5 décembre : Veltins-Arena

Pour ceux qui ne seraient pas encore tout à fait remis des folles libations du week-end, rien de tel que de commencer la semaine par la présentation d’un stade avec un nom de bière. Cela fait déjà un bon prétexte pour une escapade à la Veltins-Arena. Laquelle recèle toutefois bien d’autres atouts.

Nom : Veltins-Arena.
Ville : Gelsenkirchen.
Club résident : FC Schalke 04.
Capacité : 61’673 (54’142 pour les matchs internationaux).

Le stade

Enceinte futuriste construite en 2001 à quelques centaines de mètres de l’ancien Parkstadion, la Veltins-Arena a longtemps été considérée comme le stade le plus moderne d’Europe. Arène multifonctionnelle, la tanière de Schalke 04 peut accueillir, à quelques jours d’intervalles, matchs de football ou de hockey, courses de voitures ou de biathlon, combats de boxe, concerts… Fierté de toute une ville, le stade de Gelsenkirchen est pourvu de nombreux gadgets extrêmement coûteux et capricieux. Comme le toit amovible, qui s’est déjà effondré deux fois sous le poids de la neige, ou la pelouse montée sur roulette qui se glisse sous les tribunes pour être cultivée à l’extérieur du stade mais qui est souvent dans un état déplorable. Malgré ces quelques petits défauts de conception, la Veltins-Arena a su éviter le piège du colosse de béton froid et aseptisé qui est souvent le lot de ces stades modernes. Peut-être est-ce dû à la présence d’une imposante Nordkurve en mode places debout en configuration Bundesliga, toujours est-il qu’il y a une âme et une atmosphère authentiques dans ce stade. Lequel est un véritable régal pour les yeux lorsqu’il est plein, ce qui est toujours le cas pour les matchs de Schalke 04.

L’ambiance

Fatalement, l’ambiance du stade de Schalke 04 pâtit un peu de la comparaison avec celle de l’antre du grand rival situé 35 kilomètres au sud-est. Reste qu’un stade avec 60’000 Ruhraux, ça fait beaucoup de bruit. Surtout quand le toit est fermé et que la Veltins-Arena se mue en patinoire géante. Schalke 04 est réputé pour son côté inconstant, voire schizophrène, son public est à son image : autant il suffit de pas grand-chose pour qu’il s’enflamme, autant il peut très rapidement manifester son courroux et siffler sa propre équipe si ça ne tourne pas rond. Ceci dit, même s’ils sont parfois un peu trop exigeants, on parle de fans qui viennent à 60’000 à tous les matchs même lorsque leur équipe se traîne en fin de classement ou qui sont 52’077 un jeudi soir de novembre pour un match d’Europa League sans grand enjeu contre Larnaca. Un stade superbe, un kop imposant, une ferveur indéfectible, cela fait de la Veltins-Arena l’un des monuments du foot européen qu’il faut absolument voir une fois dans sa vie.

Les chocs

Le choc de l’année à la Veltins-Arena, c’est bien sûr la venue de l’ennemi juré de Lüdenscheid-Nord (si tu prononces le terme «Borussia Dortmund» à Gelsenkirchen il pourrait t’arrive des bricoles) : le Revierderby, c’est probablement la plus grande rivalité d’Europe, avec deux clubs situés à 35 kilomètres l’un de l’autre et qui attirent respectivement 60’000 et 80’000 fans à chaque match, un Derby hors-norme qui électrise toute une région pendant des semaines deux fois par saison. L’autre grand rival de Schalke 04, c’est le Rot-Weiss Essen mais celui-ci évolue en quatrième division et ne joue plus que des derbies contre Schalke II. Inversement, les Knappen entretiennent une amitié indéfectible avec le 1. FC Nürnberg et les matchs entre les deux clubs donnent toujours l’occasion aux supporters des deux camps de se redéclarer leur flamme à grand renfort de tifos. Même la relégation de Nuremberg, consommée en 2008 après une défaite contre… Schalke, n’avait pas entamé ladite amitié.

Les billets

Depuis sa construction il y a dix ans, la Veltins-Arena affiche un taux de remplissage qui doit avoisiner les 99% pour les matchs de Schalke 04 et le succès populaire ne se dément pas, quels que soient les résultats. Du coup, l’accès aux billets n’est pas chose aisée. Il faut d’abord s’inscrire pour recevoir par courrier un numéro de client. Ensuite, les Knappen vendent généralement les billets en juillet pour toute la saison ; les tickets pour les gros matchs (Dortmund, Bayern, Brême, Mönchengladbach…) sont entièrement accaparés par les membres du club, il faut se rabattre sur les autres parties mais, en quelques jours, tous les billets disponibles sont écoulés. Après, en cours de saison, quelques semaines avant le match, des contingents sont remis en vente et, en dehors des quelques chocs précités, il est possible de se procurer son sésame sur le site internet du club au prix officiel. En revanche, pour un Schalke – Dortmund ou un Schalke – Bayern, si tu n’es pas membre de l’un des clubs en question, il te faut allonger les billes sur un site de revente de billets style e-bay, viagogo ou seatwave.

La troisième mi-temps

Gelsenkirchen n’est pas vraiment une ville mais un amas de différents quartiers qui ont tous leur propre vie et leur propre centre. Avec le stade au milieu. Le quartier le plus riche en bars est celui de Buer, au nord. Pour sortir en boîte, une adresse incontournable, dans le quartier d’Hessler, au sud : le Venetian, rebaptisé V-Dance Club. C’est un lieu assez improbable, tout droit sorti d’un jeu vidéo de mafia. Tu débarques dans une rue glauque et déserte, tu arrives sur un parking tout aussi désert, tu franchis, avec quelque appréhension, la porte située dans une arrière-cour où trônent deux imposants videurs. En revanche, une fois à l’intérieur, c’est la grande classe avec tapis rouge, fresques, dorures, lustres et compagnie. C’est kitsch mais c’est généralement très bien fréquenté et les boissons y sont scandaleusement pas chères. Accessoirement, comme l’endroit se veut un peu classe, les maillots de foot n’y sont pas les bienvenus. Habituellement, on préfère les ambiances fans bourrés qui braillent à tue-tête à celles de discos un peu guindées. Mais, à Gelsenkirchen, cela nous facilite grandement la soirée de faire la fête dans ce qui doit être le seul endroit de la ville qui n’est pas rempli de mecs avec des maillots de Schalke qui braillent des slogans anti-Dortmund jusqu’au bout de la nuit…

L’anecdote

Justement, pour les fans de Dortmund que nous sommes, c’est toujours le grand défi de ne pas nous trahir lorsque l’on va voir un match à GE (hors Derby) et que l’on fraternise avec des fans de Schalke (ben oui, même s’ils ont choisi le mauvais camp, ils peuvent être très sympathiques, après tout j’ai bien des amis socialistes, voire pire…) : il y a eu Kurt et Klaus les deux motards qui nous payaient des coups et qui étaient membres d’un fan club dans lequel prononcer le terme «Dortmund» était sanctionné d’une amende d’un euro, il y a eu ce couple à qui l’on a dû raconter une histoire abracadabrantesque sur un départ à 3h du matin pour aller voir LHC – Thurgovie pour ne pas leur révéler qu’en fait on allait à BVB – Freiburg, il y a eu ce billet du Dortmund – Bayern de la semaine précédente malheureusement tombé de ma poche devant l’entrée de la Nordkurve, il y a eu ce briquet du BVB malencontreusement sorti par un ami au fin fond d’un Kneippe avec au moins deux cent fans des Knappen éméchés entre nous et la sortie…

Écrit par Julien Mouquin

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5 Commentaires

  1. julien présente la veltins arena, j’y crois pas, c’est aussi le pseudo d’un autre

    « il y a eu ce briquet du BVB malencontreusement sorti par un ami au fin fond d’un Kneippe avec au moins deux cent fans des Knappen éméchés entre nous et la sortie… » -> il s’est passé quoi ? raconte..

  2. « Plus grand derby d’Europe », je reste septique et te suggère une semaine a Glasgow avant Old Firm suivi d’un petit tour à Celtic Parc…

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