Elle a ri, Clinton

Amazing Grace

À l’instar de Roger Federer, la Confédération ne nous a pas autorisés à construire un hangar à bateaux à Rapperswil. Contrairement à ce qui est arrivé au Bâlois, les raisons qui ont conduit à la fin de non-recevoir du dossier de la rédac’ sont assez claires : on n’a ni bateau, ni résidence sur la Goldküste, ni même assez de pognon pour faire construire un quart de hangar, ne serait-ce qu’à Sévelin. Mais on a quand même décidé de quitter le pays (oui, encore !) de rage. Direction la très Humide Albion et son football féminin en plein essor dans un frêle esquif Eurostar. Oui, vous verrez, les transitions c’est en général notre fort.

Les transports (de joie)

Vendredi 18 octobre. Lausanne Genève – Londres via Paris.

Franchement, la SNCF nous a déçu en bien (ce qui est au demeurant décevant en mal quand on gribouille sur un site dont le principal fonds de commerce est de se plaindre d’à peu près tout).

OK, la partie Lausanne-Genève de notre parcours a été annulée, mais avec une semaine d’avance, largement assez de temps pour… complètement oublier de s’organiser en conséquence.

D’accord, on a pris 10 minutes de retard dès notre départ de Genève voisine, mais c’est tout. Connaissant l’auteur de ces lignes et sa veine habituelle en termes de transports, c’était vraiment pas gagné.

Après ce début de journée pour le moins renversant, c’est donc par une fraction de haussement de sourcil qu’on a accueilli la victoire en deux sets de Stan Wawrinka à Stockholm face à Andrey Rublev, numéro 7 mondial, l’après-midi même depuis notre siège de l’Eurostar Paris-Londres de 16h10, parfaitement à l’heure. Facile. Juillet 2023, date de la dernière demi-finale de Crypto Stan sur le circuit, doit effectivement coïncider avec la dernière fois qu’on a réussi à prendre trois trains et un RER sans problème notable. Même pas un mini-souci sur la District Line (pourtant en plein week-end, les vrais savent) en débarquant dans la capitale britannique.

Bref, revenons-en à ce brave Stanislas. Comme quoi Kylian Mbappé n’est pas le seul à être accusé de faire des trucs suspects dans la capitale suédoise. Un vrai syndrome.

On notera que le Kid de St-Barthélémy a un look un brin différent sur les pubs londoniennes.

Samedi 19 octobre. Southfields – London Bridge – Brighton – Falmer et retour par le même chemin.

Franchement, pas grand-chose à signaler en dehors du fait que si on était vous on éviterait de boire trop de thé ou de café avant de prendre un train anglais à moins d’avoir très envie d’explorer le musée des horreurs que sont les toilettes de gares londoniennes (surtout un lendemain de fête). Les 3 pissoirs de la Vaudoise aréna nous manquent tiens.

Il faut parfois pousser un peu, mais ça finit par passer.

Dimanche 20 octobre. Southfields – Kingston (non, l’autre, au sud-ouest de Londres) et retour.

RIEN à signaler. Quel gâche-métier ce Transport for London. On en oublierait presque qu’ils ont un jour été assez cons pour privatiser leurs chemins de fer dans ce pays.

Bon d’accord, on a marché (bien comme il faut, avec les deux pieds) dans des excréments de renard juste avant d’arriver à destination, mais les transports publics du coin n’y peuvent pas grand-chose.

Vendredi 25 octobre. Southfields – Wembley Park et retour.

Vous connaissez la rengaine : RAS. À part peut-être cet appel du pied appuyé pour encourager un Vaudois susmentionné à continuer de se faire mal :

Stan n’aurait donc pas encore atteint le terminus de la ligne.

Pour ceux qui débarquent

La situation au classement avant les matches du week-end dernier :

Oui, le dernier Chelsea-ManU a été reporté pour une sombre histoire de communication entre la ligue et l’UEFA qui se sont rendu compte à la der que deux matches en trois jours ça le faisait pas.

Les matches en trois scores

La femme des matches

Grace Clinton.

Clinton (tout à droite) à la lutte avec Jorelyn Carabali sous les yeux de Poppy Pattinson (3) et Celin Bizet (15). Bon OK, aussi sous ceux de Maria Thorisdottir (tout au fond), mais c’est vachement plus chiant à écrire.

Son ouverture du score pour United à la 10e minute du match face à Brighton et son enchaînement contrôle orienté, dribble du pied droit, frappe du gauche sur la transversale trois minutes plus tard lui avaient déjà garanti ce statut et le titre de l’article avant d’avoir vu les deux autres rencontres prévues à notre programme (on est objectifs comme ça à CR).

Obama connaît bien les Clinton et avait prévu il y a longtemps que Grace allait casser la baraque. 

Tout cela s’est évidemment passé avant que Nikita Parris s’éveille (non pas à 5 heures, mais bien à la 52e minute) pour égaliser sur une tête à bout portant entachée d’un possible hors-jeu. On n’en saura pas plus, la TV anglaise était trop aVAR d’angles supplémentaires pour juger la chose convenablement. Bref, tout est dispo juste là en-dessous :

Si cette vidéo n’est pas disponible sur votre territoire, faites vos propres recherches bon Dieu, ça en vaut la peine.

La buse des matches

Amanda Nildén. L’infortunée Suédoise de Tottenham s’est fait l’autrice d’une perte de balle rédhibitoire sur l’ouverture du score de Chelsea (Maika Hamano, 10e), a bien tenté de se racheter en égalisant (Hannah Hampton s’était clairement assoupie, 21e) – ndlr après visionnage des highlights : euh en fait pas du tout, le ballon n’a jamais franchi la ligne, mais on annonce l’arrivée de la goal line technology pour 2073 en Barclays Women’s Super League donc tout va bien – mais tout de même parachevé son œuvre en marquant le 2-1 contre son camp sur un corner adverse (44e).

Le duel Nildén-Kaneryd en 4 images. Oui, la quatrième nous a aussi pris de vitesse, tu n’es pas seule Amanda.

Il faut dire qu’elle n’avait pas la tâche facile au marquage de sa compatriote Johanna Rytting Kaneryd, qui est d’ailleurs celle qui lui a piqué le ballon avant d’offrir un caviar à Hamano sur le 1-0 et surtout de marquer les 3e (70e) et 5e (91e) buts et de provoquer le penalty de la 4e réussite des Blues (Sandy Baltimore, 74e). Rien que ça. Bon, mais on avait déjà décidé que Grace Clinton était la femme des matches… et vous en connaissez beaucoup vous des jeux de mots à base de JFK J.K. Rowling JRK pour le titre ?

Même message que pour la vidéo du haut le cas échéant : démerdez-vous enfin.

Hampton, dernier rempart (un poil poreux dimanche dernier) de Chelsea susmentionné, mérite également une petite mention dans cette rubrique. Après la sieste du 1-1, le placement de son mur (qui lui masquait la vue du ballon ?) et son temps de réaction étaient pour le moins douteux sur le coup franc d’Evelina Summanen (4-2, 84e). D’excellent augure pour celle qui aspire à passer du poste d’adjointe à celui de shérif en équipe nationale et ainsi déloger Mary « Wyatt » Earps de son bureau.

Les multiples tournants des matches

Le moment où on a appris qu’un stade au naming acheté par American Express était cashless. Renversant. Non, pas du tout, mais on voulait placer cette vanne quelque part.

Non, c’est plutôt de l’Angleterre-Allemagne de vendredi qu’on veut vous parler puisque son scénario a emprunté suffisamment de méandres pour qu’on appelle désormais ce classique « Nürburgring ». D’ailleurs on a cru voir le visage de Ralf Schumacher passer sur l’écran géant de Wembley. Coïncidence ?

De manière assez incompréhensible, tout le monde était assez confiant avant le match. Et pourtant, si les Lionesses avaient disposé du Nationalelf lors des deux dernières confrontations, c’est bien les filles du nouveau sélectionneur Christian Wück* qui avaient remporté 19 de leurs 26 rencontres (4 nuls, 3 victoires anglaises) avant vendredi. « L’oubli est une grâce », disait Julien Green.

* On réalise à retardement que c’était lui le Schumi qu’on avait cru apercevoir sur l’écran géant. À notre décharge il ressemble vraiment à Ralf (croisé avec José Mourinho).

Un peu comme celui que les Lionesses ont traversé entre la 2e et la 29e minute.

Bon, mais il y avait quand même cette défaite teutonne en finale de l’Euro 2022, au même endroit. Ce qui est bien, c’est que l’esprit de revanche n’a jamais été une force motrice de l’histoire en Allemagne. Aucun lien donc avec la Blitzkrieg qui s’est abattue sur la défense locale en tout début de partie. Bref, il est temps de vous lister tous les tournants du match dont on vous parlait tantôt :

  • un doublé de la capitaine allemande Giulia Gwinn (4e, 0-1 sur penalty / 11e, 0-2) ; fort heureusement on avait déjà désigné Clinton femme des matches (on le saura), on ne se voyait pas trop titrer cet article avec des jeux de mots à base de Gwinn et de jeu sur gazon, d’autant que sa date de parution est postérieure à 1999
  • trois penalties : celui de Gwinn, la réduction du score de Georgia Stanway (1-2, 33e) et le but vainqueur de Sara Däbritz (2-4, 72e)

Un peu comme la défense anglaise (ou en glaise, merci Martin) vendredi soir.

  • deux interventions de la VAR, fait rarissime en foot féminin (ne nous demandez pas pourquoi elle a cours en match amical international mais pas en championnat d’Angleterre), sur les deux derniers penalties (quelqu’un est surpris si on vous dit que la dernière décision est absolument lunaire ?)

La fameuse Strafstoss Überprüfung durch Schiedsrichter (sponsorisée par Marks & Spencer).

  • cinq goals en 36 minutes en incluant  la deuxième réduction du score de Stanway (2-3, 36e) ; si on ajoute le 0-3 de Klara Bühl (29e) et le 3-4 de Lucy Bronze (81e) à tout cela, force est de constater que le chemin menant à un texte dépourvu de calembours éculés était semé d’embûches 

La réaction à chaud de la poignée de supporters visiteurs présents à Wembley.

  • deux buts annulés (Alessia Russo et Lauren Hemp) pour un hors-jeu en début d’action (signalé à l’aide d’un drapeau qui semblait presque sur le point de se lever quand on a quitté le stade, mais quelle règle absconse)
  • 0 (zéro) minute de jeu accordée à Grace Clinton, alors qu’elle avait pourtant gagné le vote populaire; malheureusement pour elle, la grande électrice Sarina Wiegman a tranché (et ne lit apparemment pas Carton-Rouge)
  • les deux premiers doigts d’honneur en tribune de l’histoire du foot féminin en fin de match, statistique compilée à la main (si on ose dire) par nos soins

Et on ne vous avait pas parlé du poteau et de la latte. Au fait, vous avez vu ? Gwinn est une sorte d’Alisha Lehmann, mais qui marque des buts (bon OK, et qui provoque des penalties contre son camp aussi).

L’aVARie qui aurait pu couler les matches

Que se serait-il passé si les fans de Chelsea n’avait pas inventé de paroles pour les chansons célébrant les nouvelles joueuses qui ont débarqué lors de la dernière fenêtre de transferts ? Dieu nous en préserve. Pour notre part, on préfère se concentrer sur des anciennes dont les hymnes ont pu être soigneusement ciselés sur plusieurs années.

On vous a déjà parlé de celle-ci l’année passée, mais on ne résiste pas (et on pouffe à chaque fois) :

Et finalement, comme rien ne rime avec « Rytting Kaneryd » (et que le suédois c’est quand même chaud…) :

Il y avait de quoi la chanter celle-là !

Heureusement qu’on a reçu ces paroles en avance par mail, on aurait eu du mal à s’en souvenir. Bon, on se moque, mais il y en a quand même tout un tas de sympa par ici.

Les chiffres à la con

8369. Comme le nombre de calories contenues dans une frite trempée dans du curry local. Mais non, pas du tout (c’est bien plus). Comme le nombre (record) de curieux étant venus voir les filles de Brighton évoluer à l’Amex Stadium (une fois n’est pas coutume, d’habitude on joue à Crawley, 22 miles plus au nord, dans un stade de troisième division masculine d’une capacité de 6134 places).

Le placement de l’ambulance avec débloqueur d’artères intégré est on ne peut plus stratégique au vu de la taille du Whale & Chips servi à Brighton.

4850 (probablement). Comme le nombre de fans venus soutenir Chelsea (beaucoup) et Tottenham (un peu) à Kingsmeadow. Le chiffre n’a jamais été officiellement annoncé mais le stade était plein comme un œuf à vue de nez. Une fois encore, CR ne recule devant aucune prouesse technique pour vous divulguer des faits précis et irréfutables.

Bienvenue à Kings_eadow. Pas un stade de m…

47’967. Comme le nombre (un poil décevant quand même) de suiveurs des Lionesses s’étant pointés à Wembley pour le remake de la finale du dernier Euro. Sarina Wiegman a eu beau essayer de nous faire croire qu’on était le 31 juillet 2022 avec sa compo de départ (4 changements seulement, dont 2 très relatifs), il s’en est quand même fallu de 39’225 postérieurs collés à un siège (et la présence de défenses) pour qu’on y arrive.

Nous par contre on n’était pas du tout sur notre téléphone, on profitait de l’instant présent. Vous n’avez aucune preuve.

L’anecdote

Le match amical Angleterre-Allemagne du vendredi 25 octobre coïncidait avec le début des barrages de qualification pour l’Euro 2025 (on ne vous réexplique pas le système, allez relire ça). Une occasion unique de tester votre connaissance des drapeaux européens !

Qui a confondu la Slovénie et la Slovaquie ? 🙋🏻‍♂️

Si les matches étaient un liquide

Probablement un élixir miracle qui nous aiderait à mieux choisir notre capitaine à Fantasy Football.

Et sinon dans les tribunes ?

On est à jamais fan de la règle immuable selon laquelle une bouteille peut rentrer dans le stade, mais sans bouchon. On est au courant que c’est pour que ce soit moins pratique à transformer en projectile, mais c’est aussi drôlement moins pratique à conserver pendant 90 minutes.

Au sud de la Tamise, on ne recule devant rien pour identifier et stigmatiser les objets interdits.

La minute Johan Djourou

Rien à voir avec quoi que ce soit, mais il faut qu’on vous raconte. Et comme ça traite (un peu) de syntaxe, on pose ça ici. Figurez-vous que comme dans tout sport US qui se respecte, la ligue américaine de foot féminin (National Women’s Super League) ajoute de temps en temps une nouvelle franchise à sa collection. La quinzième en date sera Boston et rejoindra les autres en 2026. Jusque-là tout va bien. Et puis survient la promotion autour de l’identité de la nouvelle équipe appelée BOS Nation FC (pardon ?) agendée pour le 15 octobre dernier. Le slogan adopté (qui a brièvement eu son propre site internet jusqu’à ce qu’on comprenne qu’il y avait un léger souci) est un jeu de mots ultra subtil en rapport avec le fait qu’il y a trop de sport masculin dans la capitale du Massachusetts. Vous l’avez deviné: TOO MANY BALLS (oui, ils en ont aussi fait des T-shirts). Attendez, c’est pas fini. L’évènement lançant cette promo était apparemment organisé à… Dick’s House of Sports, le tout selon le podcast de The Athletic, Full Time with Meg Linehan. Quand ça veut pas…

La minute de silence

Salut Matthew. Un an déjà putain 😢

La rétrospective du prochain match

Angleterre-Afrique du Sud ce mardi soir à Coventry. Franchement, on ne vous conseille pas particulièrement ce bled. Allez plutôt à Genève pour Suisse-France, on y sera ! 

Comme quoi il y a pire que de se faire envoyer au Locle. Who knew ?

La question qui était sur toutes les lèvres londoniennes toute la semaine

« Et sinon, vous seriez d’accord de remplacer Pat Émond à Gottéron ? Il y a déjà des Suédois sur place… »

La blague qu’on avait oubliée de faire dans un article précédent

La Grande Blonde avec une chaussure noire (ça valait le coup, non ?).

A propos Raphaël Iberg 230 Articles
"Chaque matin on prend la plume parce que l'on ne peut plus faire autrement sous peine de malaise, d'inquiétude et de remords." Maurice Leblanc

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