
Qualifiée pour l’Euro 2024 avec autant de repères que le pilote du MH370 de la Malaysia Airlines, notre Nati se devait de bien embarquer son affaire allemande face au 123e au classement FIFA. Après une première mi-temps d’un ennui statique où toute l’arrogance dans la facilité d’un certain Murat Yakin est ressortie comme de l’eczéma puéril, la constellation offensive (©David Lemos) emmenée par Amdouni et Vargas réussit allégrement à défoncer la défense estonienne à coups de Pikk. Rassuré après ce 4-0 ? Non, pas encore, mais notre petit Duah nous dit qu’avec nos champions nationaux Xhaka et Akanji, der deutsche Sommer pourrait être plus radieux qu’attendu.
Le match en deux mots
C’est Kwadwo.
L’homme du match
Steven Zuber fut au four et au moulin (ou Miller en estonien) en première période, permettant grâce à ses déboulés rageurs de combler les somnolences inquiétantes de certains de ses camarades (on vous le confirme, Remo Freuler a bien disputé la première période). Réussissant un une-deux subtil avec le protège-tibia de Kuusk, le meilleur passeur de l’Euro 2021 nous mit une grandiose lucarne Seferovicienne. Ne pas le prendre en Allemagne serait une erreur, mais vu que son prénom n’est pas Renato, rien n’est fait.
La buse du match
Plus j’écris que Shaqiri est médiocre lors des matches sans enjeu, plus il me donne tout faux en marquant des pépites en phase finale d’Euro ou de CM. Alors Xherdan, prends ça : tu fus mauvais, exécrable, abominable contre ces pieds carrés estoniens. Pour tout dire, tu fus l’espace d’un match le Mitroglou de notre Nati. Entre corner au 18ème poteau, un penalty loupé, une reprise aux 5 mètres qui vient juste d’atterrir devant le Ranft de St Nicolas de Flüe, on a vraiment compris pourquoi tu ne pétais pas le feu aux Chicago Fire. Après cette avalanche de critiques, j’ai bon espoir que tu deviennes le Gerd Müller helvétique durant cet Euro !
Le tournant du match
Le préposé aux passeports de l’ASF qui a signalé l’existence de Duha, l’attaquant de Ludogorets à Yakin. D’où l’expression : «Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le Duha».
L’esthète du match
On peut vraiment dire que le néo-bolognais Ndoye avait mis la sauce pour faire des misères tout le match à un Paskotsi dépassé par les dribles chaloupés du numéro 17 suisse. Nul doute que les coups de Rhin du Saint-Preyard seront fort utiles durant notre expédition estivale chez les vendeurs de Birkenstock.
La Suisse n’a pas perdu la tête.
Le geste pourri du match
L’équipement moche de l’équipe de Suisse. Avec des harnais noirs dessinés sur les fesses des joueurs, des maillots blancs transparents laissant transparaitre des soutiens-gorges noirs et un gribouillis gris-bleu sur les cols, on peut affirmer que le stagiaire de Puma s’est lamentablement éclaté. Si on ajoute à cela, le training grenat de très mauvais goût (à l’image de toutes les équipes de second rang qui osent se parader avec cette couleur infecte dans les stades suisses), on aurait mieux fait de demander à Nemo de dessiner les équipements de notre Nati.
Mais qui veut cette horreur de maillot ?
Le chiffre à la con
20.
Comme le nombre de club coachés par Roy Hodgson dans sa longue carrière : des Vikings de Stavanger à Xamax, de Bristol City à l’Inter, du FC Kopenhagen à Crystal Palace, pour faire court. Le rapport avec la Sauerkraut ? Quand Hodgson a repris la Nati, il l’a qualifiée pour la Coupe du Monde aux USA en 1994 en battant par deux fois l’Estonie, 0-6 et 4-0. Une équipe baltique porte-bonheur pour la Suisse ? A mon avis, il faudrait 10 Yvan Quentin dans le contingent de Yakin pour que notre Nati imite les guerriers de Detroit pour cet Euro 2024 en Allemagne.
L’anecdote
David Lemos s’empressa de nous la fournir dans le gros creux de la première mi-temps : « Je vous donnerai la stat sur Xhaka dans un moment faible du match » nous avait-il promis. Une minute plus tard, il nous livra sur un plateau les 3,205 passes de Xhaka durant sa saison au Bayer. Comment fait-il pour toujours avoir Lemos justes et au bon moment ?
La minute Johan Djourou
On a vraiment choppé le tournis en première période. Avec la verticalité (x10) et les intervalles décalés de Djourou et la verticalisation des passes de Comisetti, on se serait cru dans un remake de Matrix. Toutefois, on a du vite ranger nos manuels d’algèbre pour partir déchiffrer les approximations phraséologiques de Johan Djourou : entre-les «c’est quelque chose qu’on s’y attend» ou «l’agressivité suisse qui va se faire valoir enfin», on a eu de la peine à retrouver notre latin. Ajoutez à cela un accord optimal sur le «on ne va plus jouer de matches amicals» et le moment émotion, «on n’a pas le sentiment de sentir ce match», notre soirée Apostrophes en l’honneur du jeunement décédé Bernard Pivot fut toute bien remplie.
La rétrospective du prochain match
La Suisse affronte l’Autriche ce samedi. On ne voit pas comment la victoire pourrait nous échapper avec notre couteau suisse à la baguette : Renato Steffen. Le joueur suisse le plus polyvalent de tous les temps ? Sans aucun doute, vu que Murat l’a affirmé.
Un must, la minute Johan Djourou ! Bon il faut bien dire que ce brave Johan fournit à chaque fois une matière de premier ordre, mais là Paul s’est surpassé! Mort de rire ! Merci pour ce moment !
Salut Christian,
Merci pour ton message fort sympa et c’est super de voir que tu nous suis encore après toutes ces années. Continue 😊
On va couvrir pas mal de matches de cet Euro 2024 alors tu auras de quoi bien te marrer, nul doute !