Welcome to Bellingham Palace !

Paul Gascoigne, « Gazza » pour les intimes, peut continuer de cuver en paix. Son successeur est tout trouvé en la personne de Jude Bellingham qui lui rendit un hommage techniquement appuyé à la Veltins-Arena en conduisant l’armada anglaise vers une victoire poussive mais méritée. Si vampire est le seul mot serbe de la langue française, force est de constater que la troupe de Dragan Stojković, ne s’est pas livrée à sang pour sang dans ce match. Peu mordants en première mi-temps, les Mitrović & Co montrèrent les dents par la suite mais ce fut trop tard pour mettre à terre ces Rosbifs saignants et quelque peu Lukić de l’emporter.

Le match en deux mots

Victoire bordelić.

L’homme du match

« Hey Jude, don’t make it bad », s’égosillaient les quatre garçons dans le vent de Liverpool dans les années soixante. Au tour des hooligans fans anglais de roucouler ce prénom, tant Bellingham, la star du Réal survola cette rencontre avec sa présence physique, ses touches multidirectionnelles et ses longues transversales millimétriques. Le 10 anglais a du talent à revendre mais en toute modestie, on ne peut pas encore affirmer que le « Midlandais » a le même niveau que Michel Aebischer.

Une performance si XXL que Charles a décidé de rebaptiser sa bicoque : ce sera désormais Bellingham Palace.

Et hop, Jude fruit. 

La saucisse du match

Avec leur partie de water-polo en première mi-temps, Živković et Pavlović auraient pu fièrement se faire arroser de sauce curry dont les Allemands raffolent. Mais les deux latéraux serbes reprirent du poil de la bête en deuxième période, notamment Pavlovic dont les réflexes défensifs face à Saka avaient véritablement du chien. En fait, en raison de son non-match agaçant, Harry Kane mérite largement ce titre de saucisse du match. Mal placé, maladroit et mal avisé, le capitaine des Trois Lions, celui qui parle probablement le moins bien anglais des 24 équipes de ce tournoi, nous fit parfois penser à Martin Ádám, le bûcheron hongrois. Les seules fois qu’on a aperçu Harry, c’était à terre ou venant marcher sur les lacets de Rice. Bref, ce ne fut pas le festival de Kane attendu.

Le tournant du match

La claquette de Pickford sur le tir montant de Vlahovic en fin de rencontre. Un 1 à 1 qui aurait puni justement les Anglais pour leur fin de match à l’envers, mais au final, n’est pas danois qui veut. Contrairement à l’effrayant portier Rajkovic qui doit bosser pour le Groupe Wagner à ses heures perdues, le portier d’Everton apporta étonnamment beaucoup de quiétude à sa défense claudicante en fin de partie, grâce à son agilité et à sa concentration, un Pickford Focus quoi !

L’esthète du match

Superbe à la relance et calme dans la possession tel un Anglais rassasié par son rosbif dominical, Addji Keaninkin Marc-Israel Guéhi a vraiment été plus précis dans ce match que ses parents au moment de l’enregistrement de sa naissance auprès de l’officier d’état civil. Du haut de ses 12 sélections, le joueur de Crystal Palace a en plus rattrapé bien des situations scabreuses créées par des passes à la Gilbert Montagné de la part de Foden qui semble bien orphelin du boulot abattu par Kevin de Bruyne tout au long de la saison.

Le geste pourri du match

Le coup d’épaule de Bellingham dans le poitrail de Kostić. Alors oui, c’était trois fois rien mais quand même une provoc’ débile et inutile durant un moment plat du match. Sur ce méfait fait de jeu, on s’est dit que si Turpin avait été au sifflet, ça aurait pu cartonner sec et sonnant. Le joueur du Real se fera adouber par Marco Materrazzi, le maître incontesté en matière de provocations cyniques, mais franchement, des Brits Kostić comme cela, on préfère qu’ils restent bien sagement dans leur Den de Millwall.

Bon, nous on a Yves Débonnaire en studio….cette fameuse surenchère.

Le chiffre à la con

2,5.

Comme les degrés des bières autorisées à être servies aux supporters de ces deux équipes à Gelsenkirchen. Une mesure qui porta ces fruits à voir les nombreuses batailles rangées entre ces animaux décervelés. Mais c’est vrai, le problème central avec ces hooligans, c’est la boisson. Les mecs vont forcément se mettre à réciter du Shakespeare en soirée mondaine maintenant qu’ils ont passé à la flotte. Ressuscitez-nous donc Maggie, elle aurait tôt fait de les ouister ces chenapans !

L’anecdote

Un tiers des buts serbes durant ces éliminatoires ont été marqués de la tête, soit le plus haut ratio de toutes les équipes qualifiées pour cette Euro 2024. Est-ce pour cela que la Serbie s’entête à toujours capoter au premier tour des grands tournois ou est-ce un geste nationaliste pour honorer Radovan Karadžić qui soigna des têtes lorsqu’il fut psychiatre (!) avant de les couper à Srebrenica ?

Si le match était une bière

A voir l’état de certaines terrasses dans les rues parallèles de Gelsenkirchen, une bière s’impose de la tête et des épaules pour symboliser la communion fraternelle entre supporters serbes et anglais : LA CASTAGNE.

La minute Johan Djourou

Ayant suivi le match sur la BBC, on a passé un peu à côté des commentaires avertis de Fred Scola : « Saka dépose le ballon comme un fruit mûr sur la tête de Bellingham » Un Jude fruit, donc. Sinon, Alan Shearer fut pour le moins belligérant avec Guy Mowbry qui se plaignait de voir les Anglais malmenés par les Serbes : « England is winning so who cares about the manner ». Soit. Et on laissera le mot de la fin pour l’ex-portier anglais Joe Hart, qui affirma péremptoirement devant des millions de pupilles diluées que «la manière dont Jordan Pickford arrivait à se concentrer, c’était la manière dont Jordan Pickford arrivait à se concentrer ». Mister Jourdain a sans aucun doute trouvé son maître en Angleterre.

Le pronostic d’avant-match selon l’indice ADOLF (Average Deluxe Omniscient List of Football)

Première défaillance de notre indice ADOLF qui envoyait les Serbes en quarts et les Anglais dans un Eurostar pour la Gare St Pancras. Un recalibrage de l’indice sur la base de la consommation de bières sans alcool par les protégés de sa Majesté Charles serait le bienvenu pour véritablement refléter les forces en présence. De l’avis de certains, ADOLF est complètement Stones.

A propos Paul Carruzzo 226 Articles
Elle est pas un peu belle notre Nati et tout le bonheur qu’elle nous amène ? Alors, Rickli et compagnie, si vous ne vibrez pas devant cette équipe, vous n’êtes pas non plus monstrement obligés de regarder. Profitez d’un bon match de hornus et foutez la paix à nos joueurs, qui comme vous, ont un joli passeport rouge à croix blanche.

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