
L’Ecosse est un pays de partage. Là-bas, on partage la bière, le whisky mais aussi la bière et le whisky. Visiblement on partage aussi la passion du football, mais en y jouant avec les tibias.
Le match en deux mots
Une Havertz. Ou plutôt une douche écossaise.
L’homme du match
On aurait pu citer Jamal Musiala ou d’autres mais mettons en avant tant qu’on le peut encore Toni Kroos, dont la capacité à casser des lignes n’a pas d’équivalent. Le tout avec le strict minimum : une hanche gauche pour s’orienter et un plat du pied droit pour caviarder. Le mec, c’est le fonctionnaire des footballeurs, à la 80ème, il sort du terrain en ayant fait juste correctement son job et en souhaitant un bon week-end à tout le monde.
La saucisse du match
Le tournant du match
L’ouverture du score du Wirtzuose.
Une fois le verrou sauté, on ne se faisait plus guère d’illusion pour une équipe venue jouer en box-play dès le coup d’envoi.
Alors oui, sur un match tout est possible, « only Skye is the limit », tout ça, tout ça. Mais à un moment donné, c’est jouer avec les chardons ardents.
Mention spéciale à une amie qui ne connait rien au foot et qui a regardé le match avec ma bande de potes. Très clairvoyante, elle a eu la sortie qui a résumé tout le contenu de cette rencontre : « Même Neuer s’est fait plus chier que moi ». La vérité sort de la bouche des novices des fois.
L’esthète du match
J’en parle juste au-dessus mais Florian Wirtz est mon nouveau chouchou du football mondial. Déjà, des meneurs de jeu, on n’en voit plus beaucoup. Mais alors, des meneurs de jeu avec les chaussettes en bas (contrairement à tous ses compatriotes d’ailleurs), c’est carrément en voie de disparition. Alors oui, il va gicler au premier contact avec les bodybuilders d’en face, mais il sera toujours plus rusé et ingénieux pour leur faire des Wirtz.
Le geste pourri du match
Devant leur écran à la vue du ralenti, toute l’équipe du Professeur Schneider de l’entité orthopédique de la Klinikum der Universitätsspital de Munich avait déjà préparé son matériel d’opération pour accueillir les deux bouts du tibia sectionné d’İlkay Gündoğan.
Et on ne peut pas leur reprocher leurs talents d’anticipation…
Le chiffre à la con
0.
Comme le nombre de Scots à jeun dans le stade.
Et comme le nombre de tirs cadrés écossais, aussi.
On en revient aux choix du séléctionneur. Comment, pour créer de l’offensive, peut-on titulariser Christie, qui ne fera monter aucune enchère durant le mercato ? Alors que sur le banc, il laisse Forrest qui court comme personne sur son aile…
L’anecdote
Le saviez-vous ? Leroy Sané est le fils de l’international sénégalais, Souleymane Sané, qui l’a prénommé en hommage à Claude Le Roy, le « sorcier blanc ». On doit ainsi prononcer son blase « le Roi Sané ».
Donc on peut dire que le Roi fait des petits plats du pied tout pourris et des grosses frappes de mule au-dessus. Devant ce bilan du König, je serais allemand, j’aurais peur d’une révolution qui arrive.
Si le match était une bière : l’Astra
Juste une petite blonde pour se mettre en appétit.
C’est aussi sans doute ce que se sont dit les milliers d’Ecossais qui ont débarqué à Munich. Avec plus ou moins de succès.
La minute Johan Djourou
On n’épiloguera pas sur la page publicitaire entre les hymnes et le coup d’envoi. Triste nouveauté qui précède assurément l’instauration d’une « power break » par mi-temps lors de la prochaine Coupe du monde.
Sur place, c’est Stéphane Rinaldi qui a lancé les hostilités pour la RTS. Une prestation plus honorable que celle de la Tartan Army, même si on a senti que le scénario sans suspense du match l’a quelque peu déçu. Je ne vois pas d’autre explication au fait qu’il ait jugé le carton rouge de Porteous « un peu dur ». Ou alors, Rinaldi est fan de films d’horreur et a été déçu que le tibia du miraculé Gündoğan ne se brise pas en mille.
Le pronostic d’avant-match selon l’indice ADOLF (Average Deluxe Omniscient List of Football)
Une première réussie pour notre infaillible indice. Du haut de son 14ème rang, l’Allemagne, n’avait rien à craindre de son pâle adversaire écossais (19ème). C’était Clarke comme de l’eau de roche.
Soyez le premier à commenter