La VAR, comédie en deux actes et une pause

On avoue que celui-ci nous intriguait beaucoup. La meilleure équipe de l’univers selon Carton-Rouge (et 31’000 fans débarqués en Suisse) face à celle qui devrait déjà avoir tout gagné mais se retrouve avec une armoire à trophées aussi fournie que si Marie Kondo était en charge du rangement (oui, on a déjà fait cette blague il y a des années, l’auto-plagiat c’est mal), la faute à un mental grossièrement découpé dans du carton ayant déjà subi cinq déménagements de pianos à queue et autres orgues de salon. Le carton donc, pas l’équipe de France qui loge toujours à Heiden (AR) pendant l’Euro, merci pour elle.

Le match en deux mots (et deux chiffres)

Giorgio 1 Alessia 0.

Le premier quart d’heure est 100% anglais, sous l’égide de Lauren James, meilleure joueuse de son équipe en première mi-temps. À la 16e minute, “LJ” est à l’origine d’une action qui transite par Beth Mead et Lauren Hemp avant d’échoir à Alessia Russo qui ouvre logiquement le score.

Sauf que pas du tout. La défenseuse (défenseure ? D’ailleurs dit-on entraîneure ou… enfin bref) française étant hors-jeu, le but est annulé.

Euh pardon ?

Jean-Michel VAR, tu es ivre. Rentre chez toi.

Bref, c’est assez normal que la VAR avantage le pays de Molière après tout. Et c’est donc Giorgio Russo qui l’emporte sur sa sœur Alessia dans le duel médiatique du soir puisque le frangin participe actuellement à la saison 12 de Love Island, émission de télé-réalité diffusée par ITV dont le but est de former des couples dans une villa des Baléares, et est apparemment toujours en bonne position pour espérer scorer, lui.

La joueuse qui a touché au mythique St-Gall

Carly Telford. L’ancienne gardienne des Lionesses (2007-2021) a eu la chance de s’exprimer devant un parterre de fans royalement arrosés à la Budweiser (la première gratuite sur présentation du jeton distribué à l’entrée) et à l’Apérol Spritz en avant-match au désormais fameux Lionesses HQ. Il se situe au Kraftwerk, Selnaustrasse 25 et on vous conseille d’y passer avant l’Angleterre-Pays-Bas de mercredi prochain, surtout si vous aimez les ambiances sauna-disco-agoraphobie. D’autant que vous aurez peut-être la chance d’y recroiser Joe Bunney, footballeur au Stalybridge Celtic FC, en septième division anglaise, et petit ami d’Ella Toone, ainsi que Mario Russo, ancien joueur corpo du Metropolitan Police FC et père de vous-savez-qui.

Ce t-shirt est fantastique.

L’ex-cerbère a surtout eu le bonheur de s’éclipser avant que les premiers accords de Sweet Caroline soient joués par erreur pile au moment de la minute de silence dédiée à Diogo Jota en ouverture du Pays de Galles-Pays-Bas de 18h diffusé sur les écrans du bar et que votre serviteur se surprenne à applaudir l’ouverture du score néerlandaise de Vivianne Miedema au milieu d’une assistance restée désespérément coite par solidarité britannique. Ben quoi ? Elle joue à City et sort avec Mead, faites un effort !

La buse alpine du match

Les CFF. En effet, on nous promet 400 trains spéciaux au départ tardif des villes hôtes pour pouvoir rallier la Romandie après les matches débutant à 21h, mais Zurich n’a apparemment pas reçu le mémo avec un dernier train annoncé à 23h04 en direction de Lausanne.

Pas sûr non plus que le contrôleur de notre convoi de départ ait été habilité à répondre à nos questions à ce sujet puisqu’on l’a entendu demander à un passager un peu perdu et assez peu francophone “vous allez pas au fotte ?” avant de traduire, devant l’incrédulité lui faisant face: “vous allez pas au fotte-balle ?” Effectivement, c’est tout de suite beaucoup plus clair.

Heureusement pour eux, ses voisins anglais n’ont pas dû communiquer par voie orale, possesseurs qu’ils étaient d’un billet de match à présenter via un écran à la rigueur accompagné d’un regard entendu 👀 voire même d’un haussement de sourcils dans les cas les plus extrêmes.

Les trams, eux, sont en débit aussi continu que la bière au Lionesses HQ après les matches et offrent même la possibilité de charger son téléphone en rentrant.

Le tournant Tourbillon du match

L’intervention de Jean-Michel VAR susmentionnée. Dès l’annulation du fruit de leur domination initiale, les Lionesses sont rentrées dans leur tanière et on n’a plus vu que les Bleues, et notamment le trident fulgurant Elisa De Almeida – Sakina Karchaoui – Delphine Cascarino, utilisant les deux couloirs laissés étrangement vacants par les fantômes de Jess Carter et Lucy Bronze (tout métal finit donc bel et bien par rouiller après 33 ans de bons et loyaux services). Une fois à droite (Marie-Antoinette Katoto, 36e, 1-0), une fois à gauche (Sandy Baltimore, 39e, 2-0) et le mal était fait. Non, pas le mâle. Va te recoucher, Serge.

Vous détestez le foot féminin et désirez le lui faire comprendre en lui tournant le dos pendant un mois ? Engagez-vous.

L’action qui a Berné toute une défense 

La deuxième réussite française, œuvre de la supersonique Baltimore, en mystifiant toute ses coéquipières à Chelsea les unes après les autres.

Mais laissons le soin à notre rédacteur valaisan de nous décrire la scène: “Le combo défensif sur le deuxième but, c’est un peu comme quand les Anglais t’emballent une tranche de morue avec du lard et te la servent avec une confiture aux groseilles.”

Ça sent l’expérience culinaire vécue au petit déj’ d’un hôtel truffé de touristes rougeauds en sandales-chaussettes en vacances à Marbella tout ça. Tiens, voilà qui nous rappelle que Lucy br… enfin s’est retrouvée étendue en plein soleil sur cette action.

C’est pas la même action, mais on fait ce qu’on peut pour prendre des photos quand le ballon est à moins de 300m de nous dans cette merveille architecturale qu’est le Letzigrund.

L’aVARie qui aurait pu nous faire toucher le fond (du lac)

Assez ergoté sur la VAR, parlons d’autre chose.

L’équipe de France ne serait pas l’équipe de France si une grande compétition n’était pas entachée d’une bonne dose de drama. Foin de bus de Knysna (pour l’instant), mais déjà deux bonnes vieilles polémiques. Comme vous le savez probablement, Laurent Bonadei a fait des choix forts en écartant les légendaires Eugénie Le Sommer et Wendie Renard et la nettement moins mythique mais tout à fait honnête sur un terrain Kenza Dali (on trouvera tout de même un moyen de parler de peintres à un moment donné, pas d’inquiétude). Jusque-là, tout allait bien, une décision couillue, une prise de risque tout de même assez limitée au vu du vivier français en termes de jeunes joueuses et du fait que ces légendes n’avaient jamais rien gagné en Bleu de toute façon, alors autant tenter un coup de poker. Bref, on allait voir ce qu’on allait voir (ndlr et on a vu hier soir, d’où le “aurait pu” du titre de la rubrique, il faut suivre un peu).

Sauf que, drama. Kenza Dali (la moins légitime des trois donc) s’ouvrait au Guardian le 7 juin dernier (deux jours après la sortie de la liste des 23) en ces termes: « J’espère vraiment que ça se passera bien pour elles. J’ai trop de respect pour le maillot pour sortir ma version de l’histoire maintenant. Je sais que ça va être partout et qu’elles sont en train de se préparer pour l’Euro et je ne veux pas perturber ça. Mais c’est difficile pour moi parce que je joue ce qui est peut-être mon meilleur football en ce moment. C’est vraiment difficile à digérer parce qu’il y a beaucoup de mensonges dans l’histoire qui a été racontée, mais je donnerai ma version après l’Euro. » En gros, mon ego n’a pas réussi à ne pas déborder sur mes cordes vocales jusqu’au bout et il fallait quand même que je l’ouvre pour ne pas dire grand chose, mais assez pour créer une jolie distraction avant le tournoi.

Bon, on se reconcentre… Ah, attendez ! Mercredi 2 juillet, jour d’ouverture de la competition, Wendie Renard communique à son tour: « C’est un choix du sélectionneur, je dois le respecter et l’accepter. Mais c’est incompréhensible. […] J’ai tout donné. Seul Dieu sait pourquoi je ne suis pas dans cette liste. » Voilà au moins qui dédouane Bonadei en cas d’échec, pratique (ce qui ne nous empêcherait pas de cocher la case 24 du bingo). Et ça tombe bien puisque sa nouvelle capitaine Griedge Mbock (en remplacement de Renard donc) était forfait pour ce premier match sur blessure…

P.S. On peut reprocher beaucoup de choses à Pia Sundhage et consorts, mais vous avez entendu Seraina Piubel l’ouvrir dans la presse après son éviction (alors qu’objectivement il y avait de quoi), vous ?

Le moment qui valait son pesant de Thun

Celui qui consiste à acheter une saucisse de veau à chaque match de cet Euro pour les comparer. A 8,50.-/pièce pendant 19 jours, ça fait effectivement beaucoup de Thun. On adore Robin Carrel, dernier journaliste décalé de Suisse romande, mais là on avoue qu’on ne comprend pas bien son challenge, puisque chaque saucisse de cet Euro est strictement la même que sa voisine, et ce dans tous les stades du pays puisque toutes les buvettes estampillées UEFA servent rigoureusement la même tambouille, de la Heineken tiède et insipide au hot dog rachitique en passant par la saucisse de veau et les chips Doritos. En tout cas c’était le cas à Bâle, Sion et Zurich.

Ah… attendez ! Non ! Le Letzigrund a apparement décidé de faire bande à part en proposant quelques mets différenciés, tel que son hamburger au pain, pompeusement appelé “Letziburger”.

C’est bien la première fois qu’on doit ajouter les sauces de notre burger nous-mêmes.

On visitera encore Berne et Lucerne avant la fin de ce tournoi, on vous tient au courant, surtout au niveau de la présence de viande entre les deux buns après l’ablation des condiments.

Le chiffre un peu dé-Biel (ou à deux Bâle)

60. Comme le nombre de minutes qui se sont écoulées avant que Sarina Wiegman (qui a perdu hier soir son tout premier match à l’Euro en tant que coach après 12 victoires) se dise qu’elle était en Suisse, que la ponctualité n’était pas un vain mot et qu’il était donc peut-être temps d’effectuer un premier changement (Niamh Charles pour Jess Carter, remplacement ô combien salutaire). On ne commentera pas le fait que sa collègue Bronze ait continué de couler jusqu’au terme des 95 minutes, il nous faut préserver ce qui nous reste de santé mentale.

Alors oui, Keira Walsh a pu réduire le score (87e, quelle frappe sans élan venue d’ailleurs !) et les entrées (bien trop tardives encore une fois) d’Ella Toone et du diamant brut d’Arsenal Michelle Agyemang (19 ans) auraient presque pu contribuer à arracher un 2-2 final (pronostiqué devant notaire par le soussigné d’ailleurs), mais cela aurait au mieux constitué une flatteuse illusion, au pire le casse du siècle.

Et encore, on n’a même pas pensé à vous parler du musée des horreurs présenté par Georgia Stanway (to hell this time) au milieu du terrain, tout accaparé qu’on était par notre duo maléfique Carter-Bronze.

L’anecdote qu’on aurait pu entendre sur la Bahnhofstrasse…

… si on avait été un peu plus (Zu)riche.

Le saviez-vous ? On a écrit une présentation du groupe de la mort auquel appartiennent les deux escouades qui nous occupent. Il marche un peu moins bien que les autres en termes de vues alors qu’à notre humble avis c’est le meilleur des quatre articles consacrés à ces poules. Vous savez quoi faire.

Si le match avait été un fromage

Un vieux cheddar bien orange et à la dureté aussi inébranlable que la décision du FC Sion de donner un concert au Zénith cet été, seul fromage habilité à résister à cette retouffe du diable. En effet, la température de fusion pour le plastique se situant entre 70°C et 200°C, on a encore de la marge. On ne devrait atteindre ces températures que pour la Coupe du monde 2027 au Brésil.

Tout le monde n’a pas eu cette chance.

La minute Sandy Maendly 

21h00, Stefan Renna commence son reportage par un “C’est parti pour une soirée Game of Thrones sur la RTS !” La lutte pour la succession de Massimo commence donc plus tôt que prévu. 

La rétrospective du prochain match se jouant à Lausanne (mais non, on déconne)  

Alors nous on sera à Norvège-Finlande à Tourbillon ce soir à 18h, avant d’enchaîner avec le très prometteur Suisse-Islande à la pseudo-fan zone de la Rue du Midi sédunoise pour bien terminer le week-end. Et vous ?

Depuis la « performance » d’Ada, CGH, Guro, Frida et Cie à Bâle mercredi, on n’hésite plus sur les couleurs à porter au stade.

Le pronostic d’avant-match selon l’indice ALISHA (A-Level Inclusive Soccer and Holistic Approach)

Feuque (az zé sé in France).

A propos Raphaël Iberg 230 Articles
"Chaque matin on prend la plume parce que l'on ne peut plus faire autrement sous peine de malaise, d'inquiétude et de remords." Maurice Leblanc

Commentaires Facebook

2 Commentaires

  1. Mon petit doigt me dit que si nous n’avons pas entendu (lu) Serena Piubel l’ouvrir dans la presse helvétique, c’est juste parce que toutes les pages étaient déjà prises par l’autre, la Alisha Encore Plus Belle. Après, mon petit doigt n’a peut-être pas tout lu non plus, hein…

  2. Oui, partout les mêmes saucisses, dans cet Euro Féminin. Mais à Tourbillon, la bouffe estampillée UEFA sera toujours, toujours, déclassée par la raclette. Avec un cornichon et deux oignons.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.