
Faites votre valise et attachez vos ceintures, on part (comme la nouvelle ex-pépite italienne Simone Pafundi) faire un bilan de la première moitié de l’exercice 2024-2025 de notre bon vieux LS. Une demi-saison déroutante marquée par des événements inattendus. En voici 5 en vrac : 1) Pafundi a moins de minutes jouées à son actif que de boutons d’acné sur son visage. Véridique, ça n’a pas été simple mais on a fait le compte. 2) Ludovic Magnin n’a pas encore été suspendu pour accumulation de cartons jaunes. Dingue. Visiblement la léthargie de Henchoz est contagieuse. 3) Lausanne sait également jouer sur de l’herbe naturelle, qui l’aurait cru ? À noter que c’est quand même pratique quand on est un club de foot. 4) Même si vous l’aviez oublié, Trae Coyle est toujours dans l’effectif du LS. Mais c’est un peu comme Schummi, plus personne n’a de nouvelles depuis son accident. 5) En termes de points (et de jouerie, dirons certains) le meilleur club de la galaxie Ineos n’est pas Manchester United, l’OGC Nice ou le RC Abidjan (navré de vous apprendre qu’ils sont derniers du championnat ivoirien, on espère sincèrement que vous pourrez encaisser cette triste nouvelle), mais bien un certain club qui joue en bleu et blanc.
La demi-saison en deux mots
La forteresse.
En juillet 2023, Leen Heemskerk annonçait en préambule de saison vouloir faire de la Tuilière une forteresse imprenable. Sa construction a donc pris une année de retard, ce qui est plutôt honorable pour la ville de Lausanne (regard qui se tourne vers la gare).
Néanmoins, les maîtres de chantier Henchoz et Magnin ont fait du bon boulot. Les deux tourelles Dussenne et Sow sont invulnérables, bien protégées par les gardes Poaty, Mouanga et Giger. En cas de petite faille, le dernier rempart Letica est prêt à activer son pont-levis pour que les offensives adverses tombent à l’eau. Enfin, les murailles Sanches, Bernede, Roche et Koindredi sont d’une solidité à toute épreuve. Tout l’inverse d’un produit Wish, Temu ou estampillé défense de la Nati.
En l’espace d’une année, le château de cartes de la Tuilière s’est donc transformé en une véritable forteresse imprenable. Aussi insaisissable que la Coupe aux grandes oreilles pour le PSG. Ou que n’importe quel trophée pour Harry Kane.
Ce n’est pas une blague, le LS se retrouve ainsi 1er au classement à domicile (8ème à l’extérieur) et reste invaincu depuis le 18 septembre 2024.
La forteresse du LS lors de la saison 2023-2024 :
La forteresse du LS cette saison :
L’homme de la demi-saison
Si le LS se retrouve en si bonne position à la trêve hivernale, il le doit en bonne partie à un (sur)homme : Alvyn Sanches. Le numéro 80 de Lausanne s’illustre dans tous les domaines et épate son monde match après match. De nombreux adversaires doivent encore faire quelques cauchemars de ses dribbles chaloupés et déroutants. En plus de ses 6 buts et de ses 3 assists, il est le joueur de Super Ligue qui remporte le plus de duels et qui obtient le plus de fautes. Et sans doute l’un de ceux qui courent le plus. À tel point qu’on pourrait reprendre quelques phrases bien connues sur N’Golo Kanté et y insérer le nom de la petite pépite du LS qu’on y verrait que du feu. Par exemple, que 70% de la surface de la terre est couverte par l’eau et que le reste est couvert par Alvyn Sanches. Ou que le LS s’aligne avec un milieu de terrain à 3, avec Bernede dans l’axe et Sanches sur les côtés.
Tout ceci n’est pas sans nous rappeler un certain Cameron Puertas, aussi originaire de Praz-Séchaud. On espère juste que Sanches ne suivra pas les traces du nouveau pote d’Aubameyang et de Nacho, qui était parti en plein mercato hivernal 2022 au prix d’une mauvaise blague belge. La suite de la saison du LS dépend grandement de la décision d’Alvyn, qui a néanmoins déclaré qu’il souhaitait terminer l’exercice 2024-2025 au club avant d’aller voir ailleurs. Mais les paroles ne veulent plus dire grand-chose dans le monde actuel du football et à l’heure où j’écris ces lignes, de nombreux clubs (Newcastle, Fiorentina, Lazio, Leeds, Gladbach…) se pressent au portillon pour s’attacher les services du joueur le mieux valorisé du championnat (9 millions). Une chose est sûre : Sanches, le LS risque de tomber de haut et d’avoir mal aux fesses.
Le tacle défensif de Sanches à la 95ème minute de jeu. Pouah, c’est chaud (comme le nom de son quartier).
La buse de la demi-saison
Si de nombreux joueurs répondent aux attentes, voire les dépassent (Sow, c’est bien toi ?), quelques éléments n’ont pas vraiment convaincus sur la vingtaine de matches disputés jusqu’à présent (18 en championnat, 3 en Coupe et quelques amicaux). Je pense notamment à Polster, Carraco, Oviedo ou de la Fuente. Parmi ceux-ci, ce dernier est celui qui a eu le plus de temps pour se montrer. Et pour décevoir. Débarqué de l’Olympique de Marseille avec une jolie carte de visite (formé à la Masia et international américain), son bilan est pour l’heure aussi maigre qu’une mannequin au défilé Dior.
Au vu des belles performances des autres joueurs offensifs, cela ne nuit heureusement pas trop aux résultats du LS. Il ne sert donc à rien Konradote trop à son sujet. On va laisser ça aux vieux ronchons de la Tuilière, qui sont bien assez nombreux.
Le tournant de la demi-saison
Qui aurait cru qu’une défaite à Genève pouvait être bénéfique ? Lors de la 8ème journée du championnat, le LS s’inclinait 1-0 contre les Grenat. Depuis, la troupe de Ludovic Magnin est apparue totalement métamorphosée : 8 victoires, 2 nuls et 1 défaite pour un bilan de 23 buts marqués et 5 goals encaissés ! Hallucinant, quand on se rappelle que le LS avait pris 12 buts lors des 4 premières rondes. Alors, comment expliquer un tel changement ? Voici la réponse d’Ajdini dans le torchon orange :
Ce sont donc simplement quelques rendez-vous avec les joueurs qui sont à la base du tournant de la saison. Faut pas aller chercher trop loin, parfois. Néanmoins, on vous livre une exclu : Ludovic Magnin a invité son père pour l’assister dans sa causerie.
De la volonté, de la camaraderie et de la lucidité devant : voici ce que Magnin père et fils leur ont demandé. Comme à la belle époque. Mais ce n’est pas tout. Ne reculant devant rien, Carton-Rouge a réussi à s’immiscer dans ces entretiens et à enregistrer les échanges avec les joueurs. Inspiré du béluga-espion russe, nous avons mis au point et greffé un petit micro révolutionnaire sur une mouche, que nous avons dressée pendant plusieurs années dans le plus grand secret. Ne le dites à personne, on pourrait avoir des ennuis.
Voici un extrait de l’entretien avec Diabaté : « Fousseni, l’entraînement cette semaine, c’est zéro ce que t’as fait. T’as vraiment été un clown. En plus on ne sait jamais quand tu arrives. Une fois c’est 9h, une fois c’est 11h et parfois tu ne viens même pas car tu files en France pour un mariage. Si tu ne veux pas finir comme le gros Georges, t’as plutôt intérêt à te bouger le derche. Le mec il joue au Beitar Jérusalem, c’est ça que tu veux ? ».
Le geste technique de la demi-saison
Parmi les 31 buts inscrits par le LS en championnat, il y a eu passablement de chefs-d’œuvre, que ce soit sur des exploits individuels ou des actions collectives. Sanches nous a notamment régalés avec sa patte gauche de velours, comme en témoigne son incroyable raid solitaire contre Winterthour ou son dernier petit bijou face à Lugano :
Mais ce qu’on va surtout retenir de cette première partie de saison, ce sont deux mots qui n’avaient plus été associés au LS depuis bien longtemps : rêve et plaisir. Oui, dans un championnat où tout le monde se fait des courbettes pour se laisser la place sur le trône, Lausanne est bien la meilleure équipe de Suisse depuis plus d’une dizaine de matches. De quoi enfin imaginer conquérir un nouveau titre, que ce soit en Coupe ou en championnat, qui nous échappe depuis le siècle dernier ? En tant que supporter du LS qui avale des couleuvres depuis près de 25 ans, ça me fait tout bizarre de me poser cette question et de parler d’ambition. J’ai la drôle d’impression qu’il y a un bug dans la matrice. Et je suis sûrement pas le seul. Parce qu’on connaît trop bien notre club et on sait pertinemment qu’on est capable de se ramasser en Coupe contre Bellinzone et de terminer dans le groupe de relégation en championnat. Surtout qu’il ne faut pas oublier que le classement est extrêmement serré. YB est capable de sortir à tout moment de sa fosse et de son état d’hibernation. La force de frappe offensive du FC Bâle, emmenée par les mollets de Shaqiri, peut faire la différence. Lugano et son maître à jouer Renato Steffen aspirent à briller autant en Suisse que dans la terrible Conférence Ligue. Servette peut compter sur l’inspecteur Derek pour remettre de l’ordre dans son équipe. Lucerne a la possibilité de profiter de son Frick pour construire quelque chose de solide. Et Yverdon pourrait bien faire une folle remontée sous la houlette du charismatique Paolo Tramezzani. Non, je déconne.
Non, qu’on se le dise, si Lausanne conserve son ossature et poursuit sur sa belle dynamique, il y a quelque chose de beau à aller chercher. Avec Sanches, Bernede, Roche, Custodio et Koindredi (dont on parle très peu, mais qui, en plus d’être calme et élégant, est doté d’une vision du jeu hors-norme et d’un touché soyeux des deux pieds), le LS possède sans doute le meilleur milieu de terrain du championnat suisse. Derrière, Letica est l’un des gardiens les plus sûrs, malgré un jeu aux pieds aussi approximatif qu’une décision arbitrale de Dudic. Dussenne et Sow forment actuellement la paire de défenseurs centraux la plus solide de la Ligue. Mouanga, Poaty et Giger, bien que limités sous certains aspects, font bien leur travail et ne ménagent pas leurs efforts. Devant, sur les côtés, Diabaté et Okou disposent d’une belle aisance technique et sont capables de mettre à mal n’importe quelle défense. En attaque, Ajdini a prouvé qu’il a l’instinct du buteur et Sène reste un joker intéressant, surtout grâce à sa débauche d’énergie colossale.
Libéré de ses tâches d’homme à tout faire depuis l’arrivée de Henchoz, Magnin est enfin parvenu à donner une vraie identité à son équipe et à présenter un jeu plaisant et cohérant où tout le monde tire à la même corde et se bat l’un pour l’autre. Rarement on aura vu le LS autant asphyxier ses adversaires avec un pressing haut et une débauche d’énergie folle. Le match contre Zurich, gagné 3-0 à la Tuilière, en est le parfait exemple. Les visiteurs n’ont pratiquement jamais réussi à aligner 3 passes de suite et à mettre le nez dans le camp lausannois.
Sans parler de l’avantage conséquent que procure le synthétique de la Tuilière. À l’image de ce qu’a fait YB sur sa pelouse ces dernières années. Bref, tous les éléments sont réunis pour faire un vrai truc et casser cette image de loser qui colle à la peau du LS depuis bien trop longtemps.
Le LS qui se bat depuis 25 ans pour quitter son étiquette de loser :
Le geste pourri de la demi-saison
Honnêtement, il faut se creuser la tête pour trouver un quelconque geste pourri du côté de l’équipe. Là-aussi ça fait tout bizarre. D’habitude, avec le LS, le choix est aussi large que Daniel Brélaz au sortir des fêtes de fin d’année. Du coup, c’est l’occasion de parler des affluences de la Tuilière. Oui, le stade est encore trop vide et le grand public peine à s’y déplacer malgré de nombreuses offres, voire billets offerts. Voilà bien l’un des rares domaines cette saison où le LS figure en bas de classement. Pourtant, la mayonnaise commence à prendre, avec un Kop qui grandit à domicile comme à l’extérieur et une moyenne d’âge qui ressemble désormais un peu moins à celle d’un concert des Enfoirés.
Alors oui, Lausanne a démarré en mode diesel et lorsque la machine était lancée, il a commencé à faire un peu frisquet pour le spectateur lambda. Oui l’accès au stade et le retour à la maison sont compliqués, puisque personne ne daigne trouver une solution au problème engendré par les cortèges des visiteurs. Oui, dans le mot hot-dog il y a le terme chaud, ce qui est rarement le cas des saucisses des buvettes de la Tuilière. Mais il y a aussi le mot chien, ce qui n’a rien à voir, puisque là non plus la promesse n’est pas tenue.
Bref, vivement le retour des jours plus chauds, en espérant que le LS se batte encore pour l’Europe, voire plus si affinité. On y verra enfin plus clair quant à l’intérêt du grand public pour le club phare du canton (non, pas toi Yverdon).
Le chiffre à la con
Lequel de ces chiffres est faux ?
- Ludovic Magnin a passé le cap des 100 matches aux commandes des Bleu et Blanc. Face à cette statistique, voici la question qui me taraude l’esprit : est-ce qu’on rencontre désormais moins de cheveux sur sa tête qu’il a de rencontres à la tête du LS ?
- Avec 28 tacles réussis, Raoul Giger est dans le Top 3 des joueurs de LNA ayant le plus de succès dans ce domaine. Bientôt Ballon d’Or le bonhomme.
- En battant Yverdon chez lui 3 à 0, le LS a mis fin à une série de 28 ans sans victoire chez son voisin vaudois. 28 ans, c’est beaucoup, demandez à Jimi Hendrix, Jim Morrison, Amy Winehouse ou Kurt Cobain.
- Les joueurs lausannois n’ont été sanctionnés que 12 fois hors-jeu. Ce sont de loin les plus disciplinés. Même si Sène pas sympa, je soupçonne un seul joueur d’être à l’origine de l’entièreté de ses positions illicites. Par respect, Kalyté qui m’est chère, je préfère taire son nom ici.
- L’achat de Simone Pafundi aurait coûté 15 millions d’euros au LS. C’est 14,99 millions de trop.
- Le petit Italien est apparu 2 fois sur le terrain cette saison. C’est largement plus que le nombre de fois où Jim Ratcliffe a été présent dans les travées de la Tuilière.
- 0, comme l’emprunte carbone du jet privé de Jim pour se rendre à Lausanne. Beau geste pour la planète, Greta te remercie.
- 0. C’est le nombre de but encaissé cette saison par Thomas Castella. Bravo, on t’aime.
- 1512 : le nombre d’intoxications alimentaires après avoir consommé de la nourriture aux buvettes de la Tuilière.
L’anecdote
Avec 30 points à son compteur, le LS réalise son meilleur premier tour depuis la création de la Super Ligue en 2003.
30 points, c’est déjà 1 de plus que le total du Stade-Lausanne-Ouchy la saison dernière. Pouah, les nuls.
Note de l’auteur : ne surtout pas mentionner que le LS a terminé son exercice 2021-2022 avec 22 unités à son compteur.
L’archive de la demi-saison
Si vous aviez encore un doute sur le fait que Lausanne sera champion de Suisse à la fin de la saison, on espère que ce sondage totalement représentatif lancé par le supposé retraité Nicolas Jacquier (qui n’a jamais été aussi actif que depuis cette annonce) permettra de vous ouvrir définitivement les yeux.
Kita vous présenter une archive, allons chercher un peu plus loin. Ici, pas de Kuzba. On veut juste vous mettre la Puce à l’oreille. Rien n’est encore joué, mais l’espoir est intact pour le LS.
Demain est un autre jour. Meyer aussi. Car sans Baudry(er), on espère simplement que le LS ne se retrouvera pas dans de beaux draps, mais simplement qu’il pourra danser la Zambaz.
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