La France Naomi qu’un détail

Aligner une équipe

Notre gastroscopie au CHUV ayant été repoussée aux calendes grecques pour cause de pénurie de médecins (pas facile à avaler, on vous l’accorde), on a soudain le temps de s’atteler à la couverture du derby des derbies du sport mondial, dont la dernière occurrence datait de 2021. On a nommé (mais vous l’aviez forcément deviné) le fameux match amical entre la Nati féminine et son homologue hexagonale (et en forme en plus, un comble). Encore une stat pour s’assurer de tomber d’aussi haut qu’un service de Giovanni Mpetshi Perricard en cas de défaite, et après on arrête de faire des phrases interminables entrecoupées de parenthèses, promis : sur les 8 derniers matches (depuis 2009), la Suisse restait sur 7 défaites, 1 nul, 15 buts encaissés et 1 seul marqué contre la France. Bon ben gardons la foi des aïeux et les accents d’un cœur pieux quand même, on ne sait jamais…

Le match en quatre mots

Et un, et deux… 😜

« Ces jeunes, aucun sens du décorum. »

La femme du match

Naomi Luyet. Mais quel golazo (2-1, 54e minute) concocté par la nouvelle génération sur une action démarrée par la revenante Iman Beney et ponctuée par une passe décisive (une de plus) de la plus ou moins locale de l’étape Smilla Vallotto, mobile comme jamais ! On croit pouvoir prédire sans trop prendre de risques que les Young Boys Frauen (se remettra-t-on un jour de ce nom ?) ne garderont pas leurs deux joyaux de 18 ans au-delà de la fin de la présente saison.

La buse du match

Laurent Bonadei, qui s’était contenté de sortir les Bleues de chauffe. Dieu sait si on n’est pas fleur Bleue sur CR, mais ça nous a rendus un peu Bleus. Soit, on veut bien qu’on fasse tourner en amical. OK, il y avait au moins 9 blessées de marque (Sakina Karchaoui, Elisa De Almeida, Selma Bacha, Naomie Feller, Eugénie Le Sommer, Marie-Antoinette Katoto, Griedge Mbock, Sandie Toletti, Amel Majri) dans les rangs des visiteuses. D’accord, on avait une néo-retraitée (Amandine Henry) sur les bras. Mais quand même… un poil de respect pour cette équipe de Suisse qui, elle, avait pris cette partie très au sérieux n’aurait pas fait tache dans le paysage. L’entrée bien trop tardive (82e) de Sandy Baltimore, tricolore la plus impressionnante en club ces derniers temps à notre sens, symbolise à elle seule la nonchalance d’une équipe qui n’avait aligné que 5 taulières au coup d’envoi (Wendie Renard, Maëlle Lakrar, Kenza Dali, Kadidiatou Diani, Delphine Cascarino, 436 sélections à elles toutes) pour chaperonner les 6 autres quasi-néophytes (31 sélections en tout).

Au fait, vous avez vu la nouvelle affiche de La Peur Bleue dans la montagne, adaptation libre du roman de C.-F. Ramuz ?

« ChatGPT, trouve une idée graphique stéréotypée au possible pour la promo de Suisse-France. »

P.-S. Qui doit se blesser pour que la mobylette Vicki Becho (entrée à la 66e) soit titularisée une fois dans sa vie ? 

Le tournant du match

Le penalty de la 24e minute, transformé par l’inévitable Ramona Bachmann, qui ne doit pas en avoir raté un depuis plusieurs siè… euh ben non pas du tout en fait, 71,43 % de réussite, 5 marqués et 2 ratés en carrière, dont un en Hongrie pas plus tard que le printemps dernier. Bon mais elle l’a mis quand même cette fois hein, on va pas pinailler pour quelques chiffres qui ne vont pas dans le sens de notre thèse de départ, on finirait par sombrer dans une objectivité crasse.

Au fait, on n’est pas sûr que Constance Picaud avait bien compris ce qu’elle était censée faire sur sa ligne une fois la phase d’intimidation de l’attaquante adverse passée.

« Oh, Pia, tu dis au bar de me garder une panachée dans un verre du Servette ? »

VAR, technologie ou département ?

Département. Pour ce qui est de la technologie, pas trace de son utilisation mardi soir, ce qui aurait quand même été bien utile sur le penalty précité. Ou pas. En ce qui nous concerne, on ne comprend toujours pas très bien ce qui a bien pu être sifflé par l’arbitre après avoir visionné 7 fois la scène…

Le chiffre à la con

2002. Comme l’année de la dernière victoire helvétique contre la France. 22 ans sans victoire contre le grand voisin, ça paraît presque aussi improbable que si on nous disait que Jean-Luc Addor avait été désigné scrutateur suisse des élections américaines le 5 novembre prochain. Oh wait…

L’anecdote

8 sélections, 0 but. C’est l’expérience combinée de Julie Dufour (Paris FC), Cindy Caputo (St-Étienne) et Kelly Gago (Nantes), passeuses et buteuse sur l’égalisation française (34e) avant le match de mardi soir. Dont 7 capes appartenant à Dufour (et au moulin mardi sur son côté gauche). Comment ça ça contredit tout ce qu’on a dit plus haut sur les choix de Bonadei ?

Même la sécurité de bord de terrain a tenté d’arrêter le trio susmentionné, mais la fameuse défense à 3 locale a quand même fait un (du)four et concédé un but presque gag(o). Oui, on a déjà fait mieux comme calembours, mais on a fini tard mardi soir, merci de votre compréhension.

Si le match était un liquide

De la tequila. En tout cas c’est ce qu’on aurait dû boire, et en grande quantité, avant de monter dans le Renens-Genève bondé de 18h57 nous menant (presque) au stade. Mais on ne savait pas encore qu’on allait tomber sur un jeune homme très loquace (et un poil jugeant, ce qui ne nous arriverait jamais dans ces colonnes) en possession d’un téléphone portable muni d’une batterie bizarrement encore à son maximum à cette heure tardive et d’une volonté sans bornes d’exprimer ses émotions.

Bon, on en aura appris des choses au moins. Par exemple, « elle, c’est une meuf à coups »… de pied arrêtés on imagine. Ou encore : « on s’en fout de ce qu’elle chope, quand elle chope ». Ben oui quoi. D’ailleurs, « elle, c’est une bobo kéké, lui c’est un bobo bobo ». Une évidence. Le tout avant de préciser : « je vais te dire un truc, mais tu le gardes pour toi » (impossible de vérifier si la cinquantaine de personnes présentes dans le compartiment sont par là même tenus au secret).

On avoue qu’on a eu un peu peur de ne plus réussir à suivre l’expression des sentiments distingués de notre olibrius qui a soudain semblé se rendre compte du silence absolument assourdissant qui l’entourait aux environs de Coppet et donc baissé un peu son propre volume sonore. Fort heureusement, une autre de nos voisines a choisi ce moment pour entamer sa propre conversation téléphonique en italien (c’est aussi ça la Suisse, une belle diversité linguistique), ce qui a forcé notre bruit de fond permanent à sensiblement hausser la voix. Ouf, juste au moment où il en arrivait au sujet du porno lesbien (on n’invente rien). Il est vrai que Gland était désormais derrière nous.

À notre grand regret, nos chemins se sont séparés à la gare Cornavin (quoi ? Il n’allait pas au match ?), après 43 minutes de bonheur partagé. On ne saura donc jamais ce qu’était cette chose qu’il avait jadis « grave sacralisée ». Si sa courageuse interlocutrice à l’autre bout du fil nous lit (pour autant qu’elle ait fini par pouvoir raccrocher)…

Et sinon dans les tribunes ?

10’800 spectateurs, deuxième meilleure affluence de l’histoire pour du foot féminin en Suisse après les 14’370 fans qui s’étaient entassés au Letzigrund vendredi dernier face à l’Australie.

Hein ?

Mais arrêtez enfin, le foot féminin n’intéresse personne !

Nous aurait-on menti ?

Vivement le match d’ouverture de l’Euro le 2 Luyet prochain !

La minute Noémie Beney

En plus d’avoir repris à son compte la fameuse « verticalité » chère à Johan Djourou (à 3’13 dans la vidéo ci-dessous), on nous souffle que la consultante RTS pour la Nati féminine a sorti un magique « C’est sa 150e apparence sous ce maillot » pour parler de Ramona Bachmann vendredi dernier, toujours lors de cette rencontre amicale face à l’Australie à Zurich (1-1). Digne du fameux « éventuellement, on finira par gagner » parfois entendu autour des patinoires de National League. Les faux amis anglophones ont le vent en poupe.

À propos de langue anglaise, le « Steph Cââtley » de Fred Scola à 1’13 vaut lui aussi le détour par les Antipodes. Le « tcheu c’te carpanthère ! » n’était d’ailleurs jamais loin dans la défense des Matildas.

La rétrospective des prochains matches

Suisse-Allemagne le vendredi 29 novembre au Letzigrund et Angleterre-Suisse le 3 décembre à Sheffield. Les deux résultats les plus récents face à ces grosses cylindrées du foot mondial étant respectivement 0-7 et 0-4 en préparation à l’Euro 2022, la rédac’ dans son ensemble ne peut qu’exprimer sa confiance infinie en amont de ces affiches.

Blague à part, on a nettement plus confiance en cette Nati depuis qu’elle est menée par une Pia Sundhage qui allie culture de la gagne et ressources humaines bien gérées, alors que Nils Nielsen et Inka Grings ne maîtrisaient (au mieux) qu’un de ces deux aspects primordiaux. On vous laisse deviner qui avait lequel.

Le Sundhage d’après-match

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A propos Raphaël Iberg 230 Articles
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