
Un festival dóttir pour un match sans queue ni tête qui ne fait pas vraiment les affaires de la Suisse dans ce groupe A de la Ligue des Nations. Un groupe en l’occurence sponsorisé par l’AELE (Suisse, Norvège, Islande, Liechtenstein) et qui regorge de « croixicos », augurant une année résolument nordique pour notre Nati (la Suisse jouant le rôle de la Suède). En tout cas, difficile de dire si l’équipe est prête pour « son » Euro au vu de cette prestation cyclothymique, alternant une phase de manie en première mi-temps suivie d’une phase de dépression en seconde.
Le match en deux mots
Au Skyr !
Quand tu te fais torcher « Icelandic style », il y a de quoi dire « Björk » de dégoût…
La joueuse qui a touché au mythique St-Gall
Géraldine Reuteler, qui nous a d’abord fait croire que la Reuteler de la révolte offensive avait enfin sonné, avec un but tout en maîtrise à la 2e min. Ce bon début se poursuivit par un duel qui éliminait la gardienne avant de voir sa frappe repoussée sur sa ligne par une défenseuse islandaise. Enfin, elle délivrait une superbe passe décisive pour Smilla Vallotto pour le deuxième but à la 17e. C’est simple, à ce moment-là du match, on se disait que Géraldine était le chaînon manquant et que son apport allait nous donner des AELE.
La buse alpine du match
Apparemment, en Islande, les buses volent en escadrille.
C’est donc une buse tricéphale que je vous propose :
Géraldine Reuteler, qui a le chic d’être à la fois joueuse suisse du match et buse du match. Non contente de tacler à l’entrée de la surface (avec carton jaune à la clé) et d’offrir un coup franc permettant à l’Islande de revenir à 2-1 dix secondes avant la mi-temps, le tout sur leur seul tir et complètement contre le cours du jeu, elle se dit que le match se prêtait bien à simuler un pénalty (69e) et à prendre un deuxième carton jaune et laisser son équipe à 10 malgré l’enjeu. Je veux bien que l’arbitre n’était pas à son affaire, mais vraiment, faudra quand même qu’elle songe à apprendre les règles avant l’Euro si on veut avoir une chance.
Elvira Herzog qui, fraîchement intronisée gardienne titulaire, vient de nous pondre deux boulettes monumentales sur coup franc en deux matches. Finis les rêves de bosser dans le cabinet d’architectes réputé Herzog & de Meuron vu son style de construction laissant passer les fuites. Du coup je propose qu’on mette directement une peau de pêche titulaire dans nos buts, ça évitera à l’équipementier d’acheter des gants pour rien.
Frida Klarlund, l’arbitre danoise, qui a décidé de ne rien siffler en première mi-temps alors que les tacles des Islandaises s’assimilaient à une technique pour pêcher les saumons à même les crampons, puis s’est subitement rappelée qu’il existe un règlement à appliquer en expulsant Reuteler, pour finir sur un festival de quatre cartons jaunes en 5 min à la fin du match. On a beau dire, cette histoire de Groenland perturbe quand même beaucoup nos amis danois ces temps-ci.
Le tournant Tourbillon du match
Le raté de Meriame Terchoun qui avait la balle de 4-3 sur un plateau. Si Alisha Lehmann avait été sélectionnée, elle l’aurait mise au fond et aurait eu un impact incroyable sur le jeu. Non, on déconne bien sûr !
Photo exclusive de la réaction du community manager islandais apprenant qu’Alisha Lehmann publie des vidéos de plage à Dubaï alors que son équipe dispute un match important, puis que la joueuse était jusqu’ici sélectionnée uniquement parce qu’elle comptait plus de vues Instagram que l’Eyjafjallajökul…
L’action qui a Berné toute une défense
Le but contre son camp d’Áslaug Munda Gunnlaugsdóttir, qui au retour des vestiaires, décide d’envoyer un missile balistique en guise de passe en retrait à sa gardienne pour un but qui aurait eu toute sa place dans Benny Hill. Elle a sûrement cru qu’un geyser s’apprêtait à sortir sous ses pieds.
L’aVARie qui aurait pu nous faire toucher le fond (du lac)
L’hymne islandais… Tu sens que c’est dur de passer l’hiver sur une île dans l’Atlantique Nord.
Sinon la naïveté de la Suisse sur l’égalisation 3-3, alors qu’on sait depuis belle lurette que les touches extra-longues sont une des bases du foot islandais et que ces gens-là jouent les matches jusqu’au bout.
Un hommage caché des filles à cette remontada ?
Le moment qui valait son pesant de Thun
Tout le décor champêtre de ce match : le stade en synthétique avec parking sur terrain vague dans la zone industrielle, les 1000 spectateurs amassés dans une seule tribune, les enfants qui courent en arrière-plan en attendant que le match finisse, et le ballon qui rebondit derrière la cage pour finir sur le parking comme dans un match de 5e ligue.
Les fans scandent « Inave ! »
Mention spéciale au percussionniste des ultras islandais, qui nous a offert une prestation plus proche d’une masterclass en solos de batterie que du boum-boum traditionnel du gars pas assez bon pour jouer vraiment des percussions.
C’est bon tu peux arrêter Gunnar, le match est fini…
Le chiffre un peu dé-Biel (ou à deux Bâle)
1882
Appenzell Rhodes-Intérieures : Le droit de vote des femmes ? Depuis 1991 chez nous, suite à un arrêt du Tribunal fédéral. On est vraiment fiers d’être à la pointe des évolutions sociétales !
La Suisse : Bah nous c’est depuis 1971. On est vraiment le phare qui éclaire la civilisation !
L’Islande : Hold my beer… (depuis 1882 aux élections locales et 1915 au niveau national)
Sachant que l’Islande est également le premier pays au monde où les inégalités de salaire entre femmes et hommes sont devenues illégales, on se réjouit d’expliquer aux fans islandaises durant l’Euro 2025 qu’ici une femme sur sept se fait virer lorsqu’elle reprend le travail après son congé maternité.
Lors du visionnage pré-match, les Islandaises ont apparemment cru qu’il s’agissait d’une œuvre de science-fiction, avant d’apprendre qu’elles venaient de voir une comédie (?!?) historique…
Bonus : Carton-Rouge vous livre en exclusivité la vidéo qui présente les conclusions de la commission parlementaire pour l’amélioration de l’accueil extra-familial.
L’anecdote qu’on aurait pu entendre sur la Bahnhofstrasse…
… si on avait été un peu plus (Zu)riche.
« C’est quand même bien tous ces matches dans des pays chers, ça m’évite de faire semblant d’être pauvre… »
Jeu : un adversaire non nordique prolétaire se cache dans ce calendrier. Saurez-vous le trouver ?
Si le match avait été un fromage
Les Suissesses n’auraient pas dû goûter l’une des spécialités locales, le hákarl, spécialité culinaire à base de requin du Groenland faisandé, mets également appelé « Gianni Infantino ». D’après Wikipédia, il « peut être accompagné de brennivín (eau-de-vie de pomme de terre au cumin à 37,5 %, surnommée « mort noire ») pour faire passer son goût particulier » et « ce mets fermenté conservant une forte odeur d’ammoniac, le non-initié le déguste souvent en se pinçant le nez ». De là à imaginer un drinking game consistant à boire un shot à chaque fois que vous entendez « dóttir », il n’y a qu’un pas.
On comprend mieux comment ce pays a pu donner naissance à Björk…
La minute Sandy Maendly
On sent que le duo Scola-Maendly hausse son niveau de jeu à l’approche de l’Euro, mais rien n’échappe à nos oreilles expertes et malfaisantes :
Scola :
« Schnetenleib », « Schneterleib », puis « Scherteinleib ». Allez Fred, on y est presque, plus que deux mois pour s’entraîner !
« La cerise sur le cadeau »
« L’entraîneur sort de son banc, presque de ses gonds également. »
« Attention les petites scories dans les relances de la Suisse. »
Maendly :
La ville de « Franque-four »
Une petite galère avec la pronociation de Fölmli : Fölmi (et Fölmoi), Fömi (chi-Fömi)…
Une tournure créative avec « une passe un petit peu troT appuyée », qui a provoqué une déchirure des ligaments de la liaison chez mon confrère Raphaël Iberg.
La rétrospective du prochain match se jouant à Lausanne (mais non, on déconne)
Côté Islande, le sélectionneur décide de désormais annoncer ses sélections comme suit : « Toutes les joueuses avec un accent aigu dans leur nom sont sélectionnées ».
Côté Suisse, un petit enchaînement contre la France (30 mai) puis la Norvège (3 juin), soit les deux premières du groupe, dont nous sommes les dernières. What could possibly go wrong ?
Crédits photographiques
Skyr : photo personnelle (merci à Laurence pour l’inspiration !)
Vieux pêcheur : photo de Viktor Vandiak sur Unsplash
Fans dans un stade : photo de Zach Rowlandson sur Unsplash
Requin faisandé : Par Xfigpower — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15756887
C’est quoi un match de district?
Bonjour, merci pour ta question. C’est un match au niveau départemental en France (9e division). Ce serait quoi l’équivalent cantonal ? Je vais adapter.
Les jeux de mots, c’est comme tout, faut pas en abuser. Un peu plus de foot, un peu moins d’efforts pour en caser un à chaque paragraphe, et tu serais (presque) aussi bon que Raphael Iberg. Skol.
C’est vrai qu’on prend tous la plume en se demandant quelle place on va occuper dans le classement virtuel des rédacteurs qui se déroule dans ta tête. Qu’entends-tu par « un peu plus de foot »? Je parle de cinq buts sur six, du groupe, du calendrier, de Lehmann et il y a deux résumés de matches en vidéo. Les commentaires, c’est comme tout, faut pas en abuser.
Quel accueil pour le retour de Flo dans nos colonnes ! Au risque de te décevoir, c’est moi qui ai conçu le nouveau canevas et chaque catégorie a son jeu de mots… 🫣