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Clubbing : Feujot FC

Ce mois-ci pour fêter l’arrivée de l’été, on a décidé de te parler d’un club dont on a tous entendu parler au moins une fois dans sa vie : le Feujot FC. C’est donc, une fois n’est pas coutume, le football régional qui est à l’honneur dans clubbing.

L’histoire complètement bidon du club :

Feujot est un village de campagne comme il y en a tant entre Lausanne et Yverdon. Dans cette contrée, le football a été amené par les nombreux immigrés anglais qui sont venus travailler dans les champs au début du XXe siècle. Avant cela, on pratiquait surtout le cracher de noyau de cerise et la traditionnelle course de sac à patates. L’étroite relation entre Feujot et l’Angleterre explique entre autres que Liverpool et Manchester United y soient des équipes particulièrement appréciées. Certains expliquent aussi que c’est pour cette raison qu’à Feujot on trouve plus de garçons roux que partout ailleurs en Suisse romande. Le nom de Feujot FC ferait d’ailleurs directement référence au légendaire club de Liverpool FC, on n’est donc pas passé loin de Feujot United.

Malgré l’apparition du football, la course de sac à patates est encore très pratiquée à Feujot

Couleurs, symboles et surnoms à la con :

A Feujot, le ciel est souvent bleu, la forêt qui entoure le village est verte. Durant l’été, les champs sont jaunes et l’hiver tout cela est blanc. Pourtant, c’est bien le rouge qui est la couleur caractéristique du club. Probablement pour faire comme la moitié des équipes de la région, le FFC a adopté le sacro-saint triptyque « maillot, cuissettes et chaussettes rouges ». Un peu comme l’équipe de Suisse et Liverpool vous diront les Feujouloz les plus fervents. Récemment, l’idée de jouer en noir a germé dans l’esprit des joueurs de la première, car c’est plus cool et beaucoup d’équipes de la région ont adopté cette tenue. Mais le comité du club a tranché, il n’est pas question de porter des maillots d’arbitres, même à l’extérieur. Pas de véritable symbole sur l’écusson du club qui présente toutefois un magnifique ballon de foot, deux sapins bien verts et une coupe. Au niveau des surnoms, le FFC se donne volontiers le surnom aussi original qu’évocateur de « Rouges ». Il n’est pas rare d’entendre un bon vieux « Allez les Rouges ! » au bord du terrain. Les joueurs eux-mêmes ont repris cet extravagant quolibet, puisque avant chaque match ils se réunissent et répètent ensemble que les plus forts sont les Rouges. Un véritable haka feujouloz qui a désormais remplacé le traditionnel attique-attaque des années 90 (à Feujot on le faisait encore en 2005).

Stade et supporters :

Feujot dispute ses matchs à domicile au terrain de la Chèbre, nom de la rivière qui passe aux alentours. Certains disent que c’est un champ de patates, mais à Feujot on préfère dire que de toute façon c’est le même terrain pour les deux équipes. On a récemment construit un vestiaire flambant neuf mais faute de moyens, il ne peut accueillir que l’équipe locale. Les visiteurs sont toujours obligés de se changer dans le vestiaire C, de l’autre côté, dans ce qui a l’air d’une petite cabane. Il n’y a pas toujours de l’eau chaude, ou alors de l’eau beaucoup trop chaude, selon la saison. Les supporters de Feujot sont avant tout des anciens du clubs et des habitants du village qui viennent pour l’ambiance et boire un coup de blanc et surtout pour la troisième mi-temps.

Les grands rivaux du club :

Le rival du Feujot FC n’est autre que le voisin : le FC Grottens. La raison est bien simple, il s’agit du village d’à côté si tu poursuis sur la route cantonale en venant de Lausanne. Les deux clubs ont souvent évolué dans la même ligue (la 4ème ou la 5ème), et on ne compte plus les derbys de la Chèbre houleux entre les deux frères ennemis du football vaudois. Il faut dire que d’après les Feujouloz, la montée du FFC en 3e ligue à la fin des années 90 aurait suscité passablement de jalousie chez les voisins. Ces derniers reprochent volontiers aux Feujouloz leur condescendance, il est vrai célèbre dans la région. Une chose est toutefois sûre, on ne s’apprécie guère entre Feujouloz et Grottenus, et pourtant qu’est-ce qu’on se ressemble. Sinon à Feujot on n’aime pas trop le FC Bâle qui écrase le championnat (mais on vibre pour eux en Ligue des Champions) ainsi que les équipes espagnoles et italiennes qui simulent un peu trop. Par contre, outre Liverpool et Manchester, on adore le Bayern Munich, allez savoir pourquoi.

Le ou les joueurs qui pourraient avoir leur statue à l’entrée du stade :

La légende du club aurait pu être Patrick Bolay, une sommité du FFC à la fin des années 90. En effet, l’ancien meneur de jeu des Rouges a disputé la plus grande partie de ses juniors à Feujot et y a joué pas moins de sept saisons avec la « une ». Il a fait partie de la grande équipe qui a failli monter en 2e ligue durant la saison 1997-1998. Suite à cette folle aventure, le talent de Patou a été rapidement repéré du côté d’Echallens, où il a signé pour trois paires de chaussures, un sandwich par entraînement et une barquette de nuggets par match. L’ancien numéro 10 de Feujot a néanmoins eu de la peine à trouver sa place chez les jaunes et verts. A 29 ans, dégoûté par un temps de jeu limité et atteint d’un mal d’orteil chronique, Patou claque la porte du football du jour au lendemain pour se consacrer à ses deux vraies passions : le tuning et les maquettes de train. Depuis cette époque, on ne l’a plus jamais aperçu à proximité d’un terrain de foot. Celui qui fait donc la véritable fierté au bord des terrains de Feujot reste Ludovic Magnin. L’ancien latéral de la Nati y aurait débuté sa carrière. Au moins six mois d’école de foot, avant de jouer pas moins de 10 matchs avec les juniors E alors qu’il avait à l’époque encore l’âge de jouer en F.

Le nugget : une modalité de transfert courante dans les petites ligues

Le joueur qui a joué pour le club mais qui se ferait balancer des tomates à la gueule s’il osait revenir :

« Ce taborniau n’a pas intérêt à remettre les pieds à Feujot ! » C’est en ces termes que s’exprime Mickaël Regamey, l’actuel gardien de la première, à propos de son ancien coéquipier Léo Ferucci. Il faut dire que Mickaël, par ailleurs membre de la célèbre jeunesse de Feujot, nourrit plus d’un grief à l’encontre de l’ancien buteur du FFC. Non, seulement Léo a dernièrement décidé de signer à Grottens, mais en plus il se serait servi dans la caisse de la jeunesse. Pour couronner le tout, la rumeur court que Léo aurait « giguenatssé » la copine de Mickaël. Bref, une affaire qui fait grand bruit à Feujot, et Mickaël annonce déjà la couleur : « Si ce bobet de Léo débarque à la fête de la jeunesse ou au prochain derby, on va l’accueillir comme il faut. Parce qu’à Feujot on est tous des barjots et on ne se laisse pas faire par ce genre de topio ! » Une affaire qui sent l’énième castagne de fête de jeunesse ou l’énième match interrompu sur les terrains amateurs vaudois. Et nous réfléchissons déjà à une future nomination de Léo Ferucci aux prochains pigeons d’or.

Le match d’anthologie du club dont on se souviendra dans 50 ans encore :

Il y a cette raclée mise par les juniors B du FFC à ceux de Grottens il y a deux ans. Ce jour-là, on avait beaucoup ri au bord du terrain. Surtout lorsque le fils de l’ancien syndic Andrey de Grottens avait glissé seul devant le gardien, empêchant ainsi aux Grottenus de sauver l’honneur. 14-0 au final. Un record pour un derby de la Chèbre toutes catégories confondues. Au niveau de la première équipe, celle qui compte vraiment, il y a ce match légendaire de huitièmes de finale en Coupe Vaudoise face au FC Bavois. Une victoire aux tirs au but qui remonte tout de même à 1997, lorsque l’équipe évoluait en troisième ligue. Mais le véritable match d’anthologie est encore plus ancien. A Feujot on parle encore de ce derby de 1973 où, on le jure, un sanglier aurait surgit du champ de maïs derrière les buts et aurait propulsé le ballon dans les filets du gardien de Grottens.

Porky, un seul but avec le FFC, mais un but légendaire

Bon ok, et actuellement :

Actuellement le Feujot FC végète en 4ème ligue et dispute ses traditionnels derbys de la Chèbre contre Grottens. Les Rouges ont assez clairement manqué leur saison, malgré une victoire et un nul face aux ennemis jurés. La relégation a été évitée de peu au final. Mais peu importe, ce n’est pas vraiment ce qui est important à Feujot, car on préfère privilégier l’esprit d’équipe et la troisième mi-temps. Alors oui, on se moque toujours un peu du FFC, mais il faut avouer que ce genre de petit club, finalement fort sympathique, a plutôt tendance à disparaître. En effet, dans passablement de clubs on se croit souvent en Ligue des Champions, on se sent important alors qu’on est en 4e, 3e ou même 2e ligue. Alors pourvu que l’esprit Feujot persiste encore quelques saisons.

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Clubbing : Fiorentina

Après avoir obtenu deux likes sur un club polonais le mois passé, je m’étais désormais résolu à écrire sur Manchester United, le Real Madrid ou le FC Sion afin d’intéresser un peu plus le public. Et puis l’autre jour en faisant bêtement mes courses, il y avait ces deux jeunes de 15-16 ans qui venaient s’acheter un thé froid et un croissant au jambon. L’un d’eux se la racontait avec un maillot du Barça floqué Neymar et l’autre déambulait fièrement avec son maillot de la Fiorentina. Et là, ça m’a redonné espoir. Ce mois-ci, c’est en son honneur que j’ai décidé de traiter du club de la plus belle ville du monde. Enfin la deuxième plus belle, puisque la première c’est Yverdon.

L’histoire complètement bidon du club :

Sortie tout droit du génie de Léonard de Vinci au XVe siècle, la Fiorentina est aujourd’hui encore considérée comme une œuvre majeure de la Renaissance. C’est au début du XXe siècle que la Fiorentina quitte le musée pour aller disputer des matchs de football. Plusieurs tentatives ont été tentées afin de la remettre à sa place dans un musée, ce qui a bien failli arriver dans les années 2000. Trêve de plaisanteries, le football a été inventé à Florence, c’est bien connu. Tu as probablement déjà entendu parler du calcio florentin, ce sport collectif ultra-violent apparu au XVe siècle qui est souvent considéré comme l’ancêtre du football ? Il y a d’ailleurs un tournoi organisé chaque année au mois de juin. Il faut imaginer deux équipes de hooligans russes qui se tapent dessus dans une arène en sable afin de se disputer un ballon devant une foule en délire… Si ça ne ressemble pas à du football. Une affaire pour Yves Martin et ses jeux du cirque.

Belle sortie du gardien de la Fiorentina sur Daniele De Rossi

Couleurs, symboles et surnoms à la con :

Une fois n’est pas coutume, on est parvenu à dégoter un club aux couleurs plus originales que le rouge et le blanc. Avec la Fiorentina, impossible de se tromper, si tu repères un maillot violet sur un terrain de football, il s’agit forcément du club florentin. Hormis ce que sont les maillots extérieurs d’Anderlecht (mais les Belges parlent de mauve, ça n’est pas pareil) et éventuellement du Real Madrid, la Fiore est la seule équipe à évoluer en violet, couleur phare des années 90. Une couleur qui est devenue la véritable marque de fabrique de l’équipe, puisque l’on surnomme généralement la Fiorentina la Viola (ce qui tu l’auras deviné signifie la violette). L’autre marqueur de l’identité du club est la fleur de lys (giglio) qui est également le symbole de la ville de Florence. Enfin mention spéciale aux différents sponsors ayant figuré sur le maillot violet de la Fiorentina. De 7up à Nintendo en passant par Save the Children, trop la classe ! Et pas moins de quatre marques de voiture s’y sont succédées : Opel, Toyota, Volkswagen et Mazda. Un record.

Stade et supporters :

La ville de Florence est une musée à ciel ouvert, tout y est ancien. Il faut dire que le stade de la ville ne déroge pas à cette maxime. Datant des années 30, le stade Artemio Franchi se fait bien vieux, et cela depuis un moment déjà. Si l’enceinte avait été remise au goût du jour pour la coupe du monde 1990, il fait de nos jours office de Pontaise d’Italie, avec son béton et ses tribunes à la merci de la pluie. Dernièrement, un projet de nouveau stade a été dévoilé, il était temps. Un stade flambant neuf devrait voir le jour d’ici quelques années. Après la construction des nouveaux stades de la Juventus et de l’Udinese, ce sont donc l’AS Rome, l’AC Milan, la Sampdoria et la Fiorentina qui envisagent de se doter de nouvelles arènes. De bonnes nouvelles, car dans ce domaine, le football italien a 30 ans de retard par rapport aux autres grands championnats européens. En ce qui concerne les supporters de la Viola, pas grand chose à signaler. Des tifosi passionnés et relativement fidèles. On enregistre régulièrement des affluences avoisinant les 30’000 personnes dans un stade qui peut en compter 45’000. Ce qui est actuellement une bonne moyenne en Italie. La Fio peut également se targuer de compter parmi ses fans Matteo Renzi, le chef actuel de l’Etat italien. Et tu crois que Leuthard est fan du FC Aarau ou du FC Wohlen ?

Les grands rivaux du club :

Comme pour la plupart des clubs transalpins, le grand rival de la Fiorentina est la Juventus. Sans doute plus à Florence que partout ailleurs en Italie, huer et insulter les bianconeri est devenu un véritable sport national. La raison de cette haine est à chercher dans plusieurs épisodes qui ont émaillé l’histoire du football italien. Parmi les plus célèbres, il y a le scudetto de 1982 que la Juve aurait volé aux Florentins à la dernière journée de championnat, lors d’un concours de circonstances un peu louche. Il y a aussi l’affaire de la finale de la coupe UEFA de 1990, disputée au retour sur le terrain « neutre » d’Avellino, petite ville près de Naples connue pour être un bastion de supporters de la Juve. Et ça n’est pas un hasard si la Fiorentina est jumelée de longue date avec le FC Torino. En 2009, les ultras de la Viola auraient même proposé d’établir un jumelage avec ceux de Liverpool pour commémorer la tragédie du Heysel. Refusé en bloc par les fans des Reds bien heureusement. Sinon dans les gradins de l’Artemio Franchi, on ne porte pas Bologne dans son cœur (derby des Appennins), ni les autres clubs de Toscane comme Empoli, Sienne ou Pise qui évoluent désormais tous en Serie B ou plus bas.

Un concentré de haine anti-Juve

Le ou les joueurs qui pourraient avoir leur statue à l’entrée du stade :

A une époque, un joueur a bien eu droit à sa statue en dessous de la curva du stade Artemio Franchi et ce joueur c’est Gabriel Omar Batistuta. L’Argentin aux cheveux longs, qui tirait ses pénaltys en force et qui fêtait ses buts en mimant une mitraillette, a passé 9 saisons à Florence en y claquant plus de 150 buts. Nul doute possible, tous ces buts ont été inscrits avec la rage de marquer qui caractérisait si bien Batigol. Sa statue a toutefois mystérieusement disparu lorsqu’il annonça son intention de quitter Florence à contrecœur pour rejoindre un club pouvant lui amener des titres. C’est ce qu’il fit en 2001 en rejoignant l’AS Rome avec laquelle il gagna un scudetto. En inscrivant l’unique but de la partie entre Rome et la Viola, le Roi Lion (son autre surnom) fondit en larmes, presque dégoûté d’avoir marqué contre « son » équipe. Un vrai mythe et pas seulement pour les supporters de la Fiorentina. L’autre joueur élevé au rang de Dieu à Florence est un joueur qui a terminé sa carrière à Lausanne à la fin des années 80, Giancarlo Antognoni. Une véritable idole de la Fio dans les années 70 et 80.

Batigol bientôt jugé pour avoir tué des dizaines de spectateurs en fêtant ses buts?

Le joueur qui a joué pour le club mais qui se ferait balancer des tomates à la gueule s’il osait revenir :

Le problème avec la Fiorentina est que la plupart des grands joueurs finissent toujours par partir pour un club nourrissant de plus grandes ambitions. Lorsque ce club se trouve être la Juve, cela provoque un scandale parmi les tifosi viola. A ce titre, un transfert est resté particulièrement gravé dans les mémoires. En 1990, Roberto Baggio est considéré depuis quelques années comme une véritable idole à Florence, en passe de devenir un Dieu. En fin de saison, lorsque son transfert est annoncé du côté de la Juve pour un montant record, les supporters le prennent très mal. De plus, ce transfert intervient dans le contexte d’une finale de coupe UEFA perdue face aux bianconeri. Cette annonce déclencha de véritables émeutes en ville de Florence, obligeant la police à intervenir. Presque une année plus tard, Baggio ramène son mulet au stade Artemio Franchi. Un retour qui fait craindre le pire. La rencontre se déroule sous les sifflets et les huées à l’encontre du traître, des objets en tout genre volent depuis les tribunes. Probablement touché par ce traitement, l’ancienne idole du peuple florentin semble à côté de ses pompes et la Viola mène 1-0 à la mi-temps suite à un but de Diego Fuser. Et puis en début de deuxième mi-temps Baggio obtient un penalty qu’il refuse de tirer. Remplacé à quelques minutes du terme de la rencontre, il codino ramasse, parmi les objets qu’on lui lance dessus, une écharpe de son ancien club et se met à applaudir le public florentin. Un applaudissement que certains tifosi lui rendent en partie, mais pour d’autres il demeure un traître. Ah et pour la petite histoire, De Agostini a manqué le penalty et la Viola s’est imposée 1-0 ce jour-là. Un match qu’on aurait pu classer dans la catégorie qui va suivre.

Le match d’anthologie du club dont on se souviendra dans 50 ans encore :

Il y aurait certainement des matchs des deux titres de champion d’Italie de 1955 et 1969 à ressortir ou la victoire de coupe des coupes de 1961, mais tout cela est bien trop lointain. On a pour une fois plutôt envie de mettre en lumière un but d’anthologie. Lors de l’édition 1999-2000 de la Ligue des Champions, Mauro Bressan inscrit une bicyclette de 30 mètres lors d’un savoureux 3-3 face au FC Barcelone. Shaqiri et Ibrahimovic n’ont qu’à bien se tenir avec leurs buts de pipeau ! L’inconnu italien de la Fiore connaît ce soir-là son heure de gloire, et pourtant il y en avait des artistes sur le terrain. Vise-moi ça, Luis Figo, Rivaldo ou Pep Guardiola (ah non artiste que sur le banc) d’un côté et Rui Costa ou Abel Balbo de l’autre ! Mauro Bressan finira sa carrière à Chiasso et sera suspendu plus de 3 ans en Italie pour les histoires de Calcioscommesse. Une triste fin pour l’auteur du plus beau but de l’histoire de la Ligue des Champions.

Bon ok, et actuellement :

Comme tu t’en es probablement aperçu, lorsqu’on parle de la Fiorentina, on fait beaucoup référence aux années 90. L’époque où le football italien était à son firmament. Il faut dire que depuis cette période, le club florentin a connu une catastrophe, celle de la faillite financière en 2002. A la suite de ce cataclysme, la Fiorentina s’est reconstruite et a retrouvé sa place dans l’élite du calcio (en bénéficiant d’un ou deux passe-droit il faut le dire). Si la Fio est actuellement capable de disputer des saisons tout à fait correctes et dignes de son rang, elle peine à effectuer ce petit saut de qualité qui lui permettrait de se battre pour le titre. Depuis son retour dans l’élite, le club qui appartient désormais à la famille Della Valle, a terminé 5 fois au 4e rang mais n’est jamais parvenu à figurer dans le trio de tête, ni à véritablement briller en coupe d’Europe (demie-finale d’Europa Ligue en 2008). Dans un football où l’écart entre les clubs super-riches et les clubs normaux a tendance à s’accentuer la Fiorentina semble condamnée à vendre ses meilleurs joueurs et à se battre pour la 4e place.

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Clubbing : Wisla Cracovie

Ce mois-ci, on t’emmène dans un pays qui ne fait pas rêver grand monde. Qui plus est, depuis bientôt une année et une certaine séance de tirs au but, il ne figure pas en tête de liste des pays préférés des Suisses férus de football, dont notre chef Martin est un bon exemple. Je parle bien entendu de la Pologne, ce grand pays d’Europe de l’Est réputé pour son froid et sa grisaille. Le seul pays au monde qui ait été dirigé par des jumeaux. C’est donc un des plus célèbres clubs polonais qui passe à la moulinette ce mois-ci : le Wisla Cracovie ou Wisła Kraków en VO.

L’histoire complètement bidon du club :

Comme tous les clubs polonais le Wisła Kraków a été fondé par une horde de plombiers mangeurs de betteraves et de choux qui buvaient énormément de vodka à l’herbe de bison. Cette fondation date de 1906 et c’était bien avant qu’ils ne viennent tous envahir nos salles de bains.  D’ailleurs, Wisła veut bien dire plombier en polonais enfin plus précisément clé à molette. Si la rivière passant à proximité de la ville de Cracovie porte ce nom, c’est bien parce qu’on y trouve en son fond plein d’instruments de plomberie, dont des clés à molette. Tu ne le savais pas ça hein ?

Un des éminents fondateurs du Wisla

Couleurs, symboles et surnoms à la con :

Ce qui est très chouette avec les couleurs du Wisła Kraków, c’est qu’il est possible de faire un copier-coller des articles précédents. Les couleurs sont donc le rouge et le blanc. Pour être plus précis le rouge, le blanc et le bleu mais ce dernier n’apparaît que sur le logo, le maillot extérieur et les drapeaux que l’on agite dans le stade. Ce qui fait que plein de drapeaux des Pays-Bas sont agités lors des matchs du Wisla. Le symbole du club est une étoile blanche, ce qui donne au club sans grande surprise le surnom d’étoile blanche (Biała Gwazda), d’ailleurs celle-ci est brodée sur le maillot comme unique logo. Un peu étrange. Enfin l’autre symbole du Wisla, mais là c’est plus marketing pour attirer les petits enfants, c’est une mascotte de dragon fort sympathique inspirée directement de la légende du dragon de Wawel, le mythe fondateur de la ville de Cracovie.

Oranje Wisla Gottéron

Stade et supporters :

Il y a beaucoup à dire sur les supporters… mais tout d’abord l’arène du Wisla. Un complexe moderne et confortable qui a été rénové dernièrement, en vue de l’Euro 2012, pour lequel Cracovie n’a pourtant accueilli aucune rencontre. En effet, le stade du Wisla était uniquement réserviste. L’enceinte a pris le nom d’Henryk Reyman, ancienne gloire du club, et est située à l’ouest de la ville, non loin du centre-ville, mais surtout proche de l’antre du rival et ennemi juré, on va y revenir.

En ce qui concerne les supporters, on peut affirmer que les supporters du Wisla (mais plus généralement en Pologne) sont de gros malades. Chaque grand club y possède son ou ses groupes d’ultras et ils sont chauds bouillants. Il faut dire qu’avant l’Euro 2012, et avant que l’UEFA et les journalistes étrangers ne viennent mettre leur nez dans le football polonais, ce pays avait un sacré problème de hooligans. La situation s’est plutôt améliorée depuis que la fédération polonaise a pris quelques mesures, mais des incidents qui peuvent être violents surviennent toujours de temps à autre. La culture ultra qui frise souvent le hooliganisme en Pologne est très populaire et fait même l’objet de revues spécialisées et de chaînes sur un certain géant de la vidéo du net. On y décortique l’actu de la dernière journée de championnat, mais dans les tribunes uniquement. Pour en revenir plus précisément aux supporters du Wisla, ils ont la réputation d’avoir des sympathies d’extrême-droite, ce qui n’est pas totalement infondé. On a vu quelques saluts polonais (comme le Grütli mais avec deux doigts) se transformer en saluts fascistes dans les tribunes. C’est également compréhensible au vu de la position du club, on va y revenir. Enfin, l’accessoire essentiel du supporter polonais est son écharpe. Tout le monde en porte une (dans le stade pas ailleurs) et l’agite à certains moments précis. Autant dire qu’en tant qu’étranger tu te fais assez vite repérer.

Les grands rivaux du club :

Il n’y a pas photo, le grand rival du Wisła, c’est l’ennemi haï de la ville, le Cracovia. La confrontation entre les deux clubs s’appelle la guerre sainte et ça n’est pas pour rien. Au départ, le Cracovia a été fondé par l’importante communauté juive de la ville (avant que les nazis ne passent par-là) tandis que le Wisła était plutôt polonais. Bon ça c’est la théorie, parce que le pape Jean-Paul II était lui-même supporter du Cracovia et a priori il n’était pas juif. Autant dire que de nos jours cela ne veut une nouvelle fois plus dire grand chose. Ce qui est certain en revanche, c’est que les deux clubs se détestent (mais vraiment), au point que les supporters du Wisła se donnent volontiers l’étiquette d’antisémites juste pour s’opposer aux rivaux. Ces dernières années, il y a eu passablement de remous à Cracovie plus ou moins directement liés à cette rivalité. Il faut dire que les ultras des deux clubs ont par exemple refusé de signer le pacte de Poznan qui stipule que les « supporters » se battent sans armes en Pologne. En 2011, un des membres les plus influents des ultras du Cracovia a été attaqué et poignardé par 8 membres des ultras du Wisła qui croupissent désormais en prison pour meurtre. Cet assassinat serait également lié à des histoires de bandes mafieuses mais c’est suffisant pour que par exemple personne n’ose porter les couleurs d’un des deux clubs en ville. Sportivement, le Cracovia est de toute façon à la ramasse ces dernières années. La rivalité est également importante avec le Legia Varsovie avec qui le Wisła dispute le derby de Pologne (capitale économique et politique contre culturelle et historique). Après les supporters en Pologne c’est comme les compagnies aériennes, il y a grosso modo deux grandes alliances qui déterminent si tu peux blairer un autre club ou non.

Au moins ça a le mérite d’être clair !

Le ou les joueurs qui pourraient avoir leur statue à l’entrée du stade :

Un joueur ne possède pas sa statue, mais carrément le stade à son nom ainsi que la rue adjacente. Bon, vu que ça n’est qu’une rue piétonne ça ne compte pas vraiment. Henryk Reyman, un joueur du Wisla des années 20 et 30 qui a également combattu durant les différentes guerres qui ont émaillé l’histoire de la Pologne à cette période. Plus qu’un simple joueur de football. Après pour ceux qui s’attendaient à retrouver des légendes du football polonais c’est raté. Pas de Boniek ou de Lewandowski, les bons joueurs polonais ont vite fait de s’exiler à l’étranger. Non pas parce qu’il y fait froid et que ça ressemble à Echallens au mois de novembre, mais parce qu’on y gagne évidemment plus. Les récents joueurs phares du Wisla sont donc essentiellement des inconnus du grand public ou presque. Parmi ceux-ci on peut citer Maciej Zurawski, l’idole de Robin Chessex, qui a inscrit plus de 100 buts dans les années 2000 avec le Wisla. Enfin, à 38 ans, le capitaine actuel Arkadiusz Głowacki fait également office de légende du club. Ce défenseur au physique de camionneur compte plus de 300 matchs pour le club.

Le joueur qui a joué pour le club mais qui se ferait balancer des tomates à la gueule s’il osait revenir :

Jacek le sympathique Polonais que j’avais payé 500 złotys pour qu’il me rédige cette catégorie fissa s’est finalement évaporé dans la nature… Me voilà donc bien emprunté lorsqu’il s’agit d’évoquer le traître du Wisla. On imagine aisément qu’un hypothétique joueur qui serait passé du Wisla au Cracovia aurait été lynché par les fans, raison pour laquelle il n’existe pas. On l’a dit, le Wisla a une réputation de club antisémite avant tout pour des questions de rivalité historique. On aurait donc pu craindre le pire 2011 lorsque l’international israélien Maor Melikson a signé au club. En réalité, il n’en fut absolument rien, Moar a passé deux excellentes saisons à Cracovie et fut accueilli tout à fait normalement par les supporters avant d’être transféré à Valenciennes et ça c’est quand même salaud.

Le match d’anthologie du club dont on se souviendra dans 50 ans encore :

Te sortir une vieille finale de coupe polonaise contre le deuxième Wisła du pays, le Wisła Płock (à prononcer Pwotsk) ne servirait sans doute à rien. Même son de cloche lorsqu’il s’agit d’évoquer le dernier titre de champion de 2011. On a ainsi logiquement choisi un des exploits du Wisła en coupe d’Europe. A ce petit jeu, on a vite fait de tomber sur deux matchs mythiques de la saison 2002-2003 de coupe UEFA, où les Polonais ont mis deux taulées 4-1 à Parme et à Schalke. Le retour face à Parme fut notamment épique puisque les Cracoviens ont remonté deux buts de handicap dans les 20 dernières minutes avant d’assurer la qualification en prolongation. Ce jour-là Zurawski en plante deux et Marcin Kuzba est sur le terrain pour le plaisir des Lausannois. Le tout devant un public remonté à bloc. Demandez à Dino Baggio ce qu’il pense du public du Wisła lui qui s’était fait lancer un couteau dessus en plein match quelques années auparavant… Malgré ces victoires cinglantes contre deux anciens vainqueurs de la compétition, le Wisła sera sorti par la Lazio en huitièmes. Depuis les deux clubs entretiennent une amitié assez soutenue et les mauvaises langues diront que c’est parce que certains supporters ont les mêmes idées…

La Forêt magique des écharpes

Bon ok, et actuellement :

Le championnat polonais, l’Ekstraklasa, ne fait rêver personne. Pourtant une fois les préjugés dépassés, il faut bien avouer que ce championnat n’a pas vraiment à rougir devant les autres championnats européens moyens. La qualité n’est certes pas encore extraordinaire mais l’ambiance et la ferveur sont bien là. De plus, certains stades sont flambant neufs et une fois les problèmes de hooliganisme définitivement enterrés, il se pourrait bien que le championnat polonais redevienne un des championnats phares d’Europe orientale. Et franchement quel plaisir de voir de temps en temps des fumigènes en tribunes, il n’y a guère qu’en Suède et en Grèce qu’on voit cela en Europe à l’heure actuelle. Quant au Wisla, il demeure une des trois meilleures équipes du pays. Il est fort probable que d’ici quelques années on retrouve plus régulièrement ce club mythique en coupe d’Europe, ce qui mettrait un peu d’ambiance dans ces compétitions parfois un peu ternes.

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Clubbing : Borussia Mönchengladbach

Depuis que ce site existe, on t’a beaucoup parlé d’un club allemand en particulier, si tu vois ce que je veux dire… Il est désormais temps d’équilibrer les débats et d’aborder d’autres formations ayant également fait l’histoire de la Bundesliga. Et comme on ne fait pas les choses dans la dentelle, on a carrément décidé de présenter ce mois-ci l’autre Borussia, celui au nom imprononçable pour le commun des mortels.

L’histoire complètement bidon du club :

Avec un nom pareil, le Borussia Mönchengladbach n’a pu être fondé que par des passionnés de scrabble me direz-vous ! Même plus, des afficionados de scrabble qui jouent toujours en mangeant de la purée de pomme de terre. Sans doute les mêmes qui ont créé le 1. FC Kaiserslautern. Mais il n’en est rien. Comme son nom l’indique le Borussia a été créé par Guillaume II dernier roi de Prusse. Aussi peu évident que cela puisse paraître, Borussia signifie Prusse en latin, l’ancien nom bizarre de l’Allemagne. Ben quoi tu ne connais pas le Helvetica Sion et le Iberia Madrid ? Et puis à ce qu’il paraît le club a été entraîné avec succès par Lulu ces dernières années, si ça c’est pas de l’histoire…

Couleurs, symboles et surnoms à la con :

Oui on l’a fait ! Nous avons enfin trouvé un club qui n’évolue pas en rouge et blanc. Le Borussia Martengladbach évolue donc en blanc. En tout blanc même. Soit un uniforme pas extrêmement original non plus, il ne faut pas déconner. Ses couleurs secondaires sont le noir et le vert, ce qui offre tout de même une association de couleurs assez sympathiques qui rappellent finalement presque celles de la Mannschaft qui historiquement joue en tenue extérieure verte. Pour ce qui est du symbole, le Borussia Mönchengladbach ne fait là non plus pas dans l’originalité… Un écusson noir-blanc estampillé d’un B dans un losange qui aurait pu faire un excellent logo pour les Bioman. En revanche, au niveau des surnoms Gladbach se surpasse puisque l’on associe ce club au poulain depuis les années 70. En allemand ça donne les Fohlen ou le Fohlenelf, le onze du poulain. Il faut avouer que ça sonne plutôt classe et que ce surnom est souvent utilisé. Oui Borussia Machingladbach ça fait quand même long quand tu parles de ton équipe préférée. Pourtant le seul poulain qui apparaisse fréquemment dans les travées du Borussia-Park, c’est Jünter la mascotte qui fait le fou sur la pelouse avant et après les matchs. Le sens du show à l’allemande sans doute. Bon, on veut bien tant qu’il ne se met pas à brouter la pelouse !

Belle reproduction du logo des Bioman

Stade et supporters :

Les Fohlen ont longtemps évolué au Bökelbergstadion, un stade mythique en Allemagne. Dans les années 90, l’enceinte est devenue trop vétuste. Les tribunes en béton armé, sans doute fabriquées au fin fond de la Roumanie, sans places assises et livrées aux caprices de la météo ont eu raison de ce temple du football. On y trouvait toutefois un des plus beaux totomats d’Allemagne ! Dans les années 2000, cette arène a donc été remplacée puis détruite, même si les restes du Bökelbergstadion sont toujours visibles en ville. En 2004, le Borussia-Park a vu le jour. Un stade flambant neuf pouvant accueillir environ 54’000 personnes, ce qui est absolument énorme pour une ville comptant seulement 250’000 âmes ! Alors certes, cette nouvelle arène se trouve loin dans la périphérie de la ville, presque à la campagne, mais l’ambiance y est franchement bonne et sympathique. Et pourtant ce stade n’a pas été retenu pour accueillir des matchs de la Coupe du Monde 2006. Avant les matchs on y écoute un hymne bien rock (Elf vom Niederrhein) que doivent particulièrement apprécier les supporters vêtus de leur gilet en jeans à franges. Et lors d’un but des locaux on te passe une chanson bien techno de Scooter, une groupe phare des années 90, et tout le monde saute en rythme. C’est un peu beauf mais en fait c’est vachement sympa. Bien à l’image du public et des supporters des Fohlen en fait. Et inutile de préciser qu’on y mange d’excellentes saucisses servies sur carton.

Un petit morceau de Roumanie en pleine Allemagne de l’Ouest orné de son totomat.

Les grands rivaux du club :

Möchtengladbach fait partie de cette immense région que l’on appelle la conurbation Rhin-Ruhr, enfin la Ruhr un peu élargie. On y trouve une pléthore d’équipes évoluant ou ayant évolué en Bundesliga récemment. Outre Gladbach, on trouve bien entendu Schalke, Dortmund, Duisburg, Bochum, Fortuna Düsseldorf, Leverkusen et même Cologne. C’est d’ailleurs ce dernier qui est historiquement le rival attitré des Fohlen. Le match entre Borussia Mönchengladbach et le 1. FC Köln est considéré comme le derby du Rhin, une affiche classique de Bundesliga. La rivalité remonte essentiellement aux années 70 lorsque les deux équipes jouaient les hauts de classement de la Bundesliga. Aujourd’hui, bon ben c’est un derby, pas ce qu’il y a de plus enflammé dira-t-on. Il faut dire qu’actuellement de par son côté structure traditionnelle relativement modeste, Gladbach jouit globalement d’une sympathie générale en Allemagne. Un peu à l’image d’un Werder Brême.

Le ou les joueurs qui pourraient avoir leur statue à l’entrée du stade :

La grande époque du Borussia, ce sont les années 70, où le Fohlenelf était sans doute la meilleure formation d’Allemagne et peut-être même parmi les meilleures d’Europe. C’est donc bien à cette époque que l’on trouve des joueurs méritant d’avoir leur statue. L’époque des cheveux longs et des moustaches car Gladbach était effectivement une équipe de rebelles. S’il ne faut retenir qu’un seul nom c’est sans conteste celui de Hans-Hubert « Berti » Vogts qui a disputé toute sa carrière au club. Associé aux non moins fameux Jupp Heynckes, Herbert Wimmer et Günther Netzer, ils ont été la colonne vertébrale des succès glanés durant les années où fumer des joints et jouer de la guitare était cool. Les titres majeurs de Münzengladbach datent d’ailleurs exclusivement de cette belle époque, cinq titres de champion d’Allemagne, deux coupes UEFA et une finale de coupe des champions. Une très grosse équipe à l’époque. Et j’oubliais que ses joueurs fournissaient également la moitié de l’équipe allemande championne du monde en 74 et d’Europe en 72 ! Et puis plus récemment Lothar Matthäus, Stefan Effenberg ont notamment été formés au club. Pas mal de Suisses ou de joueurs passés par la Suisse sont également restés mythiques comme Oliver Neuville, Granit Xhaka ou le surfeur argovien. Personnellement je retiens surtout Martin Dahlin.

Le joueur qui a joué pour le club mais qui se ferait balancer des tomates à la gueule s’il osait revenir :

Monstergladbach n’entretenant pas de rivalité soutenue avec un autre club et la plupart de ses bons joueurs finissant de toute façon au Bayern (c’est le problème en Allemagne), il est difficile d’identifier un vrai traître. Par contre, ce qui doit être peu apprécié à Menschengladbach, c’est d’avoir un nom trop court. A ce titre, l’ancien international allemand des années 80 Uwe Rahn ne doit pas être très apprécié. De plus, en 1988 il se transfère à Cologne, rival historique. Sans doute pour rejoindre un club au nom simple et court comme lui. Non… on n’a vraiment pas dû digérer à Merchengladbach.

Le Fanaticus Germanorium, une espèce en voie d’extinction encore bien présente au Borussia-Park

Le match d’anthologie du club dont on se souviendra dans 50 ans encore :

Du côté de Mädchengladbach, on se souvient particulièrement d’un match qui date du 29 avril 1978. Une victoire 12-0 face au Borussia Dortmund, ce qui constitue encore à l’heure actuelle la plus grosse volée de l’histoire de la Bundesliga. Certes, à l’époque Dortmund n’est pas l’équipe pimpante qu’elle est actuellement mais il s’agit tout de même d’une grosse cylindrée pour l’Allemagne. Ce jour-là, Jupp Heynckes en colle cinq et l’entraîneur de Dortmund Otto Rehhagel est viré. Dommage pour les Fohlen, c’est le rival Cologne qui remporte le titre cette année-là. Ironie de l’histoire le titre se joue à la différence de buts. Bon et puis sinon il y a quand même une ribambelle de matchs fameux pour les fans les plus anciens dans les années 70. Le choix est compliqué à faire entre une demi-finale de Coupe de l’UEFA face à Cologne, les deux victoires en finale de Coupe UEFA en 1975 et 1978 ou encore la demi-finale de 1977 face au Dynamo Kiev qui permet aux Fohlen de disputer la finale de la Coupe des Champions face à Liverpool (qui était un vrai bourreau de Gladbach dans les années 70). Plus récemment il faut se contenter d’une finale de coupe d’Allemagne gagnée 3-0 en 1995 face à Wolfsburg. L’époque des Effenberg, Dahlin et Pfilpsen, ça date pour un dernier titre. Personnellement, c’est le match du lancer de canette (Büchsenwurfspiel) qui m’a marqué à vie. Un huitième de finale de coupe des champions de 1971 remporté 7-1 par Gladbach face à l’Inter Milan mais rejoué sur tapis-vert suite à une histoire de jet de canette d’un spectateur. Une fois le match rejoué c’est l’Inter qui passera et depuis ce jour mon père porte une moustache.

Bon ok, et actuellement :

Club phare et incontournable dans les années 70, le Borussia Meinengladbach est peu à peu rentré dans le rang au fil des années 80 jusqu’à devenir une équipe médiocre de Bundesliga connaissant même une relégation en 1999. Mais depuis quelques années le club renaît quelque peu de ses cendres. Alors bien sûr, il ne parvient pas à rivaliser avec la machine Bayern qui continue à remporter tous les titres, mais Gladbach pointe régulièrement dans le top 5 allemand. Le club se permet ainsi quelques participations à la prestigieuse Champions League. En même temps que demander de plus à un club d’une ville de même pas 300’000 habitants qui possède néanmoins un des dix plus gros budgets d’Allemagne. Bref, je t’invite vivement à aller vivre une rencontre sur place au Borussia-Park qui permet sans doute de se faire une bonne idée de la façon dont on vit le football au pays de la Bratwurst, certainement mieux qu’à Munich ou à Dortmund.

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Clubbing: AS Monaco

Top ! Je suis un club de football français ou presque, évoluant en rouge et blanc. Dans les années 2000, je parviens une fois en finale de la Ligue des Champions mais n’arrive pas à remporter le titre. J’ai comme figures emblématiques des joueurs comme Thierry Henry ou Emmanuel Petit. Le nom d’Arsène Wenger m’est également associé à jamais. Je suis ? Je suis ? Arsenal ! Perdu ! Vous passez la main…

L’histoire complètement bidon du club

L’histoire officielle veut que l’AS Monaco ait été créé en 1919 par fusion de plusieurs petits clubs sportifs. Pour tout dire, la date de création fait débat et personne ne semble être d’accord… On te vend du 1919, du 1923 ou encore du 1924. Bref, il semble régner un flou total sur l’histoire de la création du club et c’est bien normal. La vérité est sans doute que le club a été construit par des mecs cherchant à planquer leur pognon afin d’éviter le fisc de leur pays.

Couleurs, symboles et surnoms à la con

On a presque envie de formuler nos plus plates excuses, car pour la troisième fois consécutive dans clubbing, on va devoir dire le rouge et le blanc. Pas très original, mais cela reflète finalement bien la proportion de rouges et blancs dans le sport et plus précisément le football. Un fléau. Toutefois attention, ce qui fait la marque de fabrique de Monaco c’est ce maillot divisé entre les deux couleurs les plus répandues de manière diagonale. Le genre de maillot qui fait que tous les adversaires rouges ou blancs doivent sortir leur deuxième équipement (à condition qu’il ne soit pas rouge pour des blancs et blanc pour des rouges) et cela représente sans doute plus de 50% des équipes de football. En résumé, ils font un peu chier tout le monde comme la Croatie avec leur damier. Ces couleurs proviennent du drapeau de Monaco qui n’est pas beau à voir. Une bande rouge et une bande blanche, le même drapeau que l’Indonésie et le contraire de celui de la Pologne (ou de Soleure voire de la ville de Lausanne si tu es plus local).

Côté symbole, l’AS Monaco a repris la couronne de la famille royale, les Grimaldi qui font du bobsleigh, du cirque et des gamins avec n’importe qui, comme Gad Elmaleh.  Pas de surnom très marquant pour le club de la Principauté. Tout au plus l’ASM, ce qui traduit une nouvelle fois l’amour des Français pour les acronymes. A ranger dans la longue série des Péessegé, Ohème, Ohelle , Téfécé, Losque, Ogécé, Ahesse,… Smique, Ereuher, Médèphe, Ahainepéheu. Nous, on aurait bien aimé qu’on les surnomme les millionnaires ou les friqués, à la limite les BCBG pour faire plaisir aux Français… Ça aurait eu plus de gueule.

Stade et supporters

La raison pour laquelle on n’a franchement pas envie d’aimer l’AS Monaco, c’est son stade Louis II. Tout d’abord, sa capacité est de 18’000 et quelques places, ce qui en fait un des moins grands stades de Ligue 1. Il possède à titre d’exemple une capacité aussi importante que celle du Roudourou à Guingamp. Cela se tient néanmoins étant donné que Monaco ne compte pas plus de 40’000 habitants. Mais là où le bât blesse, c’est que les tribunes de Louis II sont aussi massivement fréquentées qu’une église le dimanche matin (j’en sais rien, je n’y suis jamais allé) et l’ambiance y est certainement aussi folle d’ailleurs. Même lors des grands chocs, Louis II peine à se remplir. Il n’est même pas rare d’avoir plus de supporters visiteurs que locaux… Et puis surtout Louis II reste le stade lié à la Supercoupe d’Europe, ce titre dont personne n’a rien à foutre. Depuis le prestigieux trophée a été délocalisé dans une ville différente chaque année. Pour que tout le monde ait aussi le droit de voir jouer Messi ou Cristiano Ronaldo et être heureux. L’an passé c’était Trondheim, cette année ce sera Skopje. En ce qui concerne les supporters… pas grand-chose à dire, il y a le Prince Albert et sans doute quelques types un peu rebelles qui ne viennent même pas de la Principauté. Oui l’ASM a un certain nombre de supporter un peu partout en France.

Ça sent encore le match à huis-clos du côté de Louis II

Les grands rivaux du club

Avec son armada de supporters et ses fans totalement barjots, Monaco a bien entendu une flopée d’ennemis dans le football. Non, on peut résumer les rivaux des Monégasques à un seul club, l’OGC Nice. Les raisons sont purement géographiques, vingt kilomètres séparent les deux villes et les deux clubs se disputent le derby de la Côte-d’Azur. Ce qui en fait presque le seul « vrai » derby de France. En réalité, ce sont plus les Niçois qui détestent Monaco par sa proximité et son côté bourge. Ce n’est pas parce que tu n’as pas 30% de millionnaires que ta ville est un bastion du prolétariat non plus. On peut également parler de rivalité avec l’OM et le PSG. Mais ces rivalités sont uniquement sportives dans la mesure où l’ASM a souvent lutté pour le titre ces dernières années. Certains voient en un Paris-Monaco une nouvelle rivalité depuis qu’il s’agit des deux clubs les plus riches de France. Le Milliardisco. Et puis sinon il y a de la rivalité en formule 1 et en tennis. Puisque quand ça n’est pas en Suisse, la plupart des pilotes ou des tennismen choisissent Monaco comme lieu de résidence. Tiens, on se demande pourquoi ? Sans doute parce qu’ils sont accroc au casino.

Les Red-White Principals, la frange dur des supporters de l’ASM

Le ou les joueurs qui pourraient avoir leur statue à l’entrée du stade

Remettons chaque chose à sa place. Posséder sa statue à l’entrée du Stade Louis II équivaut pratiquement à avoir sa statue entre deux bacs à fleurs sur les quais de Montreux. Ce qui n’est déjà pas à la portée de tout le monde, il est vrai. Et puis on pourrait se demander quel genre de joueur pourrait avoir l’idée saugrenue de passer toute sa carrière à Monaco ? Beaucoup d’anciennes gloires du foot français y ont fait leurs armes, elles n’y sont cependant pas restées assez longtemps pour y devenir de vraies légendes. Citons les Henry, Trezeguet, Petit, Thuram, Djorkaeff ou encore Barthez (que des mecs que j’adore, à part Djorkaeff) qui y ont tout de même joué pas mal de saisons. Bref, c’est un vivier à mecs de 98. Il y a également plusieurs stars étrangères qui y ont laissé leur empreinte comme Enzo Scifo, George Weah ou Jürgen Klinsmann. Mais le vrai symbole de l’ASM, c’est Jean-Luc Ettori, le gardien moustachu des Bleus dans les années 80. Presque 20 saisons disputées en Principauté et la conquête de trois titres de champion de France, il y a même passé toute sa carrière. Après je ne me souviens pas très bien de cette époque, celle des Marcel Dib et Luc Sonor. Un peu plus récemment il y a également Claude Puel (actuel entraîneur de Southampton) qui y a également passé toute sa carrière professionnelle. Franchement chapeau, ça a plus de mérite que de faire toute ta carrière à Chelsea ou au Barça.

Le joueur qui a joué pour le club mais qui se ferait balancer des tomates à la gueule s’il osait revenir

On parle de Monaco… jeter des tomates sur quelqu’un n’est sans doute pas dans les mœurs, jeter des billets de banque voilà une pratique monégasque. En plus, ça n’est pas franchement un club réputé pour la fidélité de ses joueurs. Aucun ne rêve véritablement de faire une grande carrière à l’AS Monaco, même si cela offre quelques avantages. Pour toutes ces raisons, il devient difficile de trouver un joueur spécialement haï à Monaco. On peut citer le cas de Cyril Rool. L’ancien bad-boy de Ligue 1 a bien joué une saison pour l’ASM avant de finir chez l’ennemi niçois et de surenchérir en filant ensuite à l’OM mais cela lui aura certainement valu un petit « bouh » venu de quatre supporters dans les tribunes.

Le match d’anthologie du club dont on se souviendra dans 50 ans encore

Beaucoup de monde s’en souvient, l’exploit de l’AS Monaco reste d’avoir disputé une finale de Ligue des Champions. C’était en 2004, une défaite 3-0 face à Porto. On s’en souvient particulièrement bien parce que c’est peut-être la seule fois de l’histoire qu’un vent de folie s’était emparé de cette compétition. Personnellement, je n’arrive pas à comprendre comment il est possible qu’en 25 ans d’existence, il n’y ait jamais eu l’once d’une seule surprise (hormis 2004 et 2012 avec l’APOEL Nicosie en quarts) dans cette foutue compétition. Et les choses ne vont pas en s’arrangeant. Bref, revenons à l’AS Monaco et à la saison 2003-2004. Une sacrée performance en Ligue des Champions avec par exemple une victoire 8-3, dont un quadruplé de Dado Pršo, sur le Deportivo La Corogne en phase de poules. Mais le match qu’il faut probablement retenir de cette épopée demeure le retournement de situation face au Real Madrid. 4-2 pour le Real à Bernabeu. Menés 1-0 par un but de Raul, les Monégasques vont parvenir à en planter 3 à Casillas et à éliminer le grand Real en quarts de finale. Ce soir-là, le nabot Ludovic Giuly est énorme et Fernando Morientes crucifie son club de cœur. Au final, 3-1 et Monaco s’adjuge le droit de défier Chelsea en demies où là aussi, l’équipe alors entrainée par Dédé Deschamps sortira deux sacrés matchs.

Mais c’est le Barça-PSG de 2013, 2014, 2015 ou 2017 ?

Bon ok, et actuellement

Personne ne porte vraiment les pensionnaires de Louis II dans son cœur. Pourtant, ils ont largement leur place dans le championnat français actuel. De par leurs résultats et de par les talents qui y sont passés ou qui y ont été formés, Monaco demeure un club mythique et attire même un peu de sympathie. Parce que aussi bête que ça peut paraître, supporter Monaco est presque devenu un acte de rébellion. Récemment passé dans l’ère du football 2.0 avec le rachat du club par le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, l’ASM a de beaux jours devant lui. Pour preuve, les Monégasques sont actuellement en tête du championnat de Ligue 1, après plus de 4 ans de domination parisienne. Ils sont également toujours engagés en Ligue des Champions et ont pris part à un match bien plaisant face à Manchester City. Au final, il se pourrait bien que leur parcours s’arrête en huitièmes de finale et qu’ils perdent le championnat au profit de la machine à fric PSG, mais Monaco est bien de retour et le stade commence à se remplir petit à petit. Le club attire même une ou deux pointures comme l’éternel blessé Falcao par exemple. Pourtant, il y a de cela quatre ans Monaco croupissait en Ligue 2 et disputait des matchs endiablés face au Havre et à Châteauroux. Au moins, il y avait une bonne raison à ce que le stade Louis II soit vide.

La nouvelle blessure de Radamel Falcao

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