Sierre-Zinal : la faillite

Tu vois, je t'avais bien dit !

Avec l’équipe, y’a toujours juste quelques jours, on se demandait si, en Valais, il existait des clichés qui n’étaient pas vrais. Genre les copains d’abord, toujours, quoi qu’y fassent. Ou faire bloc lorsqu’un du dehors vient revendiquer un truc, même si on n’est pas copain, mais qu’on se serre de toute façon les coudes contre l’envahisseur. T’as suivi l’histoire de la pétition pour les cloches de vaches dans le Val de Bagnes, qu’un du dehors viendrait demander de pas mettre la nuit, dans le village, lorsque les vaches paissent dans le pré constructible à côté de son chalet qu’il a érigé sur un terrain que les locaux étaient tout heureux de voir passer en zone « résidence » pour pouvoir le lui fourguer à Fr. 890.- le mètre alors que c’était Fr. 7.10 en zone agricole (donc zone où les règles de tapage nocturne ne sont pas strictement les mêmes) ? Non ? ben regarde, c’est ici.

On s’est posé la question et on trouvait pas d’exemples. On avait conclu que ces clichés étaient alors véridiques. Ben pour nous faire mentir, le tribunal de Sierre, il a dit que c’était le Genevois qu’avait raison et pis que c’était l’Association Sierre-Zinal qu’avait tort, même si l’Association Sierre-Zinal est composée de bons locaux du bled, que j’imagine volontiers posant fièrement devant l’hôtel Weisshorn, pour la photo officielle, tous équipés de la doudoune sans manche de ceux qui ne doutent pas de leur droiture, de leur supériorité, de leur place méritée héritée dans le haut de la société. Dézinguée à la sulfateuse, l’Association Sierre-Zinal, sur ce coup-là. Stupeur et tremblements dans la cité du soleil. On était tellement sûr de leur fait, à l’Assoce, que l’enveloppe du communiqué de presse – préparée bien à l’avance (comme celle contenant uniquement le discours de remerciement au CIO pour l’attribution de l’organisation des JO d’hiver 2006 à Sion, déjà ouverte au moment où Juan Antonio Samaranch a prononcé le fameux « and the winner is… Torino ») – contenait une seule page avec une seule ligne qui disait « Vous voyez qu’on avait raison ». Parce que dans le Vieux Pays quand on est chef, on sait et raison, on a. Christophe du Conseil d’État et Christophe de la rédaction sportive du Nouvelliste ne me contrediront pas.

« Cette décision confirme que Julien Lyon ne porte aucune responsabilité personnelle dans la survenance de ce cas de dopage. »

Et bien non, les copains. Julien Lyon ne porte aucune responsabilité dans le cas de dopage de son athlète Joyline Chepngeno, voilà ce que dit le tribunal. Et c’est parce qu’on en parlait déjà ici que je vous fais cet article où finalement, je n’ai pas grand-chose à vous dire d’autre que « Qui aurait pu prévoir ? » Franchement ? Hein ? Qui aurait pu prévoir que mettre tout le monde dans le même panier (l’athlète convaincue d’utilisation de substance prohibée, l’entraîneur, tout le reste des membres de l’équipe), juste « parce que », c’est pas une bonne idée et que ça va à l’encontre de toutes les règles qu’on essaie de t’apprendre depuis que t’es tout petit.

« Nous allons prendre le temps d’analyser la décision avant de nous prononcer. » 

(C’est bien de réfléchir avant de se prononcer. Peut-être aurait-il fallu le faire avant de bannir tout le monde, non ?)

Alors voilà. Maintenant, Julien Lyon demande réparation. Pour son image et pour ses finances. On se réjouit de voir le nombre de zéros du montant. Et si l’Association pourra et payer et survivre, même si on leur souhaite pas la faillite. Quoique, des fois, juste pour l’exemple…

A propos Olivier Bender 73 Articles
Si j'étais de bonne foi, croyez-vous vraiment que j'écrirais ici?

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