
Super League 2024/2025, clap de fin. Alors que d’aucuns jurent par leurs plus grands dieux avoir été témoins de la moins bonne saison, footballistiquement parlant, de toute l’histoire de la Super League, d’autres, plus enclins à la malice, détonnent en prétendant qu’un championnat aussi serré a le mérite de tenir en haleine les supporters jusqu’au bout du suspense, ou du moins jusqu’au bout de la partie « qualificative » de cette étonnante formule – ce qui n’est (de loin) pas le cas partout. Et CR7 likes it.
En changeant la formule, en amenant deux équipes de plus, en élargissant le champ des possibles, la Swiss Football League pensait fabriquer un championnat XL. On a eu une saison S, voire XS (les Bâlois sont les seuls à pouvoir prendre ça pour un compliment). Beaucoup de matches, peu de football. À se demander si les têtes pensantes, les présidents de clubs, les entraîneurs n’ont pas fait la Jack Daniels Academy pour nous concocter cette si petite mouture. À eux la faute ? Pas vraiment sûr non plus. Car il faut bien l’admettre, si certains jouent du piano de manière assez exceptionnelle, voire avec génie, nous avions, nous, plutôt la vue plongeante sur une majorité de porteurs de pianos, sur le terrain. Ils sont nécessaires, certes, mais ce n’est en général pas pour eux que nous nous extasions et payons des billets hors de prix. #Nivellement
Oui, nous avons constaté un nivellement par le bas. À Muri, on est plus catégorique. On dit « Ach, les Welsches, y’en a trop, faut faire kek’choz ! ». Et Yverdon ne like pas. D’autres mauvaises langues me disent que la moitié des équipes du championnat sont faiblardes. Je ne suis pas d’accord. Ce qui est correct, c’est de dire que la moitié des équipes du championnat ne sont pas si faiblardes que ça. Et conceptuellement parlant, c’est plus joli, surtout dans un monde où la bienveillance is the new politiquement correct, imprimé en grand sur les murs de vos boîtes, pour pas que ça s’oublie en avalant les premières gorgées du café infect servi à la cafétéria.
Tu crois que je me délecte de ce nivellement par le bas ? Vraiment, tu crois pas que je voudrais un beau championnat, haletant, palpitant, captivant sur le terrain et pas uniquement sur le teletext, page 203, montrant pendant des semaines quatre équipes à un point tout en haut et idem tout en bas ? Est-ce qu’on demande au Pape s’il veut la paix dans le monde ? Sérieux ? Maintenant, soyons francs, les 3/4 du championnat ont ressemblé à une course de sous-marins par faible bruine et léger vent sud-sud-ouest. Ou à une cérémonie d’ouverture olympique dispersée sur six kilomètres au bord de l’eau où toi tu vois, de ta tribune à 600 balles, environ 150 mètres de long (lorsque tes voisins de devant baissent leurs parapluies) et puis que pouic.
Alors voilà, Bâle est champion et Celestini est quasi viré. Miroir de la saison. Bâle est passé d’équipe moribonde qui se battait contre la relégation avec la force du désespoir, l’an dernier, à champion cette année. Fabio a fait le job, mais David, une fois encore, dégaine au hasard et tire dans le tas, au risque de s’amputer de son meilleur atout sur la durée. À la Jack Daniels Academy, il est diplômé avec mention, le Président Degen (et moi, sur ces entrefaits, je reprends une tournée).
Douze équipes, un seul champion. Onze perdants. Lorsque Sion battait YB à Berne avant d’en filer quatre à Lausanne, que Servette pointait seul en tête, que le LS réalisait un 2e tour de folie, chacun croyait en ses rêves. Aujourd’hui, philosophe, on s’aperçoit que ce qui compte, ce n’est finalement pas de les réaliser, c’est juste de pouvoir y croire. Qu’il existe une possibilité, une petite chance. Et alors chacun remettra une petite pièce dans le juke-box pour relancer la machine, repartir pour un tour (sauf Yverdon qui voudrait bien être les Ajoulots du foot suisse, mais avec la même formule), se revoir plus gros que le bœuf avant que la réalité ne les rattrape. Super League 2025/2026, nous voilà !
C’était mieux avant ? Pas sûr. Est-ce que je crache dans la soupe ? Un peu peut-être. Rassurez-vous, c’est surtout et avant tout pour lui donner ce petit goût apaisant qui nous donne envie d’en reprendre un peu.
Bref. Les appréciations.
Bâle : Schwiizer Meister.
Servette : Quelques tours en tête, un feu de Praille, à nouveau. Toujours se méfier des montées d’optimisme. Les descentes sont en général très violentes.
YB : 10 matchs ratés puis une remontada XXL. Comme on dit, c’est encore plus beau quand ça sert à rien.
Lucerne : Une fois encore, l’immobilisme était en marche et rien ne pourra l’arrêter.
Lugano : Un peu en haut, un peu en bas. Finalement, la saison de Lugano, c’est comme courir dans un train : tu t’essoufles, mais t’arrives pas plus vite.
Lausanne : Le temps passé à faire enfler ton cœur bleu et blanc, t’aurais pu aider Stromae à retrouver son papa.
Zurich : Mendy pas plus, je veux pas le savoir.
St-Gall : Saint ou pas saint, c’est égal si tu pries et comment tu pries. Rends-toi à l’évidence, ça ne marche pas.
Sion : Une saison pareille, c’est assez ballot. Mais en Valais, l’adage persiste : ne laisse jamais personne détruire ta saison. C’est ta saison. Détruits-la toi-même.
Winterthur : Rien ne sert de partir à point, quand tu sais courir à la fin.
Grasshopper : La 3e meilleure équipe de Super League de tout Zurich.
Yverdon : Tramezzani qui coule Sion puis qui coule Yverdon. Qu’il signe à Servette pour le hat-trick !
P.-S. : Un seul cas de dopage relevé de toute la saison. Mais même pas réalisé en Suisse. #BlancCommeUnCycliste
La Super League 2024-2025 peine à captiver les spectateurs. Les matchs sont souvent marqués par un manque de rythme et de créativité, ce qui contribue à une ambiance morose dans les stades. Cette situation soulève des questions sur l’avenir du championnat et sur les mesures à prendre pour raviver l’intérêt du public.