Ben c’était pas du Lux

Vous savez, moi aussi, quand une jolie barmaid me fait un beau sourire alors que j’ai claqué un salaire mensuel dans une tournée et le pourboire, ça me fait plaisir. Mais je suis pas sûr que ça me permette de tirer un quelconque enseignement sur mes talents de séducteur.

Le match en deux mots

Même pas un blanchiment blanchissage face au Luxembourg.

L’homme du match

Miro Muheim. On vous rassure, nous non plus on ne connaissait pas le latéral au nom de centrale nucléaire avant ce match. Mais force est de constater que le joueur d’Hambourg a été dans tous les bons coups offensifs, avec pour couronner le tout un but et un assist. Bon, difficile d’évaluer ses qualités défensives face à une opposition pareille, mais force est de constater que, si tous les tests improbables du cirque Yakin n’ont pas convaincu, Muheim n’est, lui, pas à jeter à la poubelle.

La buse du match

L’entièreté de la défense du Luxembourg. À 3-0 pour la Suisse, la Nati n’avait eu que deux demi-occasions. On n’avait pas vu une défense aussi faible depuis celle de Dominique Pélicot.

Sinon citons aussi Eray Cömert. Bon, lui il est la buse de tous les matchs dans lesquels il joue. Mais en plus d’être mauvais, celui qui évolue à Valladolid, dernier du championnat d’Espagne avec l’une des pires défenses d’Europe, tirez-en les enseignements que vous voulez, n’est pas très malin. Parce que se prendre un jaune en faisant chier le joueur luxembourgeois qui va chercher le ballon sur le but, puis faire un caprice droit derrière, le tout dans un amical aussi disputé qu’un siège au Conseil fédéral, c’est d’un niveau…

Le tournant du match

Les hymnes nationaux. On entend souvent se plaindre que notre cantique est mou. Mais alors celui du Luxembourg… On dirait une interview de Stéphane Henchoz. Tu m’étonnes que personne n’était motivé à jouer après cette ambiance d’enterrement.

L’esthète du match

Les 8’000 et quelques personnes, dont la moitié du peuple luxembourgeois, qui ont fait le déplacement à Saint-Gall pour cette daube un mardi soir de mars. Franchement chapeau les mecs, cette Nati ne vous mérite pas.

Le geste pourri du match

L’interview d’avant-match de Yakin, qui nous dit que c’est « que des matchs de préparations » et en substance qu’on s’en fout un peu. Alors je veux bien, on n’est pas con, on sait que ces amicaux ne servent pas à grand-chose, surtout vu le niveau des adversaires. Ok, on critique la langue de bois. Mais putain, toi Murat, révolte-toi ! T’as failli battre une série de non-victoires d’affilée vieille de 40 ans, que même Arthur Jorge n’a pas approchée. Ton jeu est une bouillie permanente. Tu tires au sort tes sélectionnés sur la liste « joueurs suisses » de ton jeu Football Manager. Et tu dis en te marrant que ce ne sont « que des matchs de préparation » ?!

Et même, une bonne partie des sélectionnés de ce rassemblement a moins de 10 sélections. Ces mecs devraient être surmotivés, se battre pour être appelés plus souvent. C’est quoi le message que tu envoies à ton équipe quand tu dis ça ?! Tu m’étonnes que les matchs soient chiants au possible depuis neuf mois.

Au sortir de l’Euro, j’avais dit qu’il y avait deux possibilités. Soit que Yakin avait caché son jeu pendant deux ans pour réussir un sacré coup, soit qu’à force d’essayer tout et n’importe quoi à chaque match, il fallait bien statistiquement qu’à un moment donné ça marche et que, coup de bol, c’était arrivé pendant l’Euro. Je pensais franchement pas que la deuxième option se confirmerait à ce point.

Les chiffres à la con

4. Comme le nombre de Vaudois lors de ce rassemblement. Hé oui, avec « l’expérimenté » lieutenant Dan Ndoye, l’Argentin Lucas Blondel, le néophyte Isaac Schmidt, et le malheureux Alvyn Sanchez, qui risque d’en avoir besoin d’une pendant quelque temps, ça faisait un bail que le canton de Jean Villard Gilles n’avait plus été aussi représenté dans la Nati. Vu notre débit de parole, à nous, Vaudois, ça explique peut-être la vitesse du jeu suisse.

2009. Comme l’année de naissance de l’avant-centre titulaire du Grand-Duché, Brian Madjo. Le mec est né APRÈS la défaite de la Nati 2-1 face au Luxembourg ! Gageons que ses parents ont visiblement bien fêté la victoire de leur équipe à l’époque.

L’anecdote

L’autre jour, à l’occasion du match contre l’Irlande du Nord, j’avais ironisé sur le groupe de la rédac’ devant la gueule de notre défense Schmidt – Rodriguez – Zesiger – Gartenmann. Soit un néophyte, un latéral rincé reconverti, un mec plutôt en forme mais qui n’a jamais convaincu sous le maillot national, et un illustre inconnu danois de 28 ans jouant dans l’obscur championnat hongrois. Le tout, quand même, devant Gregor Kobel.

Cette fois, Yakin, vraisemblablement pas repu en termes d’excentricité, a encore fait mieux avec son quintet Muheim – Rodriguez – Cömert – Gartenmann – Blondel. Soit un presque néophyte de 27 ans jouant en 2. Bundesliga, un latéral rincé reconverti, un mec qui n’a jamais été joueur de foot sinon ça se saurait, un illustre inconnu danois de 28 ans jouant dans l’obscur championnat hongrois et un illustre inconnu argentin de bientôt 29 ans. Le tout devant un gardien évoluant en Ligue 2 et n’ayant jamais totalement convaincu avec la Nati. What could possibly go wrong ?

Si le match avait été une citation d’un film

« Je n’en peux plus, je suis au bout du rouleau, j’ai envie de rentrer, me foutre mes savattes et terminé bonsoir ! » François Damiens dans Dikkenek. Ou tous les acteurs de ce match après le 3-0. Ou n’importe quel supporter suisse depuis neuf mois.

La minute Johan Djourou

On a commencé fort, avec Alex Comisetti qui, présentant la composition avant le début de match, nous sort « (…) et puis finalement on a Gartenmann et Cömert, des joueurs qui sont pas… qui sont pâââââs… qui sont… qui sont pas forcément amenés à être titulaires, mais voilà… » Tu sens qu’il crevait tellement d’envie de dire autre chose…

Puis on a eu le droit à un magnifique : « Difficile de faire le plein un lundi soir contre le Luxembourg ». Effectivement Olivier Dominik, surtout quand le match est un mardi.

Finalement, Lemos s’est joint à la fête, en surjouant peut-être légèrement les facultés du cerbère adverse, le grandissime, que dis-je le légendaire Anthony Moris : « J’ai rarement vu un gardien aussi bon au pied ». Chilavert, Ceni ou même Ederson et Neuer apprécieront. David, tu pousses le bouchon un peu trop loin sur Moris.

La rétrospective du prochain match

On se réjouit du prochain match contre le Mexique, avec un onze composé de Johnny Leoni au goal ; d’une défense avec le libéro des moins de 15 de Sarine-Ouest, de Rodriguez, d’un naturalisé ouzbek qui joue au Yémen, et du copain de la fille de Yakin ; d’un milieu qui regroupera Atchoum de Blanche-neige et les 7 nains, Xavier Hochstrasser et Gégé des vétés du FC Vignoble ; et d’une attaque Embolo, Duah qui se sera d’ici là refait la cerise en D3 du Mozambique et Didier Hazanavicius. En tous cas impossible pour un coach adverse de prévoir quoi que ce soit.

A propos Joey Horacsek 96 Articles
Bon ça va, je vais pas vous sortir ma biographie

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2 Commentaires

  1. Trop drôle la rétrospective du prochain match ! Et peut-être pas si éloigné de ce que Magic Murat va nous concocter pour le prochain match !

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