
Il paraît, pourtant, que ce serait vrai. Qu’il te suffit de t’asseoir et d’attendre. De prendre ton mal en patience. Qu’un jour ou l’autre, la roue va tourner et ce sera en ta faveur. Oui, il paraît que c’est vrai, parce qu’on l’a dit à la messe et qu’aussi, c’est sur Facebook. Parce que t’as entendu qu’une fois, loin d’ici, c’est arrivé, pour de vrai : un voleur de poisson se serait étouffé avec une arête. Fichtre !
Mais arrête donc avec ces fadaises ! Grandis, s’il te plaît. Fais un effort, n** de d***.
La roue ne tourne jamais. 99% des pires raclures de bidet s’en sortent sans une égratignure. Et même si quelques-unes, les plus idiotes du troupeau la plupart du temps, se font pincer par la patrouille (et condamner à de l’inéligibilité, par exemple), les autres se font brillamment réélire, confirmer à leur poste, promouvoir, adouber par leurs pairs, coopter, voire blanchir par le juge unique de la ligue, après expertise du « Player Safety Officer ». Ça chasse en bande, chez ces gens-là !
Tu me vois venir ?
Dans l’Ajoie et l’allégresse, plongeons-nous dans l’acte II du barrage NL/SL. Viège. 13ème minute d’un match déjà pris en main par les Valaisans (2-0 au totomat), notre bonne brute épaisse du moment, Jannik Fischer, ne commet rien d’autre qu’un attentat contre Adam Brodecki, l’envoyant violemment contre la bande et dans les pommes par la même occasion. Le Suédois s’est finalement relevé, non sans avoir passé quelques instants inconscient sur la glace, aidé par le personnel médical du HC Viège. Chanceux. D’autres finissent en chaise suite à ce genre d’agression.
L’illustre buse ajoulote, certainement au clair avec sa cochonnerie de geste que la décence ne me permet pas de qualifier comme je le souhaiterais sur ce média (des enfants et des responsables chatouilleux de la FIA pourraient me lire), non content d’avoir mis « hors état de nuire » le meilleur étranger viégeois, donc l’atout valaisan pour la promotion, se permet encore de faire son petit cirque sur la glace avant de rejoindre le vestiaire. Au concours du plus gros zizi, il oublierait de monter sur scène son moment de gloire venu. Comprenez, ayant divorcé de son cerveau, il n’a certainement pas eu la garde des neurones !
Bon, et alors ? La routourne tournera et il sera suspendu pendant longtemps, non ?
Tu rêves mon lapin. Lis bien ce qui est écrit ci-dessous et sache que moi, en tombant là-dessus, j’ai eu l’impression d’être momifié dans du mastic humide :
« Adam Brodecki s’est mis dans une position vulnérable en baissant la tête ». Ça vient du « Player Safety Officer ». Avec un titre pompeux comme ce truc « linkedin compatible », t’es pas sensé protéger les joueurs, toi, mon copain ?
Au tribunal, le « Player Safety Officer » se risquerait certainement à rajouter que la victime portait un jupe un peu courte, provocante, même.
Donc non, la routourne ne tournera pas officiellement et Fischer n’est ni suspendu ni amendé ni condamné. Quand on vous dit qu’il y a une justice, que les salauds seront punis un jour ou l’autre, choisissez plutôt de pisser de rire plutôt que de vous asseoir en attendant ce merveilleux moment. Fischer, lui, peut rechausser ses patins comme si de rien n’était pour l’acte III du barrage qui, comme on pouvait s’en douter, à tourné à l’avantage des Ajoulots.
Et moi, là, maintenant, je tremble de peur. Peur que son divorce de cerveau sans garde des neurones ne soit pas un cas isolé. Peur qu’un autre joueur, un gaillard du genre Sergio Ramos ou Pepe, se sente soudain pousser des ailes de vengeur casqué et dans son élan, inflige une sanction « venant de la glace » au Jurassien, bien plus lourde de conséquence pour lui qu’une amende et une suspension.
T’avais qu’une chose à faire pour protéger les joueurs, cher juge unique. Tu l’as pas faite. T’avais qu’une chose à faire pour remplir ton rôle « Player Safety Officer ». Tu l’as pas faite non plus. Maintenant, je sais pas si c’est pour vous venger de n’avoir que peu de lumière du jour et, pour vous abreuver, que du mauvais café, mais sachez qu’avec une décision pareille, ça va franchement devenir difficile de vous sous-estimer!
Avec bienveillance, je vous propose donc de gentiment retourner au néant. Vous vous sentirez certainement comme chez vous.
Cher Monsieur Bender (mdr, quel nom pour un satiriste de hockey sur glace…),
J’ai trouvé votre texte très pertinent et bien formulé. Mon seul regret est de le découvrir sur un site humoristique ou satirique, et non dans un média qui se veut sérieux. La justification des nombreuses charges destructrices et la non-pénalisation de celles-ci par le juge unique, le player safety ou quiconque d’autre travaillant pour la ligue suisse de hockey sur glace laisse perplexe toute personne dont les neurones ont la chance de vivre en parfaite harmonie avec leur cerveau.
On peut tout de même identifier deux problèmes distincts. D’une part, l’incompétence et/ou la mauvaise foi de toutes les personnes impliquées dans les processus de sanction des joueurs (le cas du joueur du LHC qui a volontairement fait trébucher un arbitre sans aucune sanction alors que d’autres cas ont été sanctionnés par 5 ou 8 matchs de suspension cette année est révélateur). D’autre part, le problème du règlement. Les personnes qui le rédigent et le soutiennent tolèrent ce genre d’agression sous prétexte que « le joueur se met en position vulnérable en baissant la tête », ce qui est vraiment préoccupant. Il faut avoir subi quelques commotions pour s’exprimer ainsi. Et ce genre de cas, il y en a 10 par saison…
Comme dit plus haut, c’est bien dommage que ce thème soit traité dans un média satirique et non par un média sérieux. Mais non, eux, ou plutôt leurs journalistes, se prosternent devant leur pape sans jamais oser le contredire…
Ubu
Avec plaisir, cher Ubu.
Je profite de l’occasion pour informer tous les médias sérieux que mon article peut être repris mot pour mot, gracieusement.
Mais quoi qu’il en soit, je me vois obligé de rajouter, avec un brin d’ironie ubuesque, que nous avons ici finalement à faire à un « combat de voraces contre des coriaces, mais [que, je le crois bien, nous n’aboutiront à rien car] les voraces ont [déjà] complètement mangé et dévoré les coriaces ».