Super League : alors, cette formule à l’écossaise, Sean Connery ?

Voilà deux saisons que notre Super League se joue selon un modèle dit « à l’écossaise », où le dernier quart de la saison voit s’affronter deux groupes de six (Championship et Relegation). La saison étant finie, voilà le moment idéal pour se demander si elle a plutôt le goût de Glenfiddich ou de haggis.

Une formule mal distillée ?

Au départ, ça paraît pas si alambiqué :

Mais là où ça se corse, c’est qu’une équipe du deuxième tableau peut donc finir avec autant voire plus de points que les 5e et 6e du premier tableau. Sportivement, c’est quand même limite, non ?

Par ailleurs, la formule ne garantit pas que toutes les équipes jouent le même nombre de matches à domicile lors de la phase finale et l’organisation des matches en fin de saison peut s’avérer complexe, en particulier si plusieurs équipes sont à égalité. 

En tout cas, ça aurait pu être pire : on l’a échappé belle en n’ayant pas à se farcir les play-offs qu’ils ont tenté de nous refourguer en douce il y a trois ans.

En prenant du recul, quand on regarde les premiers vainqueurs de cette formule, on constate qu’il s’agit des BSC Young Boys l’année dernière et du FC Bâle cette année. Sans leur enlever le mérite de leurs belles remontées au classement, force est de constater que, pour l’instant, c’est plutôt l’ordre établi qui perdure, avec des gros clubs qui ont déjà été champions récemment. En effet, depuis la saison 2003-2004 et la création de la Super League, seuls le FC Bâle, le FC Zurich et les BSC Young Boys ont remporté le championnat. Je demande à voir pour les prochaines saisons mais je ne suis pas convaincu que Servette, Lausanne ou Sion remportent pléthore de titres ces prochaines années.

On pourrait d’ailleurs élargir le débat en se demandant si le fait qu’un club de Promotion League atteigne la finale en Coupe de Suisse (bien que ça en fasse son charme) est un signe de bonne santé ?

Sauter pour mieux reculer

Au niveau européen, le bilan est beaucoup plus violent. Certes, Bâle avait fait un parcours plus qu’honorable en Conference League 2022-2023, se hissant en demi-finale contre la Fiorentina. Mais force est d’admettre que depuis c’est la gabegie, en témoigne le parcours calamiteux des Young Boys en Champions League nouvelle formule (2024-2025), réussissant la bagatelle de finir 36e sur … 36 !

Imaginez le goal average si les deux derniers fusionnaient pour fonder le club des Bratisla Boys…

Du coup, si cette nouvelle formule était censée tirer le football suisse vers le haut, c’est plutôt la douche écossaise. La Suisse est désormais 17e au classement UEFA, si bien que dans deux ans, tout va se compliquer pour nos écuries.

Voyez plutôt :

Nombre de places européennes : 4 au lieu de 5 actuellement
Champions League : trois tours préliminaires pour le champion de Suisse
Europa League : deux tours de qualification de plus pour la vainqueur de la Coupe
Conference League : trois tours de qualification

Quand tu réalises que le championnat de Norvège est six places devant la Suisse…

 

Shaqiri, prophète (seulement) en son pays

Nous sommes tous d’accord, le pied gauche de Shaqiri devrait être inscrit au patrimoine de l’UNESCO et ses plus beaux chefs-d’œuvre devraient être exposés à la Fondation Beyeler dans le cadre d’une exposition intitulée « Giacometti-Shaqiri : dialogue croisé sur la pureté des formes au service de l’esthétisme ».

Ceci étant posé, on peut s’interroger sur le degré d’extase qu’on peut s’accorder sur le meilleur buteur (17 buts) ET meilleur passeur (21 passes décisives) du championnat, sachant qu’il ne s’est jamais vraiment imposé dans les autres championnats européens et qu’il est plutôt sur le déclin physiquement (33 ans), même si les Highland Games et son lancer de tronc lui tendent clairement les bras.

Ce paradoxe a atteint son paroxysme lors du match Lugano-Bâle (2-5) du 10 mai 2025, où Shaqiri a inscrit un triplé en 9 minutes, en infériorité numérique (!?!), offrant ainsi le titre de champion à son équipe. Chapeau l’artiste, mais du coup si tu peux planter trois buts à 10 contre le 4e du classement (Lugano était dans le fameux premier groupe « Championship ») lors d’un match couperet, que peut-on en déduire du niveau de la ligue ?

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Sculpture de Shaqiri s’apprêtant à marquer un triplé en infériorité numérique…

En résumé, je trouve cette formule plutôt en trompe-l’œil.
Et vous ?
N’hésitez pas à partager vos réflexions en commentaires !

 

Crédits photographiques
Photo de Pascal van de Vendel sur Unsplash
Classements du championnat : captures d’écran Google
Classement UEFA : https://fr.uefa.com/nationalassociations/uefarankings/country/?year=2025
Giacometti : Walking Man : https://flic.kr/p/amvXW

 

A propos Florent Gonnet 62 Articles
Que penserait Molière de la VAR ?

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2 Commentaires

  1. Très ressemblante la statue de Shaqiri ! La même morphologie longiligne ! Bon il manque quand-même le short qui tombe jusqu’aux chevilles ! 🙂

    • En effet, on sent bien que Giacometti s’intéressait beaucoup au football ! 😂 Remarque, le mythe du Minotaure des Balkans l’aurait sûrement intéressé.

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