
À l’heure où vous lisez ces lignes, vous devriez 1) avoir déjà lu l’analyse de mi-saison du LS par mon excellent confrère Vincent Roesch et donc savoir que 2) le LS est, dans les faits, chiffres à l’appui, la meilleure équipe masculine romande du football helvétique, présentement (grâce au sédunois Chouaref, que nous saluons ici).
Prouvons-le. Déjà, parce que le classement (mais pas seulement) le montre aisément. Le classement, le seul étalon qui fasse véritablement foi (on parlera de Trump plus bas), en la circonstance :
30 points. 18 matchs. 1.66 point par match. Magnin est (finalement) un génie. Le Jan Cadieux du foot suisse, transformant sa petite équipe de pêcheurs lacustres en une horde d’ogres affamés. Longue vie à lui sur le banc lausannois !
Ayant éveillé la joie des supporters lausannois, nous allons (éviter de) clamer haut et fort que ceci est en grande partie grâce à Ilyas Chouaref : ne vendangeant pas lamentablement ce que même un cul-de-jatte balance dans les filets, à la 35ème minute de ce LS-Sion du 23 novembre, c’est 2 points de moins pour le LS, et une 5ème place à Noël, à 1 point de Sion, sous la barre.
Et puis, en épluchant ce classement, on se rend compte qu’en plus du nombre de points supérieurs à toutes les autres équipes romandes masculines engagées dans le même championnat, le LS est aussi l’équipe romande qui a marqué le plus de but (31, contre 29 pour Servette qui aligne pourtant Kutesa, Guillemenot, Rouiller et le hérisson Crivelli, 25 pour Sion sans Balotelli et 26 pour Yverdon avec, euh, …) et celle qui en a (presque) pris le moins (22, contre 27 pour le Servette de Genève malgré Frick et Mall, 21 pour Sion et son immense Fayulu et 28 pour Yverdon avec, euh,…).
En plus, Lausanne est l’équipe romande (et masculine) de première division qui a gagné le plus de matchs sur les 18 premiers tours du championnat (9, contre 8 pour Servette – le match exhibition contre un Chelsea déjà qualifié ne compte pas ici – 7 pour Sion et 4 pour Yverdon).
Plus fort encore, comme l’a très justement relevé notre Vincent à nous, Lausanne est en tête du classement suisse masculin « overall » à domicile avec 21 points engrangés (18 pour Servette, 16 pour Sion et 10 pour Yverdon). Je plussoie ainsi mon collègue, l’annexe de l’aéroport de la Blécherette est devenue – depuis octobre – une forteresse imprenable !
Vous voyez, je vous avais bien dit que les chiffres ne trumpaient pas !
Et pourtant, tout ça avait bien mal débuté pour l’escadron du rouquin Ludo qui, revêtant son maillot « third » aux couleurs d’Yverdon, avait laissé veau, vache, cochon, couvée à Tourbillon ce 27 juillet (4-0) contre l’équipe type de Tholot en Challenge League alors que leurs supporters passaient pour des rigolos avec leur tifo grande gueule digne d’un « Downtown Switzerland » à la zurichoise, pour débuter une série de 3 défaites de rang (à Sion, contre St-Gall puis à Zurich), un nul contre YB, le tout nouveau cancre de la League, et une rageante défaite contre Lugano, à domicile.
Plutôt troupinette qu’escadron, aurait-on dit.
À mi-championnat, l’expert ès football du Matin, Valentin Schnorhk, posait 2 Lausannois dans son équipe-type – Dussenne et Bernede – et 1 réserviste – Sanches. Pas de Pafundi, pas d’Okou, pas de Letica, pas de Giger, pas d’Ajdini. Bon, en même temps, je vais lui faire confiance, vu que j’y connais rien. Footballistiquement parlant, tu me poses une composition sous les yeux, je saigne du nez, même si, comme tout bon supporter, j’ai mon avis (rempli de mauvaise foi, évidemment).
Comment Ludo a-t-il réalisé ce tour de force ? Naturellement en proposant un football simple et efficace. Tu prends le ballon, tu lèves la tête, tu cherches un copain démarqué, tu lui donnes le ballon et tu te replaces. Tu montes ainsi gentiment le ballon vers les buts adversaires et tu le plantes au fond. C’est suffisant pour marquer des points, trois 1-0 valant d’ailleurs toujours mieux qu’un seul 4-0.
Football simple. Même avec un QI de 78, tu piges ce que tu dois faire et ça marche. Et si ça marche pas, tu recommences. À force, ça passe. Pas besoin de l’abracabrantesque méprisable tactique alambiquée de Luis Enrique pour ça (1.16 point par match, dans la convoitée Champions League, cette saison, son PSG, « Perdre Sans Gloire » pour les connaisseurs). Personne n’aime les gens parfaits !
Je le rappelle, la simplicité est la sophistication suprême. On aime, on adore: on en redemande !
Encore une victoire et les opportunistes vont se masser à la Tuilière, tous à faire leur lausannesporting-out ! #GuichetsFermés
Lausanne-Sports est la meilleure équipe masculine romande du football helvétique, juste là, maintenant (encore merci, Ilyas). C’est assez rare pour le soulever. Meilleur début de championnat depuis la création de la Super League, le relevait Vincent Roesch. Et les bonnes choses étant rares, il faut les chérir car elles disparaissent toujours trop tôt. Etre meilleure équipe romande de football masculin à mi-parcours, ça tient juste chaud comme une belle moumoute. Et chaud ou pas, belle ou pas, ça reste juste une moumoute.
Faut concrétiser, maintenant !
D’ici quelques jours, le 19, la Tuilière revêtira ses plus beaux atours pour la venue de Lucerne, 1 petit jour avant que Washington ne se pare également de colifichets, fanfreluches et ornements étoilés pour l’investiture de Trump. Magnin a rendu Lausanne-Sport « great again » dès son premier passage sur le banc des bleus et blancs. Les chiffres ne trump pas, ils sont étalés ci-dessus. Trump, lui, a médiocrement loupé son premier passage. À propos de chiffres, Trump aura 78 ans au moment de son investiture. Ce sera d’ailleurs le premier président US à avoir un âge supérieur à son QI. Magnin, lui, aura imposé un football simple. Et efficace.
Que n’importe quel QI comprend.
Magnin, rouquin de l’année !
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