Le FC Wil et Anthony Favre pourraient bien vivre une superbe saison

Dimanche après-midi, le FC Wil inaugurait son nouveau stade du Bergholz. Parce qu’on est toujours avide de nouvelles découvertes et parce qu’on est pote avec Anthony Favre, une délégation de ton site préféré a traversé la Suisse afin de te livrer ce reportage exclusif au cœur du «petit chaudron».

«Les gars, vous êtes les bienvenus le 4 août à Wil pour l’inauguration du nouveau Bergholz. Vous verrez, ce stade est chouette, il ressemble même à un petit chaudron !» Anthony Favre avait trouvé les mots justes pour nous motiver à prendre la route en ce dimanche caniculaire. Avec une bonne patate et une mini gueule de bois, David Despont, Vince McStein et le soussigné embarquons donc pour cette virée dans ce coin de pays où Rivella et Ramseier sont des institutions, où l’on soupe à 18h30 et où l’on a voté largement non aux 6 semaines de vacances par année. L’affiche du jour oppose deux clubs ambitieux : le FC Wil et le FC Vaduz, deux des principaux favoris de cette Challenge League aux côtés des Lugano, Servette et Winterthour. Après avoir terminé à une piteuse neuvième place la saison dernière, le club liechtensteinois – surnommé le «Monaco du championnat suisse» – s’est donné les moyens de viser plus haut. C’est d’ailleurs la formation de LNB qui offre les plus grosses primes de victoire avec 1’500 francs par joueur, ce qui est énorme dans cette catégorie de jeu. Quant au FC Wil, quatrième la saison passée, il a clairement affiché ses ambitions en engageant certains renforts de choix tels que l’Uruguayen Federico Platero, le Tchèque Jiri Koubsky et bien sûr Anthony Favre. Avec d’autres éléments comme Pascal Cerrone (ancien international suisse M21), les ex-Lausannois Marko Muslin et Martin Steuble ainsi que les talentueux Claudio Holenstein et Adis Johavic, force est de constater que cette équipe a les moyens de succéder à ses glorieux prédécesseurs, eux qui avaient obtenu la promotion en LNA en 2002 avant de gagner la Coupe de Suisse 2004 au nez et à la barbe de GC. «Il y a de belles équipes face à nous mais on a envie d’être en-haut, dans les trois premiers en tout cas» nous confirmera Antho après le match.  

Un petit bijou

Il est 15h15 quand nous arrivons à Wil et qu’on découvre le charmant centre-ville où, 1er Août oblige, les drapeaux suisses sont partout. La grande rue piétonne a fière allure et l’on se dit que les Suisses allemands font décidément tout juste. Mais ce sentiment va toutefois gentiment s’estomper au fil de la journée… Arrivés devant le stade, les files d’attente devant les deux (!) caisses sont en effet interminables et on est bien contents d’avoir nos billets en poche. Certains spectateurs n’auront pas cette chance et seront nombreux à avoir raté le début de la rencontre. Deuxième couac, les buvettes sont complètement débordées. Il faut 20 minutes pour commander une bière alors que le stand à saucisses est en rupture de stock un quart d’heure avant la fin du match. Ainsi donc, on partira du canton de St-Gall sans avoir goûté à leur délicieux schublig. Frustrant ! Un peu comme si tu reviens d’Ecosse sans savourer un single malt ou de Genève sans avoir croisé une tête à claques… A noter tout de même que le club s’est fendu d’un communiqué sur son site afin de présenter ses excuses à ses supporters.
Ces quelques problèmes organisationnels mis à part, le nouveau Bergholz est un petit bijou. Ce stade à l’anglaise dispose de 5’850 places, d’une tribune couverte avec loges à l’étage, de trois tribunes non-couvertes et d’un terrain synthétique impeccable. Les gradins sont à quelques centimètres du terrain et, quand on est habitué à la Pontaise, ça fait tout drôle de se retrouver si près des joueurs. Bref, ce stade est parfait pour cette ville de 23’000 habitants. Seul hic, s’il venait à être promu la saison prochaine, le FC Wil devra de nouveau déménager à l’AFG Arena de St-Gall car l’enceinte ne dispose pas de quatre tribunes couvertes… Eh oui, on ne rigole pas avec le règlement des penseurs de Muri !

Tout pour l’attaque

Le stade est joliment garni à l’entrée des joueurs et le tifo du kop local a de la gueule. On espérait que le match se dispute à guichets fermés, il n’en est rien car «seulement» 2’385 spectateurs seront annoncés par le speaker. Pourtant, à contempler les deux tribunes pleines à craquer, on pensait être au moins 3’500. Reste qu’il s’agit quand même de la plus belle affluence à Wil depuis 2004. Sans oublier que ce n’est pas Vaduz et ses 8 courageux fans – lesquels n’ont pas hésité à scander des «Scheisse Wil» à plusieurs reprises – qui allaient remplir le bloc visiteurs.
Bien décidés à marquer le coup, les joueurs locaux attaquent la partie le couteau entre les dents. On joue la 5ème minute lorsque l’excellent Claudio Holenstein déborde sur son flanc droit et délivre un caviar à Adis Jahovic qui fait exploser le petit chaudron. Les joueurs de Wil sont intenables et il en faut de très peu pour que le match ne tourne à la démonstration. En face, Vaduz sort la tête de l’eau à la 20ème minute avec un magnifique coup-franc de Nicolas Hasler superbement détourné par le plus Vaudois des St-Gallois. Le match est plaisant à voir, ça attaque d’un côté comme de l’autre et le public est chaud bouillant : autant dire qu’on est loin du match soporifique entre Lausanne et GC !  
Le FC Wil a encore une énormissime occasion de marquer à la 32ème lorsque Jahovic et Taipi se retrouvent seuls devant le gardien mais trouvent le moyen de foirer leur coup. Sur la contre-attaque, Pak est servi dans les 16 mètres et s’y prend à deux fois pour tromper Favre. Tout est à refaire pour les locaux, lesquels prennent un sacré coup sur la tête et ne proposeront plus rien de bon jusqu’à la mi-temps.

Football total

La première mi-temps avait été prometteuse, la seconde sera complètement folle. Au bas mot, on dénombrera une petite dizaine d’occasions franches de marquer : Wil rate tout d’abord un pénalty à la 48ème (superbe reflèxe de Jehle sur un tir de Jahovic) avant plusieurs grosses occasions aux 55ème (latte de Holenstein), 55ème encore, 57ème, 59ème et 64ème minutes. Vaduz est également proche du KO mais Antho veille au grain, notamment via une sortie décisive face au remuant Pak. C’est finalement des pieds de Nikola Bozic qui viendra la délivrance. Jehle – irréprochable jusque là – sort dans les fraises et laisse le remplaçant Bozic marquer dans un trou de souris. Les joueurs wilois (ça se dit ?) font une mêlée géante, le stade est en transe et le speaker hurle des mots dans une langue peu commode : le petit chaudron est tel qu’on nous l’avait promis !
La fin de match ne changera pas l’histoire et le FC Wil peut fêter une première victoire dans sa nouvelle enceinte. Mieux, grâce à ce succès face à un concurrent direct couplé aux matches nuls de Servette et Lugano, le onze d’Axel Thoma fait la bonne opération du week-end et pourrait, en cas de victoire lors du match à rattraper contre Wohlen, prendre seul la tête du classement. Une première satisfaction pour cette formation qui semble tailler pour atteindre ses objectifs. «L’équipe est très belle mais il nous manque un peu de profondeur de banc», nous glissera Martin Steuble, l’un des héros de la promotion de mai 2011 et premier buteur du fameux 0-4 à Bienne.


Martin Steuble et Anthony Favre, heureux de se retrouver à Wil

Alles gut

La soirée se poursuivra dans une pizzeria des rues de St-Gall où notre hôte du jour ne cachera pas son bonheur d’évoluer dans un autre environnement. «Tout se passe très bien ici, je découvre une nouvelle façon de voir le foot. Beaucoup de choses sont différentes par rapport à Lausanne, il y a plus d’intensité et j’ai la chance d’être dans une équipe qui pratique un jeu offensif. Le but est de marquer un goal de plus que l’adversaire, et non d’en prendre un de moins. Ça change.»
Après 8 saisons au Lausanne-Sport marquées par une finale de Coupe suisse, un drapeau planté au milieu de la Praille, une promotion en Super League, une épopée en Coupe d’Europe et deux maintiens dans l’élite, le natif de St-Barthélemy se sent à l’aise dans cette petite cité de Wil : «Ça sent le foot ici, les terrains d’entrainement sont exceptionnels, les infrastructures sont nickels, le stade est super sympa et l’accueil a été génial. Bien sûr, ça m’a aidé de connaître Marko Muslin et Martin Steuble en arrivant. Pour l’instant j’habite dans un petit studio mais de toute façon, je suis souvent à Berne pour rendre visite à ma copine.» Quant à l’allemand, Antho se débrouille déjà très bien et commencera des cours fin août afin d’être un parfait bilingue. Une nouvelle vie et un nouveau défi, donc, pour celui qui pourrait bien connaître une saison très excitante. En tout cas, à entendre les supporters locaux, Antho est déjà entré dans leurs cœurs. «Il est vraiment très fort ce Welche !» nous diront-ils entre deux gorgées de Schützengarten.
De notre côté, nul doute qu’on n’hésitera pas à revenir dans ce petit chaudron lors d’une prochaine occasion. En attendant, on suivra de près les résultats de ce club sympathique qu’on espère retrouver la saison prochaine en Super League (mais tout sauf à la place du LS, il va sans dire…). Alles gut Wil et Antho !

FC Wil 1900 – FC Vaduz 2-1 (1-1)

Bergholz, 2’385 spectateurs.
Arbitre : M. Fähndrich.
Buts : 5e Jahovic 1-0, 33e Pak 1-1, 76e Bozic 2-1.
FC Wil 1900 : Favre; Cha (72e Bozic), Lekaj, Platero, Cerrone; Muslin, Steuble; Holenstein, Taipi, Audino (72e Brown); Jahovic (87e Tahirovic).
FC Vaduz : Jehle; von Niederhäusern, Pergl, Sara, Burgmeier; Hasler (61e Cecchini), Maccoppi (85e Handzic); Schürpf, Neumayr, Sutter; Pak (72e Tighazoui).

A propos Marco Reymond 470 Articles
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9 Commentaires

  1. Excellent de lire un article sur Wil et son nouveau stade, parfait pour la Challenge League. Un exemple pour les clubs tessinois et leur éternelle poste d’athlétisme.

  2. Le commentaire sur l’intensité des entraînements ne serait-elle pas une remise en cause (indirecte) du travail de Florent Delay?

  3. Article tres sympa, sur un club et un gardien tout aussi sympathique. Malheureusement, on realise encore une fois a quel point notre LS est a la masse niveau infrastructure et niveau philosophie. Vive le match a st.Gall ou nous allons jouer le 0-0 pendant 80 minutes avant de faire entrer un 2eme attaquant… ca fait rever!

    Sur ce, bonne continuation a Antho et hopp Wil

  4. « Un peu comme si tu reviens d’Ecosse sans savourer un single malt ou de Genève sans avoir croisé une tête à claques… » M.-O Reymond tu es un génie !!!

  5. C’est pas la beauté des terrains d’entrainement et le charme des terrains de campagne qui fait les bons gardiens…
    Mais amuse toi bien quand même, grand!

  6. « Deuxième couac, les buvettes sont complètement débordées. Il faut 20 minutes pour commander une bière alors que le stock de saucisses est en rupture de stock un quart d’heure avant la fin du match ». C’est la même personne qui s’occupe de gérer les stocks pour le LS et Wil apparemment 🙂 La pontaise c’est quand même le seul stade de Super league où t’es en rupture de bières à la mi-temps.

  7. Magnifique ! Bon vent à Antho à Wil – un gardien qui nous a fait rêver ! – et vivement le déplacement au Bergholz la saison prochaine avec notre LS !

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