
L’an dernier, Carton-Rouge.ch avait déjà un envoyé spécial pour la descente de Wengen, qui avait eu la chance de passer la journée parmi le Fan’s Club d’Alexis Monney. Vu la journée incroyable que ce fut, et vu les performances récentes du skieur de Châtel-St-Denis (de Fruence diront les puristes), vainqueur de la descente de Bormio et sur le podium du super-G italien le lendemain, et de ses coéquipiers, le soussigné n’a pas hésité une seconde avant d’y retourner pour l’édition 2025. Et, un peu sous la contrainte, de refaire un article pour votre site préféré. Récit d’une journée très riche en surprises et en moments forts :
Surprise numéro 1 : Quelques jours avant le départ, nous recevons, sur le groupe WhatsApp du Fan’s Club, un message du président nous donnant « quelques informations complémentaires » : « En même temps que vos billets, vous pourrez récupérer dans le garage du parking du Lussy de quoi vous désaltérer. Notre membre […] de la société Feldschlösschen, offre la bière à tout le monde ! Un grand merci à lui !
À la fin de la journée, en rentrant sur Châtel, nous avons la possibilité de terminer la soirée à la Fabrick Bar. [Le bar] nous offre 2 boissons sur présentation du billet de la course ! Un grand merci pour ce soutien moral nécessaire ! »
On se dit quand même que le dry january n’est vraiment pas à la mode dans le ski. La journée va repartir sur de sacrées bases.
On notera quand même que Rivella a également offert de nombreuses boissons, mais avec un succès, disons, moins flagrant.
Surprise numéro 2 : Souhaitant arriver un peu plus tôt pour acheter quelques goodies, nous sommes surpris d’être pratiquement les premiers au Stade du Lussy, avant même le comité. Il faut dire que ces derniers avaient déjà fait le déplacement la veille pour aller voir leur star décrocher une belle 9e place lors du super-G sur le Lauberhorn.
Surprise numéro 3 : Alors que les participants arrivent gentiment, on constate qu’il n’y a qu’un car qui est à l’heure. Alors certes, on est une centaine de moins que l’an dernier (ce qui fait quand même plus de 130 hein), et donc il n’y a besoin que de deux cars cette fois – ce qui fait un demi -, contre quatre cars la dernière fois – ce qui fait un gâteau -, mais on se les gèle !
On constate également que malgré ce qui avait été dit il y a quelques temps, personne n’a finalement pris de fumigène jaune et noir. C’est peut-être pas plus mal.
Surprise numéro 4 : Pendant l’attente, on remarque qu’une courageuse journaliste de la RTS s’est levée tôt (il est alors 4h45 du matin) pour venir recueillir des interviews des membres avant le départ. On salue l’expérience de le faire au départ et non au retour. Elle se débrouille pour avoir des réactions, tant de personnes motivées de parler au micro si tôt, que d’autres qui y vont en freinant des quatre fers.
Surprise numéro 5 : Pour la première fois de la « carrière » du soussigné sur ce site, on lui demande s’il refait un article cette année. Réponse à ce moment-là de la journée : « Je ne pense pas, j’ai pas trop le temps ces prochains jours et je ne saurais pas quel angle prendre. » Un vrai devin le bonhomme.
Moment fort numéro 1 : Le second car arrive enfin ! L’occasion pour nous d’aller enfin nous réchauffer dans… Le car numéro 2 ! On y retrouve une bonne partie de la belle équipe de l’an dernier, le trajet s’annonce sympa.
Surprise numéro 6 : Cependant, il manque cette fois à l’appel le responsable du thé au rhum. On devra malheureusement faire sans. Par chance, on a largement assez de bières, même si ça surprend un peu plus de si bon matin. Dans le même temps, un atelier tresses de cheveux s’ouvre, parce que pourquoi pas, mené par la joviale équipe de filles assises juste devant nous.
Surprise numéro 7 : Alors qu’on a bu seulement quelques gorgées, on voit déjà Atchoum se promener dans le car numéro 2. Le manque de sommeil, sans doute. D’ailleurs, on verra Dormeur au trajet du retour.
Hey ho, hey ho…
Moment fort numéro 2 : Après un trajet agréable, on arrive à Lauterbrunnen et, comme de coutume, on va faire la file pour le train, menés par une joyeuse équipe de casques à cornes. Malgré une attente de presqu’une heure, on se dit que l’organisation du Fan’s Club a bien fait les choses car, dix minutes après notre arrivée, la file est quasiment deux fois plus longue ! Des contacts montant par Grindelwald nous informeront même, à 11h00, être toujours bloqués dans la queue… D’ailleurs, cette file est l’occasion de constater le savoir-faire des Bernois, qui ont ouvert un bar au milieu du chemin. Il n’y a pas de petit profit.
Un peu de monde, déjà.
Surprise numéro 8 : Alors qu’on s’entasse dans le train, on fait connaissance d’une sympathique équipe de Suisses allemands, qui, après quelques difficultés pour nous comprendre, nous offrent un verre de riesling. C’est quand même sacrément convivial, le ski.
Moment fort numéro 3 : Le monde présent à Wengen est déjà absolument fou, à tel point que se frayer un chemin en direction de la piste est compliqué. Une partie du Fan’s Club est lâché par le groupe de tête. Et pour cause, on annonce une course sold-out avec plus de 40’000 spectateurs (!), record d’affluence sur le week-end battu.
Surprise numéro 9 : Après avoir fendu la foule et effectué la traditionnelle petite marche jusqu’à l’aire d’arrivée, le peloton de tête du Fan’s Club constate avec un brin de soulagement que l’oriflamme, laissé sur place la veille pour tenter de garder le secteur, est encore là !
Surprise numéro 10 : Autant l’an dernier le Fan’s Club avait complètement pris possession de l’endroit, autant cette année on remarque que le Fan’s Club de Marco Kohler est déjà présent. Ce qui ne posera pas problème, car ça a l’air d’être une chouette équipe et qu’on est moins que l’an dernier. L’occasion de faire connaissance avec les parents du skieur bernois, qui viennent sympathiquement nous saluer à notre arrivée.
Le point de vue n’est pas trop mal.
Surprise numéro 11 : Alors qu’on déballe gentiment saucissons, feuilletés et fromage, on ouvre également les premières bouteilles. Soulagement, pas de vin neuchâtelois au programme cette année !
Surprise numéro 12 : L’attente favorise les échanges et on me demande à nouveau si je pense refaire un article. La réponse « Non, je pense pas, pas trop le temps ces temps. Mais bon, l’année passée j’avais pas spécialement prévu d’en faire un non plus. » Toujours aussi visionnaire. Blague à part, merci pour tous les retours positifs l’équipe !
Moment fort numéro 4 : Après une toute belle matinée d’attente et l’arrivée du soleil qui réchauffe l’ambiance, on a le droit à nouveau au magnifique spectacle de la Patrouille Suisse, qui en met plein la yeux à la foule monstrueuse qui finit d’arriver. Au passage, on se dit quand même que la volonté politique d’arrêter la Patrouille pour raisons budgétaires au profit de l’armée est un peu douteuse, parce que c’est quand même vachement plus classe de montrer ça au monde entier plutôt que de faire des gardes au milieu de la nuit lors d’un cours de répète se tenant pendant un mois de novembre pluvieux à Bure…
Moment fort numéro 5 : On est juste avant la course et tout est royal. Le soleil, l’ambiance, l’organisation, le lieu, tout est parfait. On attend plus que les performances sportives, qu’on espère aussi belles pour les Suisses que celles de ces dernières semaines. On a même le doit à l’hymne régional, chanté la semaine dernière par Odermatt devant une foule en délire à Adelboden.
Moment fort numéro 6 : Et justement, la course commence ! Après les passages des ouvreurs de luxe que sont Marc Berthod, Felix Neureuther et Beat Feuz, c’est au solide outsider slovène Miha Hrobat que revient le redoutable honneur d’être le premier à s’élancer. Et sa performance est plus que solide, on se dit déjà à ce moment-là que le top-5 est dans les cordes de celui qui est monté sur le podium à Beaver Creek en début de saison. Stefan Rogentin, premier Suisse à descendre et sur le podium du super-G de la veille, s’élance juste après mais terminera plus loin cette fois.
Surprise numéro 13 : Alors que Hrobat tient bon sur le hot seat malgré des belles performances de Dominik Paris et de Cameron Alexander, 4e et 5e finaux, l’Autrichien Vincent Kriechmayr, l’un des gros favoris du jour, s’élance. Alors qu’il est relativement loin du temps de référence, il se fait asseoir dans le carrousel final et va s’écraser dans les filets, droit en face de nous. Les images du terrible crash de Kilde de l’an dernier reviennent forcément. Heureusement, l’Autrichien bouge. Heureusement pour lui d’ailleurs car personne ne vient l’aider. L’équipe de l’armée se précipite… pour remettre en place le filet, sans un regard pour le skieur. Et le médecin présent dans l’aire d’arrivée est forcé de se farcir toute la montée du mur final à pied, pour ce qui offre une scène assez surréaliste. Le pauvre gars essaye de se dépêcher mais on voit clairement qu’il est au bout de sa vie et doit même faire des pauses ! Quand il arrive enfin vers Kriechmayr, on en vient à se demander qui va porter assistance à qui. Finalement, après une longue attente, le descendeur finit par se relever et franchir la ligne sur un ski, mais en boitant bien bas… Par contre on n’a pas de nouvelles du médecin.
Surprise numéro 14 : Pendant cette attente, on remarque un gars de l’armée posé dans le talus une centaine de mètres en-dessus de nous, en train de regarder la course. Alors que ses potes courent à chaque fois remettre les portes. Chaque compagnie a ses champions.
Moment fort numéro 7 : La course peut enfin reprendre et c’est au tour du Valaisan Justin Murisier de s’élancer. Celui qui a récemment gagné sa première course en Coupe du Monde effectue une prestation solide mais manque un peu de folie pour prendre le commandement. Très frustré en bas malgré l’ambiance de folie, le Bagnard terminera sur une solide 7e place.
Moment fort numéro 8 : Et peu après, on entre dans le temps fort de la journée, avec les passages du jeune ovni Franjo Von Allmen et du big boss Marco Odermatt, les favoris du public bernois et de la course. Le premier des deux est Von Allmen, vainqueur pour la première fois en super-G la veille et déjà auteur de plusieurs podiums cette saison, du haut de ses 23 ans. Celui qui est le chouchou des supportrices féminines du Fan’s Club (après Alexis Monney bien sûr, enfin on espère) découpe le haut du Lauberhorn et ose prendre des trajectoires que d’autres n’imaginent même pas. Le local de l’étape prend le commandement devant un public en délire et assure le show, la journée est vraiment lancée !
Moment fort numéro 9 : Et ce n’est que le début car le skieur suivant est Marco Odermatt. Triple vainqueur du gros globe de cristal, double vainqueur ici l’an dernier, le Nidwaldien veut réussir la passe de trois. Alors qu’on se disait que la performance de Von Allmen était déjà exceptionnelle, Odi fait encore mieux, établissant au passage le record de la piste. Il prend la tête pour ne plus être inquiété ensuite, devant une foule extatique ! Il hurle même « This is my house » en célébrant, pour le plus grand plaisir des fans présents. C’est la fête à Wengen !
Surprise numéro 15 : Après quelques descentes de coureurs terminant plus loin, le Français Blaise Giezendanner a son genou qui lâche dans un virage et chute, ce qui provoque une nouvelle interruption, juste avant le passage d’Alexis Monney. Le Fan’s Club reprend son mal en patience et l’un de ses éminents membres en profite pour offrir une tournée de Jägermeister, sous les grimaces de ceux qui se retrouvent avec un shot dans les mains.
Surprise numéro 16 : Une patience facilitée par l’intervention du très sympathique père du descendeur français Maxence Muzaton, qui vient nous saluer et nous faire déguster son génépi maison. Non vraiment, le ski est un sport à part niveau convivialité.
Moment fort numéro 10 : Arrive enfin le tour d’Alexis ! Le Monney-time ! Avec son nouveau statut, les attentes sont grandes au sein de son Fan’s Club, les gens étant partagés entre une tension extrême et une joie incommensurable de voir son chouchou descendre ce tracé légendaire. Mais avec les interruptions, la piste semble un peu moins rapide. Cela n’empêche pas Alexis de faire une descente solide, avec des temps le plaçant autour de la 15e place. Mais, dans le dernier virage, il manque de faire comme Kriechmayr, se rattrape de justesse mais enfourche la porte suivante, ce qui le disqualifie. Les fans sont déçus mais, à nouveau, soulagés de le voir entier en bas.
Moment fort numéro 11 : Soulagés d’autant plus qu’on peut enfin aller aux toilettes, vu qu’on se retient depuis un sacré moment, dans le doute de la durée des interruptions.
Surprise numéro 17 : Alors que le premier doublé suisse de l’histoire de la descente du Lauberhorn se dessine, le Fan’s Club se détend et profite du moment. Ce sera l’occasion quand même de voir la performance exceptionnelle du jeune Bernois (oui, encore) Lars Roesti, 8e avec son dossard 37, qui réveille le public !
Surprise numéro 18 : Après une bonne dizaine de « bon, on va au village ou bien ? », on arrive enfin à la cérémonie du podium, forcément attendue par le public en fusion devant les performances de Von Allmen et Odermatt. Une cérémonie qui verra les deux hommes et le Slovène Hrobat, finalement 3e, danser avec Elisabeth Baume-Schneider ! Celui qui doit bien danser le Miha n’a d’ailleurs pas compris tout de suite qui était cette dame d’un certain âge presque autant au taquet que le porteur de l’oriflamme au même moment.
Surprise numéro 19 : Vient alors le moment, après une certaine insistance de certains, de se déplacer au village et de profiter du peu de temps qu’il nous reste avant le retour pour aller fêter. Comme si ça ne faisait pas déjà des heures qu’on fêtait… Bref, après la balade habituelle, on se retrouve donc dans le chalet Jägermeister, sorte de nightclub aussi bondé qu’un train Lausanne-Genève aux heures de pointes avec du schlager à fond. On n’y fera pas long, le monde semblant être encore plus compact que sur les images de la Tête de Chien. L’occasion pour qu’on me repose la question de la faisabilité d’un article sur cette magnifique journée. Réponse « Je pense pas. Ou alors j’écris juste « Je suis venu, j’ai bu, je me rappelle plus » ». La porte était entrouverte, j’avais déjà perdu à ce moment-là.
En ressenti, il a fallu plus de temps pour traverser le chalet que pour voir l’intégralité de la descente, malgré les deux interruptions.
Surprise numéro 20 : Au moment de devoir redescendre, on se rend compte qu’il manque un sacré bout du Fan’s Club. Le temps de les retrouver, bien aidés il est vrai par la vision de l’oriflamme s’agitant dans tous les sens au milieu de la foule, on se dit qu’il est un peu tard pour faire la file pour le train et prenons donc la décision de descendre à pied. Une descente « facile », selon un membre du comité, que le bon quart de l’équipe va donc emprunter. Décidément, cette journée est placée sous les signes des descentes.
La descente « facile »
Surprise numéro 21 : Sauf que « facile » veut visiblement dire « sacrément casse-gueule » dans la Veveyse. Entre le stress car le car (oui, le numéro 2) attend sur nous et les plaques de glaces (mais pas du tout à cause de l’alcool ingéré hein), on a le droit a quelques vols planés, heureusement sans trop de gravité. « Alles gut, alles in Ordnung », comme dit souvent un grand homme. Au moins, la balade est magnifique, avec la vue sur Lauterbrunnen et la nuit qui tombe gentiment. Berner Oberland ist schön, définitivement.
Moment fort numéro 12 : On arrive enfin dans le car, vous savez lequel. L’ambiance est de nouveau au top du top ! Le trajet du retour s’annonce super nickel.
Surprise numéro 22 : Une fois n’est pas coutume, on se retrouve de nouveau avec un voisin qui fait une sieste. Et franchement, pour dormir avec la musique, les gueulées et la nourriture qui passe dans tous les sens, sans compter les gens qui titubent (à cause des virages bien sûr), il fallait vraiment avoir sommeil.
Surprise numéro 23 : Après un superbe trajet, qui voit certains membres arriver gentiment au bout de leurs forces, on arrive au Stade du Lussy. Là, on nous informe devoir changer de car pour aller au centre, au bar qui nous a promis le fameux « soutien moral ». Une petite équipe nettoie alors le car et, le temps de vider les poubelles… se rend compte que l’autre car, le numéro 1 pour une fois, part sans nous ! Commence alors une véritable épopée pour aller au centre de la mégalopole veveysanne, qui nous verra nous égarer et devoir traverser certains jardins, devant le regard surpris de quelques habitants. Désolé pour le dérangement si vous nous lisez, c’était pas volontaire.
Moment fort numéro 13 : On arrive enfin à la Fabrick ! À l’image de l’an dernier, le Fan’s Club prend possession des lieux. Et à l’image de l’année passée, on voit une membre, la même que l’année passée, on vous jure, aller de nouveau prêter main forte pour servir ! Le soutien moral fait son boulot pour ceux qui ont encore un peu de force.
Moment fort numéro 14 : « Du coup tu vas refaire un article ? » « Bon, finalement je pense que oui ». Je suis foutu.
Surprise numéro 24 : Au beau milieu d’un moment festif – en même temps, la journée entière fut un moment festif -, celui que nous attendions tous fait son entrée ! Alexis Monney passe pour remercier le Fan’s Club, sous les applaudissements de tout le bar. On se répète, mais le ski est un truc à part.
Surprise numéro 25 : Le petit ange sur notre épaule nous suggère de rentrer quand une belle occasion se présente. C’est ainsi que se termine, pour l’auteur de ces lignes, une magnifique journée. Qui va continuer encore un bon moment pour quelques courageux. Merci au comité pour la toute belle organisation et bonne chance Alexis pour la suite de la saison ! Et vivement l’année prochaine !
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