
Prenez deux équipes en plein doute, rajoutez deux défenses aux fraises, pimentez avec un arbitre et deux gardiens et demi à la rue, et mettez le tout dans un Graben glauque au possible. Vous obtiendrez au final une illusion vous faisant croire que vous assistez à un match entre Franches-Montagnes II et Verbier IB. Toutefois, la chance de voir beaucoup de buts s’en retrouve rehaussée, ce qui fut justement le cas ce soir.
Après les ultimes rebondissements de l’univers impitoyable du LHC, ce nouvel épisode est capital pour la suite et va sans doute nous permettre d’y voir un peu plus clair dans cette saga. Il n’aura fallu attendre que la 3ème minute pour avoir une bribe de réponse sous la forme d’une ouverture de la marque par l’intermédiaire de Pecker alors que Charles «s’en charge» Simard traîne son spleen sur le banc d’infamie. Il s’agit alors de la toute première occasion lausannoise. Toutefois, les doutes réapparurent lorsque qu’Imsand égalise une minute plus tard d’un tir de la ligne bleue. Un malheur ne venant jamais seul, Malik se blesse à la 7ème minute suite à une charge d’un joueur sierrois. A la 9ème minute, le LHC a la grandiose idée de se lancer dans sa deuxième offensive du match. Bilan, 2-1 par Augsburger, laissé étrangement seul devant Gigon. Une minute plus tard, Tobler réalise la parade du match en stoppant de la mitaine un tir à bout portant d’Hinks, lui aussi abandonné dans le slot. Cette seule action a permis de se rendre compte des énormes lacunes défensives des joueurs vaudois, évoluant sans aucun système de jeu et sans aucun repère. En fin de tiers, les Valaisans profitent d’une double supériorité numérique pour revenir dans le match, alors que Bernasconi et Schäublin chauffent le banc des pénalités. Rageant puisque Tobler n’est pas exempt de tout reproche sur cette deuxième réussite sierroise et Gailland a trouvé la latte quelques minutes auparavant. Heureusement, un Himelfarb toujours aussi démonstratif redonne une longueur d’avance au LHC à 7 secondes du terme de la période. Au final, il y aura eu 4 réelles occasions à 3 pour les Lausannois, pour un score logique de 2-3 en leur faveur.
Himelfarb, auteur de 6 points !
Face à la grande pauvreté du jeu valaisan, les Lausannois se décidèrent d’attaquer de manière plus franche. Le résultat fut d’une insolente efficacité: 2 minutes, 2 tirs et 2 buts plus tard, le malheureux Gigon dut céder sa place à Zerzuben. Ravi de ce cadeau empoisonné, ce dernier montre sa satisfaction en encaissant immédiatement un but évitable sur un tir anodin de Lötscher. Le 7ème but lausannois est le fruit d’une superbe triangulation entre Pecker, Gailland et Bodemann à la conclusion, seul devant Zerzuben. A ce moment du match, le gardien sierrois affole alors les statistiques en présentant une fiche de 0% d’arrêts jusqu’alors. Parallèlement, M. Popovic se décide enfin à se mettre en évidence en décrétant que toute charge est désormais incorrecte. Du coup, Morandi, Staudenmann, puis Lardi se retrouvent sur le banc. C’est bien joué, car c’est à peu près la seule solution pour que Sierre puisse éventuellement revenir dans le match. Bien pensé, mais en double infériorité numérique, Himelfarb et Schäublin s’octroient tout de même une situation de 2 contre 1, mais le Canadien snobe superbement le défenseur lausannois et échoue lamentablement sur le derniers remparts.
Ces nombreuses pénalités lausannoises ont eu une conséquence directe dès l’entame du troisième tiers temps. Les Valaisans reviennent à 4-7 grâce à David Maurer et Lee «Carotte» Jinman. Pire: à la 50ème minute, Tobler – lequel craint toujours son premier poteau comme la peste – laisse filer un puck de Ruotsalainen avec la complaisance de l’arrière-garde lausannoise une nouvelle fois pathétique. Le LHC frise même le code à cinq minutes du terme du match lorsque Brown, en power-play, trouve le moyen de rater un contrôle facile alors que Tobler s’est absenté de son but pour une obscure raison. Himelfarb scelle alors l’issue du match à la 58ème minute d’un exploit personnel pour une fois réussi. Mark Jooris sort ensuite son gardien pour évoluer avec un homme de plus. C’est diablement bien joué, car ce LHC est tout à fait capable d’encaisser 3 buts en 3 minutes. Cependant, les Sierrois ratent complètement leur affaire et Pecker peut marquer le numéro neuf dans le but vide.
La fin de match est très étrange. Alors que la partie n’est pas officiellement terminée, Ryan regagne les vestiaires en traversant la patinoire sans demander son reste. Alors que Merz s’énerve avec Pellet, Tobler fait de même avec Grieder. Pour finir, c’est un Bodemann furieux qui est allé chercher son prix de meilleur joueur sous la pression de ses coéquipiers. Vous avez dit bizarre…
Ryan, bientôt loin ?
Que les choses soient claires : ce soir, le LHC a joué au feeling. Uniquement. Ryan a en effet décidé de faire la grève du coaching en restant durant presque l’intégralité du match prostré derrière le banc, l’air hagard. Visiblement, les joueurs étaient les seuls maîtres à bord sur le bringuebalant navire lausannois. Il y a bien eu trois ou quatre remarques individuelles à l’encontre de ses joueurs, mais l’ «entraîneur» du LHC n’a pas manifesté la moindre réaction que ce soit sur la magnifique 7ème réussite lausannoise ou sur la 348ème relance manquée par Bernasconi (lequel s’est d’ailleurs montré plus à son aise lorsqu’il jouait sans canne). Le malaise est bel et bien sérieux. Si la ligne Pecker-Himelfarb-Gailland, ainsi que la désormais fameuse 747 ont été à leur avantage, le naufrage défensif fut, lui, total.
Aucun schéma et aucune vision de jeu. Des joueurs ne communiquant pas et paniquant à la moindre occasion. Aucune relance propre ni aucune rigueur défensive. Pourtant, ce Sierre jouant à deux lignes et demi fut vite émoussé physiquement et donc incapable de réaliser le moindre pressing. Le box-play fut particulièrement alarmant: très vite démobilisés, les Lausannois ont offert des boulevards au HC Jinman & Co. Fort heureusement, Sierre fut ce soir d’une faiblesse affligeante. Un Jinman amputé de son binôme Cormier, de surcroît affublé d’un fantomatique Hinks, n’a pas du tout le même rendement. Bref, victoire ô combien importante du LHC, éclipsant quelque peu les problèmes d’un effectif exsangue.
Sierre-LHC 5-9 (2-3 0-4 3-2)
Graben : 1498 spectateurs.
Arbitre : M. Popovic.
Buts : 3e Pecker (Himelfarb/5c4) 0-1, 4e Imsand (Brown, Hinks) 1-1, 9e Augsburger (Lardi) 1-2, 18e Jinman (Imsand/5c4) 2-2, 20e Himelfarb (Gailland, Bernasconi) 2-3, 21e Staudenmann 2-4, 22e Himelfarb (Pecker) 2-5, 25e Lötscher (Lüssy, Lardi) 2-6, 32e Himelfarb (Pecker, Gailland) 2-7, 41e Maurer (Hinks, Imsand/5c3) 3-7, 44e Jinman (Knopf, Simard/5c4) 4-7, 50e Ruotsalainen (Jinman, Maurer) 5-7, 58e Himelfarb (Pecker, Lüssy) 5-8, 60e Pecker (Himelfarb) 5-9.
Pénalités : 4 x 2′ contre Sierre et 10 x 2′ + 5’et pénalité de match (Lardi) + 10′(Schäublin) contre LHC.
Sierre : Gigon (22e Zerzuben); Imsand, Simard; Maret, Lamprecht; Knopf, Favre; Métrailler, Hinks, Brown; Jinman, Maurer, Ruotsalainen; Pottier, Kohli, Sassi.
LHC : Tobler; Lardi, Grieder; Bernasconi, Schäublin; Morandi, Benturqui; Merz; Sigrist, Staudenmann, Baumann; Lötscher, Lüssy, Bodemann; Pecker, Himelfarb, Gailland; Bonnet, Tognini, Augsburger.
Notes : LHC sans Rüfenacht (blessé), Villa (juniors Elite).
Écrit par Mathieu Nicollet
Une victoire contre un trés faible Sierre…Qune chose positive à ce match cest le retour aux affaires de nos 2 piliers canak!
Ca fait assez peur ce qui est écrit! On risque davoir des plays off très court!
Au lire du commentaire, cela veut dire que si Ryan navait pas été là, cela aurait été idem ou mieux !!!.
Ryan a 41 ans.
Il devrait se dire que cest une chance pour lui et construire autour de lui POSITIVEMENT.
Les menaces? on a vu le résultat en déc. à Berne.
Ne pas tout confondre, je veux bien, mais javais envie de le dire.