« L’arrogance », criait Ludovic Magnin le long de sa ligne de touche, où il était en odeur de sainteté, avant de croire que l’herbe si naturelle, tellement boostée aux engrais locaux, était plus verte au bord du Rhin et bien avant de se prendre les pieds dans la morgue bâloise, en ce début d’année.
« L’arrogance », pestait-on par chez nous, à la veille de l’importantissime 1/8ème de finale de l’Euro 2021 contre le grand voisin bleu alors que le pestiféré de Knysna Domenech ne voyait qu’une seule possibilité pour que la sublime et sérénissime équipe de France de football ne passe pas cet « obstacle » haut la main : une panne d’ascenseur qui empêcherait les fabuleux joueurs au coq chantant de se présenter sur le terrain, tellement elle était supérieure à la petite Nati « dont aucun joueur ne serait titulaire en Hexagone ».
La suite, on la connaît :
0-1 Seferovic (Oh !)
1-1 Benzema (Aaahhh !)
2-1 Benzema (Héhé !)
3-1 Pogba (Voilààààà !)
3-2 Seferovic (Hein ?)
3-3 Gavranovic (Kicèçuilà/Kekséksbigntz?)
Prolongations
Sommer show (‘tain, mais y sont nuls !)
Ciao ciao ! (Yann vous souhaite un bon été à tous !)
À ce moment-là, la FFL existait déjà. Et j’étais déjà assez vieux pour me souvenir de Thierry Roland et Jean-Michel Larqué qui – avec l’arrogance qui était la leur dans ce genre de situation – avaient déjà validé à l’antenne le ticket pour la coupe du monde aux USA, quelques bonnes minutes avant qu’Emil Kostadinov nous régale de son coup de pied magique qui allait rentrer dans les annales (avec deux n, pas comme à vaseline) du foot français. Et nous, de ce côté de la barrière des atriaux, nous avions déjà l’habitude de ne plus nous étonner de la suffisance toute matinée d’orgueil de nos prétentieux voisins.
Tellement que même en faisant attention, nous ne le remarquons même plus.
Sauf des fois.
Et quand on y remet un œil, on tombe forcément – même sans le vouloir – sur des pépites, forçant Schindler à ajouter des lignes à sa fameuse liste.
Par exemple, dans le si franco-français journal sportif toujours incapable de nommer correctement le club de football du bout du Léman, nous lisions en février 2026 que l’équipe de rugby au coq chantant (elle aussi) n’avait vraisemblablement plus aucune concurrence en Europe (cocorico !). Et ceci étayé et argumenté dans une séquence sonore de près de 30 minutes. « Ce n’est pas de l’arrogance quand c’est la vérité », pérorent-ils hors antenne (parce qu’ils savent couper les micros quand y’a des choses qui faut pas qui passent en live).

Bon, chez nous, le rugby, on s’en bat autant les couilles qu’un Ajoulot de finir sur la barre au dernier match de la saison régulière ou Roger Federer de rejoindre Pep Guardiola sur la scène de la dignité humaine. Quoi qu’il en soit, face à une telle question, en tant qu’amateur de sport, on se dit que ça pourrait être pas mal de suivre un match de ces fabuleux rugbymen, déjà rien que par culture générale.
Ça tombe bien, y’avait Écosse-France début mars et moi, l’hymne écossais, chanté à la maison, je trouve que ça a tellement de la gueule que c’est quasi la seule raison au monde pour laquelle je lance pas un référendum pour abolir cette stupide tradition de faire chanter (faux) des sportifs avant de les faire courir. Après, tu supprimes ça, t’as la moitié des vieux oncles racistes qu’on plus rien à dire sur le match (et le fait de savoir si çui-ci ou çui-là est assez Suisse à sa ferveur dans le chant). Et tu perds de l’audimat. Et donc des rentrées publicitaires. Ce serait dommage, non ? (En fait, non, parce t’as quand même la redevance qui te fait voir le match sans débourser plus).
Mais ceci n’est pas le propos.
Écosse-France, 50-40. Les meilleurs des meilleurs qu’on pas de concurrence en Europe qui se ramassent 50 points dans la tronche 3 semaines après la méprisante séquence des Suprémacistes Bleus. Cheh !

Pire défaite sous l’ère Galthié. Goodbye the Grand Chelem. Plus large défaite face à l’Écosse ever. Déroute. Cock-a-doodle-doo!
Après, on va pas trop leur jeter la pierre. S’ils ont perdu, c’est à cause des vestiaires, et même pas parce qu’il n’était pas accessible en ascenseur.

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