Piubel la vie ailleurs – épisode 2

Ouais, on n’avait pas d’idée de titre, démerdez-vous. Si vous n’avez pas eu la chance infinie de voir Joker 2 : Folie à deux ou de passer un moment au Salon énergétique et divinatoire d’Aubonne (il paraît qu’Oskar Freysinger y dédicaçait ce qui ressemble fort à un plagiat d’Animal Farm d’ailleurs), Carton-Rouge vous offre une dernière chance de sortir de votre zone de confort avant l’hiver. Pas aussi loin de ladite zone que le bad trip proposé par Joaquin Phoenix et Lady Gaga, rassurez-vous. Vous avez par contre tout à fait le droit de lire ce compte-rendu des performances mensuelles des exilées de la Nati en musique (si ça vous chante).

Previously on Piubel la vie ailleurs… Mais non, on déconne, on va pas vous faire un résumé non plus. Allez (re)lire l’épisode 1 en entier là-bas. Et ensuite revenez ici hein !

ANGLETERRE 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿

Lia Wälti

Ça faisait quand même beaucoup de grenat dans le paysage.

Sacré mois d’octobre pour notre capitaine : son coach Jonas Eidevall vient de quitter le navire des Gunners (officiellement, il a démissionné, mais rien n’est moins sûr avec seulement 50% de victoires en 10 matches depuis le 25 août), l’entraîneur actuel du New York City FC masculin Nick Cushing est pressenti pour le remplacer, et elle vient d’effectuer sa 100e apparition en Barclays Women’s Super League pour Arsenal contre le West Ham de Seraina Piubel (victoire 2-0)*. On rappelle qu’il lui a fallu 6 ans et donc 100 matches pour arriver à… 1 but marqué en championnat (3 toutes compétitions confondues), cette rubrique risque donc de se spécialiser en statistiques (très) avancées si Wälti continue à reculer à l’avenir. Blague à part, chacun son rôle, le nôtre n’étant pas nécessairement d’écrire des trucs particulièrement intelligents.

En plus du fait qu’on a failli devoir effacer tout ça à deux reprises. Tout d’abord au moment où la numéro 13 a armé une frappe du gauche de 20 mètres en début de deuxième mi-temps face à Manchester United, laquelle s’est écrasée sur le poteau. Ensuite dans les arrêts de jeu du même match lorsque l’Emmentaloise s’est retrouvée à une claquette de Phallon Tullis-Joyce d’inscrire le game-winning goal presque du même endroit, mais du pied droit cette fois (score final 1-1). Le tout à un peu plus de 24 heures de la publication de cet article.

* Elle en est par ailleurs désormais à 121 capes pour la Nati.

Seraina Piubel

Engagez-vous, qu’ils disaient, rengagez-vous qu’ils disaient, la vie sera Piubel qu’ils disaient… Le séjour de Seraina dans l’est londonien n’a pas grand chose d’une promenade de santé en ce moment (West Ham est bon dernier avec 4 défaites, 2 nuls et 3-11 de goal average), mais au moins elle joue (on ne sait pas si c’est plus facile à vivre en étant directement impliquée dans les déroutes sur la pelouse, mais on va dire que oui) : sa première titularisation (sortie à la 81e minute) est intervenue le 20 octobre dernier face à Arsenal (même si vous n’aviez pas lu la section précédente, le genre de résultat final n’est pas excessivement compliqué à deviner), puis elle a joué toute la rencontre perdue contre les Spurs (1-2, deux sur deux dans les derbies du nord-est londonien).

Luana Bühler

On pensait que notre présence dans les tribunes de Kingsmeadow lors du derby Chelsea-Tottenham du dimanche 20 octobre suffirait à vous proposer une analyse aussi docte que fine de l’excellente performance de Luana Bühler au cœur de la défense des Spurs. Las, on ne peut vous parler que des exploits de la Lucernoise à l’échauffement et à la mi-temps, puisqu’elle semble ne plus faire partie des plans de son coach suédois Robert Vilahamn en ce moment et n’a pas foulé la pelouse durant le temps réglementaire. Et le week-end suivant ? 12 minutes face à West Ham sans compter les arrêts de jeu, pas de quoi écrire à la maison (comme on dit au Québec).

Noelle Maritz

Première arrivée, dernière partie : c’est ça l’éthique de travail.

On la mentionne juste pour que notre lectorat en croissance exponentielle (le chiffre 1 est facile à doubler voire tripler, soyons fous) ne vienne pas manifester sous les fenêtres du QG de la rédac’ en signe de protestation contre l’absence d’un des piliers de la Nati dans ces colonnes. Pas d’inquiétude, son statut de titulaire à Aston Villa est presque aussi indéboulonnable que Marcel Hirscher dans le paysage du cirque blanc, mais ses stats sont quasiment aussi dépourvues d’aspérités que la géographie du nouveau pays du skieur précité.

ALLEMAGNE 🇩🇪

Géraldine Reuteler

Quelqu’un connaît encore l’utilité d’un protège-tibia de nos jours ?

On en parle peu dans ces colonnes, honte à nous, mais la native de Nidwald en est déjà à 3 buts et 3 assists en 7 matches pour l’Eintracht Francfort cette saison, dont 2 de ces assists lors du retentissant 6-0 infligé au SC Freiburg de Julia Stierli (on y revient bientôt).

Nadine Riesen

La sosie officielle d’Alessia Russo pour le canton de St-Gall à l’échauffement en marge de Suisse-France.

Il paraît que la Japonaise Remina Chiba a marqué un triplé et l’Allemande Laura Freigang un doublé lors de la rouste susmentionnée, mais nous on retiendra surtout la troisième passe décisive helvétique, œuvre de Nadine Riesen.

Julia Stierli

Julia est officiellement la nouvelle égérie de votre site préféré. En effet, elle a écopé d’un… carton rouge toujours lors de ce même match entre l’Eintracht et son SC Freiburg. De quoi ajouter l’insulte à la blessure morale pour l’infortunée Argovienne. La leçon à tirer de cette épisode ? « Au moins elle aura Muri » aurait déclaré un vieux sage depuis un banc de la ville natale de l’ancienne capitaine du FC Zurich.

Julia Stierli (à droite) face à Therese Simonsson lors d’un Servette-FCZ en avril dernier.

ITALIE 🇮🇹

Alayah Pilgrim

Pour voir la chevauchée d’Alayah ponctuée d’une frappe sur la barre, c’est dès 0:28.

*Correctif: on vous raconte (comme souvent) quelques bêtises ci-dessous: la RTS a déjà mentionné des Suissesses à au moins deux reprises cette saison avec Géraldine Reuteler et Luana Bühler en septembre et en octobre. Mea culpa et merci à Ludovic Perruchoud, journaliste à la RTS, pour ces précisions !*

Il n’aura pas fallu longtemps pour que l’influence démesurée de votre site préféré fasse bouger les lignes au sommet de la tour de la RTS. En effet, à peine un mois après le premier épisode de cette désormais série, notre bon vieux service public a inclus une joueuse pour la première fois de son histoire dans sa rubrique hebdomadaire sur les Suisses de l’étranger. Et cette joueuse, c’est Alayah Pilgrim. Autrice d’une bonne entrée contre la Juve le 13 octobre (défaite 1-2) suivie d’une apparition en cours de match contrastée contre Galatasaray en Champions League 4 jours plus tard (avec comme cerise sur le gâteau un immense raté seule face au but alors qu’elle avait en plus insisté pour prendre le ballon à la place de sa coéquipière Hawa Cissoko) et d’un presque-but de l’année le 20 octobre face à l’AC Milan. Dommage que cet enchaînement s’achève sur une blessure qui lui a fait manquer le rassemblement d’octobre de la Nati. Rien de grave a priori, on parle de précaution (et nous on soupçonne l’AS Roma d’être un peu pénible dans ce genre de cas), mais pas mal de joueuses de sa génération ont marqué des points auprès de Pia Sundhage en son absence…

« Alors en Angleterre tu insultes quelqu’un comme ça, c’est une référence aux doigts des archers anglais coupés par les Français pendant la Guerre de Cent Ans, selon la légende. »

« Ah, mais en Italie c’est bien comme ça, non ? »

On vous dit encore qu’elle a tiré sur le poteau à la 68e minute du duel du 3 novembre entre la Roma et une faible Sampdoria (5-1), moins de 480 secondes après son entrée en jeu ? Allez, on vous le dit. Bon, mais si on vous dit ça… on doit aussi vous dire… qu’elle a marqué le quatrième but à la 89e minute, son premier de la saison !!! Avant d’être partiellement responsable de la réduction du score (très partielle elle aussi) génoise deux minutes plus tard, mais ça on s’en fout un peu, non ?

Eseosa Aigbogun

Info de dernière heure: la joueuse formée au FC Dietikon (pourquoi pas hein) est revenue au jeu ce dimanche à la 79e minute du match dont l’on vient de vous parler, sous les ovations et autres accolades de toutes ses coéquipières, et pour cause: elle rejouait pour la première fois après une rupture des ligaments croisés du genou subie en janvier.

On ne sait pas s’il s’agit d’une cousine éloignée de Stéphane Hanshaw.

Viola Calligaris

Ce nouveau 3-5-2, on avoue qu’on est fan.

En bonne conseillère fédérale, Viola est partout ces jours. Titulaire en Champions League pendant l’entier des 90 minutes le 16 octobre (défaite 0-2 contre le Bayern et prestation un peu compliquée de Calligaris et du reste de la défense) suivi d’une nouvelle partie complète contre l’Inter (0-0) le 20 octobre, le tout ponctué par une apparition francophone à Sport Dimanche 7 jours plus tard, deux matches pleins pour la Nati et encore une heure et demie de jeu à Naples (victoire 3-0) la semaine suivante. Un agenda de ministre.

Alisha Lehmann

Franchement, on espérait qu’elle fasse parler d’elle sur le terrain pour une fois. Caramba, encore raté. En même temps, ce serait un peu comme espérer lire un roman navet de Harlan Coben dont le titre dépasserait les trois mots et ne contiendrait pas de verbe conjugué à l’impératif. Ou ouvrir le nouveau Blake et Mortimer et n’y trouver ni Olrik (ressuscité pour la 73e fois), ni expédition dans une grotte mythique, ni message humaniste. Elle a bien essayé, promis. Son entrée à la 84e minute de la victoire de la Juventus contre la Roma était prometteuse, elle s’est montrée dangereuse sur son premier ballon… et puis c’est tout. Le commentateur de DAZN n’a d’ailleurs même pas essayé d’y mettre du sien puisqu’il n’a évidemment pas parlé du nombre de ses sélections et/ou réussites à son entrée sur la pelouse, mais naturellement de ses plus de 16 millions de followers sur Instagram. Ben oui, c’est clairement plus parlant pour prédire son impact à venir sur la partie en cours. À peine le temps de songer à vous parler de son entrée, encore en toute fin de match (85e) face à l’Inter le week-end suivant que…

Le sponsor maillot de la Juve (aussi à-propos qu’un #Women’s Rights in Saudi) fera-t-il augmenter le nombre de ses abonnés, histoire de renflouer son compte en banque ?

Bon, mais on arrête maintenant, hein ? On retourne sur le terrain ! D’ailleurs elle était titulaire (jusqu’à la 64e minute) le 3 novembre contre Napoli et…

Non ? Bon, on aura essayé…

ESPAGNE 🇪🇸

Sydney Schertenleib

« Eh Coumba, tu crois qu’ils vont parler de nous à CR ? »

Outre son apparition en cours de jeu face à l’Australie en amical, la jeune prodige de 17 ans figurait dans le groupe de la première équipe du Barça qui affrontait Hammarby (9-0) en Women’s Champions League le 16 octobre dernier. Pour bientôt fouler la pelouse au sein de cette escouade remplie d’anonymes ?

Ah, le top 2 (Salma Paralluelo, 3e, était absente) et deux autres membres du top 11 du classement du Ballon d’Or 2024 vous dites ? Bon, ça va.

Réponse: oui ! L’Américano-Suissesse a remplacé une certaine Alexia P. (vous la connaissez, vous ?) à la 78e minute du match du 2 novembre contre Eibar.

Quand il est fatigué, le ballon dort.

SUÈDE 🇸🇪

Smilla Vallotto

Il aura donc fallu attendre un match de la Nati pour jouer dans la moitié de terrain adverse.

Entrée à la 64e lors de la déroute 9-0 à Barcelone, Smilla n’a pas vraiment eu l’occasion de passer le milieu de terrain balle au pied ce soir-là, comme la plupart de ses coéquipières d’Hammarby. On notera tout de même qu’elle a marqué le 6e et dernier but en championnat de Suède contre Vittsjö le 12 octobre et est souvent titulaire le reste du temps. Le salon de Vallotto s’exporterait-il donc mal (pour ne pas dire que Vallotto n’est pas mobile) ? Pour nous aider à rafraîchir notre pauvre annuaire de jeux de mots vaseux à son sujet, prière de nous contacter à info@carton-rouge.ch.

PAYS-BAS 🇳🇱

Riola Xhemaili

Les photos sont étrangement de bien meilleure qualité quand elles ne sont pas de nous…

Eh oui, c’était la réponse au quiz de la dernière fois ! La Soleuroise a marqué le seul but du PSV Eindhoven à Heerenven le 13 octobre avant d’être remplacée à la 73e minute et ouvert le score face à Excelsior Rotterdam la semaine suivante (victoire 4-0). Son club est actuellement 1er du championnat devant l’Ajax, Utrecht et surtout Twente qui participe à la Champions League cette année. Ces trois lignes représentent l’étendue de notre connaissance du foot féminin néerlandais dans son ensemble, ni plus ni moins.

USA 🇺🇸

Ramona Bachmann

« Non, on avait dit un seul glaçon ! »

Comme souvent, on ne comprend pas tout ce qui se passe dans la fin de carrière de notre numéro 10 aux 151 sélections.

Bachmann returns…

Entrée à la 65e minute du match contre le San Diego Wave de Delphine Cascarino (victoire 2-0) le 14 octobre, notre héroïne marque 7 minutes plus tard.

… puis perd son rôle de Joker

Ramona n’est par contre même pas sur la feuille de match lors de la défaite 1-2 face au Seattle Reign d’Ana-Maria Crnogorčević (entrée en fin de match) le week-end suivant.

L’auto-promo obligatoire

Contrairement à Alisha Lehmann, ce ne sera pas pour des paris moyennement légaux en ligne (quoi ? Encore un truc extra-sportif ?), mais bien notre podcast sur la route de l’Euro 2025. L’épisode 6 est disponible sur Spotify et Apple Podcasts (les précédents aussi hein).

 

Crédit photographique: 

Riola Xhemaili: Steffen Prößdorf/CC0/Wikimedia Commons https://commons.wikimedia.org/wiki/User:Stepro

A propos Raphaël Iberg 230 Articles
"Chaque matin on prend la plume parce que l'on ne peut plus faire autrement sous peine de malaise, d'inquiétude et de remords." Maurice Leblanc

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