
En Suisse, il y a, dans et aux alentours des stades, des vrais supporters et des incontestables écervelés. Parfois ce sont les mêmes, mais pas toujours. Écervelés qui n’ont comme objectif que de venir casser, chercher la merde, taguer, détériorer, toussa. Et oui, faut pas croire, en Suisse, on arrive à être aussi con qu’ailleurs. Par exemple, si on ne tue pas de baleines pour faire du fric, c’est pas par altruisme, c’est juste parce qu’on n’a pas de baleines. Baleines qui, à mon avis, cachent les yeux de nos décideurs planchant sur une solution efficace face aux exactions de ces indiscutables écervelés. Décideurs qui, habituellement, après avoir bien réfléchi… décident de réfléchir encore un peu.
Et lorsqu’ils s’arrêtent (enfin) de réfléchir et décident, ne faisant que flotter à la surface de ce vaste sujet, nos décideurs, requinqués par une bonne dose « d’énergie masculine », consacrant une culture qui « célèbre l’agressivité » à la mode Trump-Zuckerberg-Musk ordonnent, en se congratulant parmi, tels des officiers d’armée de pays neutre en paix longue durée, des sanctions collectives. On en tombe de notre chaise. Et à force, nous sommes dorénavant beaucoup à avoir décidé de rester assis par terre.
Les sanctions collectives, ça marche ? Au cinéma peut-être. Au pays de la poudre de perlimpinpin, du lapin de Pâques et des jolies fées. Les sanctions collectives, mon capitaine, ça a surtout pour effet de renforcer la cohésion du groupe (allant même jusqu’à pousser les innocents à protéger les coupables), ça a un effet super-démotivant (à quoi bon faire des efforts si je suis puni de toute façon), ça tue la responsabilité individuelle (si tout le monde est puni, alors il n’y a pas de responsable, n’incitant personne à changer de comportement). Et ça entraîne du ressentiment contre l’autorité plutôt que contre les véritables coupables. ACAB, verra-t-on alors fleurir sur les murs.
Nos décideurs, donc, efficaces comme des Nokia 3210, décident également de planter des amendes aux clubs pour le comportement d’une bande d’authentiques écervelés sur la voie publique, entre la gare (la plupart du temps) et le stade. Amendes distribuées par défaut aux clubs (faut bien une adresse pour la facture, vu qu’on veut pas trouver les vrais merdeux de service). Hé oui, les cortèges sont désormais des zones de non-droit où les gaillards peuvent faire n’importe quoi – sous bonne protection policière – au prétexte que « on prendrait le risque d’affrontements dont les conséquences pourraient être dramatiques. Nous refusons de mettre en danger la santé des policiers », dixit Frédéric Favre, grand manitou de la sécurité autour des stades en Valais et ailleurs.
Ça doit pas être les mêmes décideurs qui pilotent les forces de l’ordre « contre » les « fans de foot » que ceux qui les lancent à toute vibrure contre les manifestants du 1er mai, par exemple. Ou alors le plaisir n’est pas le même. Ou alors on considère que les forces de l’ordre sont moins dommages le 1er mai que sur la route du stade ?
À ce niveau, je ne sais même plus quoi écrire, tellement ils se moquent cyniquement des bons grands-pères de famille qui n’osent plus aller au stade avec leurs petits-enfants, tellement c’est devenu dangereux!
Revenons donc au point de départ. Si Bob, Kevin ou Jean-Christophe foutent la merde, au stade ou en dehors, c’est pas à Michel, Angelin, Fabienne et Sophie à être puni. Si ton frère colle des chewing-gums sous les pupitres, tu seras pas enchanté de rester le mercredi après-midi à l’école pour nettoyer la classe. Déjà tout petit tu étais d’accord avec ça. Donc si Bob, Kevin ou Jean-Christophe foutent la merde au stade ou en dehors, c’est eux que tu condamnes à venir au poste de police à chaque match, 2 heures avant le coup d’envoi et jusqu’à 2 heures après la fin du match. Par tous les temps, pour tous les matchs. Même pendant les vacances. Ça calme, paraît-il. Et ça refroidit les ardeurs des copains encore libres.
Yapluka le vouloir. Mais certains disent – engoncés dans leurs certitudes – que c’est impossible. Alors, évidemment, ils ne le font pas.
Clair net et précis. Bender est chirurgical.
Jamais les politiciens ne voudront résoudre ce problème car ça leur permet de garder bcp de policiers. La politique aime la police.
Les bon citoyens aussi
@Bastien Les bonS citoyens aiment la police qui intervient pour les protéger ou la police qui ne fait rien et laisse les idiots de service dégrader leurs façades lorsqu’ils passent?
Poser la question c’est y répondre
Ou je dirais même: les bonS citoyens.