Bon Dieu qu’elle fait du bien

Dirk Nowitzki et les Dallas Mavericks ont gagné le championnat de NBA dans la nuit de dimanche à lundi. Face au Miami Heat, autoproclamée meilleure formation du championnat, une vraie équipe s’est imposée. Quel bien ça fait !

Flash-back. Le 8 juillet 2010, LeBron James et Chris Bosh signent leurs contrats avec le Heat de Miami, rejoignant ainsi Dwyane Wade pour former une superpuissance rarement égalée dans le basketball moderne. Il y a bien eu le trident Garnett-Allen-Pierce à Boston, mais ces trois n’avaient pas le côté bling-bling qu’ont les Riri-Fifi et Loulou floridiens. «Je vais emmener mes talents à South Beach (n.d.l.r. : Miami)», avait déclaré LeBron James pour annoncer son choix, devant des dizaines de millions de téléspectateurs massés devant ESPN. Pour annoncer son choix, le mégalo avait monté une émission appelée «The Decision». Ainsi, le monde entier a vu Cleveland sangloter. Humiliation suprême pour une ville qui l’a vu grandir (il est né à Akron, juste à côté) et qui l’avait adoubé. Dans l’Ohio, il était devenu King James.

Mascarade télévisuelle

Le lendemain de cette mascarade télévisuelle, la ville de Miami a convié ses fans dans la salle pour une célébration du premier titre qui allait forcément être gagné. A la question de savoir s’il était venu là pour gagner un titre, Michael Jordan Light a rétorqué : «Pas deux titres, pas trois, pas quatre, pas cinq, pas six, pas sept.» Le ton est donné. Il veut gagner au moins huit titres avec sa nouvelle franchise avant que le premier entre-deux de la saison ne soit donné. Difficile de trouver plus motivant pour les 29 autres franchises du championnat.
Jusqu’en finale, le plan s’est déroulé sans encombre. Les trois potes ont survécu à nombre d’embûches jusqu’à affronter les Dallas Mavericks en finale. Je n’aime pas parler en mon nom, mais à ce moment-là, je dois bien vous avouer que le spectre d’une victoire du Heat m’a vraiment fait flipper. Et si les qualités que j’adore dans ce sport (esprit d’équipe, multitude de passes, défense ou encore intelligence de jeu) allaient voler en éclats face à une équipe regroupant trois stars et une ribambelle de faire-valoir ? Dimanche soir, Dallas se rendait en Floride pour y jouer le/les dernier(s) matches de la saison régulière. Bien que mené 3-2 dans cette série, le Heat avait toujours l’avantage du terrain. Les «Mavs» devaient en gagner une à l’extérieur.

C’est ce jour-là que les Dieux du basket ont choisi pour se manifester. Ne pouvant tolérer la victoire du bling-bling sur le sacrifice, ils ont boosté Dirk Nowitzki, Jason Kidd, Jason Terry ou encore JJ Barea pour remporter ce titre sur le terrain du Heat. Bon sang que cette victoire fait du bien ! Les Américains sont friands de «feel good story», en voilà une bien bonne. Les deux trentenaires Kidd (38 ans) et Nowitzki (33 ans) viennent à bout du gangsta basketball. Une équipe unie et soudée a démonté le «Big Three». Au lendemain de cette victoire – et pourtant je ne supporte pas Dallas –, un sentiment de bien-être m’a envahi. Oui, les valeurs que je soutiens ont triomphé. A tout Seigneur tout honneur, Dirk Nowitzki a été élu MVP de ces finales. Il est devenu le premier blanc à remporter cette distinction depuis Larry Bird (1986). A moins que vous ne considériez Tony Parker comme blanc, mais là ça va chercher un peu loin.

Chacun son rôle

On peut tout de même se poser des questions sur l’échec de cette équipe. Comment une formation regroupant trois des 15 meilleurs joueurs du championnat peut échouer ? Un mot vient directement à l’esprit : rôle (et pas drôle… quoi que). En basket comme dans chaque sport, les individualités ont un rôle particulier à tenir. Lorsque trois stars habituées à phagocyter le ballon sont associées, il devient difficile de trouver un rôle à chacun. Cet ultime match a été à l’image de cette série. Chris Bosh – le troisième larron – était très bon mais ne recevait aucun ballon. A l’inverse, LeBron James et Dwyane Wade se sont partagés le cuir. Par le passé, le second nommé avait l’habitude de terminer les matches pour le Heat. Avec l’arrivée du charlot de l’Ohio, les deux voulaient être le «go-to guy» (joueur clé).
Les Chicago Bulls de Phil Jackson (vainqueurs de 6 titres) n’étaient pas forcément plus talentueux que le Heat de 2010. Par contre chaque joueur savait ce qu’il avait à faire. Scottie Pippen aurait pu tirer la couverture à lui. Il en avait largement le talent et les épaules. Mais le fidèle lieutenant savait qu’en laissant faire Michael Jordan dans les moments clés, c’était mieux pour tout le monde. Miami a désormais cinq mois pour faire comprendre à tout le monde ce qu’il a à faire pour que Miami gagne. Et tôt ou tard Miami gagnera. Mais ce triomphe des «Mavs» a permis au melon de LeBron James de dégonfler quelque peu. C’est du moins à souhaiter.

Écrit par Gary de Bourge

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8 Commentaires

  1. Haaaaa, un article sur le basket, et de bonne qualité. Ca nous change du foot, du hockey, du tennis, du vélo… Mon dieu, un sport si noble qui vient après le vélo, c’est navrant.
    Bref, l’ultime consécration pour 2 joueurs (Kidd et Nowitzki) qui n’iront pas rallonger la longue liste des joueurs talentueux n’ayant pas eu l’honneur de se faire passer la bague au doigts.
    Dommage qu’il n’ait pas eu de paragraphe (ou d’article) sur le vaillant Thunder d’Oklahoma.

  2. « Dallas se rendait en Floride pour y jouer le/les dernier(s) matches de la saison régulière. »

    Ce n’était plus la saison régulière justement non ?

  3. J’ai vraiment apprécié regarder cette finale.
    JJ Barea est celui qui m’a le plus bluffé, super rapide et agressif, toujours présent dans le money time.
    Le Heat était un peu mou, comme les Canucks en Stanley cup …

  4. Bon Dieu qu’il fait du bien! Je veux bien sur parler de ton article, enfin un article sur le basket! Il aura quand même fallu attendre plus de 10 mois 🙂

  5. Super ! Merci pour l’article. Ça fait plaisir de (re)voir de la NBA sur ce site.

    L’homme au shoot le plus dingue du monde a enfin gagné ce qu’il méritait depuis longtemps.

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