du Wisla. Un complexe moderne et confortable qui a été rénové dernièrement, en vue de l’Euro 2012, pour lequel Cracovie n’a pourtant accueilli aucune rencontre. En effet, le stade du Wisla était uniquement réserviste. L’enceinte a pris le nom d’Henryk Reyman, ancienne gloire du club, et est située à l’ouest de la ville, non loin du centre-ville, mais surtout proche de l’antre du rival et ennemi juré, on va y revenir.

En ce qui concerne les supporters, on peut affirmer que les supporters du Wisla (mais plus généralement en Pologne) sont de gros malades. Chaque grand club y possède son ou ses groupes d’ultras et ils sont chauds bouillants. Il faut dire qu’avant l’Euro 2012, et avant que l’UEFA et les journalistes étrangers ne viennent mettre leur nez dans le football polonais, ce pays avait un sacré problème de hooligans. La situation s’est plutôt améliorée depuis que la fédération polonaise a pris quelques mesures, mais des incidents qui peuvent être violents surviennent toujours de temps à autre. La culture ultra qui frise souvent le hooliganisme en Pologne est très populaire et fait même l’objet de revues spécialisées et de chaînes sur un certain géant de la vidéo du net. On y décortique l’actu de la dernière journée de championnat, mais dans les tribunes uniquement. Pour en revenir plus précisément aux supporters du Wisla, ils ont la réputation d’avoir des sympathies d’extrême-droite, ce qui n’est pas totalement infondé. On a vu quelques saluts polonais (comme le Grütli mais avec deux doigts) se transformer en saluts fascistes dans les tribunes. C’est également compréhensible au vu de la position du club, on va y revenir. Enfin, l’accessoire essentiel du supporter polonais est son écharpe. Tout le monde en porte une (dans le stade pas ailleurs) et l’agite à certains moments précis. Autant dire qu’en tant qu’étranger tu te fais assez vite repérer.

Les grands rivaux du club :

Il n’y a pas photo, le grand rival du Wisła, c’est l’ennemi haï de la ville, le Cracovia. La confrontation entre les deux clubs s’appelle la guerre sainte et ça n’est pas pour rien. Au départ, le Cracovia a été fondé par l’importante communauté juive de la ville (avant que les nazis ne passent par-là) tandis que le Wisła était plutôt polonais. Bon ça c’est la théorie, parce que le pape Jean-Paul II était lui-même supporter du Cracovia et a priori il n’était pas juif. Autant dire que de nos jours cela ne veut une nouvelle fois plus dire grand chose. Ce qui est certain en revanche, c’est que les deux clubs se détestent (mais vraiment), au point que les supporters du Wisła se donnent volontiers l’étiquette d’antisémites juste pour s’opposer aux rivaux. Ces dernières années, il y a eu passablement de remous à Cracovie plus ou moins directement liés à cette rivalité. Il faut dire que les ultras des deux clubs ont par exemple refusé de signer le pacte de Poznan qui stipule que les « supporters » se battent sans armes en Pologne. En 2011, un des membres les plus influents des ultras du Cracovia a été attaqué et poignardé par 8 membres des ultras du Wisła qui croupissent désormais en prison pour meurtre. Cet assassinat serait également lié à des histoires de bandes mafieuses mais c’est suffisant pour que par exemple personne n’ose porter les couleurs d’un des deux clubs en ville. Sportivement, le Cracovia est de toute façon à la ramasse ces dernières années. La rivalité est également importante avec le Legia Varsovie avec qui le Wisła dispute le derby de Pologne (capitale économique et politique contre culturelle et historique). Après les supporters en Pologne c’est comme les compagnies aériennes, il y a grosso modo deux grandes alliances qui déterminent si tu peux blairer un autre club ou non.

Au moins ça a le mérite d’être clair !

Le ou les joueurs qui pourraient avoir leur statue à l’entrée du stade :

Un joueur ne possède pas sa statue, mais carrément le stade à son nom ainsi que la rue adjacente. Bon, vu que ça n’est qu’une rue piétonne ça ne compte pas vraiment. Henryk Reyman, un joueur du Wisla des années 20 et 30 qui a également combattu durant les différentes guerres qui ont émaillé l’histoire de la Pologne à cette période. Plus qu’un simple joueur de football. Après pour ceux qui s’attendaient à retrouver des légendes du football polonais c’est raté. Pas de Boniek ou de Lewandowski, les bons joueurs polonais ont vite fait de s’exiler à l’étranger. Non pas parce qu’il y fait froid et que ça ressemble à Echallens au mois de novembre, mais parce qu’on y gagne évidemment plus. Les récents joueurs phares du Wisla sont donc essentiellement des inconnus du grand public ou presque. Parmi ceux-ci on peut citer Maciej Zurawski, l’idole de Robin Chessex, qui a inscrit plus de 100 buts dans les années 2000 avec le Wisla. Enfin, à 38 ans, le capitaine actuel Arkadiusz Głowacki fait également office de légende du club. Ce défenseur au physique de camionneur compte plus de 300 matchs pour le club.

Le joueur qui a joué pour le club mais qui se ferait balancer des tomates à la gueule s’il osait revenir :

Jacek le sympathique Polonais que j’avais payé 500 złotys pour qu’il me rédige cette catégorie fissa s’est finalement évaporé dans la nature… Me voilà donc bien emprunté lorsqu’il s’agit d’évoquer le traître du Wisla. On imagine aisément qu’un hypothétique joueur qui serait passé du Wisla au Cracovia aurait été lynché par les fans, raison pour laquelle il n’existe pas. On l’a dit, le Wisla a une réputation de club antisémite avant tout pour des questions de rivalité historique. On aurait donc pu craindre le pire 2011 lorsque l’international israélien Maor Melikson a signé au club. En réalité, il n’en fut absolument rien, Moar a passé deux excellentes saisons à Cracovie et fut accueilli tout à fait normalement par les supporters avant d’être transféré à Valenciennes et ça c’est quand même salaud.

Le match d’anthologie du club dont on se souviendra dans 50 ans encore :

Te sortir une vieille finale de coupe polonaise contre le deuxième Wisła du pays, le Wisła Płock (à prononcer Pwotsk) ne servirait sans doute à rien. Même son de cloche lorsqu’il s’agit d’évoquer le dernier titre de champion de 2011. On a ainsi logiquement choisi un des exploits du Wisła en coupe d’Europe. A ce petit jeu, on a vite fait de tomber sur deux matchs mythiques de la saison 2002-2003 de coupe UEFA, où les Polonais ont mis deux taulées 4-1 à Parme et à Schalke. Le retour face à Parme fut notamment épique puisque les Cracoviens ont remonté deux buts de handicap dans les 20 dernières minutes avant d’assurer la qualification en prolongation. Ce jour-là Zurawski en plante deux et Marcin Kuzba est sur le terrain pour le plaisir des Lausannois. Le tout devant un public remonté à bloc. Demandez à Dino Baggio ce qu’il pense du public du Wisła lui qui s’était fait lancer un couteau dessus en plein match quelques années auparavant… Malgré ces victoires cinglantes contre deux anciens vainqueurs de la compétition, le Wisła sera sorti par la Lazio en huitièmes. Depuis les deux clubs entretiennent une amitié assez soutenue et les mauvaises langues diront que c’est parce que certains supporters ont les mêmes idées…

La Forêt magique des écharpes

Bon ok, et actuellement :

Le championnat polonais, l’Ekstraklasa, ne fait rêver personne. Pourtant une fois les préjugés dépassés, il faut bien avouer que ce championnat n’a pas vraiment à rougir devant les autres championnats européens moyens. La qualité n’est certes pas encore extraordinaire mais l’ambiance et la ferveur sont bien là. De plus, certains stades sont flambant neufs et une fois les problèmes de hooliganisme définitivement enterrés, il se pourrait bien que le championnat polonais redevienne un des championnats phares d’Europe orientale. Et franchement quel plaisir de voir de temps en temps des fumigènes en tribunes, il n’y a guère qu’en Suède et en Grèce qu’on voit cela en Europe à l’heure actuelle. Quant au Wisla, il demeure une des trois meilleures équipes du pays. Il est fort probable que d’ici quelques années on retrouve plus régulièrement ce club mythique en coupe d’Europe, ce qui mettrait un peu d’ambiance dans ces compétitions parfois un peu ternes.

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Clubbing : Borussia Mönchengladbach

Depuis que ce site existe, on t’a beaucoup parlé d’un club allemand en particulier, si tu vois ce que je veux dire… Il est désormais temps d’équilibrer les débats et d’aborder d’autres formations ayant également fait l’histoire de la Bundesliga. Et comme on ne fait pas les choses dans la dentelle, on a carrément décidé de présenter ce mois-ci l’autre Borussia, celui au nom imprononçable pour le commun des mortels.

L’histoire complètement bidon du club :

Avec un nom pareil, le Borussia Mönchengladbach n’a pu être fondé que par des passionnés de scrabble me direz-vous ! Même plus, des afficionados de scrabble qui jouent toujours en mangeant de la purée de pomme de terre. Sans doute les mêmes qui ont créé le 1. FC Kaiserslautern. Mais il n’en est rien. Comme son nom l’indique le Borussia a été créé par Guillaume II dernier roi de Prusse. Aussi peu évident que cela puisse paraître, Borussia signifie Prusse en latin, l’ancien nom bizarre de l’Allemagne. Ben quoi tu ne connais pas le Helvetica Sion et le Iberia Madrid ? Et puis à ce qu’il paraît le club a été entraîné avec succès par Lulu ces dernières années, si ça c’est pas de l’histoire…

Couleurs, symboles et surnoms à la con :

Oui on l’a fait ! Nous avons enfin trouvé un club qui n’évolue pas en rouge et blanc. Le Borussia Martengladbach évolue donc en blanc. En tout blanc même. Soit un uniforme pas extrêmement original non plus, il ne faut pas déconner. Ses couleurs secondaires sont le noir et le vert, ce qui offre tout de même une association de couleurs assez sympathiques qui rappellent finalement presque celles de la Mannschaft qui historiquement joue en tenue extérieure verte. Pour ce qui est du symbole, le Borussia Mönchengladbach ne fait là non plus pas dans l’originalité… Un écusson noir-blanc estampillé d’un B dans un losange qui aurait pu faire un excellent logo pour les Bioman. En revanche, au niveau des surnoms Gladbach se surpasse puisque l’on associe ce club au poulain depuis les années 70. En allemand ça donne les Fohlen ou le Fohlenelf, le onze du poulain. Il faut avouer que ça sonne plutôt classe et que ce surnom est souvent utilisé. Oui Borussia Machingladbach ça fait quand même long quand tu parles de ton équipe préférée. Pourtant le seul poulain qui apparaisse fréquemment dans les travées du Borussia-Park, c’est Jünter la mascotte qui fait le fou sur la pelouse avant et après les matchs. Le sens du show à l’allemande sans doute. Bon, on veut bien tant qu’il ne se met pas à brouter la pelouse !

Belle reproduction du logo des Bioman

Stade et supporters :

Les Fohlen ont longtemps évolué au Bökelbergstadion, un stade mythique en Allemagne. Dans les années 90, l’enceinte est devenue trop vétuste. Les tribunes en béton armé, sans doute fabriquées au fin fond de la Roumanie, sans places assises et livrées aux caprices de la météo ont eu raison de ce temple du football. On y trouvait toutefois un des plus beaux totomats d’Allemagne ! Dans les années 2000, cette arène a donc été remplacée puis détruite, même si les restes du Bökelbergstadion sont toujours visibles en ville. En 2004, le Borussia-Park a vu le jour. Un stade flambant neuf pouvant accueillir environ 54’000 personnes, ce qui est absolument énorme pour une ville comptant seulement 250’000 âmes ! Alors certes, cette nouvelle arène se trouve loin dans la périphérie de la ville, presque à la campagne, mais l’ambiance y est franchement bonne et sympathique. Et pourtant ce stade n’a pas été retenu pour accueillir des matchs de la Coupe du Monde 2006. Avant les matchs on y écoute un hymne bien rock (Elf vom Niederrhein) que doivent particulièrement apprécier les supporters vêtus de leur gilet en jeans à franges. Et lors d’un but des locaux on te passe une chanson bien techno de Scooter, une groupe phare des années 90, et tout le monde saute en rythme. C’est un peu beauf mais en fait c’est vachement sympa. Bien à l’image du public et des supporters des Fohlen en fait. Et inutile de préciser qu’on y mange d’excellentes saucisses servies sur carton.

Un petit morceau de Roumanie en pleine Allemagne de l’Ouest orné de son totomat.

Les grands rivaux du club :

Möchtengladbach fait partie de cette immense région que l’on appelle la conurbation Rhin-Ruhr, enfin la Ruhr un peu élargie. On y trouve une pléthore d’équipes évoluant ou ayant évolué en Bundesliga récemment. Outre Gladbach, on trouve bien entendu Schalke, Dortmund, Duisburg, Bochum, Fortuna Düsseldorf, Leverkusen et même Cologne. C’est d’ailleurs ce dernier qui est historiquement le rival attitré des Fohlen. Le match entre Borussia Mönchengladbach et le 1. FC Köln est considéré comme le derby du Rhin, une affiche classique de Bundesliga. La rivalité remonte essentiellement aux années 70 lorsque les deux équipes jouaient les hauts de classement de la Bundesliga. Aujourd’hui, bon ben c’est un derby, pas ce qu’il y a de plus enflammé dira-t-on. Il faut dire qu’actuellement de par son côté structure traditionnelle relativement modeste, Gladbach jouit globalement d’une sympathie générale en Allemagne. Un peu à l’image d’un Werder Brême.

Le ou les joueurs qui pourraient avoir leur statue à l’entrée du stade :

La grande époque du Borussia, ce sont les années 70, où le Fohlenelf était sans doute la meilleure formation d’Allemagne et peut-être même parmi les meilleures d’Europe. C’est donc bien à cette époque que l’on trouve des joueurs méritant d’avoir leur statue. L’époque des cheveux longs et des moustaches car Gladbach était effectivement une équipe de rebelles. S’il ne faut retenir qu’un seul nom c’est sans conteste celui de Hans-Hubert « Berti » Vogts qui a disputé toute sa carrière au club. Associé aux non moins fameux Jupp Heynckes, Herbert Wimmer et Günther Netzer, ils ont été la colonne vertébrale des succès glanés durant les années où fumer des joints et jouer de la guitare était cool. Les titres majeurs de Münzengladbach datent d’ailleurs exclusivement de cette belle époque, cinq titres de champion d’Allemagne, deux coupes UEFA et une finale de coupe des champions. Une très grosse équipe à l’époque. Et j’oubliais que ses joueurs fournissaient également la moitié de l’équipe allemande championne du monde en 74 et d’Europe en 72 ! Et puis plus récemment Lothar Matthäus, Stefan Effenberg ont notamment été formés au club. Pas mal de Suisses ou de joueurs passés par la Suisse sont également restés mythiques comme Oliver Neuville, Granit Xhaka ou le surfeur argovien. Personnellement je retiens surtout Martin Dahlin.

Le joueur qui a joué pour le club mais qui se ferait balancer des tomates à la gueule s’il osait revenir :

Monstergladbach n’entretenant pas de rivalité soutenue avec un autre club et la plupart de ses bons joueurs finissant de toute façon au Bayern (c’est le problème en Allemagne), il est difficile d’identifier un vrai traître. Par contre, ce qui doit être peu apprécié à Menschengladbach, c’est d’avoir un nom trop court. A ce titre, l’ancien international allemand des années 80 Uwe Rahn ne doit pas être très apprécié. De plus, en 1988 il se transfère à Cologne, rival historique. Sans doute pour rejoindre un club au nom simple et court comme lui. Non… on n’a vraiment pas dû digérer à Merchengladbach.

Le Fanaticus Germanorium, une espèce en voie d’extinction encore bien présente au Borussia-Park

Le match d’anthologie du club dont on se souviendra dans 50 ans encore :

Du côté de Mädchengladbach, on se souvient particulièrement d’un match qui date du 29 avril 1978. Une victoire 12-0 face au Borussia Dortmund, ce qui constitue encore à l’heure actuelle la plus grosse volée de l’histoire de la Bundesliga. Certes, à l’époque Dortmund n’est pas l’équipe pimpante qu’elle est actuellement mais il s’agit tout de même d’une grosse cylindrée pour l’Allemagne. Ce jour-là, Jupp Heynckes en colle cinq et l’entraîneur de Dortmund Otto Rehhagel est viré. Dommage pour les Fohlen, c’est le rival Cologne qui remporte le titre cette année-là. Ironie de l’histoire le titre se joue à la différence de buts. Bon et puis sinon il y a quand même une ribambelle de matchs fameux pour les fans les plus anciens dans les années 70. Le choix est compliqué à faire entre une demi-finale de Coupe de l’UEFA face à Cologne, les deux victoires en finale de Coupe UEFA en 1975 et 1978 ou encore la demi-finale de 1977 face au Dynamo Kiev qui permet aux Fohlen de disputer la finale de la Coupe des Champions face à Liverpool (qui était un vrai bourreau de Gladbach dans les années 70). Plus récemment il faut se contenter d’une finale de coupe d’Allemagne gagnée 3-0 en 1995 face à Wolfsburg. L’époque des Effenberg, Dahlin et Pfilpsen, ça date pour un dernier titre. Personnellement, c’est le match du lancer de canette (Büchsenwurfspiel) qui m’a marqué à vie. Un huitième de finale de coupe des champions de 1971 remporté 7-1 par Gladbach face à l’Inter Milan mais rejoué sur tapis-vert suite à une histoire de jet de canette d’un spectateur. Une fois le match rejoué c’est l’Inter qui passera et depuis ce jour mon père porte une moustache.

Bon ok, et actuellement :

Club phare et incontournable dans les années 70, le Borussia Meinengladbach est peu à peu rentré dans le rang au fil des années 80 jusqu’à devenir une équipe médiocre de Bundesliga connaissant même une relégation en 1999. Mais depuis quelques années le club renaît quelque peu de ses cendres. Alors bien sûr, il ne parvient pas à rivaliser avec la machine Bayern qui continue à remporter tous les titres, mais Gladbach pointe régulièrement dans le top 5 allemand. Le club se permet ainsi quelques participations à la prestigieuse Champions League. En même temps que demander de plus à un club d’une ville de même pas 300’000 habitants qui possède néanmoins un des dix plus gros budgets d’Allemagne. Bref, je t’invite vivement à aller vivre une rencontre sur place au Borussia-Park qui permet sans doute de se faire une bonne idée de la façon dont on vit le football au pays de la Bratwurst, certainement mieux qu’à Munich ou à Dortmund.

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Clubbing: AS Monaco

Top ! Je suis un club de football français ou presque, évoluant en rouge et blanc. Dans les années 2000, je parviens une fois en finale de la Ligue des Champions mais n’arrive pas à remporter le titre. J’ai comme figures emblématiques des joueurs comme Thierry Henry ou Emmanuel Petit. Le nom d’Arsène Wenger m’est également associé à jamais. Je suis ? Je suis ? Arsenal ! Perdu ! Vous passez la main…

L’histoire complètement bidon du club

L’histoire officielle veut que l’AS Monaco ait été créé en 1919 par fusion de plusieurs petits clubs sportifs. Pour tout dire, la date de création fait débat et personne ne semble être d’accord… On te vend du 1919, du 1923 ou encore du 1924. Bref, il semble régner un flou total sur l’histoire de la création du club et c’est bien normal. La vérité est sans doute que le club a été construit par des mecs cherchant à planquer leur pognon afin d’éviter le fisc de leur pays.

Couleurs, symboles et surnoms à la con

On a presque envie de formuler nos plus plates excuses, car pour la troisième fois consécutive dans clubbing, on va devoir dire le rouge et le blanc. Pas très original, mais cela reflète finalement bien la proportion de rouges et blancs dans le sport et plus précisément le football. Un fléau. Toutefois attention, ce qui fait la marque de fabrique de Monaco c’est ce maillot divisé entre les deux couleurs les plus répandues de manière diagonale. Le genre de maillot qui fait que tous les adversaires rouges ou blancs doivent sortir leur deuxième équipement (à condition qu’il ne soit pas rouge pour des blancs et blanc pour des rouges) et cela représente sans doute plus de 50% des équipes de football. En résumé, ils font un peu chier tout le monde comme la Croatie avec leur damier. Ces couleurs proviennent du drapeau de Monaco qui n’est pas beau à voir. Une bande rouge et une bande blanche, le même drapeau que l’Indonésie et le contraire de celui de la Pologne (ou de Soleure voire de la ville de Lausanne si tu es plus local).

Côté symbole, l’AS Monaco a repris la couronne de la famille royale, les Grimaldi qui font du bobsleigh, du cirque et des gamins avec n’importe qui, comme Gad Elmaleh.  Pas de surnom très marquant pour le club de la Principauté. Tout au plus l’ASM, ce qui traduit une nouvelle fois l’amour des Français pour les acronymes. A ranger dans la longue série des Péessegé, Ohème, Ohelle , Téfécé, Losque, Ogécé, Ahesse,… Smique, Ereuher, Médèphe, Ahainepéheu. Nous, on aurait bien aimé qu’on les surnomme les millionnaires ou les friqués, à la limite les BCBG pour faire plaisir aux Français… Ça aurait eu plus de gueule.

Stade et supporters

La raison pour laquelle on n’a franchement pas envie d’aimer l’AS Monaco, c’est son stade Louis II. Tout d’abord, sa capacité est de 18’000 et quelques places, ce qui en fait un des moins grands stades de Ligue 1. Il possède à titre d’exemple une capacité aussi importante que celle du Roudourou à Guingamp. Cela se tient néanmoins étant donné que Monaco ne compte pas plus de 40’000 habitants. Mais là où le bât blesse, c’est que les tribunes de Louis II sont aussi massivement fréquentées qu’une église le dimanche matin (j’en sais rien, je n’y suis jamais allé) et l’ambiance y est certainement aussi folle d’ailleurs. Même lors des grands chocs, Louis II peine à se remplir. Il n’est même pas rare d’avoir plus de supporters visiteurs que locaux… Et puis surtout Louis II reste le stade lié à la Supercoupe d’Europe, ce titre dont personne n’a rien à foutre. Depuis le prestigieux trophée a été délocalisé dans une ville différente chaque année. Pour que tout le monde ait aussi le droit de voir jouer Messi ou Cristiano Ronaldo et être heureux. L’an passé c’était Trondheim, cette année ce sera Skopje. En ce qui concerne les supporters… pas grand-chose à dire, il y a le Prince Albert et sans doute quelques types un peu rebelles qui ne viennent même pas de la Principauté. Oui l’ASM a un certain nombre de supporter un peu partout en France.

Ça sent encore le match à huis-clos du côté de Louis II

Les grands rivaux du club

Avec son armada de supporters et ses fans totalement barjots, Monaco a bien entendu une flopée d’ennemis dans le football. Non, on peut résumer les rivaux des Monégasques à un seul club, l’OGC Nice. Les raisons sont purement géographiques, vingt kilomètres séparent les deux villes et les deux clubs se disputent le derby de la Côte-d’Azur. Ce qui en fait presque le seul « vrai » derby de France. En réalité, ce sont plus les Niçois qui détestent Monaco par sa proximité et son côté bourge. Ce n’est pas parce que tu n’as pas 30% de millionnaires que ta ville est un bastion du prolétariat non plus. On peut également parler de rivalité avec l’OM et le PSG. Mais ces rivalités sont uniquement sportives dans la mesure où l’ASM a souvent lutté pour le titre ces dernières années. Certains voient en un Paris-Monaco une nouvelle rivalité depuis qu’il s’agit des deux clubs les plus riches de France. Le Milliardisco. Et puis sinon il y a de la rivalité en formule 1 et en tennis. Puisque quand ça n’est pas en Suisse, la plupart des pilotes ou des tennismen choisissent Monaco comme lieu de résidence. Tiens, on se demande pourquoi ? Sans doute parce qu’ils sont accroc au casino.

Les Red-White Principals, la frange dur des supporters de l’ASM

Le ou les joueurs qui pourraient avoir leur statue à l’entrée du stade

Remettons chaque chose à sa place. Posséder sa statue à l’entrée du Stade Louis II équivaut pratiquement à avoir sa statue entre deux bacs à fleurs sur les quais de Montreux. Ce qui n’est déjà pas à la portée de tout le monde, il est vrai. Et puis on pourrait se demander quel genre de joueur pourrait avoir l’idée saugrenue de passer toute sa carrière à Monaco ? Beaucoup d’anciennes gloires du foot français y ont fait leurs armes, elles n’y sont cependant pas restées assez longtemps pour y devenir de vraies légendes. Citons les Henry, Trezeguet, Petit, Thuram, Djorkaeff ou encore Barthez (que des mecs que j’adore, à part Djorkaeff) qui y ont tout de même joué pas mal de saisons. Bref, c’est un vivier à mecs de 98. Il y a également plusieurs stars étrangères qui y ont laissé leur empreinte comme Enzo Scifo, George Weah ou Jürgen Klinsmann. Mais le vrai symbole de l’ASM, c’est Jean-Luc Ettori, le gardien moustachu des Bleus dans les années 80. Presque 20 saisons disputées en Principauté et la conquête de trois titres de champion de France, il y a même passé toute sa carrière. Après je ne me souviens pas très bien de cette époque, celle des Marcel Dib et Luc Sonor. Un peu plus récemment il y a également Claude Puel (actuel entraîneur de Southampton) qui y a également passé toute sa carrière professionnelle. Franchement chapeau, ça a plus de mérite que de faire toute ta carrière à Chelsea ou au Barça.

Le joueur qui a joué pour le club mais qui se ferait balancer des tomates à la gueule s’il osait revenir

On parle de Monaco… jeter des tomates sur quelqu’un n’est sans doute pas dans les mœurs, jeter des billets de banque voilà une pratique monégasque. En plus, ça n’est pas franchement un club réputé pour la fidélité de ses joueurs. Aucun ne rêve véritablement de faire une grande carrière à l’AS Monaco, même si cela offre quelques avantages. Pour toutes ces raisons, il devient difficile de trouver un joueur spécialement haï à Monaco. On peut citer le cas de Cyril Rool. L’ancien bad-boy de Ligue 1 a bien joué une saison pour l’ASM avant de finir chez l’ennemi niçois et de surenchérir en filant ensuite à l’OM mais cela lui aura certainement valu un petit « bouh » venu de quatre supporters dans les tribunes.

Le match d’anthologie du club dont on se souviendra dans 50 ans encore

Beaucoup de monde s’en souvient, l’exploit de l’AS Monaco reste d’avoir disputé une finale de Ligue des Champions. C’était en 2004, une défaite 3-0 face à Porto. On s’en souvient particulièrement bien parce que c’est peut-être la seule fois de l’histoire qu’un vent de folie s’était emparé de cette compétition. Personnellement, je n’arrive pas à comprendre comment il est possible qu’en 25 ans d’existence, il n’y ait jamais eu l’once d’une seule surprise (hormis 2004 et 2012 avec l’APOEL Nicosie en quarts) dans cette foutue compétition. Et les choses ne vont pas en s’arrangeant. Bref, revenons à l’AS Monaco et à la saison 2003-2004. Une sacrée performance en Ligue des Champions avec par exemple une victoire 8-3, dont un quadruplé de Dado Pršo, sur le Deportivo La Corogne en phase de poules. Mais le match qu’il faut probablement retenir de cette épopée demeure le retournement de situation face au Real Madrid. 4-2 pour le Real à Bernabeu. Menés 1-0 par un but de Raul, les Monégasques vont parvenir à en planter 3 à Casillas et à éliminer le grand Real en quarts de finale. Ce soir-là, le nabot Ludovic Giuly est énorme et Fernando Morientes crucifie son club de cœur. Au final, 3-1 et Monaco s’adjuge le droit de défier Chelsea en demies où là aussi, l’équipe alors entrainée par Dédé Deschamps sortira deux sacrés matchs.

Mais c’est le Barça-PSG de 2013, 2014, 2015 ou 2017 ?

Bon ok, et actuellement

Personne ne porte vraiment les pensionnaires de Louis II dans son cœur. Pourtant, ils ont largement leur place dans le championnat français actuel. De par leurs résultats et de par les talents qui y sont passés ou qui y ont été formés, Monaco demeure un club mythique et attire même un peu de sympathie. Parce que aussi bête que ça peut paraître, supporter Monaco est presque devenu un acte de rébellion. Récemment passé dans l’ère du football 2.0 avec le rachat du club par le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, l’ASM a de beaux jours devant lui. Pour preuve, les Monégasques sont actuellement en tête du championnat de Ligue 1, après plus de 4 ans de domination parisienne. Ils sont également toujours engagés en Ligue des Champions et ont pris part à un match bien plaisant face à Manchester City. Au final, il se pourrait bien que leur parcours s’arrête en huitièmes de finale et qu’ils perdent le championnat au profit de la machine à fric PSG, mais Monaco est bien de retour et le stade commence à se remplir petit à petit. Le club attire même une ou deux pointures comme l’éternel blessé Falcao par exemple. Pourtant, il y a de cela quatre ans Monaco croupissait en Ligue 2 et disputait des matchs endiablés face au Havre et à Châteauroux. Au moins, il y avait une bonne raison à ce que le stade Louis II soit vide.

La nouvelle blessure de Radamel Falcao

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Clubbing : Etoile Rouge Belgrade

Attention, attention ! Ce mois-ci on a décidé de s’attaquer au mastodonte du football serbe : l’Etoile Rouge de Belgrade. Et il y a beaucoup trop de choses à dire, tant l’histoire et la politique de ce pays ont été mêlées au destin de ce club. Bon, on a essayé de faire court hein, et de placer quelques vannes aussi parce qu’on peut rire de tout.

L’histoire complètement bidon du club :

On ne va pas s’étaler sur le sujet puisqu’on a pas mal de chose à dire dans les autres catégories. Le club le plus populaire de Serbie a été fondé par l’amicale de la raclette valaisanne en Serbie. C’est donc en hommage au Valais et aux étoiles du drapeau valaisan que l’Etoile Rouge de Belgrade a été créée. Cela n’a rien à voir avec une quelconque idéologie communiste, ne vous y méprenez surtout pas ! De nos jours encore on sert de la raclette dans les travées du stade Rajko Mitić. Ils seraient également amateurs de fendant.

Couleurs, symboles et surnoms à la con :

Au niveau des couleurs, comme on peut s’y attendre, le bleu et le jaune caractérisent l’Etoile Rouge de Belgrade. Pour la symbolique, un soleil. Ça coule de source. Et c’est en toute logique qu’on surnomme l’équipe les soleils jaunes. Bon, je te mets au défi de trouver un club au monde où l’identification des couleurs et du symbole est plus enfantine, puisque tout est dans le nom. Pour être plus précis, l’Etoile Rouge adopte une tunique à rayures verticales rouges et blanches, le tout assorti d’un short rouge. Le symbole est une étoile rouge à cinq branches, la même qu’il y avait sur le drapeau yougoslave à l’époque. De là on tire les surnoms toujours très originaux de Crveno-Beli (les rouges et blancs) et de Zvezda (l’étoile). Oui, car pour bien t’embêter l’Etoile Rouge possède un nom difficilement prononçable en VO. Un nom qu’on traduit systématiquement dans les langues de chaque pays. Ainsi on passe de Crvena Zvezda à Etoile Rouge en passant par Red Star, Stella Rossa, Roter Stern, Estrella Roja ou encore Sarkana Zvaigzne (en letton au cas où tu serais inculte). Et si on se mettait à dire Royal Madrid et Manchester Ville, ce serait quand même plus sympa non ?

Stade et supporters :

Le Crvena Zvezda évolue au stade Rajko Mitić, anciennement stade de l’Etoile Rouge que tout le monde connaît sous le nom de Marakana. Un surnom qui provient bel et bien du mythique stade de Rio, car il lui ressemblerait d’un point de vue architectural et une ambiance parfois similaire y régnerait. On ne comprend d’ailleurs pas pourquoi la Pontaise ne se surnomme pas aussi le Maracana suisse. C’est incompréhensible. Il s’agit en réalité du plus grand stade du pays qui accueillait la plupart des matchs des feues équipes nationales de Yougoslavie puis de Serbie & Montenegro. De nos jours, les Aigles de Serbie y disputent également leurs rencontres devant pas moins de 55’000 personnes. Une nouvelle enceinte serait à l’étude depuis quelques années. Oui un truc qui comprend centre commercial, fitness et tout le toutim afin que l’UEFA l’affuble de son estampillage cinq étoiles. Enfin, l’Europe de l’Est a aussi droit au développement.

En Serbie, le football est un terrain dangereux. Le supporter le plus fameux de l’Etoile Rouge reste le troisième frère Bogdanov, Ivan, mieux connu sous le nom d’Ivan le Terrible, le hooligan serbe à cagoule. Il s’était notamment illustré à Gênes lors d’un Italie-Serbie en 2010. Ça donne le ton… Puis il y avait Željko Ražnatović, mieux connu sous le nom d’Arkan le Tigre des Balkans, qui a joué un rôle majeur lors des massacres de la guerre entre Serbie et Croatie en 1991. Mais ça c’est au TPIY de s’en occuper, pas à moi. Tu l’auras compris, les supporters de l’Etoile Rouge sont plutôt réputés pour soutenir le nationalisme serbe. Les plus fervents supporters se dénomment la Delije, ils seraient à l’origine de l’émeute de 1990 entre l’Etoile Rouge et le Dinamo Zagreb, point de départ de la dislocation de la Yougoslavie. Mais ne mettons pas tout le monde dans le même panier ! Si tu croises un mec qui soutient l’Etoile Rouge de nos jours, ça n’est pas qu’il est un fasciste nationaliste de première catégorie, c’est juste sans doute un type normal puisque 50% des Serbes soutiennent l’Etoile Rouge, le club le plus supporté dans le pays.

Mignons comme tout les supporters de l’Étoile!

Les grands rivaux du club :

A l’époque de la Yougoslavie l’Etoile Rouge partageait une rivalité féroce (parfois trop) avec le Dinamo Zagreb et l’Hajduk Split, les deux grands clubs croates. Mais le grand rival a toujours été, et demeure, le Partizan Belgrade qui a son stade à 500 mètres à peine. Sans aucun doute un des derbys les plus chauds d’Europe, celui de Belgrade porte un nom bien évocateur, le derby éternel (Večiti Derbi). A la base, l’Etoile Rouge représentait le parti communiste yougoslave et le Partizan l’armée yougoslave, soit. Lors de l’implosion de la Yougoslavie, l’Etoile Rouge représentait plutôt les nationalistes serbes et le Partizan plutôt les fédéralistes yougoslaves. Durant les années Milošević, vers l’an 2000, le Partizan était synonyme de soutien à Milošević, tandis que l’Etoile Rouge signifiait volonté de se défaire du despote. A cette époque, les derbys se transforment d’ailleurs souvent en véritable guerre de tranchées. On le voit la politique a donc souvent servi à nourrir l’antagonisme entre les deux clubs de Belgrade.

Et de nos jours, qu’en est-il ? Et bien on se déteste toujours autant, même si la politique s’est peu à peu éclipsée. Ce qui prime à mon avis, c’est la culture hooligan largement répandue en Serbie. Il s’agit avant tout de choisir un des deux camps et d’y rester fidèle jusqu’à sa mort. Cela donne bien évidemment lieu à des derbys extrêmement chauds qui partent parfois en vrille totale, comme durant l’année 2016 à peine écoulée. Pour être complet (même si ce sujet mérite un article à lui tout seul), cette rivalité touche également le basket, autre sport très populaire en Serbie. Le Partizan et l’Etoile Rouge se disputent aussi bien en football qu’au basket un duel sempiternel pour le titre. Notons encore que l’Etoile Rouge a noué des liens particuliers avec le Spartak Moscou et l’Olympiakos du Pirée. Ils forment ensemble les frères orthodoxes.

Encore un de ces derbys où on ne reconnaît pas bien les maillots !

Le ou les joueurs qui pourraient avoir leur statue à l’entrée du stade :

La légende du Crvena Zvezda se nomme Dragan Džajić. Ancien attaquant charismatique de l’Etoile Rouge dans les années 60 et 70, il a disputé plus de 300 matchs et inscrit plus de 100 buts avec le Zvezda. Il en est d’ailleurs aujourd’hui le président, c’est dire l’importance du bonhomme. Autre légende Rajko Mitić qui a donné son nom au stade mais alors là on est dans les années 50. Bon perso, je n’étais pas encore né à ces époques, donc ça ne me parle pas beaucoup. Pour ma part, les légendes sont plutôt à aller chercher du côté de l’équipe championne d’Europe en 1991 et qui ont été un peu par la force des choses obligées de s’en aller à cause de la guerre. On peut citer Dejan Savićević, Robert Prosinečki ou même le Roumain d’origine serbe Miodrag Belodedici, (qui avait fui son pays), vainqueur 5 ans avant de la Coupe d’Europe avec le Steaua Bucarest. Et puis bon on citera aussi Dragan Stojković même si le pauvre a eu la mauvaise idée de se tirer l’année précédant le titre à … Marseille, club justement vaincu en finale. Actuellement, il ne faut pas attendre très longtemps avant qu’un bon joueur de l’Etoile Rouge ne soit repéré par Chelsea ou Manchester et se tire dès que possible. Difficile de devenir une légende dans ces conditions… pourtant Dejan Stanković ou encore Nemanja Vidić sont bien passés par là.

Le joueur qui a joué pour le club mais qui se ferait balancer des tomates à la gueule s’il osait revenir :

On pourrait penser que le fait de porter les couleurs de l’Etoile Rouge et du Partizan durant ta vie va indubitablement te conduire à l’assassinat. Et pourtant, plusieurs joueurs ont osé porter les deux maillots durant leur carrière. Alors pour que ce soit clair, à l’époque de la Yougoslavie, avant les années 90, la chose n’était pas si grave. C’est depuis que ça se corse un peu. Le cas de traîtrise le plus fameux revient à Vladimir Stojković gardien actuel de l’équipe nationale, notamment passé par le FC Nantes et le Sporting Lisbonne. Portier ayant fait ses débuts pro avec l’Etoile Rouge, Stojković rejoint comme beaucoup de jeunes la « vraie Europe » après la Coupe du Monde en Allemagne de 2006. N’arrivant pas à s’imposer à Nantes, puis au Sporting, Vladimir est prêté à gauche à droite sans succès et retourne finalement en Serbie quatre ans plus tard mais… au Partizan ! Le tout après avoir été désigné membre honoraire du club par les dirigeants de l’Etoile Rouge quelques semaines auparavant. Enorme tollé en Serbie, surtout lorsque des rumeurs courent comme quoi le portier de l’équipe nationale aurait demandé une clause spéciale dans son contrat pour ne pas être aligné lors des derbys. La conséquence : menaces de mort envers le joueur et sa famille. Lors du fameux Italie-Serbie de 2010 le gardien serbe est visé par des projectiles adressés par les supporters de l’Etoile Rouge et le match est annulé puis perdu par forfait. Quant au derby de cette année-là, curieusement rien de terrible ne s’est produit, Stojković a défendu les cages du Partizan et sa femme possède toujours cinq doigts à la main droite. Après oui. Stojković est toujours haï par les fans de l’Etoile Rouge lorsqu’il garde les buts en équipe nationale, mais il aura au moins eu le mérite de briser un tabou… Il évolue désormais à Nottingham Forest en Championship.

Le match d’anthologie du club dont on se souviendra dans 50 ans encore :

C’est un match dégueulasse et immonde qui est devenu le match historique du club le plus populaire de Serbie. Une finale de Coupe des Champions, parmi les premières dont je me souviens, qui a mis aux prises nos chers Serbes à l’OM de la grosse bouche Nanard Tapie. Une vilaine victoire aux tirs aux buts à Bari au terme d’une finale aussi passionnante qu’une partie de scrabble entre Stéphane Henchoz et Chapuisat. Une finale qui se joue finalement sur un seul tir manqué, le premier de l’OM signé Manuel Amoros. Une équipe formidable qui traduit bien la puissance de la Yougoslavie footballistique à la veille de son anéantissement total, sans doute le meilleur football du début des années 90. Une équipe qui compte dans ses rangs des stars comme Siniša Mihajlović, Dejan Savićević, Robert Prosinečki, Vladimir Jugović ou encore Darko Pančev et Refik Šabanadžović. Bref des Serbes bien sûr, mais aussi des Croates, des Monténégrins, des Bosniaques ou encore des Macédoniens. Et c’était ça la Yougoslavie à la base, la réunion des Slaves du Sud…

La dernière participation de l’Etoile Rouge à Ligue des Champions

Bon ok, et actuellement :

Actuellement, aussi bien l’Etoile Rouge que le Partizan ne parviennent bien entendu pas à s’illustrer dans une compétition européenne. Le football serbe est sans doute trop pauvre et ça tombe bien son image ne colle pas vraiment avec celle que l’on veut donner de la Champions League par exemple. Tout au plus le Partizan parvient parfois à disputer une phase de groupe de Ligue de Champions et l’Etoile une phase de groupe d’Europa League et c’est tout… Concernant l’Etoile Rouge la dernière vraie participation à la Champions League remonte tout de même à 1991-1992 et pour l’Europa League à 2007-2008. Tiens cette année l’Etoile Rouge était qualifié pour les préliminaires de la Ligue des Champions mais s’est fait sortir par Ludogorets puis par Sassuolo en barrage de Ligue Europa, ça laisse pantois. C’est donc au niveau national que se constitue l’essentiel de l’enjeu saisonnier. Savoir qui de l’Etoile ou du Partizan remportera le titre, voilà toute la question… La même qu’on se pose déjà en basket en fait.

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Clubbing : Feyenoord

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L’hiver a frappé à notre porte et le calendrier de l’Avent a commencé à ouvrir ses portes. Bientôt les rues se pareront de décorations et de lumières, les magasins seront victimes de la traditionnelle frénésie consommatrice. Bref, ça sent le pain d’épice, ça sent Noël. Justement, s’il y a bien un pays qui ne fait pas penser à Noël ce sont les Pays-Bas (à égalité avec la Mauritanie) et pour éviter l’overdose on a décidé d’aborder ce mois-ci le club le plus populaire de cet autre plat pays : Feyenoord. On te prévient, il y a pas mal de mots en néerlandais, nous déclinons toute responsabilité en cas de saignement de la bouche.

L’histoire complètement bidon du club :

On est aux Pays-Bas, dans la ville qui possède le plus grand port d’Europe… Donc de là à dire que le Feyenoord Rotterdam a été fondé en 1908 par une bande de marins trafiquants d’armes drogués et proxénètes à leurs heures, il n’y a qu’un pas. Et pourtant c’est parfaitement faux. Le plus populaire des clubs de Rotterdam a été fondé par les frères jumeaux Franklin et Ronald Vandeputte, les frères Dupuis si vous préférez. Ces magnats du polder habitaient dans un moulin, cultivaient des tulipes et effectuaient tous leurs déplacements à bicyclette. Oui la tradition des frères dans le foot batave date de la nuit des temps.

Couleurs, symboles et surnoms à la con :

Feyenoord ou l’association de couleurs très originales : rouge et blanc. Exactement comme tous les clubs néerlandais en fait, Ajax et PSV en tête. Ce qui différencie le club de Rotterdam des autres, c’est le short noir et le maillot caractéristique moitié blanc moitié rouge, comme quoi il n’y a pas que la fondue qui soit moitié-moitié. On fait encore plus dans l’originalité, et là on est à la limite de la provocation, concernant le symbole du club, un beau F majuscule. Mais ce qu’il y a surtout de remarquable et qui te marque à vie, c’est la mascotte du club. Tu avais trouvé Trix et Flix de l’Euro 2008 bien ridicules ? Ça te faisait rire que tout le monde insulte et siffle le risible Super Victor lors du dernier Euro ? Et bien c’est que tu ne connais pas encore Coentje la mascotte du futur. Un enfant blondinet qui est censé te faire un clin d’œil alors qu’en fait il a l’air d’avoir un œil crevé. On ose à peine évoquer les surnoms du club qui, on l’espère, sonnent mieux en néerlandais qu’en français. Ce qui est une évidence tant le néerlandais est une langue mélodieuse. Tiens De Trots van Zuid ou de club van het volk ça sonne mieux que la perle du sud ou le club du peuple non ?

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Borgne to be wild!

Stade et supporters :

J’ai encore de la peine à en parler 16 ans après les faits … L’antre de Feyenoord c’est le stade De Kuip, la cuvette, restée célèbre pour avoir accueilli la finale de l’Euro 2000. Alors non seulement l’Italie l’avait perdue à la dernière minute (puis en prolongation) mais en plus contre la France. Un vrai traumatisme. Cuvette de chiotte. Hormis ces vieilles rancœurs qui ne servent plus à grand chose, le de Kuip c’est 51’000 places, soit la deuxième enceinte des Pays-Bas et sans doute la meilleure ambiance de cette partie de l’Europe. Pour être exact, il faudrait l’appeler Feijenoord Stadion, du nom du quartier de Rotterdam dans lequel il est censé se trouver (alors que ce n’est pas tout à fait le cas). Oui à ce propos on écrit Feijenoord en néerlandais et la version avec un « y » a été introduite pour des raisons internationales, la lettre « IJ » étant trop difficile à prononcer pour un étranger avec une bouche normalement constituée (d’où les Van Nistelrooy, Kuyt, Cruyff, …)

Les supporters de Feyenoord passent souvent pour des méchants. Ils boivent beaucoup, ils se droguent et ils veulent tout casser lorsqu’il se déplacent à l’étranger tellement ils sont bourrés (en fait ça me rappelle un ou deux copains). De plus, ils sont violents, ils aiment se battre et ils parlent fort, bien entendu (c’est le cas de tous les Hollandais ivres). Comme si ça ne suffisait pas, l’enfant hooligan, un des plus célèbres clichés du football, est justement un jeune fan de Feyenoord. Bref, un club qui n’a pas une très bonne image, contrairement aux « gentils » supporters de l’Ajax. Ce qu’il faut toutefois préciser, c’est que le club de Rotterdam est probablement l’équipe la plus populaire des Pays-Bas et peut compter sur les fans les plus fidèles du pays, même si quelques néo-nazis se cachent sans doute dans le lot. Feyenoord incarne donc avant tout la passion en Hollande avec ses bons et ses mauvais côtés, et si tu veux de l’ambiance aux Pays-Bas, c’est bien au Feijenoord Stadion qu’il faut aller !

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Le petit Jordi, fiché et interdit de stade à 5 ans!

Les grands rivaux du club :

En tant que membre éminent du triumvirat ou du Big Three néerlandais, Feyenoord se doit d’avoir comme rivaux ses deux challengers les plus sérieux. Tout d’abord l’Ajax, avec qui le Stadionclub entretient bien évidemment une relation tumultueuse. D’un côté, Feyenoord incarne les prolétaires et la ville moderne, industrielle tandis que de l’autre, l’Ajax incarne la bourgeoisie, la ville historique et la capitale. Les mauvaises langues diront que Feyenoord c’est les réacs et les fachos qui traitent ceux de l’Ajax de Juifs, ce qui n’est historiquement pas complètement faux. Les deux formations s’affrontent lors du Klassieker, un match qui a drainé son lot de violence ces dernières décennies. Au point que les Klassieker se disputent désormais sans fans du club extérieur depuis plus de cinq ans. Certaines franges de supporters de Feyenoord vouent une haine viscérale à l’encontre de ceux de l’Ajax, le contraire étant bien vrai aussi. Une haine qui dépasse bien souvent le cadre sportif, puisque des incidents éclatent tantôt entre supporters sans même qu’il y ait un match de foot en fait. Pour être complet, il faut tout de même ajouter que Feyenoord se fait largement dominer sur le plan sportif par l’Ajax (et par le PSV) depuis les années 2000. Autre rival, le PSV, mais alors là il s’agit d’une rivalité purement sportive. Enfin, soulignons encore les deux derbys de Rotterdam face au Sparta et à l’Excelsior. Si le premier entraîne une certaine rivalité, le second est plutôt du genre amical mais de toute manière ces deux équipes de Rotterdam font souvent l’ascenseur entre première et seconde division.

Le ou les joueurs qui pourraient avoir leur statue à l’entrée du stade :

Feyenoord est un club qui a connu de grands succès dans les années 60 et 70. Après de bonnes années 90, il est vrai que ce club connaît actuellement quelques difficultés sportives. Les joueurs mythiques sont donc plutôt à chercher du côté des années où être hippie était à la mode. L’emblème du club est sans doute Coen Moulijn vainqueur en 1970 de la coupe aux longues oreilles avec Feyenoord et plus de 15 ans passés au club. De la même époque, on peut également citer Wim Jansen, Eddy Pieters Graafland et Rinus Israel, le héros de la finale. Un peu un comble qu’un mec qui s’appelle Israel soit une des figures mythiques d’un club qui traite péjorativement ses principaux rivaux de Juifs. Personnellement, les joueurs de Feyenoord qui m’ont le plus marqué sont Regi Blinker et Gaston Taument les deux attaquants chevelus surinamais indissociables des années 90. Mais pas qu’eux, je pourrais te citer des dizaines de mecs qui m’ont marqué dans ce club tel John de Wolf ou Ed de Goey. On terminera par quelques gloires un peu plus récentes comme Dirk Kuyt, Giovanni Van Bronckhorst ou Robin Van Persie, tous liés au club de Rotterdam. D’ailleurs le premier y est retourné l’an dernier en tant que joueur, le deuxième en tant qu’entraîneur et le dernier finira bien par s’y ramener.

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Gaston les cheveux longs

Le joueur qui a joué pour le club mais qui se ferait balancer des tomates à la gueule s’il osait revenir :

Peu d’anciens joueurs de Feyenoord ont osé passer chez l’ennemi de l’Ajax et s’infliger ainsi des soirées de Klassieker bien cauchemardesques. Seul cas à peu près notable celui d’Arnold Scholten, le Socrates Blanc qui gagnera la Ligue des Champions avec l’Ajax mais en étant remplaçant de Jari Litmanen. Etant donné que depuis il a entraîné les jeunes de Feyenoord on considérera qu’il s’est fait pardonner. Mais il y a actuellement un cas de traîtrise qui défraie la chronique aux Pays-Bas celui de Kenneth Vermeer. Le deuxième gardien des Oranje est passé de l’Ajax à Feyenoord, ce que les supporters du club amstellodamois n’ont pas apprécié. Ils ont ainsi pendu un mannequin à son effigie dans les tribunes en février dernier. Une affaire qui a fait grand bruit aux Pays-Bas.

Le match d’anthologie du club dont on se souviendra dans 50 ans encore :

Comme on l’a déjà dit, Feyenoord a de la peine en ce moment. Pour retrouver un match d’anthologie, il faut remonter à 2002 et une finale assez mythique gagnée 3-2 face au Borussia Dortmund au… stade de Kuip comme par hasard. Une finale dont les grands bonhommes avaient été Pierre Van Hooijdonk (avec un coup-franc magique) et Jon Dahl Tomasson, le seul Danois qui finit en -sson. Après, tout les vieux fans du club rotterdamois, qu’on sait nombreux sur ce site, diront que le match référence c’est la finale de Coupe des Champions 1970 gagnée 2-1 en prolongation face au Celtic Glasgow. Feyenoord devient ainsi le premier club batave à remporter un titre européen, mais pas de pot les trois titres suivants le seront par l’Ajax. Godverdomme !

Bon ok, et actuellement :

Depuis la fin des années 90, c’est la crise ! Aucun titre de champion des Pays-Bas depuis 1999, et une difficulté chronique à se mêler à la course pour le titre. Feyenoord n’est plus le club qu’il était. Il se fait même régulièrement devancer par l’AZ Alkmaar ou Twente (qui a bien failli disparaître l’an passé). Symbole de cette nullité, non pas un 5, un 6 ou même un 7-0 mais un 10-0 pris en championnat face au PSV en octobre 2010 ! Tu te rends compte 10-0 ! La raison à tous ces problèmes est avant tout financière, le club peine à tourner et croule sous les dettes, il est même menacé de faillite en 2010. Mais depuis quelques années, on respire du côté du de Kuip, ça va globalement un peu mieux aussi bien financièrement que sportivement. Pour preuve Feyenoord réalise un bon début de championnat et pourrait devenir champion d’automne. Si la qualification pour les seizièmes en Europa League sera difficile à obtenir, le club de Van Bronckhorst a tout de même réalisé un parcours intéressant en battant notamment Manchester United (qui ne vaut pas grand-chose cette année). Et si les finances continuent à s’améliorer ils pourront même se payer un mec capable d’élaborer une nouvelle mascotte qui possède deux yeux valides.

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