Vidéo des 10 ans

Huit raisons d’aimer Petkovic (pas avec le zizi bien sûr)

Alors que l’on est exactement au milieu de la phase qualificative pour la Coupe du Monde 2018 (oui vous avez l’impression que ça fait des plombes que ça dure et qu’on était plutôt à la fin, je sais. Mais d’ici fin août, les choses vont s’accélérer), il est temps de justifier les raisons qui font que je considère Vladimir Petkovic comme le meilleur coach que la Suisse ait eu depuis perpét’.

Voici donc huit raisons de kiffer ce bon vieux Vladimir.

1. Ses prédécesseurs

Commençons donc par le comparer. Nous débuterons par clore une bonne fois pour toute le chapitre Roy Hodgson (parti-pris temporel dû à mon âge), auquel on n’a pas le droit de toucher mais qui suscite un ébahissement chez les Anglais lorsque vous leur dites qu’on le regrette suivi d’un « you can fucking keep him lad ». On ne le regrette plus tant que ça, c’était tout de même il y a 13 ans.

Il y eut ensuite Arthur Jorge qui restera comme la plus abominable plaisanterie du passé (pire que l’histoire du bègue qui doit dire bonjour à Madame Capinési). Puis deux-trois faiseurs: Fringer, Gilbert Gress et Enzo Trossero. Tout cela pour en arriver à Köbi Kuhn. Il faut admettre que Papy avait monté quelque chose de très honorable après une période calamiteuse. Cependant, il nous a permis d’assister à des qualifications certes héroïques mais à des phases finales mauvaises même si l’euphorie de 2006 fut un agréable moment, malgré des matchs bien plats. Son bilan sera aussi aggravé par le bordel de l’affaire Vogel dont on n’a jamais su vraiment les tenants et aboutissants. Un jour le Genevois était un affreux hautain à la Mélanie Laurent, un jour c’était Frei l’intriguant qui faisait son Raspoutine.

Mais tout cela n’est rien à côté de l’arnaque Ottmar Hitzfeld. Surpayé, surmédiatisé, surévalué, surgeliebt en Suisse allemande, mais surtout surpris de réaliser à quel point ce n’était pas aussi facile qu’il le pensait d’être coach national. L’Allemand se sentait tellement supérieur avec ses titres nationaux et européens en club(s) qu’il n avait pas vraiment en tête d’avoir un défi. Désintéressé par la Nati autant dans ses propos que par son absence physique au long de l’année dans les stades, Hitzfeld semblait toujours dire, quand l’équipe alignait les résultats médiocres, qu’il faisait ce qu’il pouvait avec les tocards qu’il avait sous la main. L’ASF (et le Crédit Suisse) avait même eu le mauvais goût de le conserver après la non-qualification à l’Euro 2012. Sur tous les plans, Petkovic le surpasse. Pour l’instant.

Vladimir explique à Seferovic que le but dans lequel il faut mettre la balle est de l’autre côté.

2. Son côté pas désiré

Vladimir en Suisse (allemande), personne n’en voulait. C’était le gamin pendant le tirage des équipes à la gym à côté duquel il ne reste que l’obèse et la fillette mal nourrie et qui fait un regard le plus impassible possible en suppliant dans sa tête qu’on le prenne. C’était le plan cul un peu moche qu’on est content d’avoir sous la main mais avec qui on n’aime pas trop se montrer en public. C’était l’ours polaire né avec trois pattes que sa maman pousse du museau pour pas que ce boulet la suive sur la banquise. Bref, pour l’ASF, c’était un choix par défaut parce Marcel Koller et Lucien Favre ne voulaient pas venir. Un désamour complètement injuste et inapproprié. Après sa première défaite contre l’Angleterre, on parlait déjà de le foutre dehors alors qu’Hitzfeld n’avait pas une seule seconde été remis en question après une humiliation contre le Luxembourg et une élimination des qualifs pour l’Euro. Franchement, tant d’injustice inspire la sympathie.

3. Ses résultats

Pour l’instant, ils sont corrects. Oui bien sûr, on attend tous de pleurer comme un ourson devant son pot de miel vide, un cheval devant un abattoir ou un jeune UDC devant un livre si le Portugal fout la pâtée aux Suisses lors du dernier match et lorsque le barrage contre le Monténégro se transformera en océan de désillusion. Mais à l’heure actuelle, avec une 10ème place au classement FIFA, un bilan positif en victoires, un Euro 2016 mieux réussi que les dernières compétition auxquelles la Suisse a participé, Petkovic ne peut souffrir aucune critique.

Seferovic dit à Vladimir qu’il pense que non, parce qu’avant il a vu quelqu’un mettre la balle dans cette cage-là… Vladimir lui répond que c’était l’équipe adverse.

4. Sa manière de moins nous prendre pour des cons, nous les supporters cons

On avait l’habitude des gros bullshits avant compétition comme quoi « les buts rentreront quand ça comptera » pour finalement reproduire exactement les mêmes prestations que lors des matchs d’avant phase finale (mention spéciale à la préparation de l’Euro 2004). Avant l’Euro 2016, les matches de préparation sont plutôt mauvais avec de mortifiantes défaites contre la Bosnie et l’Irlande puis des performances médiocres face à la Belgique et la Moldavie. On entendait alors les sempiternelles justifications de « il faut être prêt le jour J et pas avant » dont on sait l’absurdité tant les équipes qui déchirent tout lors des matches de préparations ne se retrouvent jamais épuisées quand le  tournoi commence mais plutôt en confiance. Mais Vladimir n’essayait pas de nous mener en bateau. Il déclarait que l’équipe se préparait. Pas de fausses promesses de merveilles, pas de justifications hasardeuses. Et cette année là cela n’a finalement pas été comme d’habitude. La Suisse fut nettement mieux une fois que l’Euro débuta vraiment. Grâce notamment au prochain point.

5. Le style de jeu

Oui on arrive au moment où certains vont me conchier mais j’admets être totalement d’accord avec moi-même sur ce point (si moi-même était un autre type mais quand même moi et qu’il me disait ça et que je pouvais lui dire : « Oui je suis d’accord, mais fringue-toi un peu mieux »). Oui Vladimir est le premier coach de tous les précités à avoir développé un style de jeu propre pour l’équipe. Il a parfaitement su exploiter les semaines de préparation d’avant l’Euro, les premières pour lui durant lesquelles il disposait de son équipe sur un laps de temps plus long que trois jours, et a réussi à structurer la tactique collective. Attention, cela ne veut pas dire que ce style n’est pas un truc tout moche pour autant. On parle bien de cette possession de balle excessive et souvent infructueuse. Mais au moins, il ne s’est pas contenté de mettre des joueurs au hasard sur le terrain pour voir ce qui allait se passer ou, pire encore, faire jouer un numéro six en neuf et demi et un milieu offensif en récupérateur (Xhaka et Dzemaili en sont encore très reconnaissants envers Hitzfeld).

Vladimir se rend bien compte que Seferovic n’a pas compris.

6. Son côté badass

Vladimir a les qualités du mec qui n’en a rien à foutre mais qui ne l’érige pas en fierté. C’est naturel. « Quoi ? Tu veux que je parle en allemand à ta conférence de presse ? Et ben bim ! je te balance de l’italien dans ta gueule. Je m’en bats les steaks que les Suisses allemands de la presse de boulevard trouvent ça scandaleux. L’italien, c’est une langue nationale et je vous emmerde. » Franchement, ça fait plaisir qu’un homme tienne bon, pas par revendication mais parce qu’il ne voit pas ce que ça peut foutre qu’il parle une langue du pays. Et surtout la presse suisse alémanique l’a en partie détesté pour ça. Ce qui montre quand même qu’il y a peut-être un problème dans ce pays qui se vante d’être une symbiose de cultures et de langues mais où les Zurichois ont déjà de la peine à considérer l’existence du reste des Suisses allemands.

7. Les clichés véhiculés à son arrivée

Quoi de plus imbécile que les idées de « c’est un mec des Balkans il va bien s’entendre avec les mecs des Balkans » ? Oui ces inepties ont été citées dans le Blick à l’époque. Passons sur le fait qu’il s’agit à nouveau d’un espèce de bashing envers les joueurs suisses d’origine de l’Est qui n’ont jamais montré le moindre manque de respect, que ce soit dans leurs propos ou dans leurs actes, envers leur pays d’adoption et pour lequel ils jouent, comme si ceux-ci ne pouvaient pas être gérés de la même manière que les autres au sein d’une équipe. La débilité consternante de tels propos se marque d’autant plus que cela n’a aucun sens de penser que parce que des types viennent de la même région (et de plusieurs pays différents dont certains se sont fait la guerre), ils vont s’entendre forcément comme larrons en foire. Vladimir n’a jamais montré de favoritisme particulier envers qui que ce soit et Behrami aurait préféré avoir Michel Pont.

« Il est toujours là? Dis moi quand il s’en va que je puisse me retourner… »

8. Sa fille

Dans l’époque où nous vivons, remplie de pervers qui harcèlent des femmes dans la rue ou pleine de promoteurs immobilier qui mettent les doigts dans leur stagiaire, je prendrai l’option de ne pas utiliser le féminin de « bon » pour la qualifier. Mais quand même, la fille de Petko fait davantage rêver que la femme à Roger. Si bien qu’on se dit qu’on se ferait volontiers inviter à un repas de famille chez les Petkovic. Parce que ce n’est pas partout qu’on peut manger, parler de foot et draguer en même temps. Maintenant, il faudrait juste qu’elle réponde à ma friend request Facebook pour que ça se passe. Bien sûr tout cela est de la fiction. Tout comme vous n’êtes pas en train de taper «Petkovic Tochter» sur Google.

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Du billard avec une corde

C’est toujours intéressant d’essayer d’être en colère quand dans le fond on est contents. Hier, contre une Lettonie consternante, la Suisse de Petkovic a réussi à s’en sortir. Sans vraiment trembler mais sans rassurer du tout. Oui on est contents, on a gagné. Cinq matchs, cinq victoires. Mais ce à quoi on a assisté à Genève était quand même un peu l’équivalent au football de ce que Starmania est à l’opéra, « Recherche appartement » au cinéma et le tricot à la sexualité. En gros, la vente de rêve était en brocante.

D’abord il y a la feuille de match. Elle n’est pas scandaleuse ni incroyablement surprenante mais elle invite au constat. Sur le onze de départ, cinq joueurs ne jouent pas ou très peu dans leur club (dont les deux défenseurs centraux). Bien sûr, on ne demande pas qu’ils fassent de pathétiques vidéos Facebook pour chouiner sur la question mais on en est à un état inquiétant sur la marge de manoeuvre d’un Petkovic qui clamait il n’y a pas si longtemps qu’il ne prendrait que les joueurs qui joueraient régulièrement en club. On a toujours l’air un peu bête après. Vladimir c’est le mec qui quitte femme et enfants pour refaire sa vie au Brésil avec une boîte de 200 capotes et, une fois sur place, chope une grosse dysenterie et doit être rapatrié à la maison.

Certes, il y a de plus en plus de solutions de rechange dans certain secteurs de jeu. La performance de Moubandje est d’ailleurs la meilleure nouvelle de la soirée pour les possibilités de latéraux dont la Suisse dispose. Mais le principal problème de la défense centrale continue à inquiéter. Contre la Lettonie, équipe sans doute encore plus mauvaise qu’Andorre, ils n’ont que rarement été mis en danger mais contre un adversaires d’une autre stature, comment réussir à avoir confiance en Djourou et Schaer ? Sans compétition dans les jambes, les deux se font prendre de vitesse à la moindre accélération d’un adversaire. Et surtout une passivité parfois vraiment dingue. On se demande si Djourou, quand il roule en voiture et qu’un oiseau va arriver sur son pare-choc, baisse la tête. Cette trouille de mettre le pied, de s’arracher sur les derniers gestes concerne d’ailleurs l’ensemble des joueurs. On veut bien que ce ne soit « que » la Lettonie et on ne veut pas se blesser dans des duels sauf pour des matchs importants. Mais ce genre de conception, avant, ça ne s’appliquait qu’aux matchs amicaux et, si ça commence à déborder sur ce genre d’affrontement, on finira par dire « on ne veut pas se blesser sur ce match, ce n’est que l’Argentine ».

Techniquement, la Suisse est faible. Il y a parfois deux trois éclairs de Shaqiri ou Mehmedi mais globalement, la pauvreté du jeu est criante. Entre les centres imprécis et les tirs à quatre mètres en dessus du but, on comprend que la Suisse ne soit toujours pas considérée comme un adversaire qui fait peur. Et où était Xhaka? Aussi concerné par le match qu’un enfant de cinq ans peut l’être par son troisième pilier, Granit la tête brûlée se planquait dans son coin. Pas envie manifestement. On peut sans doute être content qu’il ait déjà réussi à ne pas se faire expulser. Mais être un travailleur de l’ombre ne signifie pas se cacher pendant 90 minutes.

Trouve Granit Xhaka qui se cache au milieu de tous ces gens.

Comme l’aime à le rappeler souvent Yves Martin, Moubandje en verlan ça fait « Je bande mou ». Ce fut à l’image de ce match. Trop de joueurs se contentaient d’attendre le ballon. On ne peut pas reprocher un manque de tentatives offensives, mais comment la Nati peut-elle être aussi incapable de faire des gestes un tout petit peu précis ? Drmic est venu heureusement mettre son but inespéré. On ne débattra pas ici de si le joueur aurait dû être introduit plus tôt pour que Seferovic puisse prendre le temps de regarder quelles sont les activités possibles à Lisbonne pendant que ses futurs collègues du Benfica s’entraîneront. Drmic a toujours été un meilleur joker que titulaire de toute façon avec la Suisse. Mais quand le goal arrive enfin, cela ne libère même pas l’équipe. En fait, rien ne la libère. Les joueurs semblent toujours à la limite de la grosse tuile et ne donnent vraiment pas l’impression d’être prêts à relever un défi contre une plus grosse équipe. Tout ça a quand même un peu une gueule de mi-molle. On peut en faire sortir quelque chose mais qu’est-ce qu’il faut tirer dessus !

Les cinq victoires en cinq matchs, dans le fond, on est contents. On n’était pas trop habitués. Mais tout le problème se situe dans la suite. La Suisse peut enchaîner neuf victoires en neufs matchs et ne pas aller néanmoins à la Coupe du Monde. Parce qu’une défaite contre le Portugal et un vieux barrage contre la Bosnie c’est vite arrivé. Maintenant si la Suisse persiste à nous offrir ce spectacle compliqué mais gagne à l’arrachée tous ses matchs avec un petit goal de dernières minutes, on ne sera pas amoureux mais on accepte quand même.

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Nos vies nulles et inutiles

Devoir écrire sur rien du tout, remplir le vide, c’est souvent une occasion de laisser vagabonder sa réflexion avec poésie et pertinence. On appelle cela d’ailleurs « les discussion de bistrot ». Et au final, l’oeil jaune tranchant avec la rougeur violacée du nez, on en arrive souvent à la même conclusion: « la vie c’est nul ».

Dans le nouveau régime de carton-rouge.ch (je n’ai pas employé le terme « stalinien ») on me force à écrire un article sur l’équipe suisse de foot, en ce début février. Une review des joueurs, j’en ai déjà faite une le mois passé et ce n’est pas comme si il y avait des bouleversements trépidants depuis. Lorsque je fais remarquer à ma rédaction que tout le monde s’en branle de l’équipe de Suisse en cette période, le prochain match est dans perpét’ et on ne sait même plus contre qui ils ont joué la dernière fois, on me rétorque: « Mais fais un truc sur les joueurs jamais appelés que tu aimerais voir dans l’équipe ».

Attends… il y a bien… ah non il est Autrichien lui…

Heu…

Zuber il était bon lui en Russie non?

Non mais sérieux! C’est pas comme s’il y avait beaucoup à dire. On peut déjà être content de pouvoir en aligner onze sur le terrain. Bien sûr qu’on adorerait se taper Emily Ratajkowski plutôt que Lydie et Amelia, mais malheureusement c’est Lydie et Amelia qui traînent dans le bar d’à côté et pas Emily Ratajkowski. Yves Martin, manifestement encore tout excité par les insultes des fans du Kilomètre lancé, me harcèle de message « alors ? », « et ton article ? », «ALORS ? »… Parler de quoi ? De Xhaka en train de vivre sa crise d’adolescence en démontant les chevilles de ses adversaires et tentant le coup double en insultant une hôtesse de l’air peu après. Pour le fait de jeu  c’est dommage pour lui et il doit « apprendre à se gérer » sans doute mais à une époque on adulait Patrick Vieira et Roy Keane pour exactement les mêmes raisons. Pour le fait privé, insulter une hôtesse, même s’il s’avérait que cette personne soit effectivement une grosse bedoume c’est mal. Le caractère raciste de l’insulte en rajoute une couche. On n’a pas tardé à lire des commentaires sur les réseaux sociaux de certains faisant un parallèle entre le racisme d’un Suisse comme Granit vis-à-vis des étrangers que son pays promeut politiquement jusqu’à ce qu’on apprenne que ses propos auraient été « sale blanche » et là on n’a pas tardé à lire de la part d’une autre frange de personnes que c’était à cause du racisme anti-blanc que l’on trouve à force d’ouvrir nos frontières dans tous les sens. En soi c’est déjà une intéressante petite mise en abîme de la réception de l’information par le public et du fait qu’il est plus facile de voir ce qu’on y veut pour un même événement. Bref sans s’interroger sur le fait que Xhaka est blanc lui-même et que cela puisse poser quand même des questions, cela ne change rien au fait qu’il ne doit sûrement pas être un immense intellectuel. Voire même un footballeur.

On a mis une photo d’Emily Ratajkowski parce qu’on en parle dans l’article…

 

Veut-on parler de Lichtsteiner qui a prolongé son contrat à Turin? Ça serait un peu dur de dire que c’est parce que personne n’en voulait ailleurs vu que la Juve c’est quand même du caviar pour un mal aimé. Mais comme il avait été annoncé à peu près partout sauf à l’anniversaire de ma cousine, et que le club italien ne semblait pas spécialement le porter dans son coeur cette année, ce choix semble quelque peu troublant, d’un côté comme de l’autre. Lichtsteiner s’est fait beaucoup attaquer sur ce site ces derniers temps. Le voir sur un terrain a été, par le passé, un vrai bonheur, surtout lors de ses débuts à la Juve. Mais la dernière fois qu’on l’a laissé avec l’équipe suisse, on l’a surtout vu vociférer et enchaîner les mauvais gestes. Alors il est dur de croire encore beaucoup à notre capitaine.

Sinon vous savez quoi ? Roger a gagné l’Open d’Australie ! Oui oui 18 titres du Grand Chelem. Le tennis avec Federer et Wawrinka ça fait plus rêver que l’équipe Suisse de foot quand même. Mais personne ne pense trop à la claque qu’on va se prendre d’ici deux ou trois ans quand les deux joueurs auront pris leur retraite. On a beau avoir bu du sirop toute son enfance, une fois qu’on a découvert le Bordeaux c’est difficile de revenir au sirop, et, malgré le risque de sombrer dans le tennix de base, regarder du tennis sans eux dans le giron n’aura clairement pas la même saveur. Alors quoi/qui pour prendre le relais de notre chauvinisme crasse ? Celui-là même qui nous fait aimer Roger Federer parce qu’il est sérieux, rigoureux, sacrifiant sa vie au travail et que sa femme est moche alors qu’on déteste les « bourbines » parce qu’ils sont sérieux, rigoureux, sacrifiant leur vie au travail et que leurs femmes sont moches. Alors oui on est un peu nuls d’avoir des jugements si tronqués. Je ne dis pas que c’est idiot d’aduler Federer (même si toute adulation a un caractère quelque peu inquiétant) mais par contre ce sont davantage les aspects négatifs qu’on pourrait diminuer. Oui, ça fait un peu aimez vous les uns les autres.

Roger quand il gagne, on trouve qu’on est des gens supers…

Dans cette perspective l’équipe de Suisse pourrait-elle devenir la nouvelle satisfaction du public ? On parle là, bien sûr, de trucs dithyrambiques bien sûr, genre Coupe du Monde. Non parce qu’au final combien y avait-il de probabilités dans l’histoire qu’on ait droit à Stan et à Roger en même temps ? Encore moins que de voir la Nati remporter un Euro finalement. Certes nous sommes très loins du compte. De nos jours, parier sur une victoire de la Suisse dans une grande compétition internationale est aussi risqué que de lancer son business de location de VHS, évidemment.

Il paraît compliqué d’envisager Seferovic marquer le but de la victoire en finale contre le Brésil et encore plus d’imaginer Djourou lever une coupe d’Europe. Alors il y aura sans doute d’autres satisfactions sportives dans des sports comme le ski ou le curling. Mais force est de constater que dans les sports majeurs on va bientôt devoir beaucoup espérer pour le football au niveau international. Ce qui est triste quand on voit le niveau catastrophique de la Super League cette année et la lenteur de progression d’une génération de joueurs qui promettaient beaucoup dans leurs jeunes années. Mais si l’équipe de Suisse décrochait un titre un jour dans quinze ans, nul doute que je ressortirais cet article pour faire mon malin dans le style, « Je l’avais dit hein !». Comme quand les gens vous disent avec un air professoral et convaincu « Je pense qu’à moyen terme, la presse papier va disparaître ». Même si avec la Nati c’est plus compliqué.

Parfois, on a vu ça. Ça serait bien de s’y habituer.

 

Avec tout ça, on a fait le tour de ce qu’on peut avoir à dire sur l’équipe suisse en début février. Heureusement qu’ils recommencent les qualifications bientôt. On aimerait bien pouvoir ne plus y verser nos déceptions honteuses de ce patriotisme beauf. On aimerait pouvoir un jour à nouveau hurler comme une vache en saillie sans se sentir marginaux comme ce fut le cas dimanche il y a deux semaines. On aimerait que nos vies, marquées par la passion du sport, ne soient pas nulles et inutiles à ce niveau-là. Parce que gagner, même par procuration, c’est vachement bien.

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L’équipe de Suisse pas en fête

Les yeux encore pleins d’étoiles après vos soupers de Noël avec Tonton Georges qui trouve que « ça pousse » en parlant (des nichons) de votre petite cousine et de vos soirées de Nouvel An où vous avez bu du champagne et gobé des huîtres alors que vous détestez ça (mais comme c’est Nouvel An il faut bien parce qu’on doit bouffer des trucs chers), vous n’avez sans doute pas la tête à penser à notre chère Nati dont le prochain match ne sera que le 25 mars prochain contre la Lettonie… ça fait long pour une affiche aussi peu sexy.

Il paraît qu’on est en bon chemin pour la Coupe du Monde. Néanmoins, si l’on prend le temps d’observer la situation des joueurs dans leurs clubs respectifs, on se rend compte qu’individuellement c’est une autre histoire.

Entre joueurs pétés en deux, prestations désastreuses et abonnements en tribune, la sélection suisse ne donne pas vraiment de nouvelles rassurantes. Voilà l’occasion de faire un point, au début de cette nouvelle année 2017.

CEUX QUI SONT COUCHÉS

C’est tellement l’hécatombe en cette période qu’on peut se demander si les joueurs de la Nati sont fabriqués dans une autre matière que celle des footballeurs normaux.

Commençons par Embolo qui a eu la bonne idée de se briser la cheville alors qu’il avait amorcé son décollage dans une carrière prometteuse. Le jeune attaquant de Shalke s’est fait le type de blessure qui peut vous griller une carrière à force de vous rééduquer et de s’être fragilisé. Il n’est clairement pas sûr qu’on puisse compter sur lui déjà jusqu’à l’été 2017. C ‘est quand même le gros coup d’arrêt pour un joueur sur lequel on mise beaucoup.

Roman Bürki faisait une saison tonitruante au BVB avant de se blesser à la main en novembre. Le gardien numéro deux, qui mériterait d’être numéro un, ne sait pas encore quand il pourra reprendre le jeu. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle vu que Sommer semble de plus en plus s’enfoncer dans sa cage où les ballons pleuvent.

Dans la même veine, Nico Elvedi était en train de s’imposer comme le défenseur central titulaire indiscutable de Gladbach, rassurant par la même occasion les fans de la Nati, car le poste est une question délicate, et PAF! il s’est blessé ce week-end. Sans que l’on sache la durée de son indisponibilité.

Behrami, lui s’est blessé durant le Boxing Day. La gravité de son mal ne semble pas excessive mais Watford commence à craindre pour son joueur qui accumule les petits bobos. Et puis Valon commence à avoir ses plus beaux jours de carrière derrière lui quand même.

Dans la série de ceux qui se remettent gentiment mais dont on peut douter de l’état de forme d’ici quelques semaines, nous avons Drmic, le joueur qu’on avait presque oublié vu son année 2016 annulée et Rodriguez qui a recommencé tranquillement à jouer pour un piètre Wolfsburg avant de peut-être partir pour l’Inter en espérant que ce soit un bon choix.

CEUX QUI SONT ASSIS

On a connu des périodes pires (par exemple quand Inler était capitaine) mais il y a quand même bon nombre de joueurs clefs qui n’usent pas leurs crampons dans leur club.

Bien sûr, commençons par Shaqiri. Le joueur qu’on annonce à peu près partout sauf sur le terrain n’a été titularisé qu’en Coupe ce week-end où Stoke s’est fait sortir par Wolverhampton. On ne sait pas ce qu’il se passe avec le gnome. Sur quelques matchs, il brille et on se dit que « ce coup-ci » il va enfin prendre l’envergure qu’on lui prête, puis, du jour au lendemain, il se fait quatre sessions de banc d’affilée. Ça commence à faire beaucoup surtout quand la concurrence du club n’est pas constituée d’étoiles montantes… Stoke fait quand même encore jouer Peter Crouch, c’est lourd de sens.

Pleurons également en pensant à Fabian Schaer. Notre futur pilier de défense centrale, meilleure buteur de la Suisse de ces dernières années inquiète. Sérieusement, le type doit être une crevure dans les vestiaires pour recevoir aussi peu d’amour de ses entraîneurs. Non content de ne pratiquement jamais avoir été titularisé depuis le début de la saison à Hoffenheim, le défenseur n’a même plus joué une minute lors des derniers matchs. Il ferait mieux de profiter que des clubs le veuillent encore (ceux dont les recruteurs n’ont vu que les matchs de la Suisse) pour se tailler et essayer de taper dans un ballon. Klose ne rassurant pas davantage de son côté à Norwich, la défense centrale reste une vraie interrogation pour la Nati.

CEUX QUI SONT DEBOUTS MAIS A CÔTÉ DE LEURS POMPES

Yann Sommer… mon dieu Yann Sommer… Outre les prestations globalement mauvaises de Gladbach en championnat, le gardien est un artisan méticuleux des défaites. C’est une vraie période de crise pour le joueur, assuré de prendre au moins un but par match, on ne sait plus où a disparu son talent. Le Bild l’a même nommé plus mauvais gardien de Bundesliga. C’est inquiétant.

A Hambourg, Djourou s’est fait retirer le brassard de capitaine pour « marquer le renouveau » selon son coach, en général ce genre de truc ça met en confiance.

Lichtsteiner s’était vu sortir du cadre de la Juventus pour la Champions League et ne doit sa titularisation régulière qu’à la providentielle blessure de Dani Alves. On l’avait annoncé au Barca en novembre, on se demande bien ce qu’il aurait été y faire tant le latéral (qui n’en est pas un en fait) semble en déclin depuis plus d’un an: position de défense approximative, perte de vitesse, passe n’importe où en phase offensive… On ne peut pas être et avoir été.

Sinon Seferovic continue de courir devant les défenseurs adverses.

CEUX QUI SONT EN TRAIN DE COURIR

Il y en a quand même qui s’en sortent pas trop mal. A commencer bien évidemment par Granit Xhaka qui fait son trou à Arsenal, enchaînant des prestations correctes même s’il semble se cantonner presque trop à un rôle défensif.

Mehmedi fait le boulot à Leverkusen, sans briller mais en étant lui-même. Gelson continue à se déplacer sur des terrains avec Rennes et Michael Lang se royaume dans une Super League d’un faible niveau cette année (oui c’est une affirmation à débat).

Quant à Dzemaili, il est toujours une pièce maîtresse de Bologne mais Petkovic voudra-t-il encore d’un joueur exilé à Montréal cet été?

Eren Derdiyok est également rassurant. Très bon avec Galatasaray toute l’année, l’homme à qui on pardonne beaucoup moins qu’aux autres depuis huit ans est le seul attaquant qui semble valable actuellement.

ON FAIT COMME SI ON ETAIT PETKOVIC

Si l’on était le 25 mars (mais on ne l’est heureusement pas), il serait bien compliqué de sortir une équipe type pour affronter la Lettonie. Considérant qu’il y a encore trois joueurs engagés en Champions League (Xhaka, Mehmedi et Bürki blessé) et ceux de Gladbach en Europa League (mais dans quel état ?), le niveau « international » des Suisses laisse un peu à désirer. On espère que la situation va s’améliorer car à l’heure actuelle, le meilleur onze que Vladimir pourrait aligner serait, en tenant compte des blessures et du temps de jeu, un Sommer – Rodriguez, Djourou, Klose, Lang – Xhaka, Gelson – Mehmedi, Shaqiri (parce qu’il faudrait bien), Dzemaili – Derdiyok. Pour la Lettonie, ça pourrait faire l’affaire mais contre un Portugal revanchard chez eux dans presque un an c’est un peu léger.

Le 25 mars ce n’est pas tout de suite mais le temps passent tellement vite (comme vous l’avez dit à Nouvel An)…

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Pour bien finir (mais avec modération)

Avec sa victoire face aux Iles Féroé, la Suisse a bouclé son année comme on l’attendait, avec une victoire qui la place en tête de son groupe. Avec un peu de quoi sauter au plafond, mais pas trop haut quand même. Parce que, des défauts, il y en a encore.

L’année 2016

La Nati conclut par cette victoire quand même attendue sur une équipe constituée pour moitié d’éleveurs de moutons et de pêcheurs. Elle finit première du groupe devant le Portugal Champion d’Europe, avec 12 points ce qui est inédit, dans la sérénité etc… etc… Oui tout ça est très positif. Cela tranche avec un début d’année qui ne présageait rien de bon. Mais cela montre aussi l’importance de participer à une phase finale. Au delà du pognon engrangé pour la fédération et de la visibilité qu’un Euro ou une Coupe du Monde offre à des joueurs pour jouer dans des supers clubs (comme Stocke City ou Hoffenheim), la participation offre la seule opportunité de réunir enfin tout le monde pendant plus d’un mois et créer une équipe. Pour le coup Petkovic a fait son boulot et a réellement su profiter de monter un groupe. Il y a clairement une autre gueule entre cette équipe et la simple réunion de joueurs pour le week-end que l’on a pu avoir lors des deux premières années de Vladimir. Lui, il en a pris plein la tronche parce qu’il était moins sexy que Favre (on parle de rayonnement footballistique pas de calendrier de pompier) et parce qu’il n’était pas assez Suisse allemand (il paraît que c’est un défaut, alors qu’il suffirait qu’il se laisse pousser la moustache) mais il a fait son boulot avec humilité et conviction. Petko a réussi à gérer des égos qui, sans doute, peuvent commencer à prendre une dimension exagérée et imposer son système de jeu. On lui dit merci et on ne se réjouit pas du tout du moment où on retournera notre veste parce que les choses iront un peu moins bien. Par contre, on se placera en porte-à-faux par rapport à l’idée que l’Euro 2016 était « un franche réussite pour la Nati » dans la mesure où sortir bêtement en huitième après une seule (toute petite) victoire contre l’Albanie n’est pas vraiment ce qu’on appelle du caviar. Mais on mise sur le fait qu’il s’agissait d’un démarrage.

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La Nati a été une vraie marée rouge pour les Féringiens… ah attendez… ah non c’était pas ça…

Le jeu

Passées les vingt premières minutes lors desquelles les joueurs suisses semblaient n’en avoir rien à foutre de venir jouer à Lucerne, sous la pluie, un dimanche, contre des mecs dont le sport national est de tuer des dauphins à la machette, le jeu a commencé à être plus clair. L’utilisation des couloirs a été presque parfaite. Oui, même Lichtsteiner a servi à quelque chose. Les rumeurs l’envoyant à Barcelone nous font, bien sûr, toujours nous poser des questions sur la clairvoyance de certains décideurs mais vous me direz, à une époque, on engageait Philipp Degen à Liverpool et on votait pour Trump aux Etats-Unis (ah non ça c’était aussi cette semaine). La construction portée vers l’offensive contre une de ces équipes qui joue à onze dans sa moitié de terrain et de façon très physique a été quasi sans couac. Et les occasions ont été nombreuses.

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Lichtsteiner a marqué. Du coup, on est bien déçu de ne pas pouvoir le tailler.

Mais quand même…

Le « mais quand même » est le principal problème du bilan annuel. Comment peut-on avoir autant d’occasions et n’en coller que deux ? A un moment il va falloir soigner l’efficacité. Toute l’année et particulièrement durant l’Euro, la Suisse a élevé en art l’application à vendanger un nombre d’occasions ahurissant. Bien sûr, Seferovic en est le Leonard de Vinci, mais on ne peut pas accuser que lui. Il y a un truc à changer parce que, à nouveau, si l’adversaire avait été d’un autre calibre, il y aurait eu des regrets. Comment ne pas finir ce dernier geste dans des actions bien construites ? C’est rageant et angoissant. On tricote devant le but, on fait comme la Poste qui ne livre pas les paquets à tous les domiciles et il faut trop souvent attendre les dernières minutes pour voir la libération. Tout en angoissant du jour où celle-ci ne viendra pas. Par exemple, un jour en huitième contre la Pologne tiens… Alors certes Shaqiri et Embolo n’étaient pas là et cela a porté à préjudice. Non, pardon, je reformule la phrase: alors certes le gnome qui se blesse tout le temps et n’arrive pas à faire une saison correcte depuis quatre ans et le post-ado à qui on met beaucoup trop de pression et qui n’a pas encore eu le temps de prouver quoi que ce soit n’étaient pas là et cela a porté à préjudice. Mais à la lumière de l’avenir qui semble tendre les bras à Seferovic et Tarashaj, un peu le même avenir que des bébés baleines aux Féroés qui se dirigent vers une plage en se disant « oh regarde tous ces gentils humains, ils veulent jouer avec nous », l’espoir immédiat de l’attaque ne peut passer que par un mec… celui du titre qui vient ci-dessous.

Derdiyok

Je serai bien sûr beaucoup trop complaisant sur Eren tant cela fait des années que j’apprécie ce joueur. Si les blessures débiles et Stefan Kiessling n’avaient pas existé, il aurait fait une totalement autre carrière. Malheureusement, son CV n’est pas aussi brillant que mérité. Mais là, à nouveau, on louera le nez de Petkovic de l’avoir titularisé plutôt que Haris Seferovic et sa façon de confondre une cage de but avec un gradin. Combatif et impliqué, cela faisait plaisir de voir un attaquant de la Nati qui a enfin l’air dangereux. On espère qu’il finira une bonne saison à Galatasaray et on n’est même pas convaincus d’espérer qu’il quittera la Turquie pour aller dans un club de ventre mou de Bundesliga finalement.

Swiss forward Eren Derdiyok, celebrates after scoring a goal, during the 2018 World Cup group B qualification soccer match between Switzerland and Faroe Islands at the Swissporarena in Lucerne, Switzerland, Sunday, Nov. 13, 2016. (Anthony Anex/Keystone via AP)

Derdiyok fait l’avion pendant que Seferovic fait le camion-benne.

La suite

La suite ce sera continuer sur ce parcours et s’offrir une première place dans le groupe pour aller en Russie. Mais au fond de nous, on craint quand même le vieux faux pas. Si la Suisse ne parvient pas à se montrer plus réaliste, on imagine mal qu’un vilain résultat contre une équipe a priori plus faible ne pointe le bout de son nez. L’autre problématique va consister à trouver du temps de jeu en club à des joueurs indispensables comme Schär et… (j’hésite entre Lichtsteiner, Seferovic, Drmic et Tarashaj). Alors oui on se réjouit de 2017, on se réjouit du changement, du renouveau, de l’espoir, tous ces trucs quoi. Et pour l’instant, on se contentera d’être satisfait. Ce qui est un luxe quand on suit l’équipe de Suisse.

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