Le dopage est dans le pré

Cachez cette pilule que je ne saurais voir!

En Suisse, on ne triche pas. On est droit. Propre. Honnête. On ne se dope pas. Entre les lignes, dans la très sérieuse rubrique « Sports » du journal orange en ligne, sous la plume de l’ex de Gottéron (et de l’ex-flamboyant HC Martigny), Christian Dubé, je lis, avec mes yeux à moi: « le bonheur est dans le pré, chez nous, en Suisse ». Merci la vie !

Non, le dopage, en Suisse, ça n’existe (presque) pas. Ca n’arrive pas, chez nous, en Suisse. C’est impossible, on est trop beau, trop fort, trop honnête. Ou alors, on n’est pas un vrai bon suisse et on se fait prendre comme on vit, c’est-à-dire gauchement, par la « faute des autres » (2 ans de suspension pour Pascal M.).

Le dopage, ça n’arrive qu’aux autres, comme un accident de voiture, une injection par erreur, une avalanche sur la gueule ou encore une participation à une finale de l’Euro avec un entraîneur plus que moyen (football is still not coming home). Et puis, le dopage, on le voit quand on regarde, pas quand on tourne la tête.

Quoiqu’il en soit, on est tellement bon, pur, fort, honnête que dès qu’on engage un joueur d’Amérique du Nord, on arrive, par une simple séance d’information, à lui faire oublier ses mauvaises pratiques et devenir blanc comme neige. Et la patrouille qui te blanchit de match en match fait son boulot à merveille! Vive la patrouille (imagine, parce que le gars te regarde pisser, t’es refroidi de prendre un truc de cycliste, même avec un produit masquant)!

Oui, les joueurs sont alors blanchis de match en match, tout en gardant un niveau de jeu phénoménal, récupérant à l’eau claire des Alpes et rechargés à 100% pour le match du lendemain, malgré 6 heures de bus et une arrivée à la maison à 5 heures du matin. Le bonheur est dans le pré, je vous le dis.

Ou alors, ils sont très professionnels. Mais alors vraiment vraiment très très professionnels. Dubé, du reste, le souligne avec force:

Et puis, vous savez, le professionnalisme, ça va, ça vient. Ca dépend toujours du point de vue. Prenons celui d’un très grand professionnel du cyclisme:

Je vous le dis, accoudé au coin du bar: « le dopage est dans le pré, l’AMA ne sert à rien, seuls les losers se font prendre et le bon public est heureux, repus de records à la pelle ». Faux ! nous dit le fils à Normand: en Suisse, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Y’en a point comme nous, n’est-ce pas?

 

Crédits Photos:

LeMatin, chronique de Christian Dubé, 20.01.2025

Twitter, L’Equipe

A propos Olivier Bender 43 Articles
Si j'étais de bonne foi, croyez-vous vraiment que j'écrirais ici?

Commentaires Facebook

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.