Euro 2024 : Présentation du groupe F

Montez avec nous dans le train pour l’Allemagne ! Jusqu’au coup d’envoi de l’Euro 2024, nous vous présentons toutes les forces en présence. Aujourd’hui place au groupe F composé de klaxoneurs, de caillasseurs, de chevelus et du seul Etat américain bizarrement qualifié pour cette escapade au pays de la Wurst et de la Sauerkraut, la Géorgie. Perversement, on se réjouirait presque de voir la Tchéquie se viander dans ce groupe déséquilibré (ça fait Hischier!) tout en entrainant la Turquie dans sa chute, un pays où le football moderne ressemble toujours plus à un énième remake de la bataille de Constantinople. Au final, on vous le dit comme on le sent: ‘გაუმარჯოს საქართველოს’ (vive la Géorgie !)

Turquie :

La star

Quand on parle de star du football turc, on pense automatiquement à Eren Derdiyok, la nouvelle coqueluche du FC Schaffhouse. Mais les suiveurs avertis de notre Nati m’ont confirmé qu’il n’apparaissait pas sur la liste des 35 de Murat. Alors, avec leurs 20 buts chacun sous le maillot au croissant, on laissera le métronome de l’Inter Hakan Çalhanoğlu et l’attaquant du Besiktas Cenk Tosun se caillasser parmi pour clamer ce titre honorifique.

Le match de référence

Leur victoire 3-2 dans la petite finale de la Coupe du monde 2002 face à la Corée du Sud dans un match qui avait généré pas mal de Daegu dans les mémoires des supporters des Tigres d’Asie. Comble de malheur, 65’591 spectateurs avaient assisté médusés au but le plus rapide jamais marqué en phase finale de CM (par Şükür après 10.8 secondes). En Corée du Sud, c’est ce qui s’appelle « boire le calice jusqu’à la Lee ».

Le geste technique phare

L’ablation de la couille droite de Stéphane Grichting lors de la bataille d’Istanbul en novembre 2005. Ni la fédération suisse, ni la turque, ni la FIFA n’ont fait le nécessaire pour trouver le coupable. Ils n’en n’ont jamais eu les couilles et vingt ans plus tard, on note simplement que cette impunité des fans dans les stades perdure, à voir le capharnaüm qu’est devenu le football turc.

La tête à claques

Mais comment, on me dit que Fatih Terim n’est plus sélectionneur de l’équipe de Turquie ! Le gars au charisme ressemblant aux chiottes qui font la fierté de cette nation aurait apparemment pris sa retraite internationale. Dommage, car les caméras du monde entier se délectaient de voir ce comique passer un savon au soigneur et au porteur de Gatorade parce que son gardien Rüştü Reçber venait de dégager un 5 mètres directement en touche.

Une journée normale de championnat en Turquie…

Le monument historique

Avec les tremblements de terre qui détruisent régulièrement un peu tout l’héritage byzantin, il ne reste peut-être que le 4×4 Mercedes cabossé de Balotelli comme relique en Turquie. Par contre, si on se recentre sur le football, comment ne pas citer l’ex-artiste du Leverkusen Yildiray Basturk ou Tugay Kerimoğlu des Blackburn Rovers, lui qui avait donné la véritable signification à l’expression « fumer comme un Turc » lors de son passage dans le Lancashire.

Le conseil Guide du routard

Les döner kebabs dégoulinant d’une sauce « grenade aigre » seront votre passage obligé lors de votre visite dans le berceau de la culture turque, le quartier de la Friedrichstrasse à Berlin. Par contre, si vous voulez absolument expérimenter le football à la sauce turque accompagné de batailles rangées, le derby entre Galatasaray et Fenerbahçe vous tend les bras.

La prédiction de l’indice ADOLF

22ème sur 24 dans notre pronostic basé sur des algorithmes enviés en partie par la Silicon mais principalement par la Napa Valley.

Géorgie  :

La star

KK, alias Khvicha Kvaratskhelia, joueur du Napoli et de scrabble à ses heures perdues. Fils de l’ancien international azerbaidjanais Badri (pays cher à Rolf Fringer), l’ailier gauche géorgien a fait parler la poudre au Stadio Diego Armando Maradona grâce à ses déboulés rageurs et sa complémentarité aveugle avec Osimhen. 25 buts plus tard en club, KK est également devenu incontournable en sélection nationale en inscrivant des buts à la pelle principalement contre des adversaires de taille, tels que Gibraltar, la Thaïlande ou la Macédoine du Nord.

Le match de référence

Bien entendu, leur victoire historique aux tirs aux buts (0-0) ce printemps face aux imbuvables Grecs à Tbilissi. S’extirper des playoffs aux penalties, se qualifier pour leur premier Euro et bouter dehors les Hellènes. Priceless.

Le penalty historique, comme si vous y étiez !

Le geste technique phare

Arriver à se qualifier pour l’Euro 2024 avec des joueurs issus de clubs aussi obscurs que le Samaxi FK (Ilia Kandelaki), le FC Zugdidi (David Gamezardasvili), le PPC Sevastopol (Mate Ghvinianidze) et le Chikhura Sachkhere (Shota Kashia), et ben cela reste plus qu’un geste technique. Tout comme réussir à lire le noms de ces joueurs sans choper une dyslexie aiguë. Yannick Paratte doesn’t like this.

La tête à claques

Leur sélectionneur Willy Sagnol ou Sagnolvili en géorgien. Quand ton prénom signifie bite en anglais, pas étonnant que tu te comportes parfois comme un nœud dans tes conférences de presse :  » L’avantage du joueur africain c’est qu’il n’est pas cher et qu’il est prêt à aller au combat. Mais le foot ce n’est pas que ça. C’est aussi de la technique, de l’intelligence et de la discipline. Il faut des Nordiques, c’est bien les Nordiques, ils ont la bonne mentalité ». À force de fréquenter la Bürgerbraukeller de Munich en bras de chemise brune, ça devait forcement finir par déteindre sur Willy.

Le monument historique

Le Chronicle ou le Stonehenge géorgien. Soit une collection d’obélisques tronquées en bronze dont l’utilité est aussi nulle que l’opinion de Gilles Verdez sur le foot allemand. Sinon, coté foot, le monument géorgien pourrait bien être Guiorgui Mamardachivili dont le nom va faire transpirer nombre de commentateurs et qui en impose de par sa taille (1m99) et son émergence comme gardien titulaire du Valencia CF.

Le conseil Guide du routard

Le pub crawl dans le quartier de Sololaki de Tbilisi vaut le détour. Avec des experts nocturnes (des membres de l’ex-KGB selon nos sources), vous pourrez découvrir le BAR 22 ce qui tombe à pic, me direz-vous, pour découvrir le football géorgien aussi populaire dans la planète foot que le SLO à Lausanne.

La prédiction de l’indice ADOLF

17. ADOLF est vraiment dur avec Georgie.

Portugal  :

La star

À plus de 200 sélections, on ne peut pas passer à côté de Giorgio Armani, pardon Cristiano Ronaldo, qui a finalement réussi son pari d’embourber sa carrière dans les sables pétrolifères d’Arabie Saoudite. Séjournant à l’EMS de Leipzig durant cet Euro pour que les nurses puissent prendre soin des Rui Patricio, Danilo Perreira et autre Pepe, l’ensemble portugais a toutefois de quoi effaroucher plus d’une défense. Les Jota, Rafael Leão et Bernardo Silva vont assurer le spectacle. À voir leur panoplie d’attaquants, on peut se dire que Yakin a eu fin nez de sélectionner le seul joueur capable de rivaliser avec une telle force de frappe : Renato Steffen.

Le match de référence

Tous. 10 matches, 30 points durant ces éliminatoires pour l’Euro allemand. En ne laissant que des miettes aux Slovaques, Luxembourgeois et Bosniaques, les Lusitaniens n’ont pas tremblé, au grand désespoir des fabricants de klaxons. Une performance assez probante des hommes de Roberto Martinez avec au passage des fessées mémorables qui feraient passer celle reçue par notre Nati au Qatar pour une douce caresse: POR-LUX : 9-0, BOS-POR : 0-5, POR-LIE : 4-0, LUX-POR : 0-6.

Le geste technique phare

La prévisibilité dans l’exubérance, soit : le réveil de tout un quartier suite à une victoire 4-0 face au Liechtenstein, le vingtième tour de la place du Midi en Mercedes Benz en poussant à fond la sono suite à une victoire 8-0 contre le Luxembourg et bien sûr, les grosses larmes de Cristiano en cas de défaite.

La tête à claques

Bruno Fernandes. À lui tout seul, il illustre largement la faillite de Manchester United durant ces dernières années. Nommé capitaine de l’équipe de ce pollueur de Jim Ratcliffe, le barbu de Maia est un personnage insupportable en raison de ses sempiternels ceinturages d’arbitres et ses roulades sans fin quand un brin d’herbe lui chatouille trop un crampon. Bref, la caricature d’un joueur de foot portugais.

Le monument historique

Le poil.

Non, pour être sérieux deux minutes, parlons de leur socle défensif, Pepe. Naturalisé par les poils (on se répète), le Brésilien-Portugais Kepler Leveran Lima Ferreira (mais pourquoi Pepe donc ?) bat des longueurs de longévité au FC Porto. Détenteur du titre de plus vieux buteur de la Champions League à presque 41 ans et du plus grand nombre d’os d’attaquants brisés, (main, tibia, nez, bistouquette….), l’équarisseur de Maceió donnera bien du boulot aux arbitres de cet Euro et aux géomètres de la VAR.

Nettoyage de crampons façon Pepe.

Le conseil Guide du routard

En villégiature à Lisbonne les soirs de match du Portugal ou du derby Sporting-Benfica, munissez-vous de persil (version Obélix), de boules Quies (version médicale) ou de pamirs (version militaire) pour que vous puissiez bénéficier de la quiétude bien méritée après avoir crapahuté dans les rues étroites de l’Alfama.

La prédiction de l’indice ADOLF

Le Portugal ne pointe qu’a la 6ème place de notre classement. Sans doute une sanction de la part de notre indice ADOLF qui doit probablement favoriser une pilosité modeste au niveau de la moustache.

Tchéquie :

La star

Ce fut Schick. Mais sa saison 2023-24 au Bayer Leverkusen fut un chemin de croix avec des blessures à répétition qui rendraient jaloux Charlotte Chable et Justin Murisier réunis. Alors pour ne pas vous vendre un Tchèque en blanc, on doit se rabattre sur le milieu de West Ham United, Tomáš Souček, élu meilleur joueur du pays en 2023 et donc Star Tchèque sans limites. Ce joueur assez ordinaire ne fait pas rêver grand monde, mais quand on voit la gueule actuelle de la Narodni tym (Holeš, Hložek, Čvančara …), on est dans l’embarras pour faire mieux.

Le match de référence

Après leur déroute de Tirana (3-0) dans le cadre de ces éliminatoires, les Tchèques se remirent en selle rapidement au mois d’octobre dernier. À la Doosan Arena, ils balayèrent les Iles Féroé sur le score net et sans appel de 1-0 (pénalty de Souček à la 76ème) ! Contrairement aux opinions des observateurs spécialisés, il n’y eut donc point de mise en bière tchèque à Pilsn.

Le geste technique phare

Leurs tenues capillaires venues d’un autre temps: avec dans le désordre, Nedved (Mireille Matthieu), Poborský (Steve Berclaz), Milan Baroš (Pollux le chien). C’est peut-être pour éviter des moqueries éventuelles que leur sélectionneur national Ivan Hašek a désormais opté pour une Kojak.

La tête à claques

David Pastrňák. Alors oui, vous allez me dire que c’est un joueur de hockey. Et Peter Čech alors ? Il était gardien de foot et aujourd’hui, il défend bien une cage de hockey aux Belfast Giants. Vu que Pastrňák est désormais LE sauveur de la nation, je prends le pari de voir Hašek le rappeler à la dernière minute pour cet Euro allemand.

Le monument historique

Le péno à la Panenka : à tirer seulement si doté de solides cojones ou si l’on s’appelle Andrea Pirlo.

Le conseil Guide du routard

La « Maison qui danse » vaut le détour à Prague si vous aimez les bâtisses biscornues. Sinon, faites un tour sur YouTube pour vous remémorer des exploits du Ballon d’Or 2003, Pavel Nedved, surnommé « le mouvement perpétuel » par la Gazetta dello Sport. Le besogneux Tchèque ne s’illusionnait guère sur son style : « Je ne suis pas beau à voir jouer, mais je cours et me bats car je ne serai jamais aussi élégant que Beckham ou Figo. » Si c’est lui qui le dit….

La prédiction de l’indice ADOLF

3. On ne peut pas gagner le mondial de hockey et l’Euro de foot la même année. Adolf n’est pas complètement cinglé.

A propos Paul Carruzzo 226 Articles
Elle est pas un peu belle notre Nati et tout le bonheur qu’elle nous amène ? Alors, Rickli et compagnie, si vous ne vibrez pas devant cette équipe, vous n’êtes pas non plus monstrement obligés de regarder. Profitez d’un bon match de hornus et foutez la paix à nos joueurs, qui comme vous, ont un joli passeport rouge à croix blanche.

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3 Commentaires

  1. Hamsik? Il jouait pour le voisin slovaque. Il faudrait tchèquer avant de publier 🙂
    Très bonne présentation sinon 👍Vivement ce soir !

    • Oh mais zut. Très juste. C’est corrigé. Merci pour le jeu de mot. Tu devrais nous rejoindre à la rédaction 🙂
      Première surprise ce soir ???

  2. 3. On ne peut pas gagner le mondial de hockey et l’Euro de foot la même année. Adolf n’est pas complètement cinglé.

    Ah ah, les Tchèqu'(oslovaques) l’ont fait en 1976 justement !

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