La saison du Calcio est bel et bien lancée ! La première journée n’avait vu aucun des gros bras s’imposer, on s’imaginait qu’ils allaient réagir à la seconde. Mais ils sont loin d’avoir tous rectifié le tir, et la Serie A est commandée par un duo improbable. La deuxième ronde en quelques mots-clés…
Révélation
Mauro Zarate, Lazio. Agé de 21 ans et en provenance d’Angleterre, l’attaquant argentin flambe en ce début de saison. Déjà auteur d’un doublé à Cagliari il y a deux semaines, Zarate a inscrit à la 7e minute un but énorme, une frappe du gauche après un crochet à 25 mètres, puissamment mais précisément placée juste sous la barre. Un but qui mettait le match des Laziali dans le bon sens, avant que Pandev ne double la mise en deuxième mi-temps. Avec le plein de points en 2 matches, la Lazio est en tête avec l’Atalanta (qui mériterait aussi une mention ici pour ses deux victoires 1-0 mais n’oublions pas qu’elles étaient acquises contre Sienne et Bologne). Et les fans du maillot céleste de se mettre à rêver, avec Zarate seul en tête des buteurs, avec la première place au classement, d’un triplé de son Argentin contre le Milan le week-end prochain…
Crise
Pour ce deuxième match, à Gênes cette fois, le Milan a fourni des signes extrêmement inquiétants après une première sortie où on pouvait plutôt le dire malchanceux. La pitoyable manière présentée ne peut qu’appeler le terme «crise», après seules deux journées. Seulement voilà, c’est Milan, et 0 pointé sur 6 possibles, ça fait tache. Inédit depuis plus de 20 ans. Et ce ne sont pas des défaites contre de prétendus foudres de guerre – celui qui dit que Bologne et Genoa devraient faire peur à un Milan normal me fera bien marrer. Bref, une vraie cata alors qu’il y a à peine deux semaines, avant le premier match, on parlait d’un Milan de retour au sommet…
On dirait plutôt que les Rossoneri sont repartis pour vivre une saison de pénitence. Il y a tellement de signes… La débâcle athlétique, surtout. Dépassés, dominés dans les duels, du début à la fin, les Milanais ont parfois semblé apathiques, endormis, en retard systématiquement sur les ballons, manquant singulièrement de «gnaque». Le premier but en est un cuisant exemple : le milieu milanais est en retard sur Gasbarroni, qui a le temps de cuire un méchoui avant de centrer sur Milito, qui a bien sûr devancé son défenseur, mais qui dos au but la remet de la poitrine sur Sculli, arrivé lancé dans les 16 mètres en précédant un autre défenseur rossonero pour un des plus beaux buts du jour. Consternation sur le banc milanais, une demi-équipe en retard en même temps sur la même action, on n’en mène pas large…
Arrivederci !
Et que dire du deuxième but ? Quelle mollesse, quel rythme de match du FC Variété dans cette relance ratée du Milan. Dans le plus pur style patate chaude sous valium, la relance. Un pied gênois dévie le ballon qui arrive directement dans les 16 mètres milanais sur Diego Milito, tellement le pressing était haut à force d’hésitations de la défense. Et Milito abuse la légende Maldini, qui sur le coup fait plutôt figure de bleu et commet un penalty indiscutable… 2-0, match plié et supporters gênois en transe devant la splendide démonstration de caractère et de volonté des leurs..
Quelque chose de rare, voir un tel niveau de la part du Milan. Rare, et augurant de jours à venir bien sombres… Autant le dire tout de suite, les jours d’Ancelotti paraissent comptés à la tête de l’équipe, surtout si, le week-end prochain, sa clique ne parvient pas à battre… le leader du championnat, la Lazio. Rude échéance, d’autant plus qu’un nouveau nom est venu orner la liste invraisemblable d’éclopés que compte le Milan : Andrea Pirlo. Pas de bol, le cerveau, la rampe de lancement de l’équipe devrait être absent un bon mois. On peut déjà parler de crise, peut-être, mais c’est sûr, la tempête gronde…
Solides
On les met ensemble aussi par plaisir de savoir que cela énervera leurs fans. Mais c’est surtout que tant l’Inter que la Juve dégagent dans leurs deux premiers matches une impression de solidité. Sans être brillants, loin s’en faut, les deux clubs ont rectifié leur match nul initial en empochant les trois points. Mention à la Juve, qui a montré davantage, alors on commencera par elle.
C’était un redoutable honneur que d’avoir à accueillir l’Udinese pour les hommes de Ranieri. Mais malgré son état de forme, le club du Frioul a été proprement étouffé, contrôlé, annihilé par une Vieille Dame sereine, impressionnante défensivement mais que la réussite semblait fuir en attaque, puisque Amauri puis Poulsen voyaient les montants renvoyer leurs superbes essais. Mais à force de persévérer et sans jamais forcer, sans abandonner l’assise et la stabilité si chères à leur coach, les Bianconeri trouvaient enfin la juste récompense de leur match plein par Amauri, leur nouvel attaquant brésilien, encore une fois auteur d’une très bonne sortie. Décidément, la Juventus est de retour. On le pressentait, les premiers matches semblent le confirmer : Del Piero (ménagé, comme Trezeguet) et sa clique sont bien des clients sérieux pour le Scudetto…
Tout comme l’Inter, candidat à sa propre succession. Les Milanais n’ont pas montré grand chose, mais il est vrai que Catania, disons-le comme ça par goût de l’euphémisme, n’était pas venu pour prendre le moindre risque. Et le hérisson sicilien jubilait même d’ouvrir la marque sur sa première approche de la surface adverse, peu avant la mi-temps. Belle tête de Plasmati, bien servi par le vétéran Tedesco (non, il n’est pas Allemand). Mais cent secondes plus tard, un inévitable extérieur du pied droit de Quaresma était légèrement dévié et trompait Bizzarri. Tout cela avant une scène rocambolesque dans la ligne Commedia dell’Arte, où le briscard Tedesco faisait étalage de ses talents d’acteur pour faire expulser avec succès Muntari, auteur tout de même d’une vilaine caresse, mais sans plus.
On se disait qu’à 11 contre 10 toute la 2e mi-temps, les Catanais allaient enfin poser des problèmes au grand Inter, mais rien, encéphalogramme plat. Les Siciliens peuvent même remercier leur gardien Bizzarri, qui ne pouvait rien sur le (chanceux et litigieux) deuxième but intériste, mais qui a multiplié les arrêts et évité que le score ne prenne une autre allure. Bref, l’Inter est là, et semble toujours accompagné du zeste de baraka qui accompagnait le champion des deux derniers exercices. A bon entendeur ?
Inquiétude
Dans l’optique championnat, avec 1 point en deux rencontres, la Roma et la Fiorentina auraient pu espérer mieux pour se lancer convenablement et aborder plus sereines les premières échéances de Ligue des Champions. Mais toutes deux ont mordu la poussière lors de la seconde journée. A Palerme, la Roma a sombré corps et biens. Un match médiocre, décevant pour Spalletti, qui devait notamment composer sans Mexès (blessé et de plus en sévère méforme) et Totti.
Pourtant la Louve commençait fort : la nouvelle vague made in Roma, Aquilani et Okaka, combinaient joliment pour offrir un but tout fait à la nouvelle recrue, la Bestia Julio Baptista. Mais comme au premier match, le soufflé retombait vite. C’est alors que le lutin Miccoli, une souris dopée à l’adrénaline avec des pieds magiques, entrait dans la danse et renversait le score avec un doublé. Idéal pour chauffer à blanc les travées du Renzo Barbera, qui voyaient les porteurs du maillot rose mériter leur victoire et l’assurer par Cavani à une vingtaine de minutes du terme. Trois bons points pour Palerme et une défaite mortifiante et inquiétante du côté de la Roma, qui enregistrera du renfort de retour de l’infirmerie prochainement et doit vraiment espérer que cela lui rende ce qu’elle semble avoir égaré : son jeu et son rythme…
A Naples, la Fiorentina s’est heurtée au teigneux Napoli (voir plus bas). Après un double échange d’amabilités en quelques secondes, sous forme d’une transversale de Mutu sur coup franc presque immédiatement suivie de l’autre côté du terrain d’un poteau de Lavezzi, la Viola trouvait la faille par Mutu peu avant la mi-temps. Mais la grinta, la solidarité et l’envie des Napolitains étaient supérieures et la troupe de Prandelli devait s’avouer vaincue et devra savoir rebondir rapidement pour se rassurer, sous peine de faire encore augmenter la déjà croissante pression…
Confirmation
Napoli. C’est sûr, les Napolitains ont marqué les esprits avec ce deuxième résultat probant d’affilée. Après avoir ramené un point plus que mérité de Rome, les hommes du pied du Vésuve ont cette fois battu, dans leur antre du San Paolo, la Fiorentina de Mutu, qui a ouvert le score en vain. Mais Hamsyk et Maggio se sont chargés d’inscrire les réussites napolitaines synonymes de trois points importants et de signal lancé au reste de l’Italie : orgueilleux, organisé, compact, le Napoli est un os en ce début de saison, et possède en Lavezzi l’une des meilleures individualités du championnat. Intenable et combatif, le champion olympique a aussi des pieds raffinés et de la vista, en témoigne son activité incessante et la véritable offrande déposée depuis la droite sur le but égalisateur. A suivre, sans doute, le Napoli…
L’Homme de la semaine
Diego Milito, Genoa. Après trois ans passés en Espagne, où ce grand garçon était reparti rejoindre son frère Gabriel qui lui manquait tant, l’enfant chéri de Gênes est de retour dans la ville où il avait déjà laissé d’inoubliables souvenirs aux tifosi locaux. Et sa première prestation à domicile a été exceptionnelle. Hyperactif, inspiré, volontaire, Milito a éventré à lui tout seul la défense du Milan.
Diego Milito à la fête !
Une toute argentine et magnifique déviation de la poitrine dos au but offrait à Sculli la balle de l’ouverture du score et faisait exploser le stade Luigi Ferraris. En fin de match, il était prompt à profiter d’une énième approximation de la défense milanaise pour bien protéger sa balle puis s’en aller provoquer Maldini, qui a paru bien vieux dans ses déplacements mais bien jeune sur le coup puisqu’il tombait dans le crochet de Milito pour ensuite le crocheter dans la surface. Penalty, transformé par Diego lui-même, 2-0 et l’énorme sensation de la journée. Le plus offensif des frères Milito a reconquis le cœur des supporters «bleu et rouge» en un match, surtout que ce n’est pas ici une victoire contre Empoli…
Serie A – 2ème journée :
Palermo-Roma 3-1
Inter-Catania 2-1
Bologna-Atalanta 0-1
Genoa-Milan 2-0
Lazio-Sampdoria 2-0
Lecce-Chievo 2-0
Napoli-Fiorentina 2-1
Reggina-Torino 1-1
Siena-Cagliari 2-0
Juventus-Udinese 1-0
3ème journée :
Samedi :
Catania-Atalanta
Roma-Reggina
Dimanche :
Cagliari-Juventus
Fiorentina-Bologna
Lecce-Siena
Palermo-Genoa
Sampdoria-Chievo
Torino-Inter
Udinese-Napoli
Milan-Lazio
Écrit par Gian del Mulo
tres bon article…
un peu severe avec le Milan AC ..mais il va retrouver sa gniake avec Senderos…!!
Superbe papier, passionnant ! Le Milan craque… pas étonnant pour une équipe de vétérans ! Il leur faut du sang neuf, et vite !
Après la prometteuse présentation davant-saison, un nouveau papier intéressant sur le calcio; pourvu que ça dure.