Ces Saarela (ah-ha, ah-ha)

Tout l'monde dansait, même sans DJ

À la seule lectrice nonagénaire de mes articles qui disputait ses derniers playoffs.

Le faramineux premier de la saison régulière pris à la gorge par Riikola et Cie dès les quarts de finale ! En voilà une pilule difficile à avaler ! Bon OK, on s’y attendait quand même un poil après une fin de saison régulière que n’aurait pas reniée Dan « Banzaï » Ratushny lui-même, le tout confirmé en playoffs par une tactique « portes ouvertes » qui aurait également été validée par l’ancien… défenseur, et pour laquelle Terry « Face-Off » Yake aurait probablement signé des deux gants*. Autopsie de ce qui a bien failli se transformer en déroute.

*On s’excuse envers nos nombreux lecteurs de moins de 20 ans s’ils se sentent un peu exclus par ce chapeau.

La série en deux mots

Jäger Meister.

Mais (probablement) pas avant l’année prochaine.

En même temps, vous vous souvenez où en était le Lausanne Hockey Club il y a deux ans presque jour pour jour ? À l’occasion du départ en vacances du… onzième de la saison régulière 2022/2023, on avait publié ça dans les colonnes de Riviera Chablais votre région :

24 mois plus tard, Ted s’apprête à prendre les commandes d’une équipe féminine et Petr… on n’en sait rien et on s’en fout complètement.

Les quatre étoiles de la série (on peut en mettre autant qu’on veut, non ?)

⭐️⭐️⭐️⭐️ Harri Pesonen, qui a osé introduire du contenu (!) dans une interview d’après-match en playoffs. Le fou. Le numéro 82 rouche et chaune a même poussé l’intrépidité jusqu’à déclarer que les Lausannois étaient fatigués après l’Acte VI. Il suffisait apparemment de dire ça pour que le Mode Playoffs® soit enfin retrouvé (l’espace d’un tiers-temps, mais tout de même) dans une des poches d’une paire de jeans de Geoff Ward qui traînait négligemment dans la corbeille à linge. Quand on vous disait qu’une série se jouait sur des petits détails…

Quand Harri rencontre Sa… arijärvi. Oui, c’est Rohrbach, mais c’est moins drôle.

⭐️⭐️⭐️ Luca « Usain » Boltshauser et ses éclairs de génie. En effet, le BFF de Joël Vermin a volontairement déplacé sa cage une quantité de fois à peu près équivalente au nombre de podiums obtenus par Swiss Ski cette saison. Le Sisyphe de l’Emmental Versicherung Arena a donc littéralement pesé de tout son poids sur cet affrontement. De quoi lui jeter la pierre ? Pas selon les arbitres en tout cas. Les fans lausannois ne lui en veulent pas tant que ça non plus au final puisque le nombre de rouleaux commis par l’habituel second de Stéphane Charlin jusqu’à sa blessure de l’Acte V pourrait facilement renouveler les stocks post-COVID d’une grande surface.

P.-S. : On a regardé le derby Colorado-Dallas le dimanche 16 mars plutôt que de s’infliger Fribourg-Berne et on s’est rendu compte que Jake Oettinger (196 cm/100 kg) pouvait s’appuyer de toute sa considérable masse contre son poteau sans que son but se retrouve au premier rang des gradins… Et d’aucuns disent que les fonds publics manquent pour assurer la solidité des infrastructures aux États-Unis.

⭐️⭐️ Tim Bozon, qui a attendu les deux derniers mois de son contrat de 5 ans à Lausanne pour demander à un designer local de personnaliser ses patins aux couleurs de la capitale du monde connu. Sûr que ses nouveaux outils de travail vont lui être puissamment utiles au moment de débuter son CDD en périphérie ouest de ladite capitale la saison prochaine. Au fait, vous vous souvenez comment Tim avait quitté son nid genevois en 2020 ? C’était un peu rigolo quand même.

⭐️ Geoff Ward et ses réponses aux médias qui s’étonnaient de ses choix pour le moins lunaires en termes de défenseurs étrangers et de brassages de lignes. « On avait juste envie de le faire de cette manière » et « on y a pensé, puis on a décidé de ne pas le faire » est tout ce que Blick aura réussi à tirer du gai luron de Waterloo (Ontario, pas l’autre, quoique dans cette série…) au terme de l’Acte II. Non, on est mauvaise langue, il a quand même fini par étayer : « Il y a des raisons pour lesquelles nous avons fait ce changement et elles vont rester au sein du coaching staff. Il y a des choses qui arrivent et on a décidé d’aller dans cette direction. » Ah oui, tout ce qui était abstrait voire abscons est maintenant limpide et contextualisé, c’est donc nous qui nous excusons pour ce malentendu. On imagine que Jan Alston aura forcément pris quelques notes au cours de cette masterclass de sémantique appliquée. On en vient presque à regretter le verbe haut et la fluide éloquence d’Yves Sarault, tiens.

Update : au soir de l’Acte IV (qui se déroule généralement juste avant de disputer un 5e match pour ceux qui ne suivaient pas au fond), le disert technicien canadien a enfin explicité sa tactique et longuement développé le fond de sa pensée sur la formule des playoffs et ses particularités mathématiques, toujours dans les colonnes de Blick:

Ceci n’est pas une vraie-fausse interview Carton-Rouge.

Bref, merci à Blick pour ces moments, voilà qui nous aide à leur pardonner d’avoir sauvagement imité notre canevas pour leurs articles.

Le tournant de la série

Probablement le moment où l’Ontarien susmentionné a décidé de repasser à 2 défenseurs et 4 attaquants étrangers au lieu du 1+5 absolument incompréhensible des deux premiers actes, de renvoyer Brendan Perlini dans une tribune qui aurait dû l’accueillir en lieu et place de David Sklenička et/ou Gavin Bayreuther dès le début et de reconstituer la triplette Raffl-Jäger-Bozon. Même si on rappelle à toutes fins utiles « qu’il y a des raisons pour lesquelles nous avons fait ce changement » et « qu’il y a des choses qui arrivent et on a décidé d’aller dans cette direction ». Le fait que les raisons n’ont pas tenu la route longtemps et que les choses qui étaient arrivées n’étaient finalement pas si graves que ça est évidemment une tout autre histoire.

Bon. On a clairement menti puisque la triplette radiophonique biennoise RJB n’aura finalement joué qu’au compte-goutte au gré des humeurs changeantes de Geoff (et des séjours de Raffl en prison) et avec un impact proche du néant, que Bayreuther s’est empressé de charger un arbitre pour retourner en tribune continuer de tenir sa place comme si de rien n’était et que Perlini… non rien. En même temps, qui aurait pu prédire qu’on allait DISPUTER UN 5E MATCH (et encore deux autres) ?

Le slapshot en pleine lucarne de la série

Quand il s’agit de faire des vues sans s’embarrasser d’un concept aussi trivial que la réalité des faits, Le Matin rate rarement le cœur de la cible. Alors quand Bayreuther bouscule un zèbre, évite par miracle l’ouverture d’une enquête à son encontre et marque le but de la sécurité deux jours plus tard, l’occasion est forcément trop belle pour ne pas s’offrir le plaisir d’un petit bain de boue sur les réseaux sociaux et dans l’espace commentaires du site. On est en playoffs après tout : c’est pas comment, c’est combien (de clics).

Heureusement, le but et les 3 assists de Bozon reçoivent les louanges qu’ils méritent dans le reste de l’article. Ou pas.

Allez, deuxième tentative de compte rendu le lendemain matin à tête reposée, histoire de rétablir les f…

Nevermind.

Notre conteur Geiger y mentionne enfin l’homme du match puisque selon son narratif, « la seule présence du défenseur américain a d’ailleurs carrément fait de l’ombre au revenant Tim Bozon ». 3 victoires à 2 pour le LHC donc « au grand [e]dam de Langnau et de ses dirigeants, qui n’ont pas désiré mettre de l’huile sur le feu en commentant cette affaire. Plutôt classe. » Oui, contrairement à… feu le quotidien orange dont les dernières braises rougeoient encore en ligne, en faire tout un fromage n’est pas une marque de fabrique dans l’Emmental.

Bon, tournons-nous vers le 24 heures alors. Le grand quotidien vaudois nous a sûrement concocté une couverture XXL des playoffs comme on n’en avait pas vu depuis 1762 (au moins) !

On aura essayé… 🤷‍♂️

Ah quand même !

L’Acte VI raconté par La Télé et (indirectement) par Saku Mäenalanen

(Le tout après avoir disputé un 5e match naturellement)

Roland Guex : « Ouverture du score de MAYAYA-MALALA-LAINEN ! » (à ne pas confondre avec Malala Yousafzai, Prix Nobel de la paix pakistanaise)

Analyse pointue de la tentative d’assassinat d’Aurélien Marti sur Juuso Riikola (qui risque de lui coûter bonbon) par Alain Reist : « Ben fallait lever la tête, c’est les playoffs… » Merci, Alain. On prendra deux tartaclettes avec ça.

Analyse non moins aiguisée d’un sacrément Saku sur le même Marti, toujours dans le plus grand silence arbitral, par Roland Guex : « Maillot-en-laine… lanen ! Désolé, j’ai de la peine avec ce nom. »

Conclusion de Geoffrey Vauclair : « Langnaoouuu est bien regroupé. »

Effectivement, quand Marti, encore lui, est l’unique buteur de ton équipe pendant 59 minutes 25, c’est qu’offensivement ça s’est presque aussi bien passé que le jour où Cadonau t’en a planté un.

Et surtout, n’oubliez pas de regarder Berne-Fribourg… hier soir !

De 2-1 à 4-1. Après la machine à remonter le temps, votre télévision régionale prédit le futur (enfin presque) !

Vous aussi vous avez été pris d’une envie aussi subite qu’incontrôlable de vous offrir le maillot extérieur à 329.- après ça ?

Tous les Actes pairs sur les groupes WhatsApp vaudois

Le vieux rotoillon en cloche de la série

Le choix de maillot d’échauffement de Langnau qui pourrait aisément expliquer la cécité soudaine de Bayreuther au moment de défendre sur Cadonau (ceci n’est pas une faute de frappe, on y reviendra) ou d’éviter une collision avec un membre du corps arbitral.

Selon les nuanciers que nous avons consultés, on se situe entre les premières selles de bébé et l’obstruction des voies biliaires.

Le chiffre à la con

21. Comme le nombre de secondes qu’il a fallu à Antti Suomela et Damien Riat pour concocter le premier but de la série lors de l’Acte I à Malley. La guette de la cathédrale de Lausanne l’avait annoncé sur la glace (« il a sonné l’heure des playoffs ») et les hommes de Geoff Ward l’ont pour le moins entendue. Et vite oubliée par la suite.

D’aucuns diront qu’un rédacteur emmentalois aurait probablement choisi le chiffre 20, rapport à l’ouverture du score lors de l’Acte V, mais il faudra attendre la parution de sa contribution sur le site Rote-Karte.ch pour en avoir le cœur net.

Au fait, à propos d’heure, on nous souffle qu’à 230 km de là, Sven Andrighetto aurait changé la sonnerie de son réveil à l’occasion du début des séries finales :

L’histoire ne dit pas si son protège-dents lui sert de veilleuse dans la pénombre de sa chambre.

L’anecdote

Bernard Jonzier, croisé à la buvette, était présent à Malley lors de l’Acte I. Et probablement aussi lors des suivants, en grand fan du LHC devant l’Eternel. Celui dont l’année de la retraite coïncide quasiment avec la date de naissance d’Antoine Keller (on exagère un chouïa, mais pas tant que ça puisque ce dernier n’avait qu’un an lors du titre mondial de THOMAS LÜTHIIIIIIIIIIII 😭) a quand même dû avoir de la peine à être chaud-bouillant devant la performance lausannoise en deuxième et troisième périodes. Heureusement qu’ils ont fini par mettre les gazzzz dans cette série. Mais non, on déconne. Si le LHC était un moyen de transport, il serait plus proche du frein torpédo que de la Moto GP.

En parlant de retraite, difficile de ne pas voir un signe dans la composition choisie par le club pour son light show d’avant-match…

Et sinon dans les tribunes ?

Pas facile de se frayer un chemin jusque dans les travées de la Vaudoise aréna pour ces quarts de finale. Il fallait être abonné ou avoir acheté soi-même au moins un sésame (a priori pas forcément précieux) pour un match de saison régulière via le site du club (avoir payé pour un billet acheté par un pote et ensuite transféré via l’application ad hoc ne suffisait pas pour des raisons qui resteront obscures) pour avoir le droit de prendre place dans la queue menant à la vente des places pour les Actes I, III, V (oui, il a été disputé) et VII du premier tour des playoffs face à une équipe encore inconnue au départ à choisir entre Langnau, Ambrì et Rapperswil au terme des play-in. Oui, réussir à créer artificiellement une hype autour d’une affiche pareille s’approche quand même dangereusement du génie absolu.

Vous vous souvenez de la finale 2024 ? Allez, venez !

Mention spéciale à la cellule informatique du LHC qui a enfin compris qu’un lien unique envoyé par mail n’était pas exactement le garde-fou ultime et dont le système semble cette fois avoir fonctionné après le fiasco de la finale de l’an dernier. Ne reste plus qu’à réussir à vraiment ouvrir la file à l’heure promise, histoire que ceux qui se connectent une demi-heure à l’avance ne soient plus les seuls à avoir une chance infime d’atteindre la plateforme de vente dans un temps se comptant encore en minutes.

Bref, devoir sauter à travers tous ces cerceaux (comme on dit au Québec) devrait garantir la seule présence de vrais connaisseurs au stade lors des séries pour le titre, n’est-ce pas ? Le premier tiers du premier match nous a très rapidement apporté la preuve de ce qu’on avançait, puisqu’un docte spécialiste du jeu, assis juste derrière nous, a justement passé la période à en expliquer les fondamentaux à son date. Figurez-vous par exemple que « si on veut être champion, il faut pouvoir battre tout le monde ». Et surtout, il ne faut pas avoir peur de crier sur les toits les opinions les plus impopulaires et les analyses technico-tactiques les plus osées, comme par exemple « Raffl, j’adore ce gars, il joue super physique ! » Ne manquez pas notre prochain article, on vous y apprendra notamment que Riat a un slapshot aussi passable que méconnu et que Kevin Pasche et Ming Li Foo appartiennent au même corps de métier, entre autres scoops à en décoiffer Fabian Heldner.

P.-S. : Hasard ou non, les sièges de Dr. Hockey et son date étaient désespérément vides lors du troisième tiers jeudi dernier. Peu de gens le savent, mais une rencontre de ce sport d’hiver cher aux Canadiens n’est en fait pas uniquement composée de deux mi-temps.

Update : après l’Acte III passé à la droite d’un supporter-barde capable de tenir la note EEEEEEEEEEEEHHHHHH bémol pendant plus de 20 minutes consécutives, on se dit que Dr. Hockey nous manque. Et que les arbitres pourraient quand même faire un effort pour prendre des décisions plus souvent favorables aux Lions.

Détendez-vous les gars. En 2013 vous conspuiez la Kiss Cam à tue-tête et 12 ans plus tard Beat Kindler reçoit une standing ovation quand il roule un… patin à sa compagne en valdovision. D’ici 2037 vous le kifferez votre power break. Et les scans ID existeront toujours. Laissez tomber, ça fera du bien à votre taux de cortisol.

Pour une fois que tout le monde est d’accord…

Tout ça c’était avant. Avant l’expérience olfactive intense offerte par l’ultime acte décisif. Quand Jabba le Hutt lui-même (le docte préposé à la Sosie Cam n’a pas osé, mais on sait qu’il y a pensé) est assis devant vous et que sa dernière douche date des Hockeyades au Sentier, le reste de l’actualité mondiale est soudain remise en perspective. C’est en tout cas bien la première fois qu’on a vu des écharpes de supporters se muer en pince-nez et que l’expression « ça pue » a pu être utilisée au… propre comme au figuré alors que Langnau n’était inexplicablement mené que 2-1 et que les Lions en étaient à 50 tirs cadrés et 6 xG pendant que leurs adversaires tigrés n’avaient ajusté la cage vaudoise que 6 fois pour 0.5 xG.

Bien vu, mon cher NostraPaschus ! On ne va pas dire qu’on respire enfin, mais le cœur y est après cet Acte VII.

La minute Jonas Junland

Elle était en gestation depuis l’été dernier : le choix de remplacer le très concentré Christian Djoos (pressé de rentrer dans sa Suède natale) et l’aérien Lawrence Pilut (reconverti dans le billard) par Sklenička et Bayreuther a fini par déboucher sur une réussite de… Claudio Cadonau (!) seul devant le but (adverse donc !!) exactement 9 mois plus tard. Coïncidence ? Je ne pense pas.

Évidemment que ça a pu choquer ceux qui n’ont pas connu l’ère Andy Roach-Patrick Boileau.

Bon, ça aurait pu être pire, on aurait pu engager João Félix et en attendre de la constance. Ou Álvaro Morata et lui demander une efficacité clinique dans la surface de vérité. On aurait même pu enrôler Brendan Perlini et… ah non.

Même Michael Raffl a sérieusement ralenti cette année, jusqu’à arriver en retard à une baston qu’il n’avait même pas provoquée lui-même.

La rétrospective de la prochaine série

En mars 2026.

C’est en tout cas ce qu’on avait écrit au moment où (le saviez-vous ?) on a dû disputer un 5e match dans cette série. Et franchement, les Rouge et Blanc ne méritaient pas beaucoup mieux que des vacances anticipées au vu de ce qu’ils ont daigné montrer au cours des deux derniers mois. A eux de prouver qu’on se fourrait le doigt dans l’oeil jusqu’aux ligaments croisés du genou droit et que les SCL Tigers étaient bel et bien l’ogre invincible sur ses terres que seuls les hommes de Geoff Ward ont cru voir jusqu’à présent. Sera-ce contre Fribourg ou Davos ? Pas le temps de spéculer puisque la vente des billets précédera une fois encore cette information somme toute secondaire.

A propos Raphaël Iberg 230 Articles
"Chaque matin on prend la plume parce que l'on ne peut plus faire autrement sous peine de malaise, d'inquiétude et de remords." Maurice Leblanc

Commentaires Facebook

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.