Just give me a Riesen

Or preferably three

On y est ENFIN ! Le match d’ouverture de l’Euro 2025 ! Euh oui, si on accepte que le premier chapitre de ce tournoi était précédé d’une préface (Islande-Finlande 3 heures plus tôt). Mais bon, ce match initial ne compte pas vraiment puisqu’il avait lieu à Thoune, c’est-à-dire presque en Suisse romande. Allons-y donc pour le vrai match d’ouverture de cet Euro disputé en Suisse alémanique (et un peu à Genève et à Sion mais chut).

Le match en deux mots

4 minutes.

C’est tout ce qu’il aura fallu à une roublarde Norvège sans grand génie mais avec du vice à revendre par tonnes pour faire oublier une première mi-temps helvétique d’excellente facture. De quoi instantanément transformer un Parc Saint-Jacques incandescent en fjord de 1300 mètres de profondeur. Ça tombe bien, on la trouvait justement bien saumâtre celle-là.

On t’a vue Ingrid, avec ton habile obstruction sur Peng.

Et encore, la même Ada Hegerberg qui avait égalisé de la tête (54e minute) puis forcé Julia Stierli – qui “fêtait” sa 50e sélection – à marquer contre son camp sur un centre de Caroline Graham Hansen (58e) est passée de Ballon d’Or à ballon dehors en ne cadrant pas un penalty concédé sur une grossière faute de main de Géraldine Reuteler (70e), par ailleurs assez curieusement élue joueuse du match, titre probablement basé sur le souvenir de sa magnifique frappe sur la barre (24e). On rappellera que celle qui avait adopté la coiffure de Shaggy (et qui aurait bien voulu dire “it wasn’t me” sur le penalty) n’en est pas à sa première erreur de jugement de ce genre, surtout après avoir survolé le début d’un match.

Bref, c’est dur. Même Bruce Willis avait eu la décence de se donner 54 minutes de plus pour vivre.

La joueuse qui a touché au mythique St-Gall

Selon la filleule du soussigné (3 ans et demi et 1m sous la toise), il s’agit de Lia Wälti, grâce aux ventes de sa biographie illustrée s’adressant aux footballeuses et footballeurs en herbe et excellente préparation psychologique pour l’Euro.

Pour la magie on repassera. On espère que le tome 2 sera intitulé “90 minutes entre foot et réalisme”.

La buse alpine du match

On pourrait accabler Stierli pour son autogoal, mais tirer sur l’ambulance (Stierli-pin-pon), c’est pas notre genre enfin.

On en veut plus à l’arbitre roumaine Alina Peşu qui n’a pas su endiguer l’insupportable anti-jeu et autres pertes de temps à répétition des visiteuses en deuxième partie de rencontre (quand le passage du brassard de capitaine d’une joueuse à une autre au moment de sa sortie prend trois minutes, il y a probablement moyen de trouver quelque part dans le grand livre des lois du football de quoi sévir la moindre). Dans le même temps, on ne perd pas espoir que ce sport se dote de règles un peu moins bancales un jour, comme par exemple ne décompter que le temps de jeu effectif à l’horloge.

Le tournant Tourbillon du match

Ce moment où la Norvège est devenue la première équipe complète de notre album Topps (apparemment la version Wish de Panini dont les pages commencent à se détacher avant même le début de la compétition). On sait reconnaître un mauvais présage quand on en voit un.

Quand on sait qu’Ada Hegerberg a été nommée capitaine le 18 février dernier, on se dit qu’il y avait quand même moyen d’être plus à jour…

En même temps, The Guardian avait attribué le Large Hadron Collider comme objet suisse typique à la Norvège à la veille du tournoi car c’est “une solide unité construite sur l’accélération et l’intelligence au milieu, et une particule divine à l’avant peut transformer le plomb en or, mais pas de manière constante. Pourrait atteindre les étoiles ou être difficile à suivre”. Quels génies.

L’action qui a Berné toute une défense 

Un peu comme ce gars dans notre train à l’approche de Soleure dont le réveil (“YOU GOT DISTRACTED AGAIN, YOU’VE GOT DREAMS TO CHASE, YOU’VE GOT PEOPLE TO IMPRESS”* à plein tube) a sonné de multiples fois en mettant tout le compartiment sur le qui-vive sauf le principal intéressé, la défense norvégienne était profondément endormie sur le cafouillage qui a débouché sur l’ouverture du score de Nadine Riesen (28e), dont la performance a parfois atteint des hauteurs dont on pensait que seul Olivier Rioux avait connaissance (vous nous remercierez pour cette authentique pépite de culture générale inutile une fois votre recherche Google faite).

*Une sonnerie de réveil en forme de citation pseudo-motivante Instagram à la con, on n’était pas tout à fait prêt.

Au fait, si vous regardez les highlights, on ne saurait trop vous conseiller les lunettes à soleil à doubles foyers pour revoir en toute sécurité la passe lumineuse de la capitaine Lia Wälti en direction de sa numéro 8 montée une énième fois déborder sur l’aile gauche et donc buteuse quelques secondes plus tard.

Les Riesen de la colère.

L’aVARie qui aurait pu nous faire toucher le fond (du lac)

La sélection d’Alisha Lehmann pour cet Euro à l’envers du bon sens et contre toute logique sportive. On ne lui en veut pas, elle n’y est pas pour grand chose si on vit dans un pays où les instances du foot féminin pensent qu’elles ont besoin de ce genre de com’ pour attirer des « fans » (sic) plutôt que de mettre en avant les véritables fers de lance de leur sélection (par exemple les 11 qui ont débuté le match et joué les 45 minutes de leur vie).

Blick.ch/de, maître de l’ironie et du paradoxe devant l’Eternel, qui se plaint du traitement infligé à la pauvre Alisha après lui avoir consacré un 5853269943e article cette année (dont environ 3 dans lesquels le mot « football » est mentionné).

Au fait, quelqu’un sait combien de temps de jeu elle a eu contre la Norvège ?

Ce que Blick ne vous dit pas, c’est que le Joker n’apparaît finalement que dans trois Batman au cinéma.

Le moment qui valait son pesant de Thun

Il se situe avant le début du tournoi. Il s’agit de l’allocution de notre présidente Karin Keller-Sutter qui, après avoir passé des mois à lécher les bottes de cowboy de Donald Trump tout en préconisant moins de soutien financier pour les footballeuses européennes cet été (4 millions au lieu des 15 finalement octroyés), conseille aux équipes présentes à l’Euro de… perdre pour pouvoir mieux profiter de l’offre touristique suisse et de ses paysages à couper le souffle. C’est donc définitif: le ridicule n’est pas létal.

Toute la mentalité politico-sportive suisse est là.

Le chiffre un peu dé-Biel (ou à deux Bâle)

34’063. Comme le nombre de sièges du Parc Saint-Jacques qui avaient trouvé preneur. Voilà qui fait déjà de ce match la quatrième plus grosse affluence de l’histoire de l’Euro féminin (et le record de Suisse). Vous avez entendu le bruit de toutes ces bouches masculinistes qui se sont fermées en choeur ?

On était au numéro 8, c’était fun.

On avoue quand même que tant dans le cortège de supporters menant au stade que dans l’enceinte elle-même, le “Schwiizer Nazi” (vous entendez quelque chose d’autre vous ?) met toujours un brin mal à l’aise.

L’anecdote qu’on aurait pu entendre sur la Bahnhofstrasse…

… si on avait été un peu plus (Zu)riche.

Comme on s’est déjà suffisamment énervé sur ce Suisse-Norvège et qu’il faudra bien trouver le sommeil à un moment donné, parlons d’autre chose.

Le dimanche 29 juin dernier, les Espagnoles ont commis un crime de lèse-majesté dès leur arrivée dans la capitale olympique (le saviez-vous ? Ladite capitale olympique n’accueille aucun… enfin bref). On ne sait pas si c’est parce que le préposé au flocage de la Roja est dyslexique ou si l’impression du maillot était phonétiquement basée sur la prononciation de Sydney Schertenleib, coéquipière germanophone de 11 des 23 sélectionnées espagnoles au Barça. D’ailleurs, pourquoi le numéro 10 alors que le 25 était juste là, à portée de presse à textile ?

Si le match avait été un fromage

Au vu de la touffeur qui régnait au Parc Saint-Jacques (on a bien vérifié qu’on ne faisait pas de coquille en écrivant ce terme pour la troisième fois) pour ce vrai faux match d’ouverture, il a fondu et nous ne sommes donc plus en mesure de l’identifier. Et on n’ose pas non plus trop s’en approcher vu l’odeur.

Ah au fait:

Trop aimable. Vous ne craignez pas trop la recrudescence d’actes terroristes dans les stades qui risque d’en résulter ?

La minute Sandy Maendly 

On était au stade, mais selon nos taupes sur leurs canapés romands, Sandy Maendly était bel et bien au rendez-vous du commentaire, après nous avoir pourtant annoncé la tenue du match d’ouverture pour le… 3 juillet lors de la victoire 4-1 des Suissesses face aux Tchèques en amical jeudi dernier.

C’est pourtant Fred Scola qui s’est illustré avec un magnifique “la chenille norvégienne, on espère qu’elle n’éclora pas en papillon”. Vous connaissez la suite…

La rétrospective du prochain match se jouant à Lausanne (mais non, on déconne)  

On s’est souvent moqué de Lausanne pour son empressement à recevoir la population totale de Suisse alémanique (oui, on les a comptés, ils étaient tous là) pour un barbecue géant (et un peu de gym) au bord du lac pendant 10 jours à la fin juin et quelques basketteurs juvéniles à la Vaudoise aréna jusqu’au 6 juillet (bref, absolument tout et son contraire, mais surtout pas l’Euro par pitié).

Une fête fédérale qui s’est finalement poursuivie à Bâle.

Néanmoins, rendons tout de même au chef-lieu du centre du monde connu ce qui lui appartient: il a bel et bien accueilli ce qui restera l’un des grands moments de cet Euro (oui, on a déjà décidé): l’entraînement public de l’équipe d’Espagne championne du monde le 30 juin dernier.

L’émeute.

Non, sérieusement ! Pour commencer, 700 personnes au Stade Juan-Antonio-Samaranch, est-ce que c’est déjà arrivé ? Pour un match du SLO donc ? À d’autres. La sécurité était d’ailleurs immédiatement dépassée par cette foule digne des meilleurs trajets Dorigny-Renens en M1 aux heures de pointe (voire même les heures de pinte pour certains) pendant la fête fédérale de gymnastique susmentionnée. La file de ceux dont le poignet avait déjà été proprement assailli par un tampon d’un grenat pour le moins suspect s’est rapidement confondue avec celle de ceux dont l’avant-bras était toujours vierge de tout tatouage intempestif et celle de ceux qui n’y comprenaient rien du tout (ceux-là, il y en avait dans les deux autres files aussi, transformant la chose en une sorte de diagramme de Venn improbable), le tout finissant par se muer en cohue menant à deux agents de sécurité (oui, deux pour 700 personnes qui s’étaient pourtant préalablement inscrites sur le site de la Ville) complètement dépassés par la liste d’objets interdits que certains avaient cru bon d’amener dans leurs sacs qui n’étaient probablement pas tout à fait d’un format A4. On jurerait qu’on n’avait pas reçu une liste desdits articles prohibés (au nombre de 14 tout de même, dont les animaux) trois jours avant ce fameux 30 juin. Et on jurerait aussi que la Protection Civile vaudoise était en charge de la logistique.

Même à CR on s’autorise parfois un jour off consacré au fangirling.

Bref, on se moque, mais on a fait notre selfie avec Alexia Putellas (qui a d’ailleurs fait toute la longueur du terrain pour absolument TOUT signer, de la casquette au maillot en passant par l’album Panini Topps, le tout entrecoupé de plusieurs dizaines de séances photos, quelle classe) et on a été très impressionné parce ce qu’un entraîneur nous a décrit comme « le jeu de la rivière », décliné sur de longues minutes sous un cagnard aussi lourd et accablant que le 732e commentaire mentionnant des ados lucernois sur les réseaux sociaux (oui, tourner la page ça se fait, même quand on ne sait pas lire).

De gauche à droite: Laila Aleixandri, Claudia Pina, Ona Batlle, Mariona Caldentey, Alexia Putellas, Cristina Martin-Prieto et Patri Guijarro, observées par la coach Montse Tomé et son staff. On a déjà vu de plus médiocres individus fouler la pelouse du Samaranch (enfin pas littéralement, on n’y avait jamais mis les pieds avant).

P.S. La prise de photos à visée professionnelle était elle aussi interdite pour le public non accrédité. On espère donc que les nombreux membres du staff ibère qui liront cet article auront bien compris qu’il s’agit d’un site amateur dont aucun des membres n’est rémunéré (il faudrait des rentrées d’argent pour ça, et l’absence totale de publicité ne facilite pas les choses figurez-vous).

Le pronostic d’avant-match selon l’indice ALISHA (A-Level Inclusive Soccer and Holistic Approach)

Une fois de plus infaillible.

A propos Raphaël Iberg 230 Articles
"Chaque matin on prend la plume parce que l'on ne peut plus faire autrement sous peine de malaise, d'inquiétude et de remords." Maurice Leblanc

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