Vidéo des 10 ans

Tu m’emmerdes Federer

Parmi les purges 2017, entre Trump et Fillon trône Federer.

L’esthète ultime, le gentil garçon, le premier de classe qui mérite des gifles, qui mérite des croche-pattes et la bite au cirage.

Il est exécrable de correction. Je hais ce modèle de mec depuis ma naissance, je le conchierai encore sur mon lit de mort.

Federer rendant l’usage de ses jambes à un enfant paraplégique

 

Ses enfants sont pliés au carré, ses raquettes sont alignées et rangées par variation de rose pâle. Il dirait du bien du sadique de Romont s’il jouait contre lui.

Roger Federer, c’est le triomphe des lèche-culs, des studieux, des travailleurs. Cette caste abhorrée des humains consciencieux et obéissants qui bossent pour réussir et réussissent.

Tous ceux qui comme moi n’envisagent le succès que volé, le triomphe au bout de l’esbroufe et la dissimulation comme remède à l’erreur perdent le nord face à cette caricature du talentueux travailleur, qui couche à dix heures.

C’est pour ces types là que sont faits les pains carrés, les brosses à chiottes (qui se sert vraiment des brosses à chiottes ?), les STOP aux carrefours (la prochaine voit que j’en vois un qui s’arrête complètement à un STOP, je l’énuclée), les acomptes d’impôts, le tri des déchets, les décomptes de cartes de crédit. Pour les types qui disent bonjour à la dame, portent le polo blanc et traversent vingt ans de médiatisation intense sans un pet de travers.

L’homme le plus drôle de la Terre. Mais où va-t-il chercher tout ça ?

 

Il a la fantaisie d’un métronome, l’audace d’une barrière vauban et il aime autant le scandale qu’un assistant de sécurité publique à ça de son quota mensuel de bûches.

Si je devais emporter Federer sur une île déserte, j’apprendrais à parler aux crabes.

Federer et ses imitateurs, Christian Lüscher, Barack Obama, Laurent Delahousse et Léonard Thurre, ces bien peignés qui nous gouvernent m’estomaquent. Il aura beau brasser du lift, reverser le long de la ligne, « oh-c’est-superbe-ce-que-fait-roger-là-sur-ce-retour » et faire toutes ses âneries qui trempent de sueur les poils du nez de Joël Robert et consort, il continuera à être juste en-dessous de la RIE III sur l’échelle des concepts qui m’émeuvent.

Sur le casting du Rebelle, en 1982

 

Je ne peux pas rendre grâce à un type comme lui.

Je vous vois. Je vois vos béatitudes, vos emportements.

Je vois mon fil twitter plein comme un applestore le matin de la sortie du même téléphone que la veille, d’amis qui confient qu’ils pleurent (ils PLEURENT, je te dis… ils disent qu’ils pleurent.. ces mâles alphas qui n’ont pas identifié une émotion depuis leur permis de boguet, ils pleurent aujourd’hui pour ce cygne blanc qui astique un castillan difforme au bout du monde) de le voir si beau sur le lino de Melbourne, héros du siècle, héritier de Freddie Mercury, de Jacques Anquetil et de Martin Luther King, défenseur acharné de la cause des hommes hétéros blancs valides voyants riches et non-musulmans.

Il me prive de sommeil ce relent de tous mes souvenirs castrants. Du môme qui avait-justement-appris-son-voc-allemand-le-matin-du-contrôle-surprise à l’ado le plus fort de mon équipe de foot de juniors D qui se plaignait de la qualité de ma seule passe de la saison lors de ma seule titularisation pour cause de chiasse et d’yeux verts contagieuse du reste de l’équipe.

Je me réjouis qu’il soit à la retraite, pour détourner mes yeux sur des fantasques, des miraculés, des tricheurs, des polémistes, des pas propres, pas nets, pas honnêtes et pas polis. Pour que vive encore le fantasme de l’imperfection, au royaume du doute et de la nuance.

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C’est vrai que si tu enlèves ton doigt, je coule ?

La chronique « Vu du Banc » expose des faits de société en lien avec le foot, raconte des histoires en lien avec notre monde.

Parfois, comme ce mois-ci, elle en raconte une moins drôle. Pas moins émouvante. Mais moins drôle.

Faut-il être effaré ou blasé par la nouvelle indiquant que des entraîneurs de foot abusent sexuellement des enfants ? Et rire encore des blagues comme celle qui titre cet article ?

Depuis quelques semaines des centaines de personnes s’adressent chaque jour à la police anglaise pour dénoncer des viols, des agressions sexuelles et du harcèlement dans les clubs de foot. Depuis qu’une victime a décrit son calvaire dans la presse. Des centaines qui disent : « moi aussi, j’ai été violé dans un vestiaire ! »

 

Steve Walter, une des premières victimes ayant dénoncé son agression

Steve Walter, une des premières victimes ayant dénoncé son agression

Que penser de ce que cela implique chez nous, en Suisse romande ? Les entraîneurs, les cadres des équipes de foot d’ici ont-ils quelque chose qui fait qu’ils sont moins vraisemblablement auteurs de violences sexuelles ?

Où le sont-ils tout autant et demeurent-ils protégés par une chape de plomb qui pourrait céder avec fracas ?

Le nombre des cadres des clubs de foot de Suisse romande qui savent qu’un ou deux types louches ont « rôdé » autour des gosses pendant des années, que quelques gosses se sont plaints et ont été éconduits par des « c’est pas si grave, ne t’inquiète pas » et qui seront donc visés par ce que les médias britanniques appellent « protéger les violeurs » est-il élevé ?

On peut continuer à faire comme si on s’en foutait.

Ou pas.

On peut souhaiter que la conversation soit ouverte.

Que le déballage ait lieu. Qu’on sache qui a violé, qui a été violé et qui n’a rien dit.

Mais ça, ça peut faire mal. Très mal. A beaucoup de gens.

Y compris a des gens qui lisent ces lignes et se disent qu’ils ont été le violé, le violeur ou le protecteur du violeur qui renonce à dénoncer l’auteur de ce qui s’appelle un crime au nom de la tradition, de l’impossibilité de devenir un accusateur et de l’idée que cela arrivant vraisemblablement partout, il n’est pas indispensable d’en déféquer une pendule.

Et ça va arriver.

Si on en parle tous ensemble, si on étudie pourquoi c’est arrivé à tant de personnes et ce qu’il faut corriger pour que ça n’arrive plus, on évitera peut-être que tout le monde se Davidhamiltonnise lorsque les plaintes sortiront.

Mais cela demande une maturité que cette communauté (les footeux romands) n’a pas. Il suffisait de se promener autour des prés, des bancs de touche et des tribunes des terrains ce week-end pour s’en convaincre. On est machos. On est patriarcaux. On ne parle pas des zizis des autres dans notre monde. Ou alors en riant gras et en protégeant la conception commune (qui n’est pas souvent notre conception propre mais certainement celle dominante dans le groupe) des femmes comme objets sexuels et de nos vies intimes comme des parcours de héros de film porno sans failles, sans doutes et sans faiblesses.

Image de la campagne anglaise contre les abus sexuels sur les enfants

Image de la campagne anglaise contre les abus sexuels sur les enfants

Plus particulièrement, une question très débattue dans les riches espaces de débat public que sont les bars à bières et les lignes de touche est celle-ci : est-ce qu’ils n’exagèrent pas un peu ces gosses ? Est-ce qu’ils ne se font pas mousser pour intéresser leurs parents ? Est-ce qu’ils ne sont pas même poussés par ces parents à déposer des plaintes pour cacher d’autres problèmes ?

Ces doutes, exprimés par les quelques hommes qui en parlent librement autour des terrains, sont des exemples passionnants de victim-shaming. Cela consiste à blâmer la victime, par défaut, avant d’avoir plus d’informations. D’habitude, on parle de slut-shaming – littéralement blâmer les putes  – qui consiste à choisir comme posture, lorsqu’on apprend qu’une femme a été agressée sexuellement, de considérer que jusqu’à plus ample informé, elle l’a peut-être cherché.

Cette attitude est par exemple assez présente dans les propos de celles et ceux qui chargent les victimes de David Hamilton. Qui prétendent que les femmes violées par le photographe sont à blâmer pour ce qu’elles lui ont fait en révélant ses crimes. Elle l’est aussi dans les clubs anglais qui proposent de payer les victimes pour qu’elles se taisent et dans les fédérations qui prétendent que « elles doutent que cela soit arrivé ».

C’est pile cela qui est dénoncé par les militants pour l’égalité comme étant un élément essentiel de ce qui est appelé la culture du viol. Un terme hyper fort pour désigner une tournure d’esprit dégueulasse et pourtant très courante (que celui qui n’a mis en doute les déclarations d’une victime (Kim Kardashian incluse) en songeant qu’elle n’avait pas exactement fait tout ce qu’il fallait pour que ça ne lui arrive pas me jette la première pierre).

Reprenons : Y a-t-il une épeclée de petits romands qui ont fait des pipes à leurs entraîneurs ? C’est ça la question, hein, s’il faut la formuler comme il faut ? Y a-t-il parmi nous des adultes qui se sont fait astiquer le petit zob par des personnes dans l’entourage du club de notre enfance, qui traînaient dans les douches ?

On peut penser que non. Qu’en Romandie on a ce mélange délicieux de civilisation, de sens de la mesure, de rigueur calviniste et de culpabilité catholique pour que les enfants de nos contrées soient protégés des adultes pédophiles (ah oui, j’oubliais, donc ceux qui font ça sont des pédophiles hein, ni plus ni moins, il faut appeler un chat un chat, ça veut pas dire qu’on ne peut pas en parler mais c’est ça le mot, pas un autre, pas un truc qui fait que c’est un peu moins grave, pas un « oui, bon, ce n’est pas exclu qu’il ait eu quelques gestes un peu déplacé vis-à-vis du petit, mais bon c’est pas arrivé très souvent »).

Si c’est ce qu’on pense, alors on peut attendre avec sérénité l’explosion du scandale chez nous. On se demandera seulement à ce moment-là pourquoi on a attendu autant de temps avant de prendre en compte le fait que les gens qui sont attirés par les enfants choisissent d’être actifs dans des associations fréquentées par les victimes potentielles et ce qu’on a fait de raisonnable pour prendre cela en compte.

Faut-il pour autant attendre avec plaisir le moment ou la Marche blanche ou une autre association extrémiste se saisira du dossier en vogue pour s’aller afficher en une du Matin Dimanche ?

Cette reprise ne manquera pas d’arriver. Les associations dont le fond de commerce est l’agitation des paranoïas sans lesquels on ne parle pas d’elles (et elles n’ont donc plus d’intérêt à exister… je crois qu’on dit que c’est consubstantiel, mais ce mot me dépasse largement) ne pourront pas manquer l’occasion de lancer une initiative pour brandir l’idée de la culpabilité par défaut et requérir des entraîneurs de foot qu’ils se soumettent à des examens psychiatriques pour avoir le droit d’encadrer des enfants, qu’ils soient dotés d’un certificat électronique de mœurs intactes donnant accès aux portes à serrure automatiques dont les vestiaires devront être équipés et que les douches soient vidéo-surveillées par le service de renseignements de la Confédération. Donc, faut-il ou non ?

Oui, si on veut que le trait soit grossier, la caricature totale, la proportionnalité inexistante et la peine de mort garantie. « Non, mais ça veut dire que si tu ne souhaites pas que l’auteur d’une agression sexuelle sur un enfant soit guillotiné c’est que en fait tu es favorable au viol de bébés » et toutes sortes d’assertion dans cette veine, qui aident tellement à faire avancer la société.

Non, si on pense qu’on peut se parler de nos problèmes autrement que dans l’outrance.

Ce n’est pas un problème simple et reconnaître qu’il existe n’est pas le moindre des pas dans le chemin qui pourra nous permettre d’arrêter ça. Pour l’instant, on regarde ailleurs en lisant la presse sur ce qui se passe en Grande-Bretagne.

"Un enfant abusé ne cherchera peut-être de l'aide qu'une seule fois. Le croirez-vous ?"

« Un enfant abusé ne cherchera peut-être de l’aide qu’une seule fois. Le croirez-vous ? »

Pour l’instant, si jamais quelqu’un en parle au bar, on fait souvent comme si de rien n’était.

Ou en tous cas, comme si tout ceci était totalement britannique et on espère être occupé ailleurs le jour où les premières plaintes sortiront.

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Moi c’que j’en dis

On cite les footeux, ici et ailleurs, pour leurs blagues. Pour leurs propos absurdes, leurs analyses grotesques ou leur manque de distance. On moque Ribéry, Ibrahimovic, Deschamps, Messi, Cantona ou Nasri en se gaussant gaiement de leur ânerie rapportée à leur talent.

Ça a quelque chose de rassurant. On se compare mieux. On peut se quitter en pensant qu’on a nous dans le cerveau ce qu’ils ont eux dans les pieds. Vu la complexité scientifique d’une telle comparaison, il se passera encore quelques siècles pour qu’on nous donne tort. En attendant, les malins qu’on croit être pouvons  continuer à nous sentir supérieurs aux bouffons qui galopent sur le pré.

SoFoot et Quotidien font ça très bien. La compilation hebdomadaire des meilleures citations du week-end de l’émission de TMC est à hurler de rire (le sous-titrage des propos des entraîneurs portugais de Ligue 1 sont mes passages favoris).

Mais il y a, dans ces milliers de pages écrites chaque mois sur le jeu, sur ce simple jeu, des perles historiques, dramatiques, drôles ou tragiques qui méritent de garder leur place dans nos archives. Voici les 15 qu’on retient pour un premier jet. Ajoutez les vôtres en commentaire !

 

  1. Arriver dans la surface et ne pas pouvoir tirer au but, c’est comme danser avec sa sœur. Maradona.lannister-sister

  2. J’ai claqué beaucoup d’argent dans l’alcool, les filles et les voitures de sport. Le reste, je l’ai gaspillé. Georges Best.i-am-rich

  3. J’ai oublié les passeports, j’avais un baptême. C’est des choses qui arrivent j’ai du remonter jusqu’à Bercher. Jean-Claude Magnin.what-are-you-talking-about

  4. J’ai lentement l’impression que mon pied gauche me sert à plus de choses qu’uniquement à aller chercher de la bière. Thomas Mueller.left-foot

  5. Si je pense que le gardien pense et que le gardien pense que je pense, je n’ai qu’à tirer, tout simplement. Ca ne fait aucune différence. Roy Makaay.what

  6. Un jour à l’entraînement j’ai organisé un match entre les alcooliques de mon équipe et les abstinents. Les alcoolos ont gagné 7-1. J’en avais rien à foutre. J’ai dit: continuez à boire ! Max Merkel.drunkfoot

  7. Je ne suis pas religieux. En Espagne, les 22 joueurs font le signe de croix en entrant sur le terrain. Si ça marchait, tout les matchs termineraient à égalité. Johan Cruyff.precisely

  8. Les brésiliens sont sudaméricains. Les ukrainiens sont davantage européens. Phil Neville.pardon-me

  9. Marquer des buts, c’est comme faire l’amour. Tout le monde sait le faire, mais personne ne le fait comme moi. Alfredo di Stefano.i-know-what-you-mean

  10. On a joué comme jamais. Et on a perdu comme toujours. Alfredo di Stefano.disappointed

  11. Quand tu marques un goal tu es grand. Quand tu n’en marques pas, tu es gros. Ronaldo.ronaldo

  12. Mon plus grand trophée, c’est d’avoir rencontré Jésus et de suivre son évangile. Rivaldo.jesus

  13. Dieu était de notre côté. Mais l’arbitre était français. Hristo Stoitchkov.yeah

  14. Nous n’achetons pas de superstar. Nous les fabriquons. Arsène Wenger.shrug

  15. Tout ce que je sais avec certitude sur la morale et les obligations des hommes, je le dois au football. Albert Camus.

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Si vous aussi, vous avez des citations favorites, des prises de paroles loufoques ou poétiques, laissez-vous aller dans les commentaires !

 

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On n’est pas sérieux quand on a 17 ans

Dans la rubrique Vu du Banc je vous emmène en promenade. On rira peut-être, mais on se parlera aussi d’aventures, de bouts du monde et de notre Romandie jolie.

Pour ce premier article, je veux te parler des mômes qui ont fait gueuler la Suisse en devenant champions du monde des moins de 17 ans le 30 octobre 2009. Et de ce qu’ils sont devenus, d’où on les trouve. Et dans quel état.

Après avoir battu le Brésil, l’Allemagne, l’Italie, puis la Colombie en demie, les jeunes avaient tenu la baraque comme des boss de la mafia face au Nigéria, champion en titre, dans son stade, devant ses 64’000 spectateurs.

Et puis rappelle-toi… Seferovic. A la 64 ème. Bam! Coup de casque, 1-0, champions du monde !

Que sont devenus ces ados hallucinants qui firent passer le goût du pain au Nigeria en finale ?

Au lendemain de la finale, on s’interrogeait déjà. Qui deviendra une étoile ? Qui jouera pour la Nati et qui choisira de défendre les couleurs de sa seconde nationalité ? En défaitistes résignés, on était quelques uns à les voir rater leur carrière en signant aussi sec chez des ténors qui négligeraient ces enfants surdoués.

Sept ans plus tard, prenons des nouvelles depuis le banc de ceux qu’on appela un moment les rougets. Pour faire comme les voisins j’imagine. Avant de se rendre compte que c’était un nom pourri.

Catégorie portiers

Commençons la promenade parmi les destins de jeunes adultes de ces idoles acnéides passés tôt à la postérité par ceux des trois gardiens.

A l’issue de la finale, on est sûrs de la force Benjamin Siegrist. Immense dans les goals durant tout le tournoi. Un mètre nonante-six de classe. Il est élu gardien du championnat et il est déjà sous contrat à Aston Villa. La voie royale.

Benjamin Siegrist, nommé Gant d'Or du mondial 2009

Benjamin Siegrist, nommé Gant d’Or du mondial 2009

 

Sept ans plus tard, Benjamin a passé six ans en Angleterre. Il n’a quasiment jamais joué pour Villa, releguée en Championship. Recalé avec les jeunes ou dans des clubs fermes, il a même cravaché pour intégrer les rangs des Wycombe Wanderers, en quatrième division. En 2015, il disait encore au magazine Watson qu’il n’était qu’au début de son chemin en Angleterre. Mais il confessait avoir fait le mauvais choix en quittant Bâle trop tôt, manquant de force, de résistance et de musculature pour faire le saut. Après six ans de tentatives, de guerre lasse, il a signé à Vaduz cet été. Sur le site du club liechtenchtenchtenchteinois, présenté comme troisième gardien, il pose à côté de sa devise personnelle : Always believe… (j’ajouterais « tout un programme » si j’étais vilain, mais ce n’est pas mon propos).

Le parcours de Benjamin Siegrist

Le parcours de Benjamin Siegrist

 

Les remplaçants de Siegrist au Nigéria étaient Joel Kiassumbua et Raphaël Spiegel.

Le premier est aujourd’hui le gardien titulaire du FC Wohlen. Il est donc avant-dernier de challenge league et a pris douze goals en neuf matchs depuis la rentrée.

Kiassumbua a choisi de défendre les couleurs de la République démocratique du Congo, sa seconde patrie. Ca lui réussit puisqu’il est sélectionné avec la première équipe pour la coupe d’Afrique des nations 2017 qui se déroulera au Gabon cet automne.

 

Raphaël Spiegel réussit mieux que Siegrist son expatriation. Il fait son chemin à West Ham. Il évolue avec les moins de 21 et a remporté la cup face à Hull en juin dernier. Il était titulaire dans les bois et a retenu le pénalty qui a donné la victoire à son équipe.

Cette performance l’amène à l’équipe A. Spiegel était du voyage en Roumanie pour le dernier match d’Europa League des Hammers.

 

Catégorie exotique

En défense centrale, Charyl Chappuis est un défenseur solide en octobre 2009. Il impressionne par son sens tactique et son habileté. Il tient la maison durant tout le tournoi et livre son meilleur match en finale. De retour au championnat suisse, on le suit à Locarno, puis Lugano.

Puis, alors que l’éclosion semble proche, Chappuis prend la tangente. Mais de la grosse tangente, hein! Le genre de tangente que si tu la prends, tu pourrais ne pas revenir. Une Chagaev.

Il rejoint sa mère en Thaïlande, s’engage pour un club de première division thaïe et devient défenseur central de l’équipe nationale thaïlandaise !

Aujourd’hui, Chappuis joue au à Suphanburi FC troisième du dernier championnat. Parmi ses coéquipiers figure un autre jeune helvète : Chitchanok Xaysensourinthone, ancien du Team Vaud.

Charyl Chappuis

Charyl Chappuis

Catégorie peut-être bien que oui

Plusieurs membres de cette incroyable équipe de 2009, qui a réussi ce que toutes les équipes suisses de sports collectifs rêvent de réaliser, sont rentrés dans le rang. Ou attendent leur heure.

Ainsi André Gonçalves (Schaffhouse), Sead Hajrovic (Wohlen), Janick Kamber (Bienne, puis Wohlen), Bruno Martignoni (Servette, puis Aarau) mûrissent-ils encore en Challenge League.

Frédéric Veseli, le Vaudois de Renens a bourlingué en Angleterre, pour finir en troisième division et s’expatrier vers la Suisse. A Lugano l’an dernier, il s’est assez mis en évidence pour disputer la coupe du Monde avec l’Albanie et signer à Empoli où il n’est pas encore apparu.

Catégorie oui mais bon

Roman Buess joue à Saint-Gall, Oliver Buff l’auteur du corner qui permit à Seferovic de marquer le but décisif en finale du mondial joue à Zurich.

Dans la même série des types que oui, oui, bien sûr ils sont professionnels, mais bon c’est pas non plus le Barça, il y a encore Matteo Tosetti, titulaire au FC Thoune.

Catégorie bande d’arrêt d’urgence

Pour Robin Vecchi, ça veut pas.

Passé par Bâle II, on le trouve bataillant contre la relégation en deuxième ligue au SC Dornach en 2013. Aujourd’hui, c’est sur son profil LinkedIn qu’on obtient de ses nouvelles. Employé de commerce dans une entreprise de transports argovienne, avec une devise accolée à sa photo : Don’t lose your focus. Tout en bas de la page, le compte-rendu de ses exploits sportifs passés donne une idée un peu triste de ce que le football ne lui a pas permis de devenir.

Parmi les autres laissés pour compte par la gloire internationale, les milliards de dollars et les bagnoles de luxe, il y a Igor Mijatovic, sans club après avoir été donné par Bellinzone à GC Biaschesi, qui l’a donné à Drina Zvornik en mars dernier, qui l’a viré en août. Il y a Maik Nakic, joueur du FC Aigle, en deuxième ligue inter, qui n’était pas sur la feuille de match dimanche pour la victoire 2-0 face à Sierre. Et il y a encore Kofi Nimeley qui émargeait à Bâle pendant le mondial 2009, avant d’être cédé à Lugano puis d’interrompre sa carrière pour devenir agent immobilier .

Wolfsburg, puis un club turc imprononçable, puis Malines, puis plus rien, le trou noir. Nassim Ben Khalifa est passé de pépite à trognon, sans passer par le start. 4 goals au Nigéria, numéro 10 virevoltant nommé dans les meilleurs joueurs du tournoi, on lui promettait pourtant monts et merveilles.

Depuis le week-end dernier on sait par un très joli article du Temps que Lausanne lui offre une opportunité de résurrection. Ce sera pas de trop. En juillet, il disait à Goal.com : «Les expériences difficiles permettent de montrer une force de caractère. Il y a un tas d’exemples de joueurs qui ont été en difficulté. Il y a ceux qui ont sombré et ceux qui ont continué et récolté les fruits de leur travail. C’est ce que j’essaye de faire maintenant pour ne rien regretter». Il venait de résilier son contrat turc.. bienvenue Nassim !

Catégorie on y a cru

Pajtim Kasami a marqué ce goal-là avec Fulham, un jour, quelque part entre 2011 et 2014.

Il a ensuite signé avec Olympiakos où il était titulaire et a mis quelques autres buts assez spectaculaires. Après deux titres et une coupe, il a rejoint cet été Nottingham Forrest, en Championship où le début de saison se déroule très bien si l’on en croit son twitter, ce qui est un exploit considérant la difficulté que doit représenter le travail sous les ordres franglais de Philippe Montanier :

Haris Seferovic, héros de la finale d’Abuja est relancé en Bundesliga, avec Francfort. Les avis bien informés ne l’imaginent pas beaucoup plus haut que ce statut d’attaquant de Buli naviguant entre les clubs du ventre mou.

Catégorie stars du X

En défense au Nigéria, il y avait Ricardo Rodriguez.

Aujourd’hui, il a 24 ans. Acheté il y a quatre ans par Wolfsburg pour 8 millions d’euros, il en vaut 30. Régulièrement cité parmi les meilleurs défenseurs gauche du monde, il tue le temps en mettant des pralines du gauche dans les lulus des gardiens zallemands en attendant un transfert monumental pour un des cadors qui lui permettront de gagner la champions.

Finalement Granit Xhaka, dont le transfert au montant indécent a été le fait helvétique de l’été et qui hésite entre devenir une rock star enquillant les missiles de 35 mètres et un nouvel adepte de la liste des grands oubliés par Arsène Wenger.

C’est avec lui que se termine notre promenade. Dans une prochaine édition, nous prendrons des nouvelles de quelques uns de ces jeunes hommes qui nous firent rêver en couleur il y a sept ans.

 

 

National Stadium, Abuja. 64 000 spectateurs (guichets fermés). Arbitre: Vazquez (Uru). But: 63e Seferovic 1-0.

Suisse: Siegrist; Martignoni (67e Gonçalves), Chappuis, Veseli (79e Hajrovic), Rodriguez; Xhaka (92e Nimeley), Buff, Kasami, Kamber; Seferovic, Ben Khalifa.

Nigeria: Paul; Oliha, Chukwudi, Omeru, Aliyu; Egbedi (71e Kayode), Azeez, Ajagun, Envoh; Omeruo, Emmanuel (77e Otubanjo).

Note: 4e sauvetage sur la ligne de Kamber. 78e tête sur la transversale d’Otubanjo. Avertissements: 20e Buff. 53e Martignoni. 80e Kayode. 81e Xhaka.

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