Anne-Laure, on n’attend pas Patrick ?

Après un premier dépeçage du HCV Martigny-Valais (ici), il est grand temps de se replonger dans ce Muppet Show qu’est devenu l’écosystème gravitant autour du club de hockey octodurien. Ce tome 2 passera pas mal de temps à égratigner des personnalités locales dont les egos réunis tentent vainement de rivaliser avec celui de CC, star incontestée en la matière en Octodure. L’inefficacité de ces dirigeants politico-sportifs associée à celle du rigolo directoire de notre fédération suisse de hockey sur glace (la Swiss Ice Hockey Federation) auraient dû nous pousser à écrire l’épitaphe du HC Martigny avant même de nous lancer dans cette funeste aventure en Swiss League. On ne vous le répétera jamais assez, cette saison 2023-24 fut vraiment l’amer à boire.

Boire le calice jusqu’à la League

La Swiss Ice Hockey Federation a perdu la boule ou plutôt, elle a pris le puck. Comment une fédération nationale peut-elle accepter une Swiss League si appauvrie qu’elle aurait eu toute sa place dans Les Misérables de Victor Hugo? A la botte de l’arrogante National League (notamment de Daniel Villard et du CP Berne), notre fédé a décidé de ne plus diriger le hockey suisse et de faire confiance à cette fameuse main invisible d’Adam. Soyons clairs, la National League se chope actuellement tout le pognon gravitant autour du hockey suisse: les sous de MySports et Léman Bleu, le flouze de gros sponsors (Yuh ! et PostFinance) et le blé des assurances, banques et autres concessionnaires de SUVs Mercedes.

Pendant ce temps, la Swiss League qui, en voulant devenir stupidement indépendante, doit se battre avec des bouts de prépuces distribués à chaque club pour la saison, soit des droits TV minables de Sky (CHF 30’000), CHF 5’000 venant de Sporttip et CHF 50’0000 d’aumône versée par la fédération. Vu que la plupart des sponsors fortunés leur ont passé sous le nez, les clubs de Swiss League sont contraints de quémander quelques farinets (monnaie valaisanne) auprès des banques cantonales ou du garage Dacia du coin afin de boucler leurs fins de mois. Pourquoi un sponsor s’intéresserait-il à cette Swiss League vidée de ses semi-grosses cylindrées (Ajoie, Kloten, Langnau) et autres clubs légendaires (Villars, Davos et Ambri-Piotta) ? Asphyxiée par des directives sécuritaires contraignantes, par un règlement de transferts restrictifs pour les playoffs, par une promotion inabordable politiquement et une relégation impossible vu le manque d’équipes, la Swiss League est un produit marketing qui ferait aussi envie qu’une fondue concoctée avec du Babybel et du Boursin.

Un kop abandonné de tous…

Et dire que c’est dans ce petchi que le HCV Martigny, ou plutôt son directoire a voulu venir mettre ses lames de patins en soumettant un dossier de promotion rédigé un soir de bamboula à la Foire du Valais. La Ligue n’exigeant que des comptes audités de la saison précédente, la marche n’était pas trop haute pour que le président Polli n’invente 1’500 abonnés sur la saison et des matches à guichets fermés contre Thurgovie dans le creux de janvier. Après la Zoug Academy et Langenthal, c’est au tour des Lions du Rhône de se casser les incisives dans cette Ligue des pauvres, indigne d’une nation qui prétend rentrer dans le top 4 du hockey mondial avec une formation bâclée de nos futures stars. Mais tant que la Feldschlösschen coule à flot et que des tonnes de cervelas sont ingurgités à la Tissot Arena, les douces paroles du CEO de la Ligue Suisse Patrick Bloch continueront à bercer les illusions de notre élite : « Nous faisons tout notre possible pour que le championnat de SL puisse se jouer dans les meilleures conditions possibles la saison prochaine ». On est sauvé.

Méfiez-vous des trop Polli !

Forcés de revenir 11 mois plus tard en MyHockey League pour se farcir les Lyss, Huttwil et Seewen, nous n’avons, cher Patrick, qu’une chose à te dire pour souligner cette offrande: Merci pour ces moments ! (© Valérie Trierweiler). En bâclant préparant ton dossier de promotion pour notre nullissime Fédé, tu as réussi à leur vendre des acrobaties comptables (et à nous aussi) avec un aplomb admirable : « Plutôt que du rêve, je préfère vendre le chemin pour l’atteindre ! ». Même CC n’aurait pas osé cette malicieuse tournure, bravo ! Toutefois, étant altruiste dans l’âme, on laissera le soin à nos lecteurs de juger la justesse de ton travail sur la base de ces ardoises, en reprenant simplement ton interview du Nouvelliste de décembre 2023.

  • Tu as mis en avant que « le HCV devait jouer un rôle de formateur pour le hockey valaisan et que ce serait son ADN ces prochaines années »Constat: aucun jeune du club n’a au final bénéficié de cette année en Swiss League.
  • Tu as prétendu vouloir instaurer une cellule de développement à Martigny. Constat: en mars 2024, tu dis ne plus vouloir perdre un million par année pour former des jeunes pour les clubs de National League.
  • Tu as engagé une agence de communication pour la saison 2023-24. Constat: durant la saison, le HCV Martigny a eu une présence embryonnaire sur les réseaux sociaux et dans les médias « formateurs d’opinion ».
  • Tu avais tablé cette saison sur un doublement du nombre de spectateurs au Forum (1’200-1’500 par match). Constat: rien au niveau du marketing (prix des abos, engagement dans la communauté locale…) n’a été entrepris pour s’en donner les moyens.
  • Tu voulais avancer avec « humilité » avec un budget de CHF 2.5M. Constat: les dépenses finales se montent à CHF 2.7M et le club est sous perfusion depuis décembre 2023. Comme CC, tu ne sembles pas avoir la mémoire des chiffres.
  • Tu as engagé Victor Liebenguth comme CEO, l’homme de l’événementiel. Constat : une tente chauffée sans âme et un merchandising minimaliste (un bonnet et une écharpe) sont à mettre à son crédit. La ville de la Foire du Valais méritait nettement mieux.
  • A ton CEO, tu avais donné comme mission numéro 1 de faire entrer de l’argent avec son réseautage au Gotham. Constat: CHF 900’000 de pertes plus loin, on dirait que tu avais engagé le cousin germain de Marc Roger.
  • Tu t’étais fixé comme objectif d’augmenter le budget global d’un demi-million la saison prochaine. Constat: tu relègues le club administrativement en MyHockey League début mars 2024.

Et le pire :

  • Tu affirmais que trois clubs en Swiss League, c’était une bonne chose pour le hockey valaisan et que, par rapport à Sierre, la philosophie du HCV Martigny n’était pas la même. Constat: le 2 mai 2024, dans les colonnes du Nouvelliste, tu avoues que « de sérieuses discussions sont en cours avec le HC Sierre. Elles font du sens pour le Valais et les clubs de notre canton ».

Alors certes, gérer ce HC Martigny a dû être un cauchemar la saison passée, mais avec le nombre sans précèdent d’ardoises listées ci-dessus, on constate juste qu’on aurait pu refaire le toit de tous les chalets de Bruson. Une énorme remise en question serait la bienvenue.

Le HC Martigny, plus que jamais dans le flou.

Anne-Laure patine

Des personnalités illustres ont marqué la cité octodurienne de leurs empreintes magistrales comme Jules César et Cléopâtre (d’après mon Wiki), Léonard Gianadda et le chef Roland Pierroz. D’autres continuent de lui apporter une touche personnelle voire ambitieuse comme notre Christian national, la famille Morand ou l’inspirant Gérald Métroz. Et puis, il reste les politiciens qui tentent de se mettre au diapason. Enfin quand on dit politiciens à Martigny, cela se condense à la famille Couchepin dont la passion pour le sport se résume à la course aux voix tous les quatre ans.

Si vous nous avez suivi dans ces deux tomes consacrés au HC Martigny, vous aurez saisi que le dénominateur commun ou plutôt le galet du Rhône dans le sabot du club, c’est sa patinoire hors du temps, tellement vétuste que même celle en pleine air de Salvan est plus accueillante. Tout comme son père, la Présidente Couchepin-Vouilloz s’est érigée en cheffe rafistoleuse de ce hangar d’acier en décidant charitablement de griller un million en 2023 pour refaire les plexis et s’assurer qu’aucun journaliste ne passe à travers les planchers. Un peu comme si tu avais utilisé du scotch brun grossier pour recoller tes tongs et que tu les revendais sur Anibis comme la dernière création de Louis-Vuitton.

En fait, la frugale Présidente enterra une première fois le projet de nouvelle patinoire martigneraine lors d’un Conseil Général en décembre 2022 lorsqu’elle lâcha péremptoirement : « Une patinoire ne fait pas partie des éléments nécessaires à l’éducation de nos jeunes ». Alors vu que Mme Couchepin-Vouilloz connait par cœur le  type d’investissements qui participeront activement à la formation de la jeunesse de Martigny, allons simplement vérifier les chefs-d‘œuvres récents financés par ses soins contribuables: l’avenue de la Gare piétons-voitures-arbres que même New-Dehli ne nous envierait pas, du génie civil sans fin pour endiguer la Dranse et le nouvel abri à CHF 25M pour les cabots du St Bernard engloutissant un million de francs du contribuable et 17’000 m2 de terrain public. Ah que les jeunes de Martigny sont gâtés !

Tout en refusant de financer le projet d’une nouvelle patinoire, notre grande « sportive » refila la patate chaude au comité du HCV: « Le club a des ambitions de s’élever et c’est fantastique. Nous lui avons demandé de porter ce projet de 5 millions à titre de part pour la construction d’une nouvelle patinoire sur le demi-terrain Orsat ainsi qu’une participation annuelle de CHF 500’000. Nous attendons une proposition du club au printemps 2024 ». Comme vous pouvez vous en douter, notre politicienne aguerrie passa rapidement des paroles aux actes et le 3 mars 2024, la Présidente de Martigny, toute effarouchée suite à la publication du projet de nouvelle patinoire par le club dans les médias, lâcha ce magnifique scud: « Le projet est en porte à faux avec la zone et la feuille de route que nous avions convenue. C’est surprenant que le club communique cela, je le comprends comme un cri de désespoir dans une période compliquée pour le club ».

Au final, on constatera simplement que la dynastie Couchepin aura été pendant plus de 20 ans aux commandes de la ville et que durant ce cycle budgétaire plus que suffisant pour construire une patinoire, elle n’aura rien fait de positif sur ce dossier. Merci pour rien.

La St Bernard Arena, la patinoire qui a du chien.

Priez le Saint-Perd

L’enterrement du HC Martigny est pratiquement acté. On pourra ergoter sur le « à qui la faute ? » pendant de longs apéros: du président dispendieux à la présidente frugale, des événementiels occasionnels aux sponsors absents, de la patinoire foutue aux cantines frigorifiques. Cela ne changera pas grand-chose pour le futur du club qui apparemment se dessine grotesquement canado-sierrois.

Not in my name, not in our names.

 

Sources:

Rhone FM : https://www.rhonefm.ch/sports/victor-liebenguth-une-nouvelle-tete-pensante-au-hcv-martigny-63941

Nouvelliste: https://www.lenouvelliste.ch/valais/bas-valais/martigny-district/martigny-commune/hockey-plutot-que-du-reve-je-prefere-vendre-le-chemin-pour-latteindre-patrick-polli-president-du-hcv-martigny-1344796

HCV Martigny : https://hcv.ch

Crédits photos: Francesco Loprete

A propos Paul Carruzzo 226 Articles
Elle est pas un peu belle notre Nati et tout le bonheur qu’elle nous amène ? Alors, Rickli et compagnie, si vous ne vibrez pas devant cette équipe, vous n’êtes pas non plus monstrement obligés de regarder. Profitez d’un bon match de hornus et foutez la paix à nos joueurs, qui comme vous, ont un joli passeport rouge à croix blanche.

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