
Si vous êtes ici, c’est bien sûr pour lire des faits sonnants et trébuchants imprégnés du premier degré qui nous caractérise. Les voici: Ajoie et Zurich ont le même objectif cette saison: gagner le dernier match avant les grandes vacances. Il était donc on ne peut plus logique pour nous de chroniquer ces deux équipes consécutivement. Si vous êtes fribourgeois et vous êtes égaré(s) dans ces colonnes, restez ! On vous narre un affrontement entre deux potentiels finalistes, voilà qui pourrait s’avérer formateur (ça sent la phrase qui pourrait nous revenir en pleine tronche en avril ça).
Le match en deux mots
Egomanies excessives.
On ne sait pas pourquoi on vous résume ce match, toute la lumière sur ce Leonico avait déjà été faite par le souvent lunaire Watson, chantre du journalisme d’investigation devant l’Eternel, avec trois jours d’avance. De quoi brillamment éclipser notre compte-rendu.
Ah le match était le 15 ? Bon tant pis alors.
Les trois étoiles du match
⭐️⭐️⭐️ Ken Jäger. Deux buts (2-3, 39e minute et 3-3, 52e, dans l’enchaînement direct d’une tentative de baiser non consenti immortalisée par la Kiss Cam et qui aurait pu valoir à son auteur un 2’+2’ pour dureté excessive), un assist (sur le 1-2 de Gavin Bayreuther, 30e) et le marquage serré de Denis Malgin au cours d’une prolongation où le prodige d’Olten a joué plus ou moins deux shifts sur trois dans les rangs des visiteurs alors que le LHC dans son ensemble était plutôt sur Soleure. C’était Jäger Bomb et Ken le Survivant en ce samedi soir.
Comme Simon Hrubec, on était un peu masqué sur le premier but de Jäger.
⭐️⭐️ Jesper Frödén et son enchaînement cross-check sur Fabian Heldner – plongeon se rapprochant méchamment des minimas olympiques (46e) et dont le ralenti a arraché un… non, pas de spoil, on vous montre:
Vous pourrez dire à vos petits-enfants que vous avez vu Geoff Ward rire.
Difficile d’en vouloir au corps arbitral d’avoir sanctionné les deux joueurs sur cette action, surtout depuis qu’on a appris que ledit corps est désormais autogéré, ce qui n’est pas très pratique.
⭐️ « Gay-vinne » Bayreuther. Un but et un assist (sur le 2-3 de Ken Jäger). Et un prénom qui n’est pas vraiment instinctif de ce côté-ci de l’Atlantique.
Un épisode incontournable pour tout speaker de patinoire qui veut réviser sa prononciation avant d’annoncer un goal.
Le tournant du match
Le moment où les hommes de Marco Bayer se sont qualifiés pour la finale de Champions Hockey League face à Färjestad (non, pas Fäjerstad, cher commentateur romand lambda), finale qui était fixée trois jours après la partie qui nous occupe, cette dernière étant par ailleurs la quatrième rencontre en 5 jours du « Z ». 4, c’était aussi le nombre de défaites sur les 5 dernières sorties de Mikko, Lammikko et Cie. Autant vous dire que ce qui devait être la préparation ultime aux playoffs entre les deux finalistes sortants qui n’auraient de cesse de marquer leur territoire dans les bandes promettait soudain de devenir une petite trotte d’échauffement durant laquelle il ne faudrait surtout pas gaspiller les 20% de batterie restante en faisant des appels (de puck) inconsidérés du côté zurichois. Exit Derek Grant (surnuméraire) et Sven Andrighetto (annoncé blessé, pourquoi pas hein). Bref, les ZSC Lions s’étaient déplacés à Malley avec un état d’esprit qui était à la motivation ce que JD Vance est à l’inclusivité des genres et à la redistribution des richesses.
Du calme, mon gars, on t’a juste posé une question… (source: championshockeyleague.com)
Euh enfin c’est ce qu’on croyait avant le coup d’envoi. Kinnunen s’est chargé de nous faire payer notre arrogance au Santtuple dès la 10e minute d’un tir soudain de la ligne bleue. En même temps c’est notre faute aussi: l’entier de la tribune de presse avait déjà mentionné (à haute voix !) un éventuel 10e blanchissage de Kevin Pasche à au moins quatorze reprises avant même le premier lâcher de puck et certains, comme notre très sympathique voisin de table qu’on salue s’il nous lit, étaient même présents pour écrire le fameux article du record égalé. Que vouliez-vous qu’il arrive d’autre dans ces conditions ?
Le slapshot en pleine lucarne du match
La performance de Vinzenz Rohrer (vieux briscard de 20 ans, on a tendance à l’oublier). L’Autrichien à licence suisse a marqué son 14e but de l’exercice avant d’enfiler deux tirs au but dont le face à face gagnant avec le portier lausannois. Vous nous direz que ça fera au moins un Autrichien qui a battu des Suisses à domicile en cette quinzaine dédiée aux mondiaux de Saalbach.
Le vieux rotoillon en cloche du match
L’espace laissé dans le five-hole entre les jambes de Pasche pendant la séance de tirs au but et dont ont profité Rohrer, Malgin et Frödén. Surtout d’après ce spectateur, rouge et blanc de colère à la fin du match, qui s’écriait: « QUE DEUX TIRS ARRÊTÉS SUR SIX, MAIS QUELLE BRÊLE ! » (Ndlr: trois sur sept en réalité) Oui, s’il y a bien quelqu’un qui mérite de se faire traiter de tous les noms cette saison, c’est bien le numéro 33 vaudois et ses 27 arrêts samedi soir. S’arrêter à 9 blanchissages c’est quand même nul. En plus il a un an et demi de plus que Rohrer, sûr qu’il a déjà atteint son pic. Vétéran, va.
Blague à part, on préférerait quand même mentionner les 5 minutes passées en supériorité numérique sans marquer après la pénalité de match distribuée à Daniel Olsson pour un cross-check par derrière sur Lukas Frick presque aussi terrifiant qu’une décision de l’AMA (53e) ou encore la pénalité bêtement concédée par Damien Riat à 52 secondes du terme du temps réglementaire, histoire de débuter une prolongation archi-dominée par Zurich à 3 contre 4.
Le chiffre à la con
Zéro. Comme le nombre de minutes disputées en NHL par Hannes Björninen depuis 2010. À peine moins bien que sa moyenne de points par match sur les 3 dernières saisons en Suède. Bref, pas vraiment de quoi fouetter un pélican. Ah si, quand même ? KooKoo, le voilà ! Il s’est engagé avec Langnau dès la saison prochaine et autant vous dire que la presse romande en est toute rouge et jaune de jalousie.
Il faudra voir pour se calmer un poil quand même du côté de l’ATS. Bon, c’est vrai qu’il débarque dans l’un des meilleurs clubs du canton de Berne, ce qui n’est effectivement pas rien.
L’anecdote
L’engagement de Brendan Perlini (une immense star mondiale, un des meilleurs joueurs du m… euh ah non) a fait couler beaucoup d’encre depuis mercredi dernier. Non, pas du tout, tout le monde était bien trop occupé par l’arrivée imminente de Benjamin Mendy au FC Zurich pour remarquer quoi que ce soit d’autre. Et son CV a hérissé plus de poils que le (bref) passé de Perlini en KHL.
On n’a pas tous retenu la même chose de l’actualité de la semaine. En même temps on était distraits par Kanye passe la soirée aux Grammy Awards et Kanye vend des t-shirts sur Internet…
Et pourtant l’engagement du brave Brendan avait de quoi s’y attarder trois minutes. Aura-t-on une autre occasion de voir évoluer sous nos latitudes un joueur né en Grande-Bretagne, ayant joué pour les Lévriers de Sault Ste Marie (abrégé Soo Greyhounds pour les anglophones, faut pas déconner avec ces machins québécois improbables quand même), les Tucson Roadrunners (si jamais ça se dit « Géocoucous » en français, de rien), Ambrì et surtout 🥁🥁🥁 les Bakersfield Condors, qui avaient eu un soir de 2013 la brillante idée de faire participer un vrai condor à la cérémonie d’avant-match. La suite fait partie de la légende de AHL et restera peut-être la meilleure vidéo de tous les Internets pour l’éternité:
OK, disons la deuxième juste derrière l’annonce du renouvellement du contrat de Dustin Jeffrey en compagnie du Père Noël du Flon. Comme on n’aime pas trop le comique de répétition, on ne vous remet pas le lien une énième fois.
Bon, c’est un peu con, avec un peu plus de patience on aurait pu s’offrir les services de Miro Aaltonen pour les playoffs. Ben oui, s’il avait oublié de signer sa déclaration d’impôts ou jeté un déchet dans la mauvaise poubelle ça aurait été une autre affaire, mais là il a seulement pris de la coke à l’insu de son plein gré, donc ça va. Nous on le réengage dans notre équipe Hockey Manager illico en tout cas. Surtout s’il nous fait la promesse solennelle que ses intentions étaient pures et qu’il sera dorénavant blanc comme neige. Quel crack ce Miro quand même.
Reste à savoir s’il fera recours contre le timing de sa suspension qu’il n’a pas pu choisir lui-même en accord avec Swiss Sport Integrity. Il paraît que ça se fait en tennis.
Et sinon dans les tribunes ?
Guichets fermés, comme d’hab. Et que des gens qui étaient déjà fidèles au poste en 2008 quand on perdait en 7 matches cette somptueuse série de playoffs de LNB après avoir mené 3-0 contre La Tchaux, c’est certain. Non, à Lausanne il n’y a pas de supporters de beau temps enfin, qu’alliez-vous encore imaginer ?
Des fans qui brandissent d’ailleurs fièrement la date de leur première visite à Montchoisi.
Bref, nous on y était et on vous avoue qu’on avait même failli se parer de notre splendide nouvelle tunique remportée aux enchères sur Ricardo le 24 janvier dernier, jour de fête nationale. Ben oui, après avoir attendu 19 jours pour enfin recevoir notre bien (oui, 12 balles de frais de port en Suisse post-inflation c’est l’équivalent d’un courier C), on voulait l’étrenner ! Jusqu’au moment où on a remarqué le détail qui tue:
Le fameux Velcro pour fixer le numéro du joueur porteur du maillot du LGT Top Scorer. Sûrement encore un coup des méchants wokistes.
La minute Jonas Junland
La perte de puck de Patrick Geering derrière sa propre cage sur la première réduction du score signée Bayreuther sur assist de Tim Bozon, lui-même à la réception de l’offrande du capitaine zurichois. Salut Patrick !
La rétrospective du prochain match
Vous n’en pouvez plus d’attendre la 20e édition du Festival de la chanson à texte de Montcuq les 17, 18 et 19 juillet prochains ? On a ce qu’il vous faut. Vendredi 21, les hommes de Geoff Ward (dont le visage a montré une émotion forte pour la première fois depuis 2017 après le surnombre contre Rappi l’autre jour, vous avez vu ?) affronteront le petit frère à la croissance un chouïa compliquée du Grande Lugano des années 2000. Et ils seront surtout confrontés à un dilemme: gagner avec panache et conforter cette fameuse première place (avec un 10e b… MAIS TAIS-TOI MALHEUREUX !) ou perdre lamentablement et retarder encore un peu plus l’envol des cousins éloignés du condor californien mentionné plus haut vers les playoffs les play-in les vacances ?
Nous, on propose ça: on tente le b… le jeu blanc (le saviez-vous ? Kevin Pasche est à un shutout du record détenu par Leonardo Genoni depuis 2019, on ne sait pas si le sujet a déjà été abordé cette année) et si ça foire on les laisse gagner (probablement sur un triplé de Jiří Sekáč).
La rétrospective du prochain match (bis)
Et sinon, rendez-vous à la Cooly Aréna le lendemain soir pour assister au dernier match de la saison régulière du LHC Féminin face à Sursee (voir notre article précédent pour une excellente vanne sur le sujet). L’occasion d’arracher la deuxième place après avoir mis le feu à Brandis sur ses terres (4-2) ce week-end.
Il y a quand même deux escouades dans ce classement qui nous rappellent pas mal de vieux dimanches soirs de débattue aux pieds et aux mains dans le Virage Ouest de feu le Chaudron.
P.S. Si comme nous vous voulez suivre les Lionnes, chaussez d’abord vos doubles foyers et rendez vous sur le site du club où la section féminine est bien sûr dûment mise en exergue:
C’est ce qui s’appelle avoir pignon sur rue. Bon, plutôt une cour intérieure sans fenêtres hein.
La carte de vœux écrite à la bourre qui pourrait vous coûter votre relation
Toute la rédac’ vous souhaite une bonne St-Valentin avec seulement trois jours de retard.
La légende raconte qu’un retraité de La Brévine bloqué chez lui par le froid et une panne de moteur de sa chaise roulante serait sur le point d’arriver au bout de la lecture de cet article
Impossible. Personne n’est jamais arrivé au bout d’un de mes articles interminables.