
Servette-Sion, derby du Rhône, bla-bla-bla, bla-bla-bla, Xème du nom, bla-bla-bla, stade de Tourbillon chaud bouillant, bla-bla-bla, la plus belle des rivalités du football suisse romand, bla-bla-bla, bla-bla-bla, bla-bla-bla. On ressort les vieilles rengaines?
On en parle un peu, beaucoup, voire même passionnément de ces Sion-Servette. Pas des Servette-Sion joués à guichets béants dans un stade inadapté pour le football suisse, non, je dis bien les Sion-Servette, à Tourbillon. Les vrais savent, les autres ne peuvent pas comprendre. Tu veux un résumé du match? Vraiment? Et bien je vais te le faire, et court: viens au stade parce que je peux te raconter tout ce que je veux, jamais tu ne pourras comprendre ce qu’est un Sion-Servette au stade si tu restes sur ton canapé à regarder « A Bon Entendeur » ou « Qui veut gagner des millions » avec, occasionnellement, un œil hagard jeté nonchalamment sur le teletext de ton smartphone. JAMAIS. Tiens, même Tholot avait réservé sa place en tribune pour l’occasion!
Oui, c’était mardi soir. Oui c’était en février. Oui il faisait presque froid et oui, faut se lever mercredi pour aller taffer. Oui, toutes les excuses étaient bonnes pour pas foutre les pieds au stade, mais aucune ne pourra être retenue en ta faveur. AUCUNE.
Sion-Servette, c’est Sion-Servette. C’est le Super Bowl de chez nous. Y’a des choses comme ça, t’as pas le droit de passer à côté. Le Tzou’metal festival, c’est quand il fait chaud. La finale nationale des reines, c’est pas un mardi. La première communion de ta nièce (dont tu es fière marraine ou fier parrain) fille de ton frère qui a un ami imaginaire, c’est en mai. Et même si le match est nul, tu passes une bonne soirée, t’oublie tes soucis pendant 2 heures et tu repars en cochant le prochain dans ton agenda tout en ramenant un doux fumet de raclette à la maison, relent de la 3ème mi-temps passée dans la toute nouvelle et toute belle annexe de Tourbillon. Pis si tu viens de Genève, tu profites d’un peu de ciel bleu à nouveau. Que demander de plus?
Hier soir, à Tourbillon, t’aurais pu voir l’actuel meilleur buteur de Super League chauffer le banc, lui que Servette a réussi à garder dans son effectif (chapeau président !) malgré la pléthore d’offres mirobolantes arrivées au club à l’intersaison, préférant le laisser partir libre de tout engagement en fin de championnat (donc gratuitement). On est gentleman et pas vénal, à Genève.
T’aurais aussi pu voir mon joueur préféré de Super League, le tireur de penalties magnifique en mettre certainement l’un de ses derniers, en Suisse, à la 90+8ème (merci la VAR), lui qui annonce refuser la belle offre servettienne reçue en novembre pour partir dès la fin de son contrat, en juin (donc gratuitement également), certainement dans un club à la hauteur de ses qualités premières, louées par René Weiler himself : Enzo est un joueur qui « ouvre des espaces, qui prend de la place, qui bonifie ceux qui sont autour de lui ». Hier soir, c’est sûr, René avait raison, ce sont ceux qui étaient autour de lui qui ont été bon(ifié)s!
Hier soir à Tourbillon, t’aurais pu également constater les vides laissés par, d’un côté, le pas encore rouillé Rouiller qui, malgré son grand âge, attaque comme il défend, soit avec un cœur gros comme ça et, de l’autre côté, par notre Joël Schmied préféré, parti en Allemagne – contre un beau chèque pour les caisses du club (chapeau, président!) – jouer devant 50’000 vraies personnes à chaque match.
Oui, hier soir à Tourbillon, t’aurais pu voir une belle brochette de champions mouiller le maillot jusqu’à la der des der. Sérieux, du début à la fin, t’aurais pas dit des personnes réelles, qui ôtent leur costume après la pièce pour rentrer se disputer avec leur conjoint(e) ou manger un bout de salami.
Hier soir, à Tourbillon, t’aurais aussi pu apprécier, en vrac, les vendanges de Kasim Adams au cœur d’une défense servettienne aux abonnés absents depuis les défections des indispensables Rouiller et Séverin, les banderoles philosophiques de la Section Grenat, les chants à la mi-temps de cette même Section Grenat: « mais ils sont où…? » alors qu’ils ont pu admirer toute la mi-temps Mall au four et au moulin juste devant eux, les torches en veux-tu en voilà comme sur une belle étape du Freeride World Tour, Fayulu qui sort le grand jeu à la 20ème, Chouaref qui nous fait une Chouaref, Kutesa qui nous fait également une Chouaref, Lavanchy qui joue le ballon Beniangba sans conséquences, Crivelli proposer sa première passe en retrait à Fayulu son premier tir à la 41ème, la 100ème passe décisive de Stevanovic et son 61ème but (environ) en grenat, Kutesa qui vise le poteau juste après le 2-2, comme pour se venger de ne pas avoir été aligné d’entrée, le deuxième pénalty excessivement généreux accordé au FC Sion et Crivelli qui, comme d’habitude, marque contre Sion.
Pas de vainqueur. Sion fait son premier point en 2025. Servette, avec son effectif de prétendant au titre de champion, essuie son 4ème match nul de l’année (sur 4). Largué au classement. Tholot sera encore en tribune samedi à Berne. Häberli, quant à lui, devra trouver des solutions contre Bâle, dimanche, au risque de se voir décoiffé par le vent du boulet.
Voilà, c’était Sion-Servette. Vivement le prochain!
Crédits photographiques
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