Salut, ça dart ?

Vous vous faites chier pendant les Fêtes ? Vous en avez marre de ne presque pas avoir de sport à la télé alors que c’est tout ce que vous êtes capable de faire entre deux bouffes ? Et même, vous vous dites que tant qu’à faire, ce serait cool de trouver des stars à qui vous pouvez vous identifier un peu plus en cette période que les sportifs de haut niveau habituels ? N’en jetez plus, voici le 2025 PDC World Darts Championship ou, en version longue avec branding, les 2024/25 Paddy Power World Darts Championship !

En français, voici les championnats de monde de fléchettes. Oui, ça a l’air débile, si l’on regarde le sport en lui-même ou ses athlètes, dont le poids moyen dépasse allègrement le quintal, avec leur bedaines emmitouflées dans des maillots fluos. Sauf que c’est absolument génial, et cet article est là pour vous convaincre de vous y mettre dès l’année prochaine !

Le timing est bon

Déjà, comme évoqué, le timing pour placer ces championnats du monde est parfait. Cette année, cela avait lieu du 15 décembre au 3 janvier, avec uniquement des jours off les 24, 25 et 31 décembre, soit les seuls où vous êtes vraiment occupé. Cela vous donne même une bonne excuse pour louper le Noël des cousins suisses allemands qui vous n’aimez pas trop, qui fêtent le 26 parce que selon leur tradition le vrai Noël est ce jour-là car c’est les premiers pleurs du petit Jésus ou on ne sait pas quoi. À une période de l’année où le monde est avachi chez lui, c’est du génie, surtout que la concurrence n’y est pas dingue. À part le foot anglais et les exploits d’Alexis Monney, on n’a pas grand chose à regarder niveau sport entre les Fêtes. Y caler la compétition reine d’un sport est donc un coup marketing assez fort. La compétition reine ? Eh bien oui, car aux fléchettes, on y joue toute l’année ! Simplement, les autres tournois sont légèrement moins cotés. D’ailleurs, la manche suisse de la Coupe d’Europe a lieu fin septembre à Bâle, avis aux amateurs !

Il y avait un Suisse cette année !

Eh oui, restons sur notre belle Helvétie un instant, car cette année a vu pour la première fois un participant suisse à la grand-messe des petites flèches, en la personne de Stefan Bellmont. En effet, le beau bébé Zougois de 35 ans a réussi à se qualifier. Bon, il s’est pris une branlée au premier tour, mais quand même.

On peut les regarder en clair

En plus, ces mondiaux sont regardables en clair ! En effet, pour cette édition, la chaîne l’Équipe avait les droits de diffusion dans nos contrées. Dans le Royaume, c’est diffusé sur Sky Sports Main Event, ou, en cas de match de foot lors des premiers tours, sur leur chaîne dédiée à la F1.

C’est un sport à voir en pub

Mais le meilleur endroit pour le regarder, c’est encore au pub. D’ailleurs, l’idée de cet article vient d’un récent séjour à Liverpool, dans la patrie de cette noble discipline. Là-bas, le sport y est ultra-populaire, au point d’y trouver de sacrées ambiances, même lors des rares matchs ne comportant aucun représentant de la Perfide Albion. En plus, les matchs ne sont pas très longs, en général, le temps de deux Guinness. C’est calculé pour. Au point, anecdote véridique, de faire complétement passer inaperçu le groupe de live music du pub qui avait la lourde tâche de jouer pendant un match. Anecdote véridique encore, lorsque j’ai réalisé lors de notre départ que nous serions sur les rives de la Mersey pendant les 2024/25 Paddy Power World Darts Championship, j’ai annoncé la bonne nouvelle à mes compères, ce qui a créé rire et scepticisme de leur part. Résultat après 3 jours de pubs ? Ils regardent à l’instant où ces lignes sont rédigées les quarts de finale, m’écrivant sur WhatsApp leurs impressions sur le match.

L’ambiance y est folle

Mais le mieux, si l’on en a l’occasion, est encore d’aller sur place. Ces mondiaux ont lieu chaque année depuis 18 ans à l’Alexandra Palace de Londres, un écrin magnifique au nord de la capitale, qui se garnit de 3’200 fous furieux pendant ces 15 jours de compétition. Le tout pour donner un public improbable, à la croisée des chemins entre le carnaval de Lucerne, des ultras dans un stade de foot et l’Oktoberfest. Tout le monde est déguisé. Tout le monde passe sa journée à écluser pinte sur pinte, parfois cul sec devant les caméras. Tout le monde chante en permanence. Et ce n’est pas que les gros beaufs qui y vont. Les stars aussi, à l’image de Ed Sheeran. Et assez étonnement au vu des litres d’alcool, les fans (tout comme les joueurs d’ailleurs) sont très fair-play. Aussi, tout est fait pour mettre l’ambiance, à commencer par les entrées des joueurs, ressemblant à celles de certains sports de combat, avec chacun sa chanson signature, en paraphant des autographes à des licornes et autres cônes de chantier chantant à tue-tête. Un certaine idée du sport. Après, pour y aller, il faut être vif. Cette année, les 90’000 tickets de l’évènement ont trouvé preneurs… En moins de 15 minutes !

Même les fans peuvent y gagner beaucoup d’argent

En plus, comme s’il n’y avait pas assez d’incitatifs comme cela, on peut se faire un sacré 13e salaire en allant au « Ally Pally », le petit surnom du Alexandra Palace. En effet, pour chaque 9-darter réussi – un 9-darter est le coup le plus compliqué aux fléchettes, il consiste en terminer le 501 en 9 lancers, soit en général trois triple-vingt, trois triple-vingt, puis triple-vingt, triple-dix-neuf, et double-douze. Cette année, le tournoi n’a vu que deux occurrences de cette performance – le sponsor principal du tournoi offre 60’000 livres au joueur ayant réussi l’exploit, 60’000 à la recherche contre le cancer de la prostate, et 60’000… Pour un spectateur tiré au sort ! Oui, oui, en allant vous mettre une mine à Londres déguisé en Pikachu, vous pouvez gagner presque 70’000.- CHF ! Et ce n’est pas tout, pour chaque 180 (trois triple-vingt), ce qui arrive déjà vachement plus souvent, le même sponsor donne cette fois 1’000 livres pour la recherche contre le cancer de la prostate. Bon ok, l’entreprise en question est une grosse société de paris sportifs, qui mène à la ruine de nombreuses personnes, mais c’est quand même un beau geste !

Et puisqu’on en est à parler argent, sachez que les joueurs sont plutôt très bien payés. Le cachet du vainqueur des Mondiaux est de 500’000 livres. Et, même si les autres tournois sont moins cotés qu’un Mondial, ils sont bien dotés également. C’est d’ailleurs probablement l’un des sports avec le ratio investissement initial/gains finaux les plus intéressants du monde.

Le générique est super

Et comme si ça ne suffisait déjà pas, la salle est encore plus chauffée à blanc par de nombreuses chansons, à commencer par la principale, celle du générique ! Voyez plutôt :

Les athlètes sont excellents

Mais venons-en, quand même, au sport en lui-même. Le moins que l’on puisse dire, c’est que contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est spectaculaire. Et plein de suspense et de rebondissements ! Cela avant tout grâce au niveau assez exceptionnel développé par les gladiateurs fluos et leur immense panse. Pour vous donner une idée, la moyenne des points par tour (trois lancés) est d’autour de 100. C’est beaucoup. Essayez de vous souvenir ce que vous faites en général quand vous jouez aux fléchettes. 40 et vous êtes déjà aux anges. Eux, 100, c’est une moyenne. Et encore, une moyenne en incluant les coups de fermetures, où il ne reste en général que quelques points pour terminer. C’est énorme. Cela veut dire qu’ils font au moins un triple en moyenne par tour, soit une case de la taille d’une phalange. Et pour terminer, ils doivent mettre une fléchette dans un double, une case à peine plus grande. Les meilleures y ont un taux proche de 50% de réussite. Donc, pour les plus moqueurs, la performance est clairement là. Même si elle est probablement plus mentale que sportive.

Et leur charisme encore plus

Et on en arrive à la meilleur partie : les joueurs ! Tantôt sympathiques, tantôt hauts en couleurs, drôles, bizarres ou simplement metteurs d’ambiance, ils sont le sel de ce sport. Depuis le départ à la retraite de la légende de ce sport Phil Taylor, 14 fois champion du monde (!), il y a quelques années, les joueurs se regroupent un peu en deux catégories, les anciens et les jeunes. Petit tour d’horizon, très très loin d’être exhaustifs, de certains des principaux protagonistes :

Michael « The Green Machine » Van Gerwen – Pays-Bas – 35 ans

AKA La Boule de Fort Boyard

Effectivement, 35 ans c’est jeune pour être avec les vieux. Mais au vu de sa carrière et de ses rivalités, Van Gerwen est bel et bien dans l’ancienne garde. Le Néerlandais est une légende de son sport, souvent considéré, déjà, comme le plus grand après Taylor. En même temps, « MVG » est triple champion du monde (avec un premier titre acquis à 24 ans seulement), numéro un mondial de 2014 à 2021 (!), et 157 titres estampillés PDC. Il s’est forgé un palmarès difficilement égalable, au point d’être anobli par le roi des Pays-Bas, rien que ça. Néanmoins, fervent défenseur du côté « traditionnel » des fléchettes, il ne fait pas toujours l’unanimité sur un circuit composé de nombreux trublions issus des pubs britanniques. À l’instar de quasiment tous les pros des darts, il avait un métier normal avant, qui était celui de carreleur. Gageons que, pour celui qui a accumulé plus de 8 millions de gains, il ne doit pas regretter sa vie d’avant. Néanmoins, malgré tout son palmarès, il a dû cette année s’avouer vaincu en finale, balayé par une jeunesse époustouflante et décomplexée. Nul doute que « Mighty Mike » tiendra à avoir sa revanche.

Peter « Snakebite » Wright – Écosse – 54 ans

Le chouchou des fans 

Quand on parlait de trublion issus des pubs, voilà leur porte-drapeau. Véritable metteur d’ambiance en chef, à l’image de sa chanson d’entrée « Don’t stop the party », Peter Wright s’est forgé un vrai personnage au fil des années. Arborant des crêtes multicolores élaborées par sa femme coiffeuse, il porte également des dessins de serpents sur les cotés de son crâne et des tenues plus extravagantes les unes que les autres. Ce n’est pas une surprise, il ne s’entend donc pas du tout du tout avec Michael Van Gerwen. Mais l’extravagance de Wright ne s’arrête pas là. Contrairement aux autres joueurs, très rigoureux dans leurs rituels et précis dans leur matériel, « Snakebite » change régulièrement de modèles de fléchettes, au cours d’un tournoi et même à l’occasion pendant les matchs ! Mais, s’il s’est érigé en chouchou du public, même anglais (!), au fil des ans, l’Écossais n’en est pas moins un joueur exceptionnel, au parcours atypique. Ayant commencé comme professionnel dans les années 90, il s’est rapidement retiré du circuit pour multiplier les petits boulots, notamment dans le bâtiment. Puis il décida de revenir à la fin des années 2000, se rendant compte qu’il avait battu certains des meilleurs joueurs mondiaux quand il était jeune. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a bien fait. Depuis, « Snakebite » est devenu Champion du Monde à deux reprises (2020, 2022), numéro 1 mondial en 2022, en plus d’accumuler un nombre assez impressionnant d’autre titres. Cette année, touché par une bronchite, Wright s’est incliné en quarts de finale face à Stephen Bunting (on en reparle juste après), après s’être quand même payé le luxe d’éliminer le tenant du titre Luke Humphries (on va aussi en reparler) en huitièmes, à l’issue d’un match exceptionnel.

Gerwyn « The Iceman » Price – Pays de Galles – 39 ans 

Grand animateur de ces dernières années quoique moins haut en couleur que Wright, Gerwyn Price est ce qui se fait de mieux au Pays de Galles. Champion du monde 2021, numéro 1 mondial la même année, il est légèrement retombé mais reste un monstre de régularité, pratiquement jamais décevant. Celui qui était auparavant rugbyman à haut niveau est également double champion du monde en double avec son compère Gallois Jonny Clayton, qu’il a battu cette année en huitièmes de finale, avant de s’incliner en quarts contre l’Anglais Chris Dobey.

Stephen « The Bullet » Bunting – Angleterre – 39 ans 

On dit souvent, à raison quand même, que les joueurs de fléchettes, en plus de n’avoir pas le même ventre que les autres sportifs, font facile dix ans de plus que leur âge. C’est souvent vrai, mais rarement autant que pour Stephen Bunting. L’Anglais n’a pas encore 40 ans et est même plus jeune que Cristiano Ronaldo, ce qui amuse la presse. Mais contrairement à CR7, il est encore à son meilleur niveau. Récent demi-finaliste au Alexandra Palace, ne s’inclinant que contre la superstar Luke Littler (on va aussi y revenir), Bunting a la particularité d’être champion du monde 2014… mais du circuit BDO. Pour la faire courte, deux circuits, BDO et PDC, ont coexisté pendant quelques années, les joueurs ayant le choix de s’aligner sur l’un ou sur l’autre. Mais le BDO a perdu de son influence ces dernières années, au point de s’arrêter en 2020. « The Bullet » a donc un titre, mais qui n’est pas forcément à mettre sur un pied d’égalité avec ceux mentionnés ci-dessus. Il n’en reste pas moins qu’il est l’un des joueurs les plus réguliers ces derniers mois. Il est à noter que l’Anglais, showman à sa manière, est particulièrement populaire sur TikTok, ce qui à la fois nous étonne vu son style et l’image que l’on a de TikTok, mais quand même pas trop vu qu’on ne connaît finalement rien à l’application d’espionnage chinoise.

Michael « Bully Boy » Smith – Angleterre – 34 ans 

Joueur un peu à cheval entre les deux générations, Smith est également l’une des superstars de son sport. Numéro 2 mondial actuellement, après avoir été numéro 1 pendant toute l’année 2023, l’Anglais est également un champion du monde, ayant triomphé en 2023. Las pour lui, cette année fut moins réussie, lui qui a été sorti au deuxième tour. Contrairement à d’autres, il est vraiment tombé dans les fléchettes étant petit, ses parents étant propriétaires d’un pub dans la région de Liverpool. Mais il était prédestiné au rugby, également compatible avec son physique, avant de se blesser gravement à l’âge des sélections. Il s’est alors orienté vers la menuiserie, mais ne s’est pas présenté aux examens, car un tournoi de fléchettes avait lieu en même temps ! Une décision qu’il considère comme la meilleure de sa vie.

Luke « Cool Hand » Humpries – Angleterre – 29 ans 

Numéro 1 mondial actuel et vainqueur des PDC World Darts Championship en 2024, Luke Humphries est arrivé en force sur le circuit depuis environ trois ans. Il y a déjà presque tout gagné, alors qu’il fait clairement partie des jeunes au top niveau. Celui dont le prénom est l’acronyme de « Leeds United Kings of Europe » s’est pourtant incliné cette année en huitièmes face à un intenable Peter Wright. Joueur plus discret que la moyenne, il doit son surnom de « Cool Hand Luke » au film de 1967 du même nom, avec Paul Newman. Il est également champion du monde en double, avec Michael Smith.

Luke « The Nuke » Littler – Angleterre – 17 ans

Le tout nouveau champion du monde, le voici ! Luke Littler (attention, le premier L de son nom de famille est très important à l’oral) est la tornade qui sévit sur le circuit depuis exactement une année. L’Anglais de 17 ans (quand on vous disait que les pro dart players faisaient facile 10 de plus…) a terminé finaliste des mondiaux en 2024 alors qu’il était un illustre inconnu, éliminant au passage Christian Kist (ancien champion du monde BDO), Andrew Gilding (no 20 mondial), Raymond Van Barneveld (champion du monde PDC 2008, quadruple champion BDO), ou encore Rob Cross (champion du monde 2018), avant de s’incliner face à Humphries, étant le plus jeune joueur de l’histoire à arriver en finale. Eh bien il a fait encore mieux cette année. Certes, son statut de tête de série numéro 4 lui a offert un parcours un peu plus abordable, mais le prodige est quand même devenu le plus jeune champion du monde de l’histoire de son sport (et probablement l’un des plus jeunes tous sports confondus, quand on y pense), balayant littéralement « Mighty » Mike van Gerwen en finale, excusez du peu. Doté d’un talent naturel fou, Littler est connu pour ne pratiquement pas s’entraîner, passant le gros de ses journées à jouer aux jeux vidéos. Ce qui lui réussit visiblement. En 2025, il a même battu le record du nombre de 180 sur un tournoi mondial. Mais surtout, il a une cote de popularité immense, ayant attiré l’attention de la Gen Z sur un sport alors un peu vieillissant. Un chiffre parmi tant d’autres, à l’issue de sa finale en 2024, face à un autre « jeune », les ventes de cibles dans le Royaume ont augmenté de presque 2000% ! Certains lui prédisent un avenir aussi brillant que celui de la légende Phil Taylor, qui s’est récemment proposé de l’entraîner.

En résumé, regardez !

Voilà ! On aurait encore pu parler de dizaines de joueurs, mais le but de cet article était de vous ouvrir les portes d’un monde opaque pour nous continentaux mais ô combien intéressant et divertissant. On vous encourage donc à regarder les différents tournois de l’année, à vous rendre dans un pub si vous en avez l’occasion ou, encore mieux, d’aller sur place. Vous ne le regretterez pas !

 

 

Crédits photographiques : 

Image de tête : https://www.digital-news.it/news/digitale-terrestre/41273/news/dazn/51211/world-darts-championship-2024-in-esclusiva-su-dazn-lo-spettacolo-delle-freccette ; https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/

Michael Van Gerwen : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:2022-06-13_Play-offs_%282022_Premier_League_Darts%29_by_Sandro_Halank%E2%80%93095.jpg

Peter Wright : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Peter_Wright_Darts_Actueel_2022.jpg

Gerwyn Price : https://commons.m.wikimedia.org/wiki/File:Gerwyn_Price_-_2022337213602_2022-12-03_1.Mannheim_Darts_Gala_-_Sven_-_1D_X_MK_II_-_2535_-_B70I3428.jpg

Stephen Bunting : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Stephen_Bunting_2024.png

Michael Smith : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Michael_Smith_6-3_Steve_Lennon_-_Michael_Smith_-_2019249215712_2019-09-06_PDC_European_Darts_Matchplay_-_1108_-_B70I6125.jpg

Luke Humphries : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Luke_Humphries_Darts_Actueel_2023.jpg

Luke Littler : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Luke_Humphries_Darts_Actueel_2023.jpg

A propos Joey Horacsek 96 Articles
Bon ça va, je vais pas vous sortir ma biographie

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