
La relégation définitivement actée, il est temps de chercher les coupables. Tous les regards vont alors se tourner vers un seul homme : Souleymane Cissé. Tous ? Non ! Car à Carton-Rouge, on n’est pas du genre à tirer sur l’ambulance.
La saison en deux mots
Cissé rémission.
L’homme de la saison
Je vous vois devant votre ordinateur à attendre que l’on tire à boulets rouges sur ce pauvre Cissé. Mais je ne vous ferai pas ce plaisir. Car Monsieur Souleymane est un grand monsieur et un véritable polisseur de diamant. Il l’a prouvé maintes fois par le passé :
- N’est-ce pas lui qui a lancé dans le grand bain le meilleur joueur du monde actuel (Mbappé donc, pas cet imposteur de Messi) ?
- N’a-t-il pas signé Zeki Amdouni, qui brille sous les couleurs du LS ?
- Qui nous a déniché l’excellent et l’élégant Adrien Trébel ?
Hein, bande d’ingrats ?
Alors oui, certes, vous me direz que ces deux joueurs vont s’en aller vers d’autres cieux en fin de saison et que Lausanne va retomber d’un échelon. Mais ne dit-on pas qu’il faut reculer pour mieux sauter ?
La buse de la saison
Vous pensez que je ne vous entends pas traiter notre directeur sportif de buse ? Vous avez tort. Car Cissé symbolise l’aigle. L’aigle royal. Un animal noble. Et c’est bien là son seul côté rapace.
Agile et rapide, il est prêt à sortir ses serres à tout moment pour bondir sur le moindre talent. Le triste jour où il s’en ira du LS, son nom restera gravé à jamais dans nos mémoires.
Car comme le dit un proverbe chinois : « Les oiseaux ne laissent qu’un chant éphémère ; l’homme passe, mais sa renommée survit. »
Le tournant de la saison
Vous souvenez-vous de ce magnifique mercredi 24 juin 2020 ? Personnellement, je m’en rappelle comme si c’était hier. Quelle belle journée ce fut, avec l’annonce officielle de l’arrivée de Cissé et l’éviction d’Iglesias.
À l’époque, le LS est un club brouillon, digne d’un tableau de Pablo… Picasso. Et là, en quelques coups de pinceaux, l’artiste Cissé en a fait un véritable chef d’œuvre. De « Guernica », on est passé au « Jardin des délices ».
Le geste technique de la saison
Depuis le Campus Pelé, personne n’avait osé relancer un partenariat à Lausanne. Heureusement, Cissé a eu l’audace et le courage d’y aller. Alors oui, c’est facile de critiquer, bandes de fainéants, assis sur vos canapés. Mais est-ce que vous avez déjà signé des diamants comme Ouattara dans un club aussi huppé que Lausanne ? Je ne pense pas, non. Vous êtes plutôt du genre à galérer à recruter vos potes dans votre vieux club de 5ème ligue, je le sais très bien.
Qu’on se le dise, ce partenariat avec le RC Abidjan est un véritable succès. Cette saison, le quatuor composé de Thomas, N guessan, Zohouri et Ouattara a mis tout le monde d’accord en inscrivant la bagatelle de 4 buts, tout de même. Sur quelques 90 matches joués, ce n’est pas rien ! Et on peut même y ajouter un 5ème goal signé Zohouri face à GC. Alors, certes, vous me direz que c’était un autogoal, argument quelque peu facile. Mais ça compte quand même.
N’oublions pas que ces joueurs ont tout juste 20 ans. Qui ici peut se targuer d’avoir de telles statistiques à leur âge, je vous le demande ?
Le geste pourri de la saison
Ah, toutes ces mauvaises langues qui accusent à tort Cissé de privilégier ses intérêts ! Vous êtes sans aucun doute de ceux-ci. Et vous êtes drôlement malhonnêtes, je vous le dis. Oui, je vous entends rignacer en prétendant qu’INEOS est en réalité le sigle de « Ici Nous Engrangeons de l’Oseille pour Souleymane ».
À vous qui demandez sa démission avec insistance, souvenez-vous simplement de cet adage populaire : « Cissé rompt, c’est pas carré ». Voilà bien la preuve ultime que Cissé doit rester !
Le chiffre de la saison
Six.
Car oui, Ciss’est bien l’élément clé de la saison du LS. Corrigez-moi si je me trompe, mais avez-vous déjà entendu quelqu’un dire : « Cissé, assez ! Trop, c’est trop ». Il ne me semble pas. On dit plutôt : « Deux c’est assez, trois c’est trop ».
Oui, même les proverbes parlent en faveur de Cissé. C’est dire l’aura de cet homme.
L’anecdote
En 2004, Cissé subit une double fracture du tibia-péroné avec le FC Liverpool. Deux ans plus tard, rebelotte en équipe nationale. Des images terribles dont tout le monde se souvient.
Je vous demande donc de respecter l’homme et son parcours qui force l’admiration. En être là où il est aujourd’hui, après autant de galères, c’est la grande classe. Peu d’être-humains se seraient relevés après avoir traversé pareilles épreuves. Il aurait pu claquer la porte du football, mais il a préféré se battre, se relever et ainsi devenir celui qu’il est aujourd’hui : un grand monsieur, un fin connaisseur du ballon rond et un détecteur de talents hors-pair.
Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il ne s’agit pas de la même personne, bande de complotistes que vous êtes !
La rétrospective du prochain match
Pour remercier Cissé pour ses bons et loyaux services, je propose une haie d’honneur à l’occasion du match contre le FC Bâle. Ainsi qu’un hymne tiré d’une reprise de Jacques Brel :
Ne nous quitte pas
Mon cher Souleymane
On ne t’en veut pas
On te kiffe man
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
On t’a dit casse-toi
On n’le pensait pas
Une relégation
C’est pas bien méchant
On t’aime plus que Sion
Et son boss Christian
Même pour Zohouri
On te pardonnera
Cissé on t’en prie
Ne nous quitte pas
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