La Nati est pomme au jardin des Danes

Aux sorties des Frimaires serbes, on aurait pu voir une Suisse øbsen et grøtesque face au pays le plus au sud du Nord après ses désastreuses sorties automnales. Toutefois, dans les Brumaires saint-galloises, on aura vu une Suisse dynamique grâce à un Amdouni majestueux à l’image des centres distribués par les maîtres-artilleurs Garcia et Fernandes. Mais voilà, notre défense centrale sponsorisée par le fromage Emmental exhiba la même vivacité qu’un Valaisan au moment de quitter la Foire du Valais en fin de soirée. Donc, pour revoir les beaux jours du Messidor, il faudra probablement aller jouer en Challenge League de cette Ligue des Nations, à moins d’un miracle à Ténérife en novembre et d’un coup de pouce de la VAR sur corner. Et oui, on en est là.  

Le match en deux mots

Rebond brumeux

Autant devant ça va, autant derrière ça ne va absolument pas. Et quand tu sais qu’il ne te reste qu’Eray Cömert comme solution de rechange, on est comme des panneaux solaires à Saint-Maurice. Sans espoir.

L’homme du match

Zeki le patron ?

Le joueur du Benfica est redevenu en jambe depuis qu’il a troqué les ‘sausage rolls’ dégoulinants de saindoux de Burnley pour du bacalhau grillé à l’huile d’olive au bord du Tage. Avec une aile de pigeon mirifique en décalage qui aurait ressuscité Cruijff et Maradona réunis, un penalty millimétré au-dessus des gants de Schmeichel et une reprise directe sur un corner au deuxième poteau (volée par la VAR et les officiels qui ne connaissent pas la différence entre une banane et une carotte), Zeki Amdouni a donné des couleurs méditerranéennes et de la vitesse ‘Boltienne’ au jeu helvétique. « L’important c’est que le talent existe », s’est exprimé Léonard le professeur. Nous qui l’écoutons parfois irréligieusement, on est d’accord avec lui (pour une fois !)

On ne voit que le rouge, le blanc et les étoiles !

La saucisse du match

Elvedi, ou plutôt son anagramme, le vide. Déjà méchamment embourbé sur le terrain de Niš samedi soir, le défenseur de Gladbach a revêtu sa meilleure combinaison de scaphandrier pour faire un remake du ‘Grand Bleu’ ce soir au Kybunpark. Une performance qui en son temps aurait presque réussi à couper le souffle à Eriksen. Car, sur la même action, arriver à faire faute à mi-terrain et se faire lober sur le repli défensif par un gentil coup-franc ‘feuille-morte’ du magicien de ManU dans l’axe, ça en devient presque du génie masochiste. Ce qui fit dire à Léonard Thurre : « Elvedi accompagne le ballon des yeux mais pas dans la course ! ». Y’aurait pas un peu de Baudelaire là-dedans ?

Le tournant du match

La titularisation d’Edimilson Fernandes en latéral droit. Sur le coup, on reconnait la marque de fabrique ‘Yakin’ qui arrive toujours à faire des choix délirants à des moments inattendus et… qui débouchent parfois rarement sur de belles trouvailles. Ayant mordu la poussière dans cette même position durant la déculottée magistrale face au Portugal en décembre 2022, le néo-Brestois distribua pas moins de quatre caviars ‘Shaqiriens’ aux attaquants suisses durant la partie. On savait que le Centre avait repris des couleurs dans les urnes valaisannes durant ce week-end, mais le centre, celui qui compte vraiment, pourrait redevenir une arme fort utile à notre Nati en quête de rachat aussi urgent que le Crédit Suisse.

L’esthète du match

ChatGPT.

Car on lui a demandé son avis à la fin du match au sujet de la tactique 4-1-4-1 de notre sélectionneur national :

« À la fin de l’Euro j’avais deux hypothèses :

  • Yakin est un génie subtil, ayant su dissimuler son véritable talent jusqu’à l’instant décisif.
  • C’est un individu aux compétences douteuses, dont les multiples tentatives infructueuses ont finalement abouti à un succès inattendu.

Je penche pour l’une des réponses. »

La porte, oui, tu la prends là-bas. 

Le geste pourri du match

L’annulation du but d’Amdouni (73ème) pourtant entièrement valable, suite à un corner diabolique d’Ugrinic. D’habitude, c’est l’arbitre qui fait confiance à la VAR mais comme il faut vraiment rendre les règles du foot impossibles à comprendre même par des Prix Kobel, là c’est la VAR qui fait confiance à l’arbitre. Faut être sacrement inventif pour trouver à chaque fois des nouveaux moyens ingénieux pour annuler des buts valables. Mettez-nous cette VAR au Rhône et redonnez-nous la Moviola. Ça nous faisait au moins marrer.

Le chiffre à la con

60, soit le nombre de secondes pour que la Suisse s’invente la première égalisation danoise, après pourtant avoir ouvert péniblement la marque par Freuler. En junior B, on t’apprend à faire semblant d’attacher les lacets de tes souliers pourtant pas détachés, le nez presque collé sur le ballon pour empêcher l’adversaire de tirer un coup-franc rapidement. Non, ces couards d’Elvedi et Xhaka se transformèrent en des lapins de garenne montrant leurs fesses à des chasseurs de galinettes cendrées. Ou lorsque naïveté se marie somptueusement avec stupidité. Frustrant.

L’anecdote

Preben Elkjær-Larsen. Quelqu’un ?

Avec un prénom et nom de famille qui claquent un peu plus que Fabian Rieder ou Ludovic Magnin, l’attaquant danois ramena le seul titre de champion d’Italie de son histoire au Hellas Verona (1984-85). Un gentleman du calcio qui posa ceci en quittant le club du Veneto : « Quand tu as la chance de connaître et d’apprécier ce public qui souffre avec toi le dimanche et qui partage tes joies et tes douleurs même en étant dans les tribunes, tu t’attaches à lui. Et pour cette raison, par respect pour ce public qui m’a aimé et m’a célébré jusqu’à m’invoquer comme Maire de Vérone, je n’ai jamais accepté de porter un autre maillot en Italie. Leur respect méritait le mien… ». Le romantisme a donc existé dans le foot, et c’était mieux avant.

Elkjær-Larsen était surnommé le Bison, alors que notre notre Nati automnale pourrait être surnommée ‘les Bisounours’. O tempora, o mores.

Si le match était une bière : La Dégueulasse

Toute ressemblance avec les dernières sorties de notre équipe nationale et la décision imbécile de l’arbitre turc sur le 3ème but suisse en fin de match serait fortuite.

La minute Léonard Thurre

On sent que l’on devra être attentifs à l’avenir pour prendre à défaut l’excellent tandem Lemos-Thurre. Donc il faudra probablement se rabattre en studio pour venir cueillir quelques pépites dont cette ‘Débonnaire’ : « Le ballon d’Amdouni doit être donné espace ». Avec la baisse annoncée de la redevance TV, on constate qu’on économise même sur les prépositions à la RTS.

Alors que Léonard Thurre se laissa parfois aller au nihilisme : « Les centres, les passes, la finition, rien ne va dans cette Nati » (le foot quoi !), David Lemos illumina la soirée de ses connaissances linguistiques insoupçonnées. Il slaloma avec élégance entre un « alignement pas pico bello » et un « Tor wird überprüft » pour mieux venir terminer sur la prononciation exacte du joueur danois Stage (apparemment Stohè). On ira contrôler à l’aube s’il ne nous a pas raconté des carabistouilles !

La rétrospective du prochain match

La Suisse accueillera la Serbie au Letzigrund mi-novembre. On ne sait pas encore si l’ASF organisera des trains ou bus spéciaux au départ du Locle ou d’Arolla pour assister à cette affiche grandiloquente, mais promis, on vous tient au jus, car d’ici-là, Elvedi aura retrouvé sa vitesse de croisière et Embolo ses souliers de buteurs. Que voulez-vous, on devient débonnaire à force d’écouter les théories d’Yves en plateau sur RTS Sport.

 

A propos Paul Carruzzo 226 Articles
Elle est pas un peu belle notre Nati et tout le bonheur qu’elle nous amène ? Alors, Rickli et compagnie, si vous ne vibrez pas devant cette équipe, vous n’êtes pas non plus monstrement obligés de regarder. Profitez d’un bon match de hornus et foutez la paix à nos joueurs, qui comme vous, ont un joli passeport rouge à croix blanche.

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