
L’équipe favorite et la contrée natale du soussigné allaient enfin s’affronter dans un duel – amical – qui promettait presque autant qu’une nomination de Donald Trump pour l’un de ses futurs ministères ou un édito-mise en abîme de Nicolas Jacquier sur le thème des sorties de retraite foireuses. Le lieu de cet affrontement pour l’histoire (au bas mot) ? Bramall Lane, théâtre de notre premier contact avec les Lionesses un mardi soir (encore un) de demi-finale d’Euro. La boucle est donc bouclée. Quoique. CR couvre deux matches à Sheffield et aucun n’a lieu le mercredi ? Presque une faute professionnelle.
*Si vous ne connaissez pas encore le nom de la nouvelle mascotte de l’Euro 2025 et n’avez donc pas compris ce titre qui nécessite une culture générale de boomer alliée à une âme progressiste, on vous félicite d’être encore là. Restez, ça va être sympa.
Le match dans une coquille de noix (ou en un mot si vous préférez)
Friends.
Rien à voir avec la série culte de la NBC qui s’est achevée il y a 20 ans. D’ailleurs Sarina Wiegman, coach néerlandaise des Lionesses, ne devait pas en être plus fan que ça puisqu’elle a déclaré au Guardian avant la rencontre amicale de samedi soir disputée face aux États-Unis d’Emma Hayes devant 78 346 spectateurs entassés dans les travées de Wembley: « Vous voulez vraiment battre vos amis, peut-être même encore plus que quand ce ne sont pas vos amis. »
Autant vous dire que les liens qui unissent celle dont le deuxième prénom est Petronella (oui, on la place de temps en temps celle-là) et Pia Sundhage nous paraissent assez distendus au vu du score.
La femme du match
Elvira Herzog, excellente et peu aidée par sa défense « un petit peu réactive » (sic), selon Sandy Maendly, sur l’ouverture du score de Grace Clinton (8e minute). On en reparle juste après.
La buse du match
Ana Maria Crnogorčević, qui n’a quasiment rien réussi entre vendredi et mardi soir. Sa place de titulaire dans 7 mois à l’Euro nous semble aussi solide et légitime que le gouvernement de Michel Barnier à l’heure actuelle. Place à Iman Beney, Smilla Vallotto, Lydia Andrade et Noemi Ivelj (entre autres) !
Cette rubrique dédiée à un volatile est d’ailleurs l’occasion de vous rappeler que la rédac’ a ressorti ses fameux pigeons du placard à l’occasion des fêtes de fin d’année.
Et qu’il n’y a pas de sot métier.
Le tournant du match
Coup de tonnerre. Titularisation d’Elvira Herzog et intronisation de la Zurichoise comme numéro 1 officielle dans les buts de la Nati à la stupeur générale à l’aube du rassemblement comprenant les rencontres face à l’Allemagne et l’Angleterre. C’est d’autant plus renversant que la sociétaire du club ailé de Leipzig n’avait joué que 7 des 8 parties officielles disputées sous la houlette de Pia Sundhage jusque-là et qu’on avait confié la cage à Livia Peng lors du crucial Suisse-Azerbaïdjan dans l’ambiance de corrida de la Pontaise en juillet dernier.
Celle qui n’a a priori aucun lien avec le poète des patinoires Fabrice Herzog n’oubliera pas cette officialisation tardive de sitôt puisqu’elle a encaissé la bagatelle de 7 buts sur les deux matches, tout en s’arrangeant tout de même pour se faire l’autrice de la performance la moins terrifiante du côté helvétique face au DFB-Elf et assez nettement la plus encourageante (avec Iman Beney) contre une Angleterre B dominatrice qui n’a plus montré grand-chose depuis l’entrée en jeu de ses principaux cadres en seconde mi-temps.
Dans les autres news de la semaine, le soleil s’est levé (bon OK, ça c’était vraiment surprenant en plein mois de novembre).
Le tournant du mois au quartier général de la rédac’
L’arrivée de notre dernière acquisition en provenance de l’est londonien. Autant vous dire que notre série Piubel la vie ailleurs risque de trouver un nouveau souffle dans son troisième épisode prévu… euh… prochainement.
Tout y est, y compris l’allusion à l’âge moyen des lecteurs de CR et au QI de ce rédacteur.
L’aVARie qui a failli couler l’Euro 2025
Mais non, on déconne. Tout est parfait dans le meilleur des mondes et on choisit toujours des pays dans lesquels les droits fondamentaux sont scrupuleusement respectés en foot féminin, pas comme chez les collègues masculins vendus à l’Arabie saoudite et au Qatar.
Il suffit donc de se rendre au stade pour être en sécurité, un sacré comble (source de la citation: RTS).
Les chiffres à la con
0. Comme le nombre de but marqué par toutes les adversaires d’Alessia Russo et Cie à Bramall Lane en 5 rencontres. On réessaiera…
0 (encore). Comme le nombre de minutes jouées par Lucy Bronze face à la Suisse mardi. Figurez-vous qu’on s’est rendu compte juste avant de tenter de la faire rentrer qu’on avait malencontreusement oublié de noter son nom sur la feuille de match. Oopsie !
2. Comme le nombre de titulaires anglaises ayant plus de 10 sélections à leur actif au coup d’envoi (Millie Bright 83, Jess Park 12). Un peu à l’image de la France au mois d’octobre et pour des raisons étrangement similaires (voir ci-dessous).
11. Comme le nombre d’absentes de marque. Lia Wälti, Géraldine Reuteler, Naomi Luyet, Alayah Pilgrim, Luana Bühler (blessées) et Ramona Bachmann (malade) manquaient à l’appel du côté suisse alors que Lauren James, Lauren Hemp, Ella Toone, Fran Kirby et Chloe Kelly avaient rejoint l’infirmerie anglaise. La saison est un poil longue vous dites ?
Trouvez-nous un dernier rempart et on les inscrit toutes dans la catégorie « meilleur XI » (ou meilleur XII du coup…) à la cérémonie des Best FIFA Football Awards 2024 qui aura lieu en janvier, sûr qu’elles n’y seraient pas ridicules (d’autant que James et Hemp ont réellement été nominées).
On ajoutera d’ailleurs qu’il manquait notamment l’équivalent de trois bonnes semaines de salaire de Manuel Akanji du côté anglais mardi soir.
Apprendre qu’Alexia Putellas vaut à peu près la paie annuelle de Michael Hügli remet certaines choses en perspective.
L’anecdote
Le courlis à bec grêle, espèce d’oiseau limicole, vient d’être déclaré officiellement disparu. Tout comme le marquage individuel au sein de la défense helvétique, il n’a plus été observé depuis plus de 25 ans. Fort heureusement, à l’instar de la loutre d’Europe, l’arrêt décisif d’une gardienne rouge à croix blanche (comme celui, majestueux, de Herzog sur une belle frappe de Laura Blindkilde Brown à la 57e minute) est lui en cours de réapparition.
La pinte servie pendant le match dans votre pub local
Forcément la désormais fameuse bière Singer, tant ce match avait un cruel besoin de fantaisie. 4 tirs cadrés à 3 pour la Suisse (!) 🥱
Naturellement à consommer avec modération sous peine de se réveiller un matin avec la même tronche que Juan Martin Del Potro dans sa version de décembre 2024.
Et sinon dans les tribunes ?
Un public nombreux (on annonçait 27 000 personnes avant la partie) et bien plus impliqué que son équipe dont le sérieux s’approchait plus d’une sanction pour dopage administrée à un(e) numéro 1 mondial(e) de tennis en 2024 que de celui qu’on était en droit d’attendre d’une championne d’Europe en titre, même décimée par les blessures. Bref, comme dirait la consultante de la RTS dont la syntaxe est librement inspirée de celle du Maire de Champignac (voir ci-dessous), « elle a pensé bon faire » et son adversaire suisse « a montré un tout autre image euh visage » en deuxième mi-temps, même si l’offensive est « une phase de jeu que l’équipe doit s’améliorer ». CQFD.
La sosie cam
Le jeu des 340’000 différences.
La minute Sandy Maendly
Autant vous dire qu’on n’avait quasi aucune chance de faire aussi bien que le véritable festival offensif du quatuor Fred Scola-Sandy Maendly-Stefan Renna-Camille Surdez vendredi dernier face à une langue française poussée dans ses derniers retranchements qui a pris « comme on dit l’eau dans le jargon ». Bref, « la marche était beaucoup trop forte ». Foin de métaphore filée qui se mue soudain en paraphrase ou de gardienne qui « a retenu l’échéance », mais il était tout de même « important de maintenir ce score dans les dimensions de la défaite », alors on a bien écouté, dans le fol espoir de dénicher une énième perle linguistique.
Pas facile non plus de surpasser Tim Guillemin, qui s’exclamait samedi matin dans les colonnes de Blick: « La faute, pour le coup, à une Alisha Lehmann bien mal inspirée, au contraire de sa partenaire d’attaque Ana Maria Crnogorčević, très intelligente dans le jeu. » Quand on sait que le duo de vendangeuses de la pointe de l’attaque locale avait uni ses forces pour proposer au nombreux public du Letzigrund un millésime composé d’à peu près autant d’inspirations catastrophiques à la finition pour l’une que pour l’autre, il fallait quand même oser. Mais on nous souffle également qu’accabler le manque de vitesse d’exécution et de grinta de Lehmann plutôt que les passes téléphonées de Crnogorčević ou le marquage défaillant (pour rester poli) de Viola Calligaris était plus vendeur au niveau de la photo de tête (mais souvent vue de dos) à publier sur la page de garde du site.
P.S. Non, cher Blick, ce ne sont pas “les Trois Lionnes” (sic) que la Suisse affrontait mardi, personne n’appelle les Lionesses comme ça.
Mais on s’égare. On vous parlait de notre quête ininterrompue de la perle linguistique rare. Et il n’a pas fallu attendre longtemps: on arrive in extremis pour le début du match après du handball et d’interminables pubs de Noël, juste à temps pour entendre Scola nous annoncer: « On SCHKKRZWRRZZZWIIII espère que le son sera bon… La SCHKKRZWRRZZZWIIII liaison est SCHKKRZWRRZZZWIIII mauvaise… » Pas de doute, la RTS est prête pour l’Euro. Et nous on n’était pas prêts à entendre parler de Millie « Türner » (aux origines clairement alémaniques), « Gaybi » George, « Graisse » Clinton, Jess « Pork », « Beuth » Mead ou encore Jess « Neiz » du côté des « Leeonesses ». Ouch.
La rétrospective des prochains matches
Suisse-Islande et Norvège-Suisse les 21 et 25 février prochains dans le cadre du retour de la Nati en première division de Ligue des Nations. Autant vous dire que ça va être – *râclement de gorge sonore* – chaud 🥁
Et surtout, on aura peut-être une chance de gagner cette fois. D’ailleurs on a cru entendre certains courageux supporters bien de chez nous qui avaient fait le déplacement dans le Yorkshire méridional chanter à la gloire de cette victoire insaisissable (12e défaite pour 1 nul en 13 duels avec la Perfide Albion) en fin de match:
Les 16 escouades qualifiées pour l’Euro en primeur sur votre site favori
Eh oui, il y avait aussi des barrages en marge de cet amical de haut vol !
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