Le Choc(olat) des Empires coloniaux: la France ne joue qu’une mi-temps

Lorsque vous vous apprêtez à prendre votre plus belle plume pour rédiger un article sur la petite finale d’une Coupe du Monde et que, dans vos journaux habituels, les titres qui y font allusion sont « Sérieusement, qui s’intéresse vraiment à cette petite finale » ou « France-Angleterre: tout le monde s’en fout« , votre moral et votre motivation en prennent un coup. Après, on se remémore la chatte à Dédé, dont ce sera la dernière danse, le génie tactique de Tuchel, le melon de Mbappé, l’habileté de Pickford, la mère de Rabiot et la tronche d’acteur porno des années 80 de Kane et on se dit qu’on devrait quand même dégoter 2-3 âneries à vous raconter. Mais quel suspense ! Qui va donc se retrouver chocolat avant qu’on l’oublie dès demain soir ?

Le match en deux mots

Deux ambiances.

Au coup d’envoi, 5 changements dans l’alignement français, 7 dans l’anglais. Pas de (Hurri-)Kane, pas de (hey Jude !) Bellingham,  pas de Dembele, Ballon d’Or en titre. Visiblement l’enjeu est colossal. On regrette particulièrement l’absence dans les buts anglais de Pickford qui a à lui tout seul la capacité d’animer un match. Gusto joue en défense pour la France et je n’ai jamais entendu parler de lui. Pour moi, Gusto, c’était un chef cuistot dans Ratatouille…

Après 18 minutes, c’est déjà 2-0 pour l’Angleterre. A la mi-temps c’est 4-0. Décidément elle marche bien cette nouvelle défense française.

Réveil tardif français en deuxième mi-temps, mais ce sera insuffisant.

L’homme du match

Didier Deschamps mérite cet honneur, non pas pour le match de ce soir, mais pour l’ensemble de son œuvre.

Arrivé en 2012 après 6 ans de disette depuis la finale de la Coupe du Monde 2006, il a redonné aux tricolores leurs lettres de noblesse, avec comme point d’orgue le titre de Champion du Monde en Russie en 2018.

Alors oui, il a eu de la chatte. Légendaire la chatte à Dédé. Mais il a eu le mérite de gérer les ego des starlettes françaises et a de grandes capacités pour analyser le jeu des autres. Il ne méritait pas de perdre ses deux derniers matchs à la tête de l’équipe de France, surtout de cette manière. Honte à ses joueurs. Dédé a probablement donné sa dernière soufflée à la mi-temps, ce qui va fonctionner puisque les Français vont complètement marcher sur le sac des Anglais durant toute la deuxième mi-temps. Dédé a eu tout de même le mérite de réveiller un peu les Français, et en plus il ne s’est même pas plaint de l’arbitrage, cette fois.

On se demande où et quand on va revoir Dédé. On se réjouit. On espère juste que ce ne sera pas sur le plateau de l’Equipe à faire des théories de bus et d’ascenseurs avec Raymond Domenech. A la limite, il pourra lui apprendre ce que c’est, la classe.

La dinde du match

On a hésité entre Thomas Tuchel, dont l’équipe a failli s’effondrer pour la deuxième fois en fin de match, et Kylian Mbappé, dont la présence sur le terrain et l’organisation tactique française étaient totalement orientés afin que le joueur batte le records de but lors d’une Coupe de Monde.  Alors on a choisi :

L’émotion.

On a vu la réaction sacrément mesurée de Rice après son but à la 3ème minute, on a eu l’impression qu’il avait marqué dans un tournoi amical des vétérans du FC Goumoens-le-Jux un dimanche matin à 08h30. Pas mieux pour les Français après leur « mini-remontada » au cours de la deuxième mi-temps.

Dembele est euphorique après avoir marqué le 4ème but français.

Au moins on a vu des buts ! Un jeu offensif digne d’un match amical !

L’esthète du match

On aime Bukayo Saka, surnommé « little chilly » pour son explosivité, son engagement dans ce match, et son dynamisme. A part contre l’Argentine, Tuchel ayant préservé ses attaquants pour le match pour la 3ème place, Saka a joué tous les matchs de cette Coupe du Monde. Il n’a pas soldé ce match, réalisant un doublé en première mi-temps. Saka’rtonne ! Malheureusement, il va s’éteindre à la mi-temps comme tous ses coéquipiers, marquant tout de même un pénalty à la 86ème minute.

Le moment MAGA du match

A la 18ème minute, Konsa (c’est qui ce joueur dont on n’a jamais entendu parler ?) marque le 2-0 sur une tête imparable.

Kylian Mbappé, dont la présence sur le terrain ce soir est uniquement due au fait qu’il avait une chance d’être le goaleador de cette Coupe du Monde, a l’air vraiment effondré par cette deuxième réussite anglaise. Il mettra deux buts en 2ème mi-temps, faisant passer son total à 10. Je ne sais pas pourquoi mais on n’a même pas envie de le féliciter.

On a pris 4-0 à la pause ? Je m’en fous, je veux juste marquer un but

Le point commun entre les deux équipes

La France et l’Angleterre, il y a bien longtemps, ont tout simplement été les deux nations les plus colonisatrices de l’histoire moderne.

En effet à son apogée en 1922, à la belle époque comme dirait l’intellectuel Boris Johnson, l’Empire britannique comptait 400 millions d’habitants, soit un tiers de la population mondiale. Corollaire de cette période, le Roi Charles 3 règne également, de manière symbolique il est vrai, sur le Canada, l’Australie, la Jamaïque et 11 autres pays exotiques.

La France elle occupe une brillante deuxième place avec 150 millions d’habitants à la même époque, loin derrière tout de même.

Le chiffre à la con

10 buts

Un match complètement débridé, avec des temps forts, des temps faibles, des défenses aux fraises et des attaques à la fête, pas de mêlées ou de prise en otage de l’arbitre. Ah, si tous les matchs de ce Mondial avaient été joués sur ces bases !

Si le match avait été une junk food

Un buffet à volonté, sans retenue. On essaie tout, on se pète la panse sans limite.

En fait quand il y a pas d’enjeu, c’est plus facile pour les joueurs de se lâcher. Que de buts, d’occasions, pas de réclamation, de coup de pute, de provocation, de simulation, de VAR, de polémique, de Gianni Infantino. On en redemande !

La minute Léonard Thurre

Un plateau 100% féminin pour la première fois de l’histoire de la RTS pour un match de foot, quelle révolution ! A la mi-temps, nous avons eu droit aux commentaires avisés de Marie-Laure Inderwildi et de sa consultante Noémie Beney, ancienne internationale.

Décidément c’était vraiment un match sans enjeu.

Le pronostic d’avant-match selon l’indice EPSTEIN (Epic Post-apocalyptic Soccer Tournament Enormous Index, North america)

L’indice EPSTEIN se base sur les titulaires pour des matchs à enjeu. Il n’a donc aucun intérêt dans cette configuration, ce qui explique qu’il s’est trompé.

 

Source:

Didier Deschamps

Wikipedia: Didier Deschamps France v Senegal 16 June 2026-294 – Didier Deschamps — Wikipédia

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