Ça, c’est Fey

On est encore bourrés à la rédac’. Les fêtes de fin d’année ? Que nenni ! C’est bien la Coupe Spengler qui nous a achevés. Entre le jeu à boire qui a vu l’auteur de ces lignes ingérer un p’tit shot à chaque occurrence de « lancer frappé » sortie de la bouche de Brian Wakker et de « apreuh-midi » lâchée par celle de Steve Roth, il y avait déjà de quoi être déchiré dès le 26 décembre au soir. Quand vous ajoutez le fait que le Fribourg-Gottéron de Gerd Zenhäusern et Christian Dubé Pat Emond Roger Rönnberg Lars Leuenberger a gagné un titre (!!), il y avait de quoi s’imbiber de dépit. Excusez-nous d’avance si cet article n’est donc pas exactement un hymne à l’Ajoie, on a la tête comme un tambour de la SO à 0h39 après trois prolongations.

Du coup ça vous va si on ne vous reparle pas des deux défaites consécutives qui ont précédé ce match ? Merci.

Le match en deux mots

24 secondes.

C’est le temps qu’il aura fallu à ce brave Kevin pour nous offrir une supériorité numérique, un but concédé et un titre. Oh Capitaine, mon Capitaine.

Les trois étoiles du match

⭐️⭐️⭐️ Pierre(-Edouard) Bellemare. Allez, on vous raconte : le récit aurait pu être extraordinaire et l’exploit incroyable si le Francilien n’avait pas obstrué la vue de Kevin Pasche depuis l’intérieur de la peinture bleue sur une potentielle égalisation jurassienne en supériorité numérique après une déviation de Philip-Michael Devos (27e minute). Las pour le HCA, après un coach challenge fort à propos demandé par le staff vaudois et une rapide enquête du corps arbitral au moyen de la vidéo, la terrible vérité pouvait éclater : l’énigme était résolue et la réussite annulée. Dommage pour le bientôt quadragénaire qui semble né pour conter de belles histoires puisqu’au-delà de son patronyme, il a passé une partie de sa carrière junior aux Castors d’Avignon. L’anecdote ne dit pas s’il perd, Castor, mais on peut imaginer que oui puisque le club évolue actuellement en Division 3 après avoir notamment subi une faillite.

⭐️⭐️ Les Lions au grand complet (enfin non, il manquait quand même les deux meilleurs buteurs de l’équipe avant samedi, mais c’est un détail de l’histoire comme diraient certains menhirs ayant passé l’arme à g… droite depuis). En effet, depuis jeudi soir à Bienne, les hommes de Geoff Ward mettent leur puck à l’édifice un brin instable des économies d’énergie dont notre planète a plus que besoin. On marque un goal, peut-être même un deuxième (surtout si l’arbitre nous donne un petit coup de patin pour pousser la rondelle dans la bonne direction) et puis on éteint tout. Fort heureusement, face à un HC Ajoie d’une faiblesse frôlant l’outrage voire le manque de savoir-Vouivre samedi soir, ça suffit amplement.

Après les efforts consentis par les fédérations de lancer de tongs et de course de chaises de bureau, il était plus que temps que le hockey sur glace, sport écolo par excellence au même titre que la F1, se sacrifie pour notre climat.

⭐️ Raphael, Prassl devant le goal mais presque, sur le 2-0 lausannois (30e). On n’ira pas jusqu’à élire le Zurichois homme du match, même si on comprend bien l’esprit de la décision prise sur la glace de Malley. Celui qui portait le numéro 81 à Davos (mais pas à Lausanne pour des raisons évidentes, chacun sait que le chandail de Ronalds Kenins ne peut que finir sa carrière au plafond de la Vaudoise pour l’éternité) s’est fait l’auteur de son tout premier but sous ses nouvelles couleurs à l’occasion de sa quatrième rencontre jouée avec les Rouge et Blanc après de longs mois passés à l’infirmerie. Et comme en plus c’était un vieux but de gratteur qui aurait fait plaisir à un autre numéro dont l’addition des deux chiffres donne 9, ça mérite bien une étoile.

Le tournant du match

Le moment où on s’est rendu compte qu’on avait la lourde tâche de faire bon usage d’au moins une demi-douzaine de noms du contingent ajoulot qui auraient probablement porté plainte séance tenante si on ne les avait pas transformés en jeux de mots plus ou moins navrants dans cette épigramme. Voilà qui nous a au moins occupé au cours d’une première période d’une pauvreté à faire frémir le nouveau ministre de l’efficacité gouvernementale à Washington. Le rythme imprimé au power play de la lanterne rouge de National League qui a suivi une pénalité infligée à Jason Fuchs (11e minute) aurait d’ailleurs fait passer le générique de Twin Peaks pour du death metal sous stéroïdes, c’est vous dire.

Oui, associer David Lynch et le LHC dans une même phrase en guise d’hommage posthume est un rêve d’enfant qui se réalise.

Une ligne qui n’est en tout cas pas composées de fr… de poules mouillées.

La section calembours de nos articles risque d’ailleurs de s’étoffer encore puisque Blick annonce l’arrivée de Sami Niku au Chemin du Viaduc la saison prochaine. C’est ce qu’on appelle un week-end compliqué du côté de Kloten.

Le slapshot en pleine lucarne du match

Celui de Damien Riat, et plutôt deux fois qu’une (1-0, 3e et 3-0, 48e). Il est tellement efficace ces temps qu’on a cru entendre que certains fans fribourgeois, du haut de toute la clairvoyance hockeyistique qui les accable habituellement, avaient cru bon d’associer des noms d’oiseaux et celui… d’Antti Suomela à la moindre apparition du casque jaune dans leur champ de vision mercredi dernier.

Aucun chant Antti-Riat n’est tombé des tribunes samedi soir.

Le vieux rotoillon en cloche du match

Kevin Pasche doit être l’un des rares sportifs à ne pas avoir effacé Roger Federer des tablettes d’une manière ou d’une autre au cours des deux dernières semaines (honte à lui).

Figurez-vous que Gaël Monfils est devenu le plus vieux vainqueur d’un titre ATP depuis Ken Rosewall en 1977 en gagnant à Auckland à 38 ans et 4 mois et a aussi chipé à la pompe à fric bâloise le record du plus grand écart entre un premier et un dernier sacre (20 ans). Sans parler du fait que l’autre Djokomplotiste, en plus d’avoir été emprisonné et apparemment empoisonné en Australie il y a maintenant 4 ans, y a empilé un 430e (et même 432e au moment de finaliser la ponte de ces lignes) match en Grand Chelem et un 15e quart de finale à Melbourne, histoire d’éjecter RF du Guinness Book une énième fois. Les réseaux sociaux ont même inventé un record des plus prestigieux (le plus grand nombre de troisièmes tours disputés par un joueur en activité) pour être sûr qu’il ne puisse pas appartenir au GOAT bien de chez nous. Quant à Yann Marti, il a… ah non.

Bref, le dernier rempart prilléran se contentera donc de sa poursuite de la marque autrement plus mythique de Leonardo Genoni et ses 10 blanchissages lors de l’exercice 2018/2019, après avoir battu celle de son mentor Cristobal Huet avec le concours de ce dernier. Et de 8 pour le numéro 33 des Lions alors qu’il reste 13 parties à disputer avant la fin de la saison régulière, dont (au hasard) les réceptions de Langnau et Lugano et un déplacement aux Vernets. Vous y croyez, vous ?

Difficile d’expliquer pourquoi la Vaudoise aréna est une forteresse si imprenable cette année.

Au fait, comme on vous parlait de tennis, quel est le point commun entre Miro Aaltonen, Martina Hingis et Richard Gasquet ? Promis, loin de nous l’idée de vous jeter de la poudre aux yeux.

Le chiffre à la con

Non, rien.

Non, vraiment. On n’a pas envie de vous parler de hockey féminin cette fois.

Oui, ne le dites pas trop fort, mais chez les filles Gottéron joue en SWHL A – pardon, en Postfinance Women’s League, alors que le LHC évolue à l’échelon du dessous, la SWHL B. Bon, et pis c’était la Coupe, tout le monde s’en fout (non ?).

Bref, ça se passe un poil mieux en championnat (classement au 19 janvier, avant le match du soir face à Worb):

L’équipe assise sur la barre est donc littéralement en Sursee dans cette ligue 🥁🥁🥁

La dernière anecdote de 2024

On savait Emmanuel Favre fan du Canadien de Montréal (comme 99% des hockyx romands). On ne sait pas s’il suit aussi Liverpool et/ou le Barça (probablement, on vous rappelle qu’il est romand). Ce qu’on sait depuis le 31 décembre au soir, c’est qu’il a développé une passion pour Petr Svoboda (là aussi, comme la plupart des Ro… ah non). On croit comprendre qu’il fait la cour depuis douze mois à celui à qui on doit la venue de Mark Barberio, Michael Hügli, Phil Varone ou encore les 117 ans de contrat de Kenins. Mais euh… pourquoi donc ? Outre des bienfaits énormes pour son développement personnel (son interlocuteur est tout de même « une personne avenante, courtoise, taquine, drôle, intelligente, éduquée, diplomate », mais ça tout le monde le savait déjà du côté de la Vaudoise aréna), il s’agissait d’obtenir des scoops. Et ces scoops, les voici : Petr a « tellement de choses à [nous] dire », mais… « pour des raisons juridiques, on ne peut pas relater ce qu’il nous a dit. » Tiens donc. Pas de la diffamation quand même ? Car oui – tenez-vous bien à la rampe, ça va secouer – il se pourrait « qu’il existe une autre version des faits. Peut-être une autre vérité… » Noooon ! Pas possible ! Bref, on ne sait pas pourquoi les rotatives continuent de tourner, le Pulitzer 2025 est d’ores et déjà promis à l’envoyé spécial du Matin dans les entrailles du Centre Bell (et aux bonnes tables des hôtels québécois). On n’avait pas presque lu des quasi-révélations pareilles depuis le Watergate. Non, franchement, on ne sait pas ce que la Columbia University attend pour faire semblant de mettre le Tchèque de 10’000 dollars promis au vainqueur sous pli.

Et sinon dans les tribunes ?

Guichets fermés pour un match contre Ajoie en plein mois de janvier alors que 12 escouades sont intercalées entre les deux adversaires du soir au classement, est-ce déjà arrivé ? Ecrivez-nous à info@carton-rouge.ch pour nous éclairer, on va pas faire tout le boulot non plus.

Bon, à en croire LFM, ce duel était VRAIMENT à ne pas manquer.

En tout cas, en termes de prestige et d’intérêt du citoyen lambda, on se serait presque cru à un derby helvétique en demi-finale de Champions Hockey League. Même si on nous susurre tout de même qu’il y avait largement assez de place dans les gradins des bords de l’Arve pour entamer une chenille du plus bel effet pour l’occasion.

C’est aussi l’occasion de savourer notre placement dans les estrades de Malley pendant que certains avaient préféré jeter un double voile pudique sur un autre spectacle dans une enceinte que l’on ne nommera pas (merci à Cherpi, notre reporter en zone de guerre, pour ce cliché difficile).

La minute Jonas Junland Pierre-Alain Dupuis

Les vacances se prolongent un peu pour Jonas, alors on a reconvoqué PAD.

Petit retour en arrière. Nous sommes le dimanche 5 janvier et il y a plus d’une chose à fêter : une première victoire lausannoise à Zurich en 7 tentatives depuis le 24 février 2024 et surtout l’obtention du Prix Champignac 2025 (décidément, les prix sont décernés très rapidement cette année) par David Pietronigro, au commentaire de la rencontre. Après un petit échauffement verbal consistant en un puck prolongé par Derek Grant « sans y prêter gare », une égalisation d’Ahti Oksanen qui « a décliqué quelque chose » et « un beau chassé-gardé » entre les différents buteurs du LHC, place au clou du spectacle : « le puck que les supporters vaudois doivent pas trouver mécontent de prendre trop de hauteur ». Voilà donc ce qui se passe quand on essaie de jouer au Scrabble dans un mixer.

Bref, l’important était que le capitaine Michael Raffl « avait été présagé » (merci Bruno Curchod) pour le match suivant un peu plus de 24 heures plus tard contre Zoug lors de ce duel à la Swiss Life Arena. 

(Jouez avec nous et retrouvez les expressions françaises réelles que ces journalistes ont tenté d’utiliser sans succès si vous vous faites un peu chier en ce lundi matin)

Pour d’autres expressions bien connues de la langue de Molière, n’hésitez pas à consulter l’espace commentaires du site du Matin.

La prospective du dernier match

Y’a-t-il plus beau cadeau de Noël qu’une carte postale de Langnau im Emmental ?

On était à Langnau le 23 décembre pour un véritable hold-up lausannois (pas en plein jour puisque le soleil s’était couché aux environs de midi ce soir-là, mais quand même) et une victoire des Lions 4-3 aux tirs au but. On raconte que le bus vaudois n’a pu échapper à la police bernoise qu’à la faveur de la neige abondante qui lui a permis de se camoufler au retour de l’Ilfis l’Emmental Versicherung Arena. Une arène dont les entrailles peuvent visiblement également être utilisées comme abri anti-atomique, ce qui est fort pratique en cas de fin du monde survenant sans y prêter gare sans crier gare en plein match. Outre le fait que le club emmentalois avait décidé de servir un (une ?) Chäsbrägu (a priori une sorte de croûte au fromage) à base de… Maréchal venu tout droit de Granges-Marnand et qu’on a dû se rabattre sur les meilleures frites de Suisse (mince alors) histoire de manger un poil local quand même, on voulait aussi vous transmettre notre meilleur conseil estampillé Tripadvisor si l’envie absurde de faire un déplacement chez les Tigres vous prenait un jour : faites en sorte de vous parquer au sud des voies de chemin de fer si vous voulez éviter un périple d’une centaine de mètres (10 kilomètres ressentis) sur une surface gelée bien plus traîtresse que celle de la patinoire elle-même. En effet, les passages sous-voie n’ayant pas encore été inventés à l’ouest de l’Aar, le malheureux supporter venant du nord doit emprunter une passerelle métallique venue tout droit du neuvième cercle de l’enfer de Dante dont la traversée est aussi glissante qu’une conversation sur le « wokisme » (sic) et les sportives transgenres à un souper de Noël en famille. De quoi trembler comme une (Hecque)feuille.

Image rare d’un groupe de touristes ayant échappé de justesse à Lucifer à l’aller et au retour.

 

Merci à Bryan pour sa veille médiatique en termes de cages renversées, de marché des transferts et de monde de la nuit dans la banlieue nord de Zurich, sans qui on aurait loupé deux-trois trucs ce week-end.

A propos Raphaël Iberg 230 Articles
"Chaque matin on prend la plume parce que l'on ne peut plus faire autrement sous peine de malaise, d'inquiétude et de remords." Maurice Leblanc

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